NOVEMBRE 2005
Semaine 48  Du 23-11 au 29-11-2005

 

LES CHEVALIERS DU CIEL - de Gérard Pirès. (0/20) 1
France - Couleur, 1h42 - 2005.
Avec : Benoît Magimel, Clovis Cornillac, Géraldine Pailhas, Philippe Torreton.

Aventures : “Il nous faut les meilleurs pilotes de l’ahr ! Pour combattre le terrorizme...!” nous dit la mère Gégé La Paillasse avec son inimitable élocution... Aussi sec, t’as les chevaliers qui déboulent et qui sellent leurs zincs pour aller s’agiter entre les nuages d’une manière fort peu spectaculaire... fonctionnent au ralenti qu’on dirait... pour un film dit d’action, j’entends... Les couleurs non plus ne sont pas très chaudes pour un film dit d’aventures, j’entends... Pourquoi ce parti pris de lumière grisâtre...? Nous sommes à mille lieues de Top Gun - qui côté scénario et acteurs était toutefois du même tonneau... Seulement, il y avait au moins de l’image colorée et de l’action bien montée... C’est pour cela que ce film a fait un tabac sans doute... Alors que là, malgré un bon décollage, dès la deuxième semaine d’exploitation, nos chevaliers piquent du nez... Y a pas de hasard; si tu fais un film pour un certain public, faut le viser juste ce public et pas chercher midi à trente-six heures... D’autant plus que le scénario est d’une débilité terriblement clicheteuse, que le casting - notamment le Cornillac !!! - est à vomir et que par-dessus tout... on nous ressert encore et de plus en plus encore de l’uniforme...!!! Ca pue pas bon, cette histoire...! (Voir Joyeux Noël). De l’uniforme sauce terroriste 9/11... Ah, putain, le jour où l’on fera du papier-cul avec leurs soutanes militaires, l’humanité aura enfin fait un petit pas vers la sérénité...!

 

 

COMPARTIMENT TUEURS - de Costa-Gavras.(14/20) 1
France - Noir et blanc, 1h30 - 1965. (Reprise)
Avec : Yves Montand, Simone Signoret, Jean-Louis Trintignant, Michel Piccoli, Jacques Perrin, Catherine Allégret, Charles Denner, Pierre Mondy, Claude Mann, Pascale Roberts, Claude Dauphin.

Policier : Quelle distribution ! Pour son premier film Costa-Gavras fut gâté ! L’action commence dans un train et plus particulièrement dans un compartiment... Coup classique, une nana se fait étrangler... qui est l’assassin...? La police cherche à contacter tous les voyageurs ayant partagé le même compartiment... mais, l’assassin est plus rapide qu’elle et zigouille en série tous les témoins... Traité sur un rythme bien enlevé et bourré de personnages pittoresques - Piccoli en taré, Denner en provocateur anar, Montand et Mondy en flics bon enfant ou Signoret en ringarde... - ce film fut considéré, il y a quarante ans par la critique (toujours elle !!!) comme un banal exercice de style... alors qu’il s’agit de bien plus... d’un simple divertissement ! Personnellement, je m’attendais à un film noir... or on frôle la comédie policière ! Il y a quelques maladresses - de débutant ? - ça et là, mais les dialogues sont savoureux, et les digressions humoristiques nombreuses font souvent mouche ! Franchement pas désagréable, ce petit polar... comme on a perdu l’habitude d’en faire !

 

 

ET SI C’ETAIT VRAI... - (Just Like Heaven) de Mark Waters. (0/20) 1
USA - Couleur, 1h35 - 2004.
Avec : Reese Witherspoon, Mark Ruffalo, Donal Logue, Dina Waters.

Comédie : D’après le roman de Marc Lévy... que je n’ai pas lu... Mais ce très mauvais film a excité ma curiosité et j’ai vraiment envie de vérifier certaines petites choses en visitant l’oeuvre écrite... L’idée de départ est fort séduisante ma foi... Une jeune femme apparaît sous forme d’ectoplasme à un jeune homme dans l’appartement où il vient d’emménager... en prétendant qu’elle est chez elle... Enfin, l’aspect fantomatique de la nana n’est pas forcément évident à tout instant... au contraire ! Ce qui va pour le moins intriguer le gars... ! N’allons pas plus loin, n’est-ce pas, je suis persuadé qu’il y a d’autres personnes qui n’ont pas lu le bouquin... ne leur sabotons pas leur (éventuel) plaisir... Je dis bien éventuel car j’ai trouvé la construction narrative assez désastreuse, conventionnelle et autodestructrice...! En effet, certains éléments de l’histoire sont dévoilés, carrément et platement montrés, dès le début, ce qui bouzille le suspense entre autres... A mon humble avis - faut voir le livre... pour bien vérifier n’est-ce pas... Donc, mis à part les maladresses lourdingues, la mise en scène est télévisuelle, l’action se traîne et les interprètes, déjà antipathiques à la base, ne sont pas aidés... Total, on s’emmerde quoi ! Et on en sort énervé forcément... Faites ce que vous voulez... Je vous aurais prévenus.

 

 

JOYEUX NOËL - de Christian Carion. (0/20) 1
France - Couleur, 1h55 - 2004.
Avec : Guillaume Canet, Diane Krüger, Dany Boon, Gary Lewis, Bernard Le Coq.

Guerre : lls partirent fleur au fusil et revinrent (lorsque ce fut le cas !) gazés... ! Pour qui? Pour quoi ? Ne le leur demandez pas... Entre-temps, quelques-uns fraternisèrent brièvement entre bons ennemis... C’est à ceux-là que ce film rend hommage. Bon, y a du progrès, on ne les traite plus de lâches, on leur rend hommage... Cela dit, est-ce qu’on ne pourrait pas en finir une bonne fois pour toutes avec la guerre...? Ne serait-ce qu’essayer...? Ne serait-ce qu’au cinéma...? Je ne vois pas l’intérêt de ressasser les vieilles histoires d’honneur et de patrie, de moutons couillonnés s’entretuant because n’ayant pas compris qu’un homme était d’abord un homme avant d’avoir une nationalité... Moi, j’ai signé la paix avec le monde entier et ce, irrévocablement ! Oh, je sais, si tu demandes à n’importe qui (sauf exception rare) s’il veut la guerre, il va te dire, “ah, ben non alorseuh!” Seulement, comme disait Alain, il ne suffit pas de ne pas vouloir la guerre, encore faut-il vouloir la paix. A part ça, Carion, après avoir fait le printemps avec l’hirondelle Mathilde Seigner (Jésus d’hirondelle !!!), nous sert là le film le plus kitsch de l’année ! Bons sentiments, situations mille fois vues, il tombe dans tous les pièges tendus aux bien-pensants ! Jusqu’au couple de chanteurs lyriques - très mal doublés - qui viennent émouvoir les poilus sur le champ de bataille ! Tout pour exciter la fibre guerrière - et ce n’est pas là le plus mince des pièges dans lequel se fourvoie notre auteur... relisons (ou revoyons) donc La guerre de Troie n’aura pas lieu de Giraudoux... et réécoutons le chant du poète pousse-à-la-guerre ! Toute forme de communion est dangereuse si l’on ne prend garde à préserver son individualité. D’où l’idée que toute guerre est guerre de religion. Et puis, quoi ! Ils ont sympathisé un soir... et le lendemain, ils se sont refoutus sur la gueule ?!? En voilà de la lâcheté, de la vraie ! Obéir à un gradé jusqu’à l’absurde absolu ! Bon sang, dépêchez-vous de lire Mars ou la guerre jugée et Echec à la force de notre ami philosophe Alain... avant de mourir idiots... dans une tranchée...!

 

 

MANDERLAY - de Lars von Trier. (0/20)
Danemark - Couleur, 2h19 - 2004.
Avec : Bryce Dallas Howard, Isaach de Bankolé, Danny Glover, Willem Dafoe.

Comédie dramatique : Voici la suite de Dogville , donc... Bon, une fois ça va, deux fois, c’est la diarrhée ! Son histoire, à Lars, de dépouiller les décors façon théâtre et de nous servir un narrateur en off façon roman, devient vite pesante cette fois. Surtout que l’on se demande où il veut en venir, qu’a-t-il à dire le Lars...? Apparemment rien de bien sensé... ses propos c’est du boueux marécage... de la ratatouille mal digérée... de l’improvisation imbécile... Paraît que Lars von Trier, chaque fois qu’il éternue, il perd un bout de cerveau... Déjà qu’au départ, il n’était pas très fourni de ce côté-là...! Manderlay, c’est une autre ville américaine... où que l’esclavage il a pas encore été aboli... Alors, notre héroïne va nous arranger ça... Enfin, qu’elle croit... Parce qu’une fois affranchis, les esclaves deviennent durs et cons à leur manière... Toutefois, la morale de l’histoire semblerait vaguement être que les Ricains n’étaient pas prêts à supporter la libération des Nègres... Ou un truc comme ça... Va savoir... De la ratatouille, j’te dis ! En plus, ça dure plus de deux plombes... et t’as même plus (vu qu’elle a déclaré forfait pour ce second volet) Nicole Kidman pour te consoler... Si, y a Willem Dafoe qui n’est pas mal... Ouais, bof... Allez... A plus...!

 

 

PALAIS ROYAL ! - de Valérie Lemercier. (0/20)
France - Couleur, 1h40 - 2004.
Avec : Valérie Lemercier, Lambert Wilson, Catherine Deneuve, Michel Aumont, Mathilde Seigner, Denis Podalydès, Michel Vuillermoz, Maurane, Gilbert Melki, Gisèle Casadesus, Franck de la Personne, Etienne Chicot, Didier Bénureau, Pierre Vernier.

Comédie : Une jeune femme du peuple se retrouve sur un trône aux côtés de son bien-aimé... qui lui s’est retrouvé successeur royal... à la surprenante et à la magouilleuse semblerait-il... Lemercier, toujours pleine d’humour nous sert du café théâtre aseptisé et hypertrophié... Gros budget pour grosse connerie ! Pour faire un peu plus subversive elle cligne de l’oeil du côté d’une certaine Lady Di... Pour le reste, il s’agit de gags “grand public” (ah, mon pauvre “grand public”, que de mépris l’on affiche à ton égard !), de la reine mère qui jacte vulgaros (usé jusqu’à la corde ce truc de “mal inspirée”...) jusque-z-à-la tarte à la crème...! L’intrigue principale repose bien sûr sur une histoire de cul; le prince trompe la princesse laquelle va se venger - faut voir comment, doux Jésus ! Et alors justement, côté cul, cas de le dire, on ne nous épargne rien car le prince adore enculer la princesse...! Et l’on ne se gêne pas pour nous le faire savoir... remarquer... histoire de nous amuser... Le pire, c’est que le public à l’air de s’amuser... ça se marre la gueule dans la salle ! Mais, le plus triste encore, c’est de voir un comédien comme Pierre Vernier dans deux malheureux bouts de scène...! Par ailleurs, histoire de faire joujou, on peut pronostiquer trois millions d’entrées sur la France pour ce bijou en pur toc !

 

 

LES PROTOCOLES DE LA RUMEUR - (Protocols of Zion) de Marc Levin. (7/20)
USA - Couleur, 1h28 - 2005.

Documentaire : Ah, celle-là, je ne la connaissais pas ! Faut dire que la connerie humaine est si éléphantesque qu’un jour on pourra faire des voyages intergalactiques en s’asseyant sur elle...! Une rumeur selon laquelle, ç’aurait été un coup des Juifs l’attentat du 9/11...! Pas mal ! Toutefois, elle est fondée la rumeur... Faut voir sur quoi aussi...! Sur les fameux “Protocoles des Sages de Sion” (qui auraient été écrits par des filous au dix-neuvième siècle, quelque part en Russie...) selon lesquels les Israéliens, depuis une bonne centaine d’années, auraient l’intention de prendre le contrôle de toute la planète... rien que ça ! Marc Levin nous propose des interviews de gens de la rue et de quelques personnages un peu plus investis dans la calomnie... Faut avouer qu’il y a des réactions gratinées... que valent leur pesant...! Si tu les écoutes, quoique les Juifs fassent, ils l’ont dans le cul ! C’est forcément, génétiquement et de toutes les manières, des sales bêtes immondes responsables de tous nos maux...! Bon, on l’aura compris, nous avons à faire à un vent de folie... ! Par ailleurs, le film de Levin fait un peu fouillis, on se demande parfois où il veut en venir, sinon, bien évidemment, dénoncer la connerie humaine... Mais bon, je dois vieillir sans doute... je commence à en avoir plein les bottes de toutes ces histoires débiles... De tous ces pauvres hères abrutis de tous bords... Non, je n’ai pas peur de me mettre tout le monde à dos... j’ai déjà tout le monde à dos...! Je suis un animal social et je subis mon entourage... J’en ai la patate qui déborde des croyants, des idéologues, des obscurantistes, des incultes, des sionistes, des fascistes, des satanistes, des communautaristes, des enculistes, des chirurgiens-dentistes... Tzétéra... Je t’en passe car la liste est interminable... Ah, je vais finir par me la virer misanthrope ma cuti...! En guise de conclusion, Levin nous cite Dieu qui aurait dit : “tu feras le bien “... C’est tout...? Et, si justement, on l’oubliait cinq minutes, ce Dieu...?

 

 

TROIS ENTERREMENTS - (The Three Burials of Melquiades Estrada) de Tommy Lee Jones. (20/20)
USA - Couleur, 1h57 - 2004.
Avec : Tommy Lee Jones, Barry Pepper, Julio Cesar Cedillo, January Jones.

Drame : Près de la frontière mexicaine où coulent les flots du Rio Grande ainsi que ceux des immigrés clandestins, Pete Perkins se fait zigouiller son pote Melquiades, un jeune rescapé de la famine qui bossait avec lui comme vacher... Il a du mal à digérer l’histoire ainsi que le fait que son ami ait été enterré à la va-vite, lui qui souhaitait être inhumé dans son joli petit village mexicain... Alors, Pete va procéder par ordre; avec un peu de chance, il retrouve fissa l’assassin puis l’oblige à déterrer le cadavre et à faire le voyage avec lui jusqu’au patelin de Melquiades... Véritable purgatoire pour le tueur... ! Moins qu’on puisse dire ! Tommy nous la sert crue, sauvage, saignante, sa balade...! Il n’épargne pas nos émotions... béni soit-il ! Cela faisait un vieux bail que Mézigue et Moi-Même ne nous étions pris une telle gifle vivifiante ! Moi, qui suis du genre réservé par rapport à la condition humaine, ce film a réussi à me convaincre que la vie méritait un hymne...! Dans toute sa laideur, malgré sa crasse, les morves vertes qui en découlent (tu vois le tableau...), eh bien, elle ressort drapée de splendeur de ce chef-d’oeuvre cinématographique, cette putain de vie ! Acre, duraille, parfois difficile à supporter, (t’es submergé par du “supérieur”, tu retiens tes larmes par les yeux, elles resurgissent par les oreilles !), ce poème cradingue et insolite n’est point dénué d’humour. Il n’a rien oublié, (dans son premier film !) le père Tommy ! Et sûrement pas de jouer son rôle en virtuose plus l’indicible talent... Barry Pepper non plus, n’a pas omis de nous bouleverser. Servi par une gueule d’enfer et d’enfoiré... il finit par nous prouver qu’il est aussi humain méchant que bon...! Le mot chef-d’oeuvre - que j’utilisais autrefois abusivement - a tendance à m’écorcher les lèvres... Mais là, je l’ai bien pesé et ce film en est un. J’allais oublier l’ambiance musicale - prodigieuse ! - qui plane comme un arc-en-ciel sonore quelque part au-dessus de cet infernal paradis... Non, ce film ne méritait pas la Palme d’Or 2005... il est au-dessus de toute récompense!

 

 


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