JUILLET 2005
Semaine 31  Du 27-07 au 02-08-2005

BLOOD AND BONES - de Yoichi Sai.(0/20) 1
Japon - Couleur, 2h23 - 2004.
Avec : Takeshi Kitano, Hirofumi Arai, Tomoko Tabata, Joe Odigari, Mihoko Suino.

Drame: Blood and Bones, c’est le titre français... je précise... Pourtant... Sang et os aurait été plus rigolo... Bref. Voilà le topo : durant tout le film, Takashié (le Charles Bronson nippon sans qui ce navet ne serait même pas sorti de par chez nous...) passe son temps à violer sa femme... à hurler... et à briser la gueule et les os de tout le monde... sous les yeux effarés de sa famille et de ses voisins ou employés... Et ce, depuis les années 20 jusqu’aux années 80... Toute la vie mal racontée d’un immigré coréen au Japon... Il y a même un narrateur en voix off... mais, le bougre de Yoichi se débrouille pour nous rendre l’ensemble difficilement compréhensible... un exploit en quelque sorte... Que de belles scènes, en revanche... de gros plans on ne peut plus complaisants sur tout ce qui saigne, gerbe ou sent mauvais... De quoi écœurer un endurci... Je ne voudrais surtout pas généraliser à outrance... mais, au travers de leur cinématographies, les Nippo-Coréens ont de quoi inquiéter... C’est pire que “brut de décoffrage”! D’un malsain kilimandjaresque... Devraient consulter un ou deux spécialistes très spécialisés, les auteurs de ce genre de produit... Allez, beurk une bonne fois pour toutes et point barre ! Cette fois, ma décision est prise, je n’irai plus jamais voir un film japonais dépassant la durée de 1h40...!

 

 

IL ETAIT UN PERE - (Chichi Ariki) de Yasujiro Ozu.(0/20) 1
Japon - Noir et blanc, 1h26 - 1942
Avec : Chishu Ryu, Shuji Sano, Shin Saburi, Takeshi Sakamoto, Mitsuko Mito.

Drame : Là, c’est la fête à mes yeux...! Mais... on ne peut décemment faire le même genre de reproches à un film de plus de soixante ans d’âge - un inédit restauré autant que possible - dont la copie est en lambeaux ou presque qu’à une production “toute neuve toute laide” tournée en vidéo, et comme il en court un certain nombre sur nos écrans... Cela dit et par ailleurs, on a le droit de s’emmerder puissamment au vu de la non-histoire primairement filmée qui se déroule sous nos yeux... Que voulez-vous, c’est du Ozu... Et, gare ! Il a été sanctifié par les critiques et un public un peu masochiste... alors, t’as pas intérêt à piper le moindre mot négatif à son égard...! Que nous dit-il... ? Un père et un fils... qui mènent une existence terne mais sage... qui sont obligés de se séparer et de vivre chacun de son côté en ne se revoyant que de temps à autre... alors, ils se font de tendres sourires et se parlent... pour ne rien dire... Genre, faut bosser parce que quand t’as fini de bosser ça fait du bien quand ça s’arrête... Des trucs comme ça, tu vois... Je caricature, certes... mais, Yasu ne nous dit quasiment rien d’autre que “Travail, Famille, Patrie”...! S’il ne le disait pas aussi gentiment, il y aurait de quoi se fâcher...! Et puis, on se gratte la tête, on réfléchit et on creuse... voir si des fois que... y aurait pas une subtilité cachée... un grand pas vers la sérénité... Fichtre non ! Et bien au contraire... gare au grattage ! Parce que, au fond, c’est le contraire que l’on découvre... savoir des vices cachés... Méfions-nous bien de cette sage gentillesse... car elle peut s’avérer parfois terriblement dangereuse... un grand pas vers l’aveuglement... A ceux qui ont tant envie de se fatiguer la cervelle avec Ozu... eh bien, je propose de prendre aussi le temps de repenser ce que je viens d’exprimer...

 

 

INSIDE DEEP THROAT - de Randy Barbato et Fenton Bailey. (20/20)1
USA - Couleur, 1h30 - 2004.
Narrateur : Dennis Hopper.

Documentaire : Je n’ai pas vu Gorge profonde. Pour moi, ce n’était qu’un porno parmi d’autres... et comme je suis peu friand de ce genre de spectacle, n’est-ce pas... En revanche, le documentaire en question m’a donné envie de le découvrir... Il apparaît en effet qu’en dépit d’une histoire mettant en scène des personnages pour le moins extravertis, Gorge profonde ne fut pas conçu dans le but de faire de l’argent facile mais plutôt dans l’intention de déranger, bousculer, exprimer une révolte même, face à l’hypocrisie générale qui entourait le sexe tabou... Dans le même temps, je m’empresse d’indiquer que le docu de Barbato et Bailey n’est nullement racoleur et, qu’en plus, il est absolument passionnant de bout en bout ! Le résultat de ce que l’on voit est celui d’un travail pointu et extrêmement sérieux. Et si l’on est tant conquis c’est pour la simple raison que le film est d’une densité rare, étant donné tout ce qu’il nous rapporte en 1h30... Le porno de Damiano avait provoqué tant de réactions et de bouleversements, aux plans social et politique, aux niveaux intellectuel, moral et culturel... éducatif pour certains ! Notamment pour le juge qui traitait l’affaire portée jusques aux Tribunaux, qui ignorait jusqu’à l’existence du clitoris...! Aujourd’hui, cela nous fait marrer... mais, en faisant un petit effort de mémoire, l’on peut se rappeler l’obscurantisme dans lequel le sexe était plongé il y a seulement trente ans...! Difficile de parler longuement d’un film sans en dévoiler le contenu, pas vrai...? Par conséquent, force m’est de me limiter à dire avec enthousiasme combien ce documentaire richissime est édifiant au niveau de tout ce qui touche nos mœurs et nos mensonges (à soi-même bien souvent)... tout le fonctionnement parfois dément de nos sociétés... Edifiant... mais par-dessus tout, fort drôle - il y a toute une galerie de personnages fêlés ou pourris, sympathiques ou imbuvables... et qui prêtent toujours à sourire ou à carrément se fendre la gueule... Trente-six histoires s’entre-croisent dans cette œuvre par moments digne du meilleur polar... Et l’on comprend aisément qu’à l’époque un film pornographique pouvait être réalisé pour des raisons beaucoup plus... profondes... Si vous voulez en savoir plus, courez-y, vous ne le regretterez pas car il y a dans ce film exceptionnel de quoi satisfaire tous les goûts... sauf les scènes de cul... trop rares pour contenter le voyeur moyen... Raison de plus pour y aller, dirais-je...!

 

 

JE LIS DANS TES YEUX - (Te lo leggo negli occhi) de (2/20)1
Italie - Couleur, 1h22 - 2004.
Avec : Stefania Sandrelli, Teresa Saponangelo, Camilla Di Nicola, Luigi Maria Barruano.

Drame : Une mère, une fille et la fille de la fille... La première est une chanteuse vieillissante aux cordes vocales abîmées, la deuxième en a marre de la première et la troisième adore sa grand-mère... Cette dernière est quelque peu envahissante d’où la mésentente avec sa fille... Mais, la gamine finira par recréer des liens affectueux entre les deux femmes... Produit par Nanni Moretti (dont un court métrage lamentable précède le long), ce téléfilm de série “B” n’a évidemment pas sa place (une fois de plus !) dans une salle obscure... Je lis dans tes yeux, malheureux spectateur, une profonde apathie, l’agacement du “cochon de payant” et, malgré tout, le vague espoir d’apercevoir un bout de scène... un plan... un geste qui vaille la peine de s’émouvoir... avant la fin... Eh bien, que lerche, il ne restera dans ton regard qu’une déception résignée et la vague sensation de t’être trompé de salle... On aura beau t’expliquer, spectateur, que la môme Santella n’en est qu’à son premier coup d’essai... t’en auras rien à cirer... Que t’ailles voir ça ou un Kubrick, c’est le même prix...! Enfin... On peut toujours essayer de se consoler avec la charmante et talentueuse présence de Stefania Sandrelli...

 

 

LA MAIN DE FER - (King Boxer) de Cheng Chang Ho. (20/20)1
Hong-Kong - Couleur, 1h37 - 1972. (Reprise / Re-vision)
Avec : Lo Lieh, Wang Ping, Wang Chin-Feng, Nan Kung-Hsun, Tien Feng.

Aventures : Lo Lieh n’est pas Bruce Lee, ok... mais La main de fer est le seul film de kung fu à pouvoir se mesurer aux meilleures performances du “dragon” prématurément disparu. Pour les aficionados, c’est même un film un peu mythique; et je me souviens que moi-même je fus fortement impressionné, il y a trente ans, en recevant en pleine figure cette cascade d’avalanches ou cette avalanche de cascades... au choix... toutes ces scènes de bagarre magistralement orchestrées et aux trucages à l’ancienne... Trucages qui eussent été irréalisables sans le réel savoir-faire des interprètes et reposant pour l’essentiel sur le montage...! Le cinéma est l’art de l’ellipse comme chacun sait... et pour les scènes d’action, rien de tel qu’une série d’ellipses... afin de donner la parfaite illusion d’un rythme ahurissant de rapidité ! Côté histoire, c’est toujours la même : l’affrontement de plusieurs écoles d’arts martiaux... Il y a les bons et les méchants et... les bons finissent toujours par être les plus forts...! Normal, non ? C’est la loi du genre, après tout... Néanmoins, ce film majeur, qui fut à l’origine de “l’occidentalisation” des films d’action chinois, peut séduire les personnes les plus sensibles (malgré - tout de même - une violence exacerbée par moments...). C’est que les scènes de combat se savourent comme un ballet un peu sauvage... une danse fascinante parce que cruelle et esthétique à la fois... Et puis, la naïveté des personnages et des ressorts dramatiques qui les articulent sont là pour nous rappeler, en cas de besoin, que nous sommes au cinéma.

 

 

MR AND MRS SMITH - de Doug Liman.(0/20) 1
USA - Couleur, 2h00 - 2004.
Avec : Brad Pitt, Angelina Jolie, Vince Vaughn, Adam Brody, Elijah Alexander.

Aventures : Le gogo moyen qui se laisse délasser par ce genre de supercheries pseudo-cinématographiques est une personne fatiguée... Qui a bossé toute la journée et qui, dans notre monde ultra moderne, produit de plus en plus de choses inutiles, se créant ainsi de faux besoins... lesquels besoins créent des emplois à leur tour et génèrent surtout un emploi du temps surchargé pour fabriquer encore plus de produits inutiles... Esclavage que les futuristes du siècle dernier n’imaginaient seulement pas... Tout le monde rêvait d’une société de loisirs - et même la prévoyait - les machines travaillant à la place de l’homme... N’est-ce pas ? Or, la vanité et la dérision la plus absolue régnant désormais - sans oublier une exploitation de l’homme par l’homme encore plus sauvage - nous obtenons des effets parfaitements contraires...! On fabrique de l’inutile et pour se détendre... l’on va au cinéma, par exemple, zieuter un spectacle terriblement inutile parce que d’un creux... dramatiquement insondable...! Tout cela pour dire que finalement nous vivons dans un monde cohérent... où l’on produit de la merde de plus en plus chèrement commercialisée et où l’on consomme idem... Y compris les divertissements en tous genres; et, bien plus grave, y compris tout ce qui touche de près ou de loin au culturel et à l’artistique... Est-il besoin que je vous entretienne davantage de ce film ... que je vous décrive le néant... que je vous fasse un dessin en somme...?
PS : Inutile de tirer la sonnette d’alarme, le compte à rebours a commencé...

 

 

PERDRE EST UNE QUESTION DE METHODE - (Perder es cuestion de método) de Sergio Cabrera.(6/20) 1
Colombie - Couleur, 1h40 - 2004.
Avec : Daniel Giménez Cacho, Martina Garcia, César Mora,Victor Mallarino,Sain Castro.

Policier : Un polar colombien... Tiens, tiens... C’est nouveau... insolite pour un Parigot... Je m’empresse évidemment... fonce dans l’obscurité de la salle... fantasmant sur un tas d’images inédites... un traitement de l’intrigue coloré très foncé par l’ambiance latino-ricaine... magouilles politicardes... flics pourris... protagonistes à l’ombre réaliste et un peu sordide... tzétéra... M’imaginais pas tomber sur un filmoïde aussi truffé de clichés... mais à la farce hétéroclite, toutefois... Il y a de tout là-dedans : du polar-polar... du drame socio, du truandage politico et du cradingo à la sauce humoristique...! Mélanges parfois indigestes, maladresses fréquentes, ambiance variable... Mais l’ennui s’y fait rare... Important, ça... ! Il faut dire qu’on n’a pas le temps non plus... Se passent plein de choses... y a du crime odieux, un colonel grotesque, une mignonnette aux seins minuscules, le rigolo de service... sans oublier le héros principal, un mélange de privé à l’américaine et d’abruti qui a toujours tout faux... Bon. A l’extrême rigueur... quand on n’a vraiment aucun autre chat à fouetter... on a le droit de se laisser tenter par cette petite curiosité dont la saveur ne laisse pas d’arrière-goût désagréable...

 

 

LES SEIGNEURS DE DOGTOWN - (Lords of Dogtown) de Catherine Hardwicke.(0/20) 1
USA - Couleur, 1h47 - 2004.
Avec : Emile HIrsch, Victor Razuk, John Robinson, Heath Ledger, Rebecca de Mornay.

Aventures : La réalisateuse a sûrement voulu construire un film au rythme endiablé et nous emporter tous dans un tourbillon irrésistible et menant direct dans l’enfer de l’extase... ! D’emblée, t’as donc l’impression d’être malade... céphalée galopante, yeux larmoyants, éréthisme cardiaque, crise de tétanie... Tu te sens les cheveux sales et l’ongle trop long... Ecume, bave et morve t’envahissent le nez, la bouche et le menton... ça finit même par dégouliner jusqu’aux genoux... ! T’as pas une seconde pour respirer ! C’est du “t’en-veux-alors-prends-ça-dans-la-gueule”...! Du surf on passe direct au skate... ça flotte, ça plonge, ça roule et ça se viande sur le béton... Une bande de jeunes crétins dans la catégorie Apocalypse Idiots gigote dans tous les sens jusqu’à la fin (tant espérée !!!) où il y a finalement une accalmie et où l’on nous la joue sur le mode sentimentalo-réaliste... Les mots me manquent pour pousser la réflexion... Et puis, quelle réflexion ??? Que c’est le genre de “toile” qui rend fou et con...? Comme une sorte de jeu vidéo absurdement concocté par un taré malveillant...! Allez, stop ! J’ai survécu, c’est l’essentiel ! Croyez-moi, il faut être un vétéran comme moi pour résister jusqu’au bout de cette ignominie...!

 

 

 


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