NOVEMBRE 2005
Semaine 46  Du 09-11 au 15-11-2005

 

FREE ZONE - de Amos Gitaï. (12/20) 1
Israël - Couleur, 1h33 - 2005.
Avec : Natalie Portman, Hanna Laslo, Hiam Abbass, Carmen Maura, Uri Klausner.

Drame : Le film démarre fortissimo. Par le gros plan d'une jeune femme -apparemment assise dans un véhicule- qui fond en larmes et chiale comme une fontaine... avec en fond musical un chant traditionnel d'une beauté insupportable dont les paroles sont à peu près les suivantes (je cite de mémoire) : ... l'agneau que mon père a acheté pour deux sous a été mangé par un chat qui a été mangé par un chien, lequel chien a été abattu par le bâton du berger ; le bâton a été brûlé et le feu qui l'a brûlé a été éteint ; l'eau qui a servi à éteindre le feu a été bue par le boeuf qui a été tué par le boucher ; lequel boucher s'est vu un jour rattrapé par l'Ame de la Mort. Pendant ce temps, même si tu as un coeur de pierre, tu pleures toutes les larmes de ton corps... sûr qu'après tu pisses plus pendant une semaine... ! A travers cette chanson, et de la plus belle manière, Gitaï pose la question suivante : jusqu'à quand notre monde va-t-il fonctionner de la sorte... ? Il va essayer d'y répondre durant tout le reste du film. A travers trois personnages féminins. Tout d'abord la jeune femme en larmes, Rebecca (Natalie Portman), une Américaine qui désire furieusement quitter Jérusalem ; puis Madame Moshé Ben Moshé (Hanna Laslo, primée à Cannes cette année)qui est au volant de la voiture et qui rechigne à amener Rebecca dans la Free Zone où elle doit se rendre, elle-même, pour affaires ; nous rencontrerons beaucoup plus tard la troisième protagoniste. Après différents contrôles de douane angoissants, la voiture se met soudain à patiner, car la route sur laquelle Gitaï l'a placée est par trop lisse. Il ne se passe plus grand chose de palpitant jusqu'au moment où on finit par faire la connaissance de la troisième femme, une Palestinienne nommée Leila (Hiam Abbass). Cette Leila est pour Madame Moshé Ben Moshé, l'intermédiaire dans l'affaire qui l'a menée en Free Zone. Tout en pataugeant un peu, nous découvrons un petit village, véritable oasis où vivaient des gens de paix, mais qui est devenu un havre de guerre par la faute de toutes sortes d'emmerdeurs. Les gens pacifiques sont comme les amoureux : ils sont seuls au monde. A force de vouloir dédramatiser à tout prix et réconcilier tout le monde, Gitaï frôle le ridicule en l'évitant de justesse, notamment lors de la séquence finale. Toutefois, il faut reconnaître que cette oeuvre est la plus aboutie qu'il ait réalisée depuis le fameux Kadosh.

 

 


LONESOME JIM - de Steve Buscemi.(8/20) 1
USA - Couleur, 1h30 - 2005.
Avec : Casey Affleck, Liv Tyler, Mary Kay Place, Seymour Cassel, Mark Boone Junior.

Comédie dramatique : Le "Lonesome" en question n'est nullement un cow-boy. C'est plutôt un solitaire apathique et désespéré chronique. Il fait pitié à voir lorsqu'après son échec à New-York, il revient dans son petit patelin familial. Son frangin d'ailleurs, n'est pas mal non plus dans le genre tristounet et même suicidaire. En vérité, ce sont surtout les personnages secondaires qui sont intéressants dans ce film que Steve Buscemi a raté à moitié (contrairement à son remarquable Animal Factory). Notamment l'oncle et le papa de notre non-héros, le démoniaque tonton qui à force de se camer et de dealer va fiche toute la famille dans la merde. Je passe sur tout le reste. Je suis simplement désolé de voir qu'aujourd'hui, les vrais marginaux, au cinéma, n'existent plus. Ce Jim par exemple, ne nous intéresse strictement pas. Autrefois ce type de personnage, ça avait quand même une autre gueule, c'était même souvent des gars ou de nanas, du genre flamboyant... dans tout leur échec. Je pourrais citer mille exemples, mais le premier qui me vient à l'esprit est celui du personnage de Nicholson dans Five Easy Pieces. Ce qui sauve pour une grande part cette oeuvrette, c'est une bonne dose d'humour tout au long du film. Cela dit, le gars Jim va finir par se réconcilier avec sa môman et récupérer sa belle et le tout donc se termine par un "happy prout". Il faut encore préciser, une fois de plus, que le genre d'images qu'on nous propose ici devient franchement intolérable. Méfiez-vous, braves gens, j'ai le sentiment qu'on en veut vraiment à nos pauvres mirettes ! Parce qu'à force de s'abîmer les yeux de la sorte, on va tous finir aveugles et les producteurs d'images nous feront alors des films en noir et noir et ainsi chacun sera à sa place.

 

 

UN BEAU MATIN ... - de Charlotte et David Lowe. (17/20) 1
France - Couleur, 1h10 - 2004.
Avec : David Lowe, Wilfred George Lowe, Amos Alexander Lowe.

Conte musical : Il n'était pas une fois Pierre et le Loup... Ils sont...toutes les fois qu'un projecteur de cinéma daigne leur redonner vie sur l'écran de nos rêves. Un beau matin est un film qui ne se raconte pas... Du moins, moi je n'en ai pas envie. (si l'on veut en savoir plus, autant lire l'interview cinekosma de Charlotte et David Lowe). Je rappelle simplement que le fil conducteur de cette oeuvre insolite et complètement hors normes est la musique de Prokofiev. Outre Pierre et le Loup, nous avons droit à Roméo et Juliette et au Bûcher de l'hiver. J'avais pourtant été prévenu par les auteurs eux-mêmes, mais il n'empêche, j'ai été foudroyé par la surprise ! Je pèse mes mots. Même si l'expression peut paraître un peu grossière, j'ai eu droit à un lavage des yeux, autrement efficace que n'importe solution ou collyre ! La lumière et donc les couleurs, la composition de chaque plan, sont si étonnants que l'on à peine à croire qu'une telle créativité artistique existe encore au cinéma. Surtout quand on pense aux moyens dont disposaient les réalisateurs-producteurs ! Je ne sais en fait pas très bien par où commencer... Par où commence un rêve ? Car ne voilà-t-il pas une oeuvre qui est de bout en bout, on ne peut plus onirique. La richesse des plans, par ailleurs, nous fait immédiatement songer au cinéma muet de jadis, y compris l'aspect burlesque. David Lowe n'est pas pour rien un grand admirateur des Monty Python. Il est temps de parler de la musique, bien évidemment ; car ce film, comme on l'a déjà dit par ailleurs, a pour point de départ, l'oeuvre de Prokofiev. Ce qui nous donne une utilisation totalement opposée de la musique au cinéma qui en règle générale consiste à illustrer l'image. Ici, le personnage principal, c'est la musique et il s'agit donc tout naturellement d'un film musical par excellence ! Evénement trop rare pour être souligné et surligné. Quand au conteur, il est en même temps notes de musique et chef d'orchestre. La deuxième partie du film est proprement fascinante, et c'est pourtant un adulte qui dit cela alors qu'il semblerait qu'elle séduise surtout les plus jeunes. Quant à la dernière histoire, je trouve richissime cette idée qui consiste à faire jouer l'auteur avec son histoire et ses personnages. N'oublions pas les magnifiques gamins et les multiples interprétations (aussi bien masculines que féminine) d'un David Lowe souvent drôlissime. Les costumes qui sont pourtant faits avec quelques bouts de chiffons n'en sont pas moins justes et épatants. Ce film est vraiment tel que l'avait décrit ses auteurs, à savoir qu'il laisse énormément de place à l'imaginaire de l'enfant spectateur. Nous sommes loin des Harry Potter et autres qui auraient plutôt tendance à stériliser les cerveaux les plus neufs. Vous l'aurez compris, à moins d'être totalemen idiots, que j'ai absolument adoré ce film qui étincelle de partout.

Il n'était pas une fois Pierre et le Loup, ils sont toutes les fois qu'un projecteur de cinéma daigne leur redonner vie sur l'écran de nos rêves... grâce au bijou de film, Un beau matin...Toutefois, s'il disparaissait prématurément des salles obscures, ce serait vous les fautifs, chers spectateurs ! Du reste, vous seriez automatiquement punis car vous ne sauriez jamais ce que vous avez raté.

Voici les Cinémas où vous pouvez encore emmener
vos enfants découvrir ce film musical de David et Charlotte Lowe

A Paris :
Grand Pavois
364, rue Lecourbe - 75015 Paris - Métro Balard
Mer : 14:00 ; Sam : 17 : 15 ; Dim : 13:45

Studio des Ursulines
10, rue des Ursulines - 75005 Paris - Métro Luxembourg
Mer, Sam, Dim : 17:00
Jeu, Lun : 18:30

Studio 28
10, rue Tholoze - 75018 Paris - Métro Blanche, Abbesses
Mer, Sam, Dim : 14:00

En province :
Variétés
37, rue Vincent-Scotto (angle Canebiere) - 13001 Marseille
Mer, Ven, Dim : 13:45

Le Concorde
79, bd de l'Egalite - 44000 Nantes
Mer, Sam, Dim : 15:30

Odyssée
3, rue des Francs-Bourgeois - 67000 Strasbourg
Mer : 11:00, 14:00 ; Sam : 14:10 ; Dim : 11:30

Le Cinéma
18, rue Saint-Polycarpe - 69001 Lyon
Mer, Dim : 13:45 ; Sam : 16:20

 

 

 



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