MARS 2005
Semaine 11  Du 09-03 au 15-03-2005

BOUDU - de Gérard Jugnot. (0/20)0
France - Couleur, 1h44 - 2004.
Avec : Gérard Depardieu, Catherine Frot, Gérard Jugnot, Constance Dollé

Comédie : Boudieu de Boudu ! Soixante-treize ans après avoir rendu visite à Monsieur Jean Renoir, le voilà qui réapparaît chez le mecton Jugnot...! Jésus, Marie, Joseph!!! De toute façon, il ne peut s’agir du même... Celui-ci n’est qu’un des nombreux clones de Gérard Depardieu (lequel GéDé fait vraiment de l’incruste violente sur nos écrans !)... un clone qui réussit l’exploit de faire de la figuration dans un rôle principal !!! Même si les dialogues et tout le reste sont inexistants voire merdiques... il y a des limites...surtout lorsqu’on est couronné Roi de l’Art Dramatique depuis plusieurs décennies...! Il a l’air d’un clochard, ça fait peur...!!! Il est tout propre sur lui - avec des vêtements de “essedéeffe”... tout neufs et fraîchement taillés par la costumière - et sent l’after-shave... avec, attention... les cheveux ébouriffés... quoique “nickel”... faut pas trop pousser le réalisme... C’est une production “Tifoune” (TF 1) qui vise le sacro-saint “Prime Time”...! Faut pas bousculer le prolo embourgeoisé à c’te heure-là...! Toutefois, selon mon petit doigt... et les résultats du premier jour, le public ne devrait pas trop se laisser empapaouter par cette arnaque de “voleurs de poules”...! Tant mieux, mon cher public ! Je sais que tu peux être exigeant quand tu le veux ! Néanmoins, j’en profite pour écraser une petite larme en me rappelant le temps passé... Le bon vieux temps ! Croyez-moi, ce n’est pas que de la basse nostalgie... Depuis le summum des années trente, il en a coulé de la merde sous les ponts... Depuis l’époque où un Renoir cassait du bourge avec courage et enthousiasme... Avec son Boudu à lui... qui nique tout le monde dans la baraque du couillon qui l’a récupéré de la noyade... Ici, l’anar baise la femme du bourge... pour lui rendre service ! Faut-il être con... ?!?

 

 

LE CAUCHEMAR DE DARWIN - de Hubert Sauper. (7/20) 1
France / Autriche / Belgique - Couleur, 1h47 - 2004.

Documentaire : En Tanzanie, au bord du lac Victoria, les petits poissons se transforment en gros poissons qui se transforment en sulfateuses... Voilà le sens du titre. Pour le reste, le reportage de Sauper s’étire en de longues minutes chargées de misère, de noirceur (sans mauvais jeu de mots!), de magouilles infectes, de personnages délabrés - qui par la pauvreté qui par la bêtise ou la méchanceté - et... sommet de l’horreur... de gamins drogués à la colle...! Ce sont probablement ces derniers qui émeuvent les spectateurs pour une fois ouverts... à de l’information réelle... si rare sur les petits écrans... mais fort malheureusement, si mal exprimée dans ce film qui aurait énormément gagné à être mieux monté et surtout plus resserré... Et puis, bon... c’est mieux que rien... mais la charge n’est pas si massive... on est loin du film “coup de poing”... du choc ! Et lorsqu’on a la chance de faire partie des gens un peu plus informés et plus sensibles aux mille et un problèmes africains... et ben, on s’emmerde par moments... Désolé... Que les spectateurs sortent apparemment touchés de la salle en disant “Bon sang, ça fait réfléchir...!”, j’en suis le premier ravi ! Tant mieux! Mille fois tant mieux ! Mais de là à s’engouer le sentiment et la cervelle comme le font les critiques en qualifiant cette oeuvre très approximative de film extrâââordinaire... Non, les gars, cessez de vous masturber en public ! C’est pour le moins indécent ! Conclusion : film (je l’espère) utile... mais cinématographiquement parlant, aïe...! Quant à Mézigue et Moi-Même, nous attendons toujours que l’on nous entretienne de l’exploitation des peuples africains d’une manière plus édifiante; de la fameuse “dette” qui permet aux “gens du nord” de les faire chanter, du “vol à main armée” de leurs richesses naturelles et bien sûr de toutes sortes de trafics d’armes... dont il est dangereux de parler... paraît que ça porte malheur...!

 

 

ELEKTRA - de Rob Bowman. (7/20) 1
USA - Couleur, 1h30 - 2004.
Avec : Jennifer Garner, Kirsten Prout, Terence Stamp, Goran Visnjic, Will Yun Lee

Aventures fantastiques : Oh, comme il est tragiquement chargé ce prénom...! Néanmoins, la BD dont s’inspire cette ch’tite “fantaisie” n’a que peu de rapports avec les oeuvres de Sophocle, d’Euripide ou de Giraudoux... Vague source d’inspiration, c’est tout... L’intrigue ? Voyons voir... pas grand chose de nouveau dans les domaines du Bien et du Mal... à la nuance près que la fameuse héroïne est un personnage déchiré entre les deux... Petit à petit, elle va comprendre où se trouve le droit chemin... que son maître (joué par Terence Stamp) ne veut pas lui dévoiler comme ça... Faut qu’elle trouve toute seule, la demoiselle... N’insistons pas sur la ténuité du contenu... n’est-ce pas... Or, comme je ne suis pas du genre à cracher d’avance dans la soupe, je me suis laissé surprendre par certaines petites qualités... La nana Jennifer, tout d’abord, est plutôt convaincante dans le rôle de l’aventurière tourmentée et douée de pouvoirs surnaturels... Belle femelle bien roulée, à la musculature féminine, aux traits de visage ciselés et tranchés, juste durs ce qu’il faut... Autres détails : l’agréable durée de quatre-vingt-dix minutes (il n’en faut pas plus pour ce qu’il y à raconter) et le montage des scènes d’action. On a le droit d’être sensible à l’utilisation modérée, somme toute, des effets spéciaux... avantageusement compensés par un montage nerveux et rapide comme l’éclair... C’est beaucoup plus prenant et crédible ainsi... Sinon... bon, on ne va pas se rouler par terre... A l’inverse d’un documentaire comme Le cauchemar de Darwin , ici le savoir-faire l’emporte sur les idées... Deux films “incomparables”... mais, pour cette raison même, amusants à comparer... Comme il est de bon ton de cracher sur l’un et d’encenser l’autre... pensez bien que je ne vais pas hurler avec les loups ni bêler avec les moutons... Je dirai simplement que, dans les deux cas, il faut savoir raison garder.

 

 

QUAND LA MER MONTE - de Yolande Moreau et Gilles Porte. (11/20) 1
France / Belgique - Couleur, 1h33 - 2003.
Avec : Yolande Moreau, Wim Willaert, Olivier Gourmet, Jacques Bonnafé, Bouli Lanners

Comédie dramatique : Ave César ! Ceux qui vont mourir de honte te saluent...! J’exagère un peu, mais je dois reconnaître qu’il m’aura fallu un pensum (en l’occurrence les récompenses “césariennes” 2005), pour aller découvrir ce “petit” film tout à fait digne d’intérêt... En tournée dans le Nord, une comédienne ni très jeune ni très belle rencontre un gars très quelconque dans le genre “délit de sale gueule”... Au fil des représentations, il s’agit d’un “one woman show” pour parler français, on découvre par petits extraits les différents épisodes du spectacle... Un spectacle drôle et émouvant... épousant progressivement la réalité... Une réalité blafarde qui donne des couleurs au modeste spectacle... Un spectacle au féminin et une réalité au masculin... Elle et lui, lui et elle vont connaître le beau début d’une histoire d’amour... qu’importe la fin... comme il est dit dans le film... On a beau redouter de tomber dans la sensiblerie... eh bien, on en sort pas... l’amour rend beau, l’amour rend sublime... Pas besoin de baguette magique pour Cendrillon... pas besoin de Prince Charmant... Il suffit de deux êtres de chair et d’os qui bousculent l’ordre de l’univers entier en esquissant quelques pas de danse sur une vieille scène... Moreau et Porte ont su tisser des haillons infiniment plus splendides que n’importe quelle “vêture” luxueuse... D’une larme invisible, il nous inondent de lumière... L’apparente médiocrité de la vie ordinaire agit comme un tremplin vers l’inaccessible... Pourquoi diable tout casser à la fin... alors qu’on nous avait promis auparavant qu’elle n’aurait pas d’importance...? Voilà ma déception toute personnelle... Déception qui m’agace tout autant que ce qui a pu la causer... Ajoutons que les interprètes sont remarquables et qu’il y a du Cassavetes là-dessous... (Même si j’ai horreur des comparaisons...).

 

 

LE SOUFFLEUR - de Guillaume Pixie. (0/20) 0
France - Couleur, 1h12 - 2003.
Avec : Guillaume Pixie, Linda Hardy, Frédéric Diefenthal, Elodie Navarre,Vanessa Guedj

Comédie : In Memoriam... A l’heure où paraîtra cet article, le souffle du souffleur aura foiré quelque part dans un coin d’ergastule... Entendez que vous n’aurez sans doute plus la possibilité d’aller vérifier si je ne dis que de méchantes conneries... Il n’y a pas de public pour un film... qui n’existe pas ! Le Guillaume que je ne connaissois point avant (cela ne veut rien dire, patate!)... s’avère être une sorte de comique en début de gestation... un embryon de Pierre Etaix (?)... à l’élocution et à la diction hasardeuses... qui s’emmêle les lacets dans une incohérente série de situations invraisemblables et stupides... de la fausse fantaisie... Il nous trimballe, en compagnie d’un Frédéric toujours aussi Diefenthal et d’une Linda trop Hardy, d’une misère l’autre, d’un gag moisi l’autre, le tout à la sauce “poésie inachevée”... Luc Besson a sans doute cru bien faire en donnant sa “chance” au camarade inconnu... Toujours est-il que l’on sort de la salle profondément troublé de constater que l’on propose ce “machin” au cinéma à raison de neuf euros par spectateur... Lesquels spectateurs sont rarissimes... achevant ainsi un gâchis de pellicule... qui n’aurait jamais dû être entamée... Requiescat in Pace...

 

 

TEAM AMERICA : POLICE DU MONDE - (Team America : World Police) de Trey Parker. (10/20) 1
USA - Couleur, 1h37 - 2004.

Animation : Après South Park, Trey et ses potes remettent ça en se foutant rageusement de la gueule des “chasseurs de terroristes” à l’américaine... Inénarrable parodie des films de genre héroïque - guerre, aventures ou certains polars - , caustique éreintement d’une certaine politique ricaine et savoureuses scènes comme celles de la rencontre “plumardesque” de deux amants en chaleur sur fond de musique romantique, cette comédie menée par des marionnettes n’en est pas moins très inégale... Dommage. Dommage surtout que le film flirte quelque peu avec Scary Movie ou autres Guignols... dont je ne suis pas particulièrement friand. Pour cause que... à force de se foutre de la gueule de tout le monde sans prendre nulle position personnelle, l’on finit par faire du gag pour le gag dans le genre “rion’z un peu”... En effet, même si la caricature de Matt Damon est absolument hilarante, ici on fusille dans tous les sens... et on tourne en bourrique les stars de Hollywood d’une façon qui me semble facile et superficielle... Claquer le beignet à tout le monde revient finalement à tomber dans le “politiquement correct”... A preuve, à certains moments l’on se met à accrocher aux aventures débiles des principaux personnages à priori principalement débiles... Méfions-nous de tout... et de son contraire...!

 

 

TROUBLE - de Harry Cleven. (0/20)0
France / Belgique - Couleur, 1h38 - 2003.
Avec : Benoît Magimel, Magimel Benoît, Natacha Régnier, Olivier Gourmet

Fantastique : Voici, en surexposition quasi permanente, une oeuvre qui se veut film d’auteur destiné au grand public... Pour la milliardième fois, on divague à propos d’angoisses gémellaires... Matyas, depuis longtemps adulte et vacciné, apprend un beau jour qu’il a un frère jumeau, Thomas... Un frère malfaisant et tellement jumeau qu’il parvient lorsque ça l’arrange à se faire passer pour Matyas... auprès même de son épouse et de son fiston... La confusion sera telle que, au fil d’étirements et de langueurs, ni les personnages du film ni les spectateurs ne sauront plus du tout où ils en sont... Vers la fin de cette ineptie, le cinéaste Cleven nous propose un salivant suspense... Thomas le méchant assène un coup de piqûre soporifique à Matyas en lui disant à dix, tu vas te réveiller et tu sauras tout... dépêche-toi, je commence à compter... Alors, de temps à autre, on entend s’égrèner les “un-deux-trois” tzétéra... Et lorsqu’on arrive à dix, cut ! Je te la mets dans le cul profond, spectateur ! Et là, tu comprends... Tu comprends que t’as été vachement con... de rester jusqu’à la fin !

 

 

LA VIE AQUATIQUE - (The Life Aquatic With Steve Zissou) de Wes Anderson. (0/20)0
USA - Couleur, 1h58 - 2003.
Avec : Bill Murray, Owen Wilson, Cate Blanchett, Anjelica Huston, Willem Dafoe

Comédie : Wes Anderson, je vous préviens tout de suite, est le sinistre individu qui a commis, il y a quelques années, La famille Tenenbaum... Spécialiste de l’humour sans humour... un peu comme la bière sans alcool ou le café décaféiné, tu vois... et convaincu de sa puissance comique depuis qu’il a effectué des expérimentations en labo sur des souris... qui moururent toutes... mais pas forcément de rire, il poursuit opiniâtrement le chemin de sa destinée pseudo artistique... Cette fois, il est question d’un aventurier océanographe qui, dans le but de venger l’un de ses amis, organise une expédition afin de chasser et de tuer le “requin jaguar” qui s’était impitoyablement goinfré son pote...! Que Bill Murray se ridiculise en compagnie de l’abominable Owen... après tout, c’est sa fonction... En revanche, quelle tristesse de voir Willem Dafoe jouer les imbéciles... et par-dessus tout d’apercevoir Seymour Cassel dans un mini-rôle...qu’on lui a octroyé comme on file une pièce à un malheureux...! Euh... si jamais vous résistez jusqu’au bout, vous pourrez lire au moment du générique de fin, que ce navet est dédié à la mémoire du Commandant Cousteau...! Voilà ce que ça donne... quand Wessie essaie de nous vendre des lanternes...

 


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