MARS 2005
Semaine 14  Du 30-03 au 05-04-2005

L'ANTIDOTE - de Vincent de Brus.(0/20) 1
France - Couleur, 1h47 - 2004.
Avec : Christian Clavier, Jacques Villeret, Agnès Soral, Annie Grégorio, François Morel.

Comédie : Un big boss pas très sympa - Christian Clavier qui se la joue Louis de Funès (le pauvre Fufu doit en avoir la chiasse dans sa tombe!) - est sujet à des crises de bafouillages provoquées par une angoisse profonde - nous l’apprendrons le moment voulu - provenant de son enfance... Alors, cela nous vaut des instants inoubliables de ridicules grimaceries de notre C.C. national... jusqu’au jour où il fera la rencontre d’un petit actionnaire modeste (Jacques Villeret) qui par sa seule présence calme le délire du big boss... Ce dernier va donc l’utiliser comme antidote...! Si cette solution fonctionne dans ce film - fait par des tarés pour les tarés - le pauvre et regretté Villeret ne parvient point à “antidotiser” le malheureux public... A éviter comme la peste bubonique ! A noter : Vincent de Brus et Christian Clavier sont déjà en train de récidiver. Ils tournent ensemble depuis le 21 février une nouvelle comédie hilarante L’entente cordiale dans laquelle Chri-Chri Cla-Cla aura pour antidote... Daniel Auteuil !

 

 

LA FIANCEE SYRIENNE - (The Syrian Bride) de Eran Riklis.(7/20)0
Israël - Couleur, 1h36 - 2004.
Avec : Hiam Abbas, Clara Khoury, Makram J. Khoury, Ashraf Barhoum, Uri Gabriel.

Comédie : Au vingt et unième siècle, quelque part dans un village druze coincé entre la Syrie et Israël, une jeune femme doit épouser de l’autre côté d’une frontière plus artificielle que n’importe quelle autre frontière un homme qu’elle ne connaît que par photographies interposées... Pour passer de l’autre côté, elle doit renoncer à sa nationalité; ce qu’elle fait sans hésiter... mais, une “couille” administrative va la bloquer derrière la barrière... Sa famille et elle vont se retrouver dans une situation que même Kafka n’avait pas imaginée...! Après toutes les concessions qu’elle a dû faire - en tant que femme toujours plus ou moins victime d’une certaine tradition - elle risque maintenant de perdre toute identité officielle... Que faire lorsque le Ciel et la Terre s’acharnent contre vous... ? Voilà un film qui met assez efficacement en évidence la folle connerie des hommes !

 

 

GARDIEN DE BUFFLES - de Nghiem-Minh Nguyen-Vo.(6/20) 1
Viêt-nam - Couleur, 1h42 - 2003.
Avec : Lê Thé Lu, Thach Trang Thuy, Vo Van Be, Nguyen Thi Kiêu Trinh.

Aventures : Voici le tout dernier des genres de western... Le western vietnamien... Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas eu droit à ce type d’aventures. Dans les années quarante, un garçon doit traverser avec ses deux buffles les terres inondées d’un pays où il n’y a que deux saisons : la saison sèche et la saison mouillée. Et quand elle est mouillée, c’est du sérieux ! Âgé de seulement quinze ans, Kim va endurer bien des péripéties dont une rencontre avec des gardiens de buffles quelque peu bandits et violeurs à leurs heures... Péniblement, il va s’endurcir et apprendre à affronter cette putain de vie dont lui ont fait cadeau ses pauvres parents... Réaliste et dépouillée - mais sans excès - cette toile sombre et boueuse, loin de nous passionner, nous fait néanmoins découvrir un univers aux antipodes de l’Eden où Dieu aurait apparemment été particulièrement sévère...!

 

 

LES MOTS BLEUS - de Alain Corneau. (0/20) 1
France - Couleur, 1h54 - 2004.
Avec : Sylvie Testud, Sergi Lopez, Camille Gauthier, Laurent Pétin, Mar Sodupe.

Comédie dramatique : La petite Clara est âgée de six ans mais ne veut toujours pas parler... Sa mère, seule à l’élever, parvient à l’inscrire dans une école spéciale pour malentendant (alors qu’elle n’est point sourde) et maljactant... Là, la gamine aura pour instit “déshandicapant” un gars interprété par... Sergi Lopez ! Elle n’est pas arrivée la pauvre !!! Le pseudo-comédien Sergi-moi-l’autre fait partie de cette (dé)génération d’actouillards qui font un joli concours de bafouillage entre eux...! Dans cette catégorie, il est parmi les tout meilleurs. Alain Corneau, autrefois réalisateur exigeant, a cédé lui aussi à cette putain de mode qui consiste à casser le septième art avec la précieuse collaboration de branleurs prétendus artistes ! Quant au reste du film, la psychologie des personnages y est caricaturale, on s’emmerde pendant qu’inévitablement la mère tombe amoureuse de l’instit, et l’on est achevé par l’adaptation vaine d’un roman platement feuilleté sous nos yeux las...

 

 

MYSTERIOUS SKIN - de Gregg Araki. (0/20) 1
USA - Couleur, 1h39 - 2004.
Avec : Brady Corbet, Joseph Gordon-Levitt, Michelle Trachtenberg, Elisabeth Shue.

Drame : Deux gamins ayant subi le même sort (violés par un sale type pédophile) vont réagir chacun à sa manière. Le plus jeune va se mettre à délirer avec les ovnis tout en restant sexuellement complètement inhibé; l’autre va s’en donner à cœur joie en se prostituant... ce qui nous vaut une visite guidée de chiottes, pissotières et autres décharges publiques de pulsions cradingues... Les scènes de viols sont notamment parfaitement inutiles; Arakiri, tenant absolument à faire preuve de réalisme, nous propose une série de champs contrechamps baiseur-baisé nullement crédibles - car il est évident et heureux que les gosses ont été filmés en l’absence du violeur et réciproquement... Cela ne fait qu’ajouter à l’aspect artificiel de ce film désespérément creux où les mômes abusés par un ignoble personnage étaient de toute façon - selon l’auteur - nés homosexuels... Donc, ils sont bien tombés et tout est pour le mieux dans le meilleur des “immondes” et ce n’était pas la peine de nous les briser pour si peu...! Merci également aux critiques qui, comme à l’accoutumée, répandent des rumeurs élogieuses à propos de ce navet quelque peu écoeurant...!

 

 

OMAGH - de Pete Travis. (7/20) 1
Grande-Bretagne/Irlande - Couleur, 1h46 - 2004.
Avec : Gerard McSorley, Stuart Graham, Peter Balance, Michèle Forbes, Clare Connor.

Drame : La reconstitution saisissante de l’attentat qui eut lieu à Omagh, en Irlande du Nord, le 15 août 1998 et qui fit vingt-neuf victimes. C’est l’IRA-Véritable qui revendiqua cette tuerie mais comme rien de conséquent ne fut fait par les autorités, ce furent les habitants eux-mêmes qui décidèrent de mener l’enquête... La réalisation des quinze premières minutes est presqu’un morceau d’anthologie tant l’excellent travail proche du reportage de Pete Travis parvient à nous plonger dans l’explosion d’horreurs; montage parfait qui rend cet événement, pour le moins extraordinaire, ordinaire et évident... On est carrément dedans, pour parler simplement. Pour le reste, que l’on soit au courant de ce récent attentat ou non, on se doute que l’enquête aura bien du mal à aboutir; le film prend alors une tournure plus conventionnelle et nous intrigue moins. Mais, comme il s’agit d’un fait réel, l’auteur n’allait tout de même pas faire appel à Sherlock Holmes pour nous rendre l’histoire plus palpitante...! Les acteurs sont plus vrais que nature, comme on a coutume de dire et l’ensemble de cette œuvre est d’un réalisme vraiment crédible. J’insiste sur ce point, car il y a peu de cinéastes capables de reconstituer la réalité au cinéma avec une telle virtuosité... à savoir, faire du spectacle en nous donnant l’impression d’être témoins directs d’un événement... Certains réalisateurs british sont maîtres en la matière. Néanmoins, sans vouloir détruire tout ce que je viens de dire, on peut une fois de plus se demander si le genre “docu-fiction” n’est pas parfois un peu trop “bâtard”...

 

 

PALINDROMES - de Todd Solondz.(5/20)0
USA - Couleur, 1h40 - 2004.
Avec : Ellen Barkin, Angela Pietropinto, Bill Buel, Valerie Shusterov, Richard Masur.

Comédie dramatique : Je rappelle au cas z’où le sens de “palindrome” : il s’agit d’un mot ou d’une phrase pouvant être lu dans les deux sens. Tout comme le prénom de la jeune héroïne de douze ans de ce film : Aviva. Celle-ci, ainsi que ses nombreux avatars, très précoce, est enceinte et veut absolument garder le môme en gestation... En désaccord évident avec ses parents, elle fugue et s’égare à la découverte de la vie... Mis à part le prénom de la gamine, je ne vois pas très bien le sens du titre... qui est au pluriel en plus... ce qui voudrait dire, si je ne suis pas trop con, qu’il y en a plusieurs... Vu les nombreuses transformations d’ Aviva - tantôt elle est grosse, tantôt “mègue”, tantôt blanche, tantôt “nègue”... elle se métamorphose même en garçon... - , j’eusse personnellement intitulé le film Avatars... Mais bon; chacun a le droit d’utiliser les mots comme il le veut... et chacun a également le droit de se gourrer... Mis à part ce détail de taille, on ne pige pas des masses où le gars Todd veut en venir avec son histoire sans queue ni tête... Certes, on retrouve de temps à autre son humour cynique et cruel... toutefois et parfois l’on se demande si c’est du lard ou du cochon... Nous sommes loin, très loin, de son meilleur film Happiness... qui avait les pieds sur terre... ce qui ne l’empêchait nullement d’être délirant et décapant...

 

 

UNE FEMME COREENNE - (A Good Lawyer’s Wife) de Im Sang-soo.(6/20)1
Corée du Sud- Couleur, 1h47 - 2004.
Avec : Moon Sori, Hwang Jungmin, Yun Yeo-jung, Kim Innum, Bong Tae-kyu.

Drame : Dans les années 1980, une jeune femme coréenne, épouse d’un grand avocat apprend que son mari la trompe et décide de prendre sa revanche en fréquentant son voisin adolescent... Voilà. C’est tout. Cependant, la qualité de l’image et une mise en scène assez adroite dans l’ensemble rendent assez supportable cette pellicule de peu d’intérêt. Le thème en étant la libération de la femme coréenne, on a droit à des passages salés au plumard ou ailleurs, le tout franchement gratuit. A noter : ce film est programmé au Publicis Cinémas, tout en haut des Champs, trop haut semblerait-il pour certains... Les deux salles de ce mini complexe ont beaucoup de mal à trouver un public et c’est vraiment un gâchis sans nom ! Si vous aimez le cinéma, le vrai; les belles salles confortables et spacieuses, une projection impeccable et un son de haute qualité... allez donc découvrir et la grande et la petite salle - pas si petite que ça d’ailleurs ! Parole de cinéphile, vous ne le regretterez pas !

 

 

VAILLANT, PIGEON DE COMBAT- (Valiant) de Gary Chapman. (0/20)1
USA - Couleur, 1h15 - 2004.
Avec les voix (en VO) de : Ewan McGregor, Jim Broadbent, John Cleese.
(en VF) : Eric et Ramzy, Richard Darbois.

Animation : Décidément, nous sommes envahis par l’imagination débordante des scénaristes, réalisateurs, producteurs et autres marchands de marrons chauds et de frites froides...! Nous revoilà durant la deuxième guerre mondiale ! Quel filon, Jésus !!! Heureusement qu’elle a eu lieu la douleureuse et tragique !!! Serait temps à mon humble avis que l’on cesse de nous faire chier avec les histoires de guerre, de patriotisme et d’honneur !!! A fortiori, lorsque l’on s’adresse aux gamins !!! On la veut la paix ?!? La veut-on...?!? Alors qu’on nous la fiche, bordel d’un casse-pipe !!! Ici, il est encore question de “zhéros” - cette fois, c’est des pigeons messagers sur qui repose n’est-ce pas l’issue du conflit - qui z’obéissent aux ordres des fouteurs de merde qui collent sur le dos des couillons une tragédie dont personne n’a jamais eu besoin... Est-ce que le bidasse au service du profit et des croyances des plus nantis et des plus puissants se pose seulement la question pour quelle exacte raison il va au feu... et pour quelles raisons exactes une funeste réaction en chaîne provoquant le pire a eu lieu...? J’abrège car il m’arrive à moi aussi d’être fatigué de me répéter...! Ce film n’est qu’une entreprise de crétinisation visant directement les plus jeunes... afin de les divertir...! Divertir ??? Il n’y a pas l’ombre d’un pet de lapin de trouvaille dans ce ramassis d’images médiocrement animées... Pas un “gagounet” pour dérider un seul malheureux instant ! Quand donc notre monde fou apprendra-t-il aux enfants que la dignité de l’Homme c’est de maîtriser ses passions en laissant le fusil de côté...? Peut-être jamais... car se comporter ainsi nécessite sans doute beaucoup plus de vrai courage que de se laisser aller à la déresponsabilisation qui consiste à obéir au nom de principes qui dépassent tout le monde, soit parce que inexistants, soit parce que trop abstraits; et toujours fallacieux...

 

 

VA, VIS ET DEVIENS - de Radu Mihaileanu. (7/20)1
France/Israël - Couleur, 2h20 - 2004.
Avec : Yaël Abecassis, Roschdy Zem, Moshe Agazai, Moshe Abede, Sirak M. Sabahat, Yitzhak Edgar, Rami Danon.

Drame : ...et reviens...? Effectivement, c’est cette question qui va tarauder notre infortuné héros que sa maman a sauvé de la mort probable qui l’attendait dans ce camp de réfugiés au Soudan... Le malheur des uns faisant une fois de plus le bonheur des autres, c’est suite au décès d’un gosse juif sur le point de bénéficier de l’opération “Moïse”, dont la mission fut en 1984 d’effectuer le sauvetage des Juifs éthiopiens, que cette mère de religion chrétienne parvient à caser son fiston... Il sera accepté en Israël et y aura des parents adoptifs non pratiquants. Mais le principal problème dans sa tête est la volonté obsessionnelle de retourner vers sa mère... Il va grandir et évoluer aussi bien qu’il le pourra malgré les ambiguïtés d’ordres religieux et culturels... Radu va ainsi nous narrer toute la vie du gamin, puis du jeune homme, riche en péripéties jusqu’à une fin... que l’on n’osait imaginer... tant elle est conventionnelle...! Du reste, l’ensemble de l’oeuvre est très inégal, y compris les comédiens... avec tout de même une mention spéciale à la lumineuse Yaël Abecassis. Et, de toute façon, pour Mézigue et Moi-Même, le film est trop imprégné de religiosité et autres sentiments “cu-cul la praline”...

 

 


Haut de Page

 


Droits de reproduction et de diffusion réservés © 2004 Strahinja Kosmajac