MARS 2005
Semaine 12  Du 16-03 au 22-03-2005

ASSAUT SUR LE CENTRAL 13 - (Assault on Precinct 13) de Jean-François Richet. (4/20) 0
USA - Couleur, 1h50 - 2004
Avec : Ethan Hawke, Laurence Fishburne, Maria Bello, Brian Dennehy, Gabriel Byrne

Policier : Spécial Mézigue : “Tout commence par une scène de règlement de comptes entre un fliczouille (le morveux Ethan Hawke) et d’affreux truands serbes...! Pour la énième fois, l’on nous présente des mafieux serbes (attention, cela devient une injure - si on vous traite de Serbe, sachez que “sale” est automatiquement exclu pour cause de pléonasme... ), pour la énième fois donc, on nous branle les couilles avec des restes de propagande... des clintoneries... sur lesquelles les “bush à merde” se ruent...! Autant que je sache, les mafieux serbes opèrent dans leur pays d’origine pour l’essentiel... et qui peut me citer un exemple de débordement sur des pays comme la France ou les States Unis...? Mais, y a pas que les Ricains... z’ont pas le monopole de la connerie... les franchouillards-banlieusards tels que Richet par exemple se font aussi contaminer par cette imbécillité xénophobe... Lequel Richet - qui prétend avoir eu toute liberté pour réaliser ce film - a néanmoins accepté d’inclure cette séquence ridicule... Les problèmes ex-yougoslaves ont été (et le sont toujours) autrement plus compliqués... Donc, avant de prendre parti pour les uns ou les autres (en satanisant par exemple systématiquement tous les Serbes), il serait souhaitable de s’informer... autrement qu’en humant les effluves des “télocheries” qu’on vomit dans nos chaumières... et de commencer par comprendre que dans cette histoire, comme dirait Gigi la meufette, y en avait pas un pour rattraper l’autre... ! Fermons cette longue parenthèse... et abrégeons à propos de ce film sur lequel il vaut mieux ne pas trop s’étendre... Que reste-t-il de l’original - je rappelle qu’il s’agit probablement du meilleur film de Carpenter - ...? Pas grand chose... Une trame similaire... un vieux commissariat de police isolé qui est encerclé par une bande de truands (ici, la mafia “fliqueuse”) qui veut la peau d’un détenu... et qui est fermement décidée à aller jusqu’au bout... Alors, la pétarade sera spectaculaire - au niveau de l’ambiance, il y a certes quelque chose de pas trop raté dans le remake de Richet - , néanmoins, on est à des milliers de kilomètres de l’angoisse quasi insupportable que John C. avait su nous insuffler... Pour la simple raison que la situation est réduite au strict minimum... savoir que l’aspect surréaliste de Assault version 1977 est retombé par terre comme un soufflé foireux... Alors, pourquoi ce remake ? Excellente question, mon cher Watson ! Paraît que l’une des raisons essentielles des nombreux remakes américains est d’ordre financier... tout bonnement... comme les scénaristes de là-bas travaillent très sérieusement leurs scripts... eh bien, il leur faut deux ans en moyenne pour en écrire un original... Alors que l’adaptation d’un scénario existant leur prend quatre fois moins de temps... Voilà, voilà... Toutefois, avec ce remake-ci, malgré les précautions économiques au niveau du projet... les producteurs ont largement paumé leur temps et leur argent...! On ne le dira jamais assez : attention aux fausses économies !!!”

 

 

CAPITAINE SKY ET LE MONDE DE DEMAIN - (Sky Captain and the World of Tomorrow) de Kerry Conan. (3/20) 0
USA - Couleur, 1h46 - 2003.
Avec : Jude Law, Gwyneth Paltrow, Giovanni Ribisi, Angelina Jolie, Michael Gambon

Aventures fantastiques : Nous voici en pleine rétro-anticipation ! Pour le moins original... idem pour la forme... images très étudiées dans le genre BD des années 30 ou 40... quelque chose dans ce goût-là... Intéressant... Intéressante aussi la charmante silhouette de Gwygwy... Les gros plans aussi... cadrages précis à tendance géométrie triangulaire... C’est presque du noir et blanc... avec une indéniable influence sépia... plus des couleurs... L’ensemble est agréable à l’oeil... L’on a également voulu au niveau de l’histoire retrouver un peu de la fraîche naïveté d’antan... Ouais... Cela va un moment... car la débilité n’est jamais loin... quand elle n’est pas franchement présente!
A la fin des années 1930, le maléfique Docteur Totenkopf fait enlever les plus grands savants de la planète afin de mener à bien son plan apocalyptique... En effet, écoeuré par ce bas monde, il veut se la jouer Noé en détruisant puis en refaisant l’humanité et l’animalité ailleurs... très haut, là-haut... dans son engin spatial... Il ne lui manque plus que deux capsules contenant... Adam et Eve...!!! Gesù, Maria, Giuseppe, comme diraient nos amis transalpins ! Ici, l’hétéroclite le dispute à l’hybride...! Il y a de tout : une journaliste genre films noirs d’époque, un Indiana Jones de bas étage, aviateur de son état... un petit côté Dr Moreau avec un zeste de guéguerre interstellaire, un soupçon de “Hitchcock période espionnage”, de la bravoure bien baveuse, parfois même de l’humour... j’en passe, j’en passe... sinon ça lasse...! Toutefois, soulignons les références (obligées?) d’ordre biblique... L’Arche de Noé et les deux premiers géniteurs de l’humanité... A défaut d’avoir pu se procurer des images d’archives de l’Eden, on nous propose des images d’archives manipulées de... Laurence Olivier...! En effet, c’est lui qui interprète (?!?) le rôle du docteur fou... bien malgré lui...! M’est avis qu’il serait temps de songer à instituer un Comité de CinéBioEthique...!

 

 

DE BATTRE MON COEUR S’EST ARRETE - de Jacques Audiard. (19/20)
France - Couleur, 1h47 - 2004.
Avec : Romain Duris, Niels Arestrup, Linh-Dan Pham, Aure Atika, Emmanuelle Devos

Drame : D’emblée je vous le dis, nous sommes définitivement au vingt et unième siècle et le nitrate d’argent au cinéma a été remplacé par le nitrate de charbon ou de bretzel ou de je ne sais quelle saloperie... C’est bien dommage lorsqu’une oeuvre comme celle-ci est concernée par le problème... l’absence d’esthétique... Comme c’est un film du genre dit “noir”, on ne fait pas trop gaffe... et on oublie quelque peu. Précisons donc tout de suite qu’il s’agit d’un chef-d’oeuvre avec handicap. Un fiston fifty-papa, fifty-maman, trempe dans de louches et immondes affaires immobilières qui lui rapportent pas mal de blé (ça, c’est le côté papa); et, paradoxalement se reprend de passion pour le piano... après avoir revu par hasard l’ancien agent de sa mère qui était pianiste concertiste (et ça, c’est évidemment le côté maman)... agent qui lui propose de passer une audition vu que dix ans auparavant le jeune homme touchait sa bille en musique... Mais y a-t-il une réelle possibilité de réussir dans ce domaine lorsqu’on a près de trente ans...? Toujours est-il que le jeune Tom va se lancer avec rage dans cette nouvelle aventure... aidé par une pianiste chinoise qui ne parle pas un mot de français... Mais la musique est un langage universel... Ah, comme l’herbe repousse de plus belle là où Jacques Audiard passe... Il a tous les culots et toutes les audaces... Et pourtant, n’est-ce pas le propre de l’artiste de plonger dans son univers personnel sans se poser les questions superflues...? De projeter à la figure ébahie du spectateur toute la richesse et toutes les variations des mille et un instruments de son art...? Il nous raconte une histoire, mieux il nous narre un personnage... aux influences multiples... à l’entourage humain aussi menaçant qu’aimable... Les images fusent, une scène chasse l’autre où la provoque... il a l’ellipse heureuse le Jacques... une main de maître qui allie intelligence, finesse et émotion... Me voilà disant une ânerie... pourtant nécessaire à dire... à rappeler... On a trop souvent tendance à choisir entre l’intellect et le coeur... qui la branlette, qui la larme facile... Or, tout est lié... dans ce film en particulier... Quoi de plus évident? La pesanteur, mon cher! Voilà l’évidence... la position couchée et la cervelle oisive... ça c’est évident parce que facile... Finalement, rien n’est évident dans l’acte créatif... C’est à l’artiste de faire le ménage dans le chaos... Le chaos des synapses comme celui du palpitant... La force de ce grand film réside dans le fait qu’il est tout naturellement conçu pour le public... Tout est clair... même si la subtilité y est parfois vive comme... l’éclair... Ah, comme je tâtonne laborieusement... comme je pianote dans le vide en cherchant les mots justes pour transcrire mes émotions... Ce film doit être vu pour être cru... Quant à la crédibilité des acteurs, elle est parfaite ! Tous ! Y compris celui que je ne connaissais pas - même après avoir vu une bonne quinzaine de films avec lui - j’entends Romain Duris... C’est qu’il m’a épaté le gamin ! Faut dire que des rôles comme celui-ci il n’en avait jamais eus auparavant... De bidouilleries en contre-emploi désastreux (Arsène Lupin), il n’a cessé de m’agacer ! Comme quoi un acteur est vraiment pas grand chose au cinoche...! Sauf quand on lui donne la possibilité d’exploser sa coquille... en lui faisant dire des dialogues jouissifs... et en ne lui baisant pas la gueule au montage...! Quant à Niels Arestrup, plus il moisit de la tronche plus il se bonifie... Impressionnant de justesse, il nous régale !!! Mention spéciale à la direction technico-artistique. Romain connaît (ou du moins il en donne l’indiscutable impression) le piano... Et le pauvre Tom dans tout cela ? Va-t-il sortir de la cave des magouilles facho-immobilières? Que lui apportera l’expérience pianistique? Est-ce grâce aux quelques notes en sourdine durant son combat final... qu’il apprivoisera sa férocité...? En tous cas, rien ne délogera plus la musicalité qui l’habite désormais... Même s’il devait se contenter de tapoter des doigts sur ses genoux... avec pour partition l’harmonie du silence...

 

 

HITCH, EXPERT EN SEDUCTION - (Hitch) de Andy Tennant. (9/20) 1
USA - Couleur, 1h58 - 2004.
Avec : Will Smith, Eva Mendes, Kevin James, Amber Valletta, Michael Rapaport

Comédie : Hitch a inventé un nouveau métier : entremetteur professionnel... mais très prude! Nous dirons donc plus volontiers marieur... Futé et affûté et toujours à l’affût, il jongle à merveille avec la romance et les sentiments au point de réaliser des miracles... Ainsi ce gros timide affreusement maladroit (sobre et hilarant Kevin James)... qu’il parviendra à transformer en séducteur de superbe “pretty girl”... et riche par-dessus le marché... Mais le fric ne compte pas, nous l’avons dit Hitch est un gentleman...! Bien évidemment, comme nous sommes dans un processus conventionnel, il aura en revanche quelques difficultés lorsqu’il devra séduire... pour son propre compte. Le film est bien fabriqué, Will Smith ne démérite pas, le délassement du travailleur est assuré... au détriment de la créativité... Allez, une fois n’est pas coutume, soyons indulgents... C’est malin et sympa, un peu lourdingue et diablement...puritain!

 

 

SAW - de James Wan. (0/20) 0
USA - Couleur, 1h44 - 2004.
Avec : Leigh Whannell, Cary Elwes, Danny Glover, Monica Potter, Michael Emerson

Horreur : Manque de bol, j’ai horreur des films d’horreur ! Surtout ceux (nombreux) produits avec trois dollars et vingt cents... Certes, il y a des exceptions comme La nuit des morts vivants... mais, comme je viens de le dire, c’est une exception. Deux abrutis, particulièrement rongés par la connerie, se réveillent, menottés et enchaînés, dans une sorte de salle de bains avec cuvette dégueulasse... en se demandant “komon kona fait pour qu’on soye là...?” En sus, y a un macchabée dans la pièce qui trempe encore dans le jus de son sang... Mystère et angoisse... Il se questionnent l’un l’autre et chacun se raconte un brin... L’un est toubib, l’autre photographe... et petit à petit... leurs souvenirs se réveillent... Après avoir écouté une cassette magnéto leur indiquant le programme et la marche à suivre... savoir que l’un doit tuer l’autre avant l’heure H... sinon ils crèvent tous les deux... ils commencent à sérieusement s’affoler... Heureusement que de nombreux flash-back nous font sortir de ce décor vomitif à tous les niveaux... histoire de prendre l’air... Toutefois, même à l’extérieur il ne se passe que des invraisemblances inintéressantes... alors, on décroche et on épie les comédiens... chacune de leurs expressions... ils font peur tant ils sont nuls à chier...! Comme ça, c’est complet ! Eh, lecteur, les critiques ont beau te promettre un suspense à couper le souffle et un scénario stupéfiant, ne t’y fie surtout pas ! A moins que t’aimes la torture... Même le coup de théâtre final qui se veut astucieux laisse de marbre... ou fait sourire...

 

 

STAGE BEAUTY - de Richard Eyre. (6/20) 1
Grande-Bretagne - Couleur, 1h47 - 2003.
Avec : Billy Crudup, Claire Danes, Rupert Everett, Tom Wilkinson, Ben Chaplin

Comédie dramatique : Au dix-septième siècle, à Londres, la comédienne la plus célèbre est... un homme... Eh oui, à l’époque, les temps étaient durs pour le sexe faible... N’avaient même pas le droit de s’exprimer au théâtre ce dames et demoiselles!
Soudain, pris d’une fantaisie euphorique, ze king of Inglande décrète que dorénavant toutes les femmes pourront jouer la comédie ! Coup dur pour les “folles”! Notamment pour la vedette Edward Ned Kynaston...! Le comble, c’est que de fil en aiguille, c’est sa propre costumière - une jeune passionnée de théâtre et apparemment talentueuse - qui va monter sur les planches pour le remplacer...! Alors, ils vont pactiser (la jeune femme est secrètement amoureuse de Edward) et bosser ensemble... Tout au long du film, il n’ y a pas de quoi nouer une intrigue... tout au plus quelques modestes ficelles... Mais, lors de la dernière demi-heure, l’action devient intéressante... (Pas pressés les scénaristes...)
Les deux comédiens-comédiennes, ayant fait plus ample connaissance au plumard, vont resserrer leurs liens au niveau du jeu... ils découvrent au fil des répétitions la nature profonde même de leurs rapports... en décèlent toute l’ambiguïte... partant toute la richesse... Ils se complètent soudain à merveille et la question qui se dégage est de savoir qui des deux est plus masculin ou féminin... En tous cas, il en résulte, comme dirait ce bon vieux Chinois, qu’il faut toujours un peu yin dans le yang et un peu de yang dans le yin... Rien de bien révolutionnaire; mais il est bon de se le rappeler de temps en temps...

 

 

TOUT POUR PLAIRE - de Cécile Telerman. (0/20)0
France - Couleur, 1h45 - 2004.
Avec : Mathilde Seigner, Anne Parillaud, Judith Godrèche, Pascal Elbé, Thierry Neuvic

Comédie : Spécial Mézigue : “Après Le coeur des hommes de Marc Esposito, voici Le cul des femmes de Cécile Téléroman... Trois banalités ambulantes, des copines trentenaires pour tout dire, vivent leur vie comme elles peuvent : elles respirent, elles bavardent, elles mangent, elles sont bourges z’et modernes - “hachement” actuelles - et très laides. L’une a une têêête... on dirait un seau plein de merde, l’autre ressemble à une vieille serpillière usée (un peu dans le genre fantôme japonais) et la troisième est une blonde qui parle du “gnez” - signe généralement d’une grande intelligence... Voilà. Les présentations sont faites... Maintenant, y a tout ce qui se passe autour aussi... attends, la vie c’est pas simple... Y a les keums qui font chier grave... La première nénette a passé toute sa vie dans le métro à attendre le “Poinçonneur Charmant” et les deux autres sont mariettes... La serpillière avec un gars très actif et très branché réussite sociale... mais aussi très branché maîtresses... oh, la, la...! La blondasse, elle, a épousé un artisse-peintre... qui vend pas une toile et qui n’assure pas côté braise - heureusement qu’elle, elle est toubib... sans quoi leurs deux enfants mourraient de faim. Bon, y a plein d’idioties qui envahissent l’écran... des dialogues juteux et croustillants, j’te raconte pas... rien que d’y repenser, ça me donne des aigreurs... des reflux gastriques galopants... Et puis, t’as des nases dans la salle qui se marrent... jubilent en s’identifiant aux personnages... tout heureux de se retrouver eux-mêmes à l’écran... plus de rêve... non, non, le cinoche maintenant c’est devenu un miroir... le miroir d’un misérable Narcisse... Ces gens qui se marrent, me dis-je, doivent faire partie de ceusses qui aiment bien aller à la pêche le 21 avril, un genre comme ça, tu vois... Bon, j’ai pas que ça à foutre ! Vite la fin ! Elle est prodigieusement désespérante... De même qu’auparavant on a eu droit à un moment dramatique fort lorsque le seau de merde se plaint d’être “interdit bancaire”... (“Quoi, alors tu peux plus rien acheter ?!?” s’exclament bouleversées ses copines !); de même donc... lors des différents dénouements, on tire les bonnes conclusions... de rigueur par les temps qui courent... savoir que l’éthique n’est rien à côté du fric... que lorsqu’on a une famille qui s’agrandit par hasard, il faut vendre l’atelier de peinture de son ancêtre (faut surtout pas être passéisse!) et se débrouiller pour vendre ses tableaux coûte que coûte pour se faire de la sacro-sainte thune... Tout pour plaire !!! Il ne faut surtout pas freiner la croissance, faut ramasser de la fraîche pour pouvoir consommer davantage plein de trucs inutiles... tzétéra... Tout cela, sans tenir compte du fait que la terre n’est ni inépuisable ni illimitée... Tagada ! Tagada ! Fuyons en avant ! Jusqu’au jour où on va se retrouver avec les couilles qui débordent de notre petite planète bleue... dangereusement caressées par l’insupportable apesanteur de l’infini... On aura l’air fin, tiens ! Moi, personnellement, la fin de ce navet, je l’aurais vue autrement... Je t’aurais foutu la serpillière usée dans le seau à merde... lequel seau, je l’aurais balancé dans la gueule de la connasse blonde...!”

 


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