JUIN 2005
Semaine 23/24  Du 01-06 au 14-06-2005

A DIRTY SHAME - de John Waters.(0/20) 1
USA - Couleur, 1h29 - 2004.
Avec : Tracey Ullman, Johnny Knoxville, Selma Blair, Chris Isaak, Suzanne Sheperd.

Comédie : Spécial Mézigue : “On voit ça tous les jours, mon brave John... Du cul à peine moins “provocateur”... Du moins au cinoche... Cette ridicule bonne femme dont le bas ventre s’enflamme au point d’entreprendre une contagion mondiale aurait pu être franchement délirante et réellement provocante... Mais, dans le ciel du cinéma actuel obsédé par le sexe, ton “ignoble” tentative n’ est qu’un “coup de pet dans l’eau”... Surtout de la manière facile et grotesquement bête dont tu traites ce filmoïde... Tu t’es acoquiné cette fois avec un imposteur de la subversion : Johnny Knoxville... le “fabuleux” créateur de l’émission télé “Jackass”... dont s’est largement inspiré un autre imposteur - qui fait semblant d’être taré alors qu’il l’est réellement, Michaël Youn pour son célèbre “Navet d’Or Cinékosma 2004”, Les onze commandements...! Alors, comme ça, Waters, tu te veux “trash”, incommodant voire révolutionnaire... avec ces outrancières caricatures qui ne font plus sourire que les brûlés du cerveau au dernier degré...? Malheur à toi, mon vieux, tu ne provoques qu’un “plouf” digne d’un étron dans l’océan...! “Gonflé”, nous dit la pub... A part les nibards de la jeune connasse, même pas drôle une seconde, je n’ai rien vu de gonflé dans cette convenue simagrée... dans cette malheureuse mise en images suicidaire... si tant est que tu sois un tant soit peu subversif dans le fin fond de ton subconscient... La vraie Dirty Shame qui se dégage de ce spectacle affligeant est la teneur intense de boue dans tes... waters... La source en est pourrie... par le manque de rigueur...! Ce n’est pas comme ça qu’on va enculer la bouche des diseurs de bonne conduite, des prédicateurs pourfendeurs de péchés et autres évangélistes... “

 

 

B-HAPPY - de Gonzalo Justiniano. (7/20) 0
Chili - Couleur, 1h29 - 2003.
Avec : Manuela Martelli, Eduardo Barril, Lorene Prieto, Felipe Rios, Gloria Laso.

Drame : Elle aime son père, la gamine... Malgré son aspect quelque peu diabolique... un mélange de bassesse crasseuse et de noblesse luciférienne... Si j’ose dire... La gamine, par ailleurs, prétend n’avoir peur de rien... Après la sortie de prison de son “vieux”, elle réagit “classique” en refusant l’éclat du regard pervers et magnétique de son géniteur... Mais, bien vite, on va la sentir la chaleur plutôt douce qui peut parfois les unir, le père et l’adolescente... Charmée sans doute, du moins en partie, par la démarche quasi romantique de son papa, elle va sentimentalement réagir contre la médiocrité et la misère qui l’entourent... Sa mère et son frère sont au fond de braves humains, l’une résignée à la droiture et la souffrance, l’autre à une non-rebellion consistant à jouer le jeu du marginal voyou... admis d’une façon ou d’une autre par la normalité de la société généralement bien-pensante. Socialement parlant, c’est la chiasse au Chili... Comment va-t-elle s’en sortir...? Il n’y a en fait aucun moyen concret... Se sortir de quoi d’abord...? De sa destinée...? De son “classement” socioculturel...? On ne sort pas de ces “choses-là”... L’on s’y fond... d’une manière ou d’une autre... La révolution individuelle est nécessairement une utopie absolue... Les fondations de nos âmes ne reposent que sur l’idée que l’on est en mesure de se faire de l’existentialisme bio-spirituel ou sensitif...

 

 

CRAZY KUNG FU - (Kung Fu Hustle) de Stephen Chow. (0/20) 1
Chine - Couleur, 1h37 - 2004.
Avec : Stephen Chow, Yuen Wah, Leung Siu Lung, Dong Zhi Hua, Chiu Chi Ling.

Comédie : Crazy kung fu ou crazy horse ou crazy folies bergères... c’est du kif en l’occurrence... S’agit d’attirer le gogo sans pour autant lui en donner pour son argent... Prenons l’exemple des putes “pigalliennes”... Elles accrochent un mâle ridicule, à deux ou à trois, lui font consommer du “champ” tout en faisant semblant d’en boire aussi... Le crétin qui se fait baiser ainsi durant plusieurs heures risque paradoxalement de finir en taule... passque, au moment de l’additon... c’est la grande douleur... l’atroce angoisse...Alors, on téléphone à ses amis pour demander un emprunt - toute honte bue - afin de pouvoir régler la somme faramineuse qui s’est additionnée au fil d’enculages fictifs... Effleurages putassiers, paroles mielleuses, odeurs insupportables... pour peu que l’on ait encore préservé une parcelle d’esprit... Mais, halte ! Ici, nous ne sommes qu’au cinéma, la putasserie n’est point d’ordre sexuel, l’addition est payée d’avance... sans aucune surprise... hormis l’effroyable ennui...! Stevie le “Chow” fait dans le “gratuit payant”... Il nous avait quelque peu amusés avec son film précédent, ponctué de vraies trouvailles hilarantes; ici, il tente, le misérable, de faire preuve de virtuosité cinématographique en nous assenant des plans lamentablement composés parce que d’une grossièreté “hénaurme”... nullement étayés par la moindre démarche narrative ayant la moindre suite dans les idées... nulle cohérence psychologique des personnages (inexistants !)... nulle cohérence avec la plus modeste action ou intriguette... Uniquement de l’épate à deux yens et de la poudre de riz dans l’oeil gauche... On a vite fait de se faire chier quelque chose de “polyphonique”... et de maudire l’affreux responsable de ce prétendu divertissement...

 

 

DEADLINES - de Ludi Boeken, Michael Alan Lerner. (4/20) 1
Grande-Bretagne / France / Tunisie - Couleur, 1h43 - 2003.
Avec : Stephen Moyer, Anne Parillaud, Omid Djahili, Georges Siatidis, Larry Lamb.

Aventures : La ligne morte... est-ce celle qui sépare l’aventure du reporter ayant été témoin de l’information étriquée que nous recevons par la voie des médias télévisuels et autres... ? Ce n’est point la question que pose ce film aux aspects semi-documentaires agrémentés d’une mise en scène destinée à accrocher le public... Les aventures d’un reporter - qui comme (presque) tous les autres recherche le scoop... le sensationnel... en d’autres termes la lessive qui lave plus blanc que le blanc ou l’huile à l’odeur la plus agréable...? Insolite, mon interrogation...? Absolument pas ! J’essaie simplement de comprendre dans quelle mesure le pouvoir de l’image ou du verbe “haut” ne se rejoignent en tous domaines et toutes circonstances... En effet, qu’est-ce que j’en ai à foutre, au fond, d’une information aussi sensationnelle que celle d’une publicité mensongère...? Dans quelle mesure les reporters sont-ils honnêtes... et dans quelle (probablement infime) mesure permet-on de vulgariser ce qu’ils ont vécu par déontologie, par goût de l’aventure, par égotisme... ou encore par conviction idéologique...? Toute la question thématique est là... Or, le produit ici proposé ne semble pas se soucier des interrogations fondamentales et ne nous fournit que l’exposé plutôt fallacieux d’une ou plusieurs aventures vécues... Le contenu en est certes parfois prenant... mais le résultat à peine décevant... tant on s’attendait à du conventionnel vaguement “spectacularisé”...

 

 

DRUGSTORE COWBOY - de Gus Van Sant. (14/20) 1
USA - Couleur, 1h40 - 1989. (Reprise)
Avec : Matt Dillon, Kelly Lynch, James Remar, James Le Gros, Heather Graham.

Drame : Quatre braqueurs de pharamacie, deux gars et deux nanas... dans toute leur sinistre splendeur... en train de se shooter avec des médicaments, remèdes à leur incapacité de rêver autrement... Je ne suis point un chantre des paradis artificiels... je le précise immédiatement... mais par instants fugaces, je parviens à saisir quelque peu ce besoin d’échapper à la crasse par n’importe quel moyen... L’onirisme cauchemardesque est ici fort bien rendu; il s’agit du film le plus captivant de son auteur. Fascinant parfois jusqu’au vertige... nauséabond mais d’une indéniable beauté ténébreuse... images malsaines à l’esthétique planante... suivies de plans à ras des égouts... Après plusieurs années de quête d’un bonheur inaccessible, de vols qui mènent forcément un jour ou l’autre en taule... le chef de la bande des quatre va tenter de se relever de sa déchéance en décrochant des saloperies “paradisiaques” qui au bout du compte deviennent infernales... Mais ce sera dur-dur de se réconcilier avec l’ordinaire... retrouver ne serait-ce qu’un petit strapontin pour le sublime...Quant au spectateur, après avoir assisté à un intéressant moment de cinéma, pimenté éventuellement par une dose de rêverie planante, il n’a qu’à sortir de la salle à la fin du film... pour se désintoxiquer... Ajoutons que tous les acteurs sont plus que crédibles et que Matt Dillon semble comme un poisson dans l’eau dans ce qui est sans doute son meilleur rôle...

 

 

EL CIELITO - de Maria Victoria Menis. (3/20) 1
Argentine - Couleur, 1h33 - 2004.
Avec : Leonardo Ramirez, Dario Levy, Monica Lairana, Rodrigo Silva.

Drame : Un vagabond d’une vingtaine d’années trouve un job dans une petite ferme isolée, au sein d’une petite famille; le père, la mère et leur bambin d’une dizaine de mois... Comme dans tout film argentin qui se respecte (sauf quelques exceptions), l’histoire se résume à trois actions et demie... qui se traînent dans la poussière d’une campagne miséreuse... Le papa et la maman ne s’entendent pas très bien; nous avons droit par moments à des fragments de scènes de ménage (scènes plutôt “téléphonées”) et à quelques souvenirs dans la tronche du jeune vagabond... Ayant apparemment, lui aussi, vécu une enfance traumatisante, il ne s’en attache que davantage au bambin du couple déchiré... Il quittera la ferme avec l’enfant et affrontera la dure réalité urbaine... Jusqu’à l’échec final... Drame inutile...? Une chose est sûre - à part quelques prises de vues - l’on a bien du mal à palpiter au vu de cette énième variation sur la difficile existence du peuple argentin...

 

 

L’INTERPRETE - (The Interpreter) de Sydney Pollack.(6/20) 0
USA - Couleur, 2h00 - 2004.
Avec : Nicole Kidman, Sean Penn, Catherine Keener, Jesper Christensen, Yvan Attal.

Espionnage : Une interprète employée à l’ONU (Nicole Kidman) prend connaissance par hasard d’un complot en Afrique... L’agent fédéral chargé de sa protection (Sean Penn) va commencer par la soupçonner elle-même d’être mêlée à cette magouilleuse affaire... Cela fait déjà longtemps que Pollack est dans sa période “vieillissante”... Ses films sont toujours soignés (voire quelque peu aseptisés), ses acteurs toujours “classieux”... mais l’intrigue au script mal mené - voire malmené - ne nous accroche que durant la première partie. Au fil de l’histoire, les situations se compliquent à souhait et le rythme, diamétralement opposé à la “nodification” des événements, devient poussif... D’autant plus que tout cela manque de contenu - ah, ce sacré contenu ! - au point de nous faire oublier la présence des deux vedettes... cependant, pas au mieux de leur forme... Eh oui, tout est lié... Quand le scénario et la mise en scène ahanent, les acteurs tirent la langue... et, au total, on obtient un petit divertissement tout juste regardable...

 

 

MONSIEUR VERDOUX - de Charles Chaplin. (20/20) 1
USA - Noir et blanc, 2h03 - 1947. (Reprise / Re-vision)
Avec : Charles Chaplin, Martha Raye, Isobel Elsom, Marilyn Nash, Robert Lewis.

Comédie : Heureusement qu’il y a les valeurs sûres ! Quand on ne sait plus où donner des yeux, autant se consoler - et même plus - avec ce merveilleux bonhomme de Chaplin ! Champion toutes catégories du cinéma muet, avec ce chef-d’oeuvre absolu, il nous démontre brillamment qu’il n’a rien à craindre du cinéma dit “parlant”. D’après une idée originale de Orson Welles (inspirée de Landru), il va comme d’habitude, tout faire lui-même : écrire le scénar’, mettre en scène, composer la musique et bien sûr assurer l’interprétation du rôle titre. Pour la première fois, il quitte les haillons de Charlot pour enfiler divers costumes chicos... Il va, en fait prendre le masque d’un assassin cynique pour voiler - par extrême pudeur ? - la bonne bouille de l’éternel vagabond au coeur “gros comme ça”... Cela dit, malgré une apparente misogynie, une cruauté sarcastique, l’autre Charlie est tout de même là... Il faut comprendre les raisons profondes de ses méfaits... Le voir secourir une jeune fille dans la mouise, pour s’apercevoir qu’il n’est point fait tout d’une pièce... et que, pour le moins, une dualité Verdoux / Charlot est quasi omniprésente... Ainsi, on arrive à se demander quel est le vrai masque... Dans ses œuvres précédentes, derrière le visage du gentil clochard, n’y avait-il point un petit brin de l’élégant cynisme et une lueur de l’intelligence et de la vivacité d’esprit du criminel Verdoux...? Pudeur, savant dosage ou encore jeu de masques farceur, peu nous importe ! Le résultat est époustouflant, d’humour, de lucidité, d’humanisme enfin. L’implacable démonstration qu’il nous fait en guise d’épilogue - peu avant l’exécution de Verdoux - en concluant notamment (à propos de meurtres) que le nombre sanctifie, relève d’une clairvoyance impitoyable teintée cette fois d’un indéniable désespoir. Outre la comédie et dans une certaine mesure le néoréalisme, Chaplin semble avoir considérablement influencé le cinéma italien presque dans son ensemble... Par certains aspects, on trouve des similitudes avec les œuvres de Leone - en plus du cynisme dont Sergio était le grand maître incontestable, l’ombre et la lumière de Charlot planent sur un personnage comme “le truand”, joué par l’inoubliable Eli Wallach... Chaplin est vraiment l’un des piliers du cinématographe... du moins de celui auquel je suis le plus sensible.

 

 

PAPA - de Maurice Barthélémy.(0/20) 1
France - Couleur, 1h18 - 2004.
Avec : Alain Chabat, Martin Combes, Yaël Abecassis, Judith Godrèche, Anne Benoit.

Comédie dramatique : Un papa et son fiston font de la route ensemble et en bagnole... On ne sait rien de leur point de départ ni de leur destination... Le gamin doit avoir six ans environ; ils roulent en tchatchant, s’arrêtent de temps en temps; tantôt ils rient, tantôt ils pleurent. On ne sait nullement pourquoi... Néanmoins, le père fait des cauchemars liés à un drame vécu... Mais, prudemment, Momo Barthom nous cache la vérité afin de ménager le suspens... faute d’intrigue, faute d’inspiration... prudemment, il traîne ses savates dans ce désert filmique... On finira par savoir à peu près ce qui est censé nous bouleverser... Ils arriveront à destination dans l’indifférence générale... Après RRRrrrr (coauteur et interprète) et Casablanca Driver (auteur-réalisateur-interprète), deux puantes ordures, Momo a cette fois pitié du pauvre spectateur en ne lui infligeant pas sa présence... Quand t’as vu la bande-annonce du navet en question, t’as tout vu... C’est d’une certaine manière un vrai tour de force...! Mention spéciale à Chabat... toujours au top de la nullité !

 

 

LES PRODUCTEURS - (The Producers) de Mel Brooks. (20/20)1
USA - Couleur, 1h30 - 1967. (Reprise / Re-vision)
Avec : Zero Mostel, Gene Wilder, Kenneth Mars, Estelle Winwood, Dick Shawn.

Comédie : De nos jours, si l’on veut rire, il faut retourner plusieurs dizaines d’années en arrière... Revisiter le plus balèze des films Mel Brooks par exemple. Le plus balèze et pas nécessairement le plus connu ! Toutefois le film fut distingué par un oscar du meilleur scénario. A juste raison ! L’idée et l’histoire sont excellentes et ça aide, comme d’hab’ ! Un minable producteur de théâtre sans le moindre sou et un comptable ayant renoncé à ses scrupules vont unir leurs efforts pour réaliser une opération extraordinairement juteuse... à priori ! Le producteur va draguer des petites vieilles friquées auxquelles il soutirera des sommes d’argent qu’il n’a nullement l’intention d’utiliser pour le financement d’un spectacle qui pour bien faire devra être la plus mauvaise pièce de théâtre jamais représentée...! Outre l’intrigue, les acteurs, Zero et Gene en tête, atteignent des sommets de délire grâce à leur jeu outrancier, caricatural et parfaitement démesuré ! C’est qu’on avait le sens de “l’absurde”, à l’époque... Souvenez-vous... Peu de temps après Brooks, un certain Woody Allen nous en fera baver... de rire! Avec ses premières réalisations : de Prends l’oseille et tire-toi ! à Guerre et amour... Puis, les Monty Python feront des ravages avec leur Sacré Graal ! Ayant tous pour ancêtres les rois du non-sens : The Marx Brothers. En revoyant ce bijou de franche rigolade qui ne laisse jamais de place à la facilité et à la stupidité, je me suis quelque peu rassuré. Non, ce n’est pas parce que je vieillis que je deviens de plus en plus difficile. Ou si peu... Pas de doute, c’est le cinoche qui dégénère... Pour ceux qui ont encore un peu le sens de l’humour, cette superbe comédie est vivement recommandée !
A noter : un détail que j’ignorais; c’est Dustin Hoffman qui devait jouer le rôle de l’auteur dramatique taré. Bien que Kenneth Mars soit irrésistible et que Hoffman ait eu cent fois raison de préférer tourner le film qui fit de lui une star, Le lauréat , j’eusse été très curieux de voir Dusty dans cette composition foldingue... Mais bon, on ne peut pas tout avoir...!

 

 

SIN CITY - de Robert Rodriguez, Frank Miller avec la collaboration de Quentin Tarantino. (8/20) 1
USA - Noir et blanc et couleur, 2h03 - 2004.
Avec : Mickey Rourke, Clive Owen, Bruce Willis, Benicio Del Toro, Jessica Alby.

Policier :La B.D., en général, c’est très peu pour moi ! Surtout adaptée au cinéma. Cela dit, Frank Miller possède un certain sens du cradingue brut de décoffrage qui parfois m’amuse salement bien... Sin City, la cité du péché, est truffée de criminels, de héros ambigus, de putes, de flics et de voyous etc. Plusieurs histoires s’entremêlent plus ou moins heureusement selon les sketches... Un flic tentant désespérément de faire proprement son boulot, une sorte de gorille monstrueux (étonnant Rourke!) au coeur pas si impur qui fait tout pour venger sa belle sauvagement assassinée et plein de saligauds de tous acabits... Bien. Tout cela est indéniablement assez gratuit. Sauf si l’on se laisse aller à reluquer sans trop réfléchir la virtuosité de la mise en images... L’ambiance de ce film est certes sans précédent. Un noir et blanc auquel s’ajoutent quelques taches de couleurs... Un formalisme poussé à l’extrême... mais pas forcément pour la bonne cause... Dommage...

 

 

SOMMEIL AMER - (Khab-e Talkh) de Mohsen Amiryoussefi.(0/20) 1
Iran - Couleur, 1h27 - 2003.
Avec : Abbas Esfandiari, Delbar Ghasri, Mohsen Rahimi, Safar Ali-Safari.

Comédie dramatique : Un vieux laveur de morts qui opère dans le cimetière d’une petite ville du centre de l’Iran... Un beau jour, il a le pressentiment qu’il risque d’être le prochain macchabée de la liste... Le problème, dans ce fouillis, c’est tout d’abord l’agression d’une image monstrueusement laide - mélange de reportage télévisuel et de docu-fiction qui se la joue humoristique de temps à autre... Puis, une interprétation (???) aux confins du cauchemar le plus satanique - les acteurs, non professionnels, jouent leurs propres rôles... Pour finir, une série d’actions sans queue ni tête, le tout encensé par une certaine critique qui y voit une formidable audace et un sens de l’humour affûté de la part de l’auteur Mohsen...! J’ai cru défaillir à plus d’une reprise, malgré la courte durée de ce non-film !

 

 

SOUS LA PEAU DE LA VILLE - (Zir-e Pust-e Shahr) de Rakhshan Bani-Eternad. (0/20) 1
Iran - Couleur, 1h32 - 2000.
Avec : Golab Adineh, Mohammad Reza Forutan, Baran Kosari, Ebrahim Shayban.

Drame : Voilà un drame socio-familial qui se passe en 1998 à Téhéran. Il s’agit d’une famille moyenne qui peine à s’en sortir et dont le fils aîné fait tout pour obtenir un visa pour l’étranger afin d’améliorer le quotidien de ses parents. Il ira jusqu’à faire des bêtises comme tous ceux qui veulent par trop faire l’ange... J’ai lu quelque part que ce film possède une valeur documentaire particulièrement édifiante... que l’on y voie l’Iran comme rarement au cinéma... qu’il s’agit d’un témoignage social extraordinaire... Ma foi, dans cette histoire construite comme une sérié-télé, je n’ai vu qu’un ersatz de “saga familiale” à l’américaine... dans un contexte tout à fait différent, s’entend...! Mais, à l’opposé du cinéma iranien habituel, ce film est davantage destiné à ceux qui ont aimé Dallas... qu’aux amateurs de néoréalisme.

 

 

TRAVAUX... on sait quand ça commence... - de Brigitte Roüan. (0/20) 1
France - Couleur, 1h30 - 2004.
Avec : Carole Bouquet, Jean-Pierre Castaldi, Aldo Maccione, Didier Flamand.

Comédie : L’entendre et le voir pour le croire : une nana, pour se débarrasser d’un admirateur incroyablement encombrant, organise des travaux parfaitement inutiles dans son appartement...! Elle va engager des travailleurs immigrés plus ou moins clandestins et ce sera le bordel (façon Les Charlots dans les années soixante-dix)...! On croyait que ce genre de comédie n’existait plus; eh bien, que l’on se détrompe, Roüan l’a réinventé le temps de quatre-vingt-quinze minutes...! Les murs s’écroulent, les fuites d’eau sont diluviennes, l’on ne s’étonne plus de rien au bout du compte... L’excès, chère Brigitte, ça se mesure !!! Bordel d’un bidet fracassé ! Carole Bouquet poursuit son chemin égaré et s’enlise...! Elle esquisse même des pas de danse et une gestuelle grotesque en chantonnant - cela fait partie de la “fantaisie” roüannaise qui cligne d’un regard borgne du côté du déjà piteux Huit femmes - dès l’instant où elle tient un discours lors d’un procès (elle est avocate) ou n’importe ou ailleurs... Les autres acteurs... cachetonnent...

 

 

Le miracle Emir Kusturica - L’intégrale du dernier vrai artiste du cinématographe.1
Actuellement programmé auu cinéma Le Champo à PARIS 5ème

J'ai vu et revu tous ces films, bien que toutes les critiques ne soient pas sur le site.

-Te souviens-tu de Dolly Bell ? (1981)
-Papa est en voyage d’affaires (1985)
-Le temps des gitans (1989) : voir critique dans Cinekosma
-Arizona Dream (1992) : voir critique dans Cinekosma
-Underground (1995)
-Chat noir, chat blanc (1998) : voir critique dans Cinekosma
-Super 8 Stories (2001)
-La vie est un miracle (2004) : voir critique dans Cinekosma

Ne manquez pas de visiter le site de Matthieu Dhennin entièrement consacré à Emir Kusturica : http://www.kustu.com

 

 

 


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