JUIN-JUILLET 2005
Semaine 27/28  Du 29-06 au 12-07-2005

AMITYVILLE - (The Amityville Horror) de Andrew Douglas. (0/20)1
USA - Couleur, 1h29 - 2004.
Avec : Ryan Reynolds,Melissa George,Philip Baker Hall,Jesse James,Jimmy Bennett.

Fantastique : Après l’original de 1979 signé Stuart Rosenberg et les deux suites, l’une datant de 1982 et réalisée par Damiano Damiani, l’autre de 1983 commise par Richard Fleischer, voici le remake du premier piteusement mis en images par un certain Andrew Douglas... Un remake qui porte toujours le label “d’après des faits réels”... un truc dont on se fout quelque chose de puissant ! Je rappelle qu’il s’agit d’une maison hantée par le diable... un diable terriblement pousse-au-crime ! T’as un couple qui casse sa tirelire et qui s’endette jusqu’aux couilles pour acheter la charmante baraque... Aussitôt installés, les voilà confrontés à des événements infiniment plus qu’inquiétants... Du genre, il t’arrive le dixième tu fous le camp direct de la masure sans même ramasser tes affaires...! Eh bien, notre couple et sa progéniture, ne font que ciller d’un œil et continuent à supporter les apparitions en tous genres et à subir les tortures de Lucifer... Vachement logique ! Tu me diras que s’ils se tiraient illico, le film ne durerait que cinq à dix minutes et le spectateur, hurlant à l’arnaque, déchirerait l’écran... Donc, faut que ça dure et... sans trêve aucune par-dessus le marché... Tous les moyens sont bons pour te faire sursauter (le truc le plus usé du monde !), pour te faire frissonner voire te terroriser... Manque de bol, quand dans un scénar t’as pas la moindre plage pour souffler - sans même parler de la psychologie des personnages et d’une histoire bien écrite - le film lui s’essouffle fissa et toi avec et... le “soufflé” retombe foireusement... La maison d’Amityville est définitivement inhabitable; il est temps d’y poser des scellés une bonne fois pour toutes...!

 

 

L’AMOUR AUX TROUSSES - de Philippe de Chauveron. (3/20)1
France - Couleur, 1h33 - 2004.
Avec : Jean Dujardin, Pascal Elbé, Caterina Murino, François Levantal, Claude Brasseur.

Comédie : Les aventurettes de deux flictons dont l’un couche avec la femme de l’autre... d’où certaines complications ou situations à tendance comique... Dans le même temps, ils mènent une enquête sérieuse en coursant un malfaiteur... Si l’ensemble est loin d’être bien enlevé, l’on a (presque) une bonne surprise en se rendant compte que... l’on ne s’ennuie pas... malgré les actions répétitives, peu vraisemblables et souvent d’un vilain niveau... C’est qu’il y a ici un semblant d’histoire... Je dis bien un semblant... Ne nous emballons pas ! Côté casting, les apparitions assez rares de Claude Brasseur sont fort honnêtes - c’est que Monsieur est un professionnel - , Levantal s’affirme comme un bon second rôle, Elbé ressemble quelque peu à un vrai comédien et la Caterina est fort bien roulée... parlons pas de son talent, elle a toute sa vie devant elle... qui sait ...? Quant à Dujardin, notre fameux Niçois, no comment...! En revanche, il a bien raison d’enchaîner film sur film car, au vu du démarrage du présent navet, cela risque de ne pas durer longtemps... Toutefois, il commence le tournage d’une nouvelle aventure de... OSS 117... vous savez, le sous-James Bond des années soixante... essentiellement interprété par Kerwin Matthews et Frederick Stafford... qui avaient tout de même une autre allure...! Croisons les doigts pour qu’il ne s’agisse pas d’une parodie... histoire de pouvoir rire un peu... pour une fois...!

 

 

AU SUIVANT ! - de Jeanne Biras. (0/20)1
France - Couleur, 1h30 - 2004.
Avec : Alexandra Lamy, Clovis Cornillac, Juliette Roudet,Jerry Rudes,Rastko Jankovic.

Comédie : Spécial Mézigue : “Non seulement elle est conne et moche, mais en plus, elle ne sait rien faire ! Faut la voir quand elle fait semblant d’être bourrée...!!! Voilà un signe de plus que l’humanité est en train d’atteindre le point de non-retour dans sa décadence... Avant, les stars faisaient rêver, actuellement une “vedette” comme Lamy, plus banale qu’une serpillière, devrait faire cauchemarder le public... si, toutefois, ce dernier n’était pas complètement crétinisé par la télévision ! Quant à Cornillac - probablement cloné, lui aussi, vu le rythme auquel il enchaîne les navets...- il s’essaie ici à quelque chose qu’il ne sait pas faire ! Il fait le pitre, le malheureux...! Notez bien qu’il se situe à un niveau supérieur par rapport à la star Alexandra... Lui, il atteint au moins le niveau “patronage”... Parlons pas des autres... ni du reste... j’ai la nausée...!”

 

 

CAMPING A LA FERME - de Jean-Pierre Sinapi. (5/20)1
France - Couleur, 1h32 - 2004.
Avec : Roschdy Zem, Rafik Ben Mebarek, Jean-Noël Cridlig-Veneziano, Yves Michel, Hassan Ouled-Bouarif, Aghmane Ibersiene, Mark Mamadou, Julie Delarme, Julie Gayet, Dominique Pinon, Jean-Paul Bonnaire, Bruno Lochet, Jean-François Stevenin.

Comédie : Sympa l’idée de nous proposer les aventures de six jeunes gars “en difficulté” condamnés à des Travaux d’Intérêt Généraux... en pleine campagne... D’autant plus que - outre un bon Roschdy Zem - les six petits délinquants sont vraiment valables ! Ils ont de la tronche, ils jouent plutôt juste et m’ont fait assez plaisir dans l’ensemble... Un ziva réveillé par le chant du coq... ça vaut sont pesant...! Moi, j’ai rigolé ! Et même plusieurs fois... Seulement voilà, Sinapi possède sûrement des qualités humaines fort respectables, mais apparamment... il ne sait toujours pas faire un film...! Qu’il est loin le temps des “artisans-cinéastes” français... Même un modeste réalisateur comme Jean Girault - que l’on cite perpétuellement en exemple dans la catégorie “faiseur de navets”; ce qui n’est pas toujours vrai ! C’est tout de même lui qui réalisa quelques comédies bon enfant et tout à fait réussies telles que Faites sauter la banque ou Le gendarme de Saint-Tropez... Désolé pour ceux qui ont pour sale habitude de bouder leur plaisir... Or, dans le cas qui nous intéresse, il y avait tout pour faire passer quatre-vingt-dix minutes fort agréables à un public ayant besoin de détente... N’y manque que le savoir-faire...! Bon, l’image est dégueulasse, c’est à la mode... mais pour le reste... la construction de base... la narration... que l’on aurait préférée un peu moins lâche... Sans parler - ou plutôt, parlons-en justement... de la mièvrerie insupportable qui envahit progressivement ce film beaucoup trop politiquement correct... On y trouve le handicapé et l’homosexuel de service... Depuis quand y a-t-il des quotas à respecter ?
Qu’on aille pas croire que je “soye” un méchant bougre... mais j’ai horreur des quotas et des clichés...!

 

 

LE COURAGE D’AIMER - de Claude Lelouch. (0/20)1
France - Couleur, 1h44 - 2004.
Avec : Massimo Ranieri, Maïwenn, Mathilde Seigner, Michel Leeb, Arielle Dombasle.

Comédie dramatique : Cela fait longtemps que le Claude Lelouch de Un homme et une femme, Vivre pour vivre, L’aventure c’est l’aventure ou encore son bijou de film, La bonne année est décédé... Comble de malheur, il s’est réincarné dans la peau d’un très mauvais pseudo-cinéaste... Cette fois, il fait carrément de la “récup” ! Un montage malhabile du Genre humain - 1ère partie et de ce qui aurait dû être la deuxième partie... (Ne parlons plus de la troisième...). L’année dernière son “genre humain” s’était gravement viandé la gueule (et pour cause !)... pendant qu’il tournait déjà la suite... Alors, s’étant quelque peu ruiné, il nous sert un bout de réchauffé mélangé avec du frais dans la gamelle... et il ne parvient qu’à nous démontrer qu’il n’est incontestablement pas très habile dans le domaine de... “l’art d’accommoder les restes”...! Toujours est-il que le roman-photo continue de plus belle... Niaiseries parlées... Niaiseries chantées... Gros plans serrés... Pas le moindre décor, putain ! Un défilé de gueules de nases...! Où êtes-vous, Ventura, Trintignant, Brel ou Denner... Anouk Aimée, Girardot, où la fabuleuse Françoise Fabian... ? On n’a droit qu’au crâne de macchab’ du fils caché de Pasolini - Ranieri de son état - à la morve coulante d’une Maïwenn déjà pas des masses ragoûtante...deux Mathilde bradées pour le prix d’une... Leeb, Dombasle... Arrêtez tout!!! Cut, nom de dieu !!! Prochain épisode : Le cul en nage de la mémé...
PS : Plus sérieusement, il paraîtrait que Lelouch prépare un nouveau film adapté, pour la première fois de sa carrière, d’un roman... Aurait-il au moins - et enfin - compris que ce qui fait le plus défaut dans ses “méfaits” cinématographiques est un bon script...?

 

 

DOO WOP - de David Lanzmann. (3/20)1
France - Couleur, 1h30 - 2004.
Avec : Mikaël Fitoussi,Elina Löwensöhn,Caroline Ducey,Clovis Cornillac,Diego Montes.

Comédie dramatique : S’agit d’une balade... D’une balade bien fade... Plans interminables du protagoniste marchant dans la rue... Pendant que lui ne se fatigue pas du tout, le spectateur, lui, s’exténue à le suivre... du regard... S’agit d’une banalité de rêveur ordinaire qui se la joue manager d’un groupe de musicos... Il vivote en parlant surtout de ses potes “funkeurs”... Pour ce qui est du fric, il en a pas l’ombre d’une... et, en plus, il a assez d’emmerdes comme ça avec des dettes de jeu (là, ça décolle, ça devient franchement “original”...); l’auteur nous sert sans vergogne bien d’autres clichés... il nous emmerde, quoi ! Néanmoins, le ton est juste... Mais... c’est juste un ton... Une très belle scène a retenu mon attention : un couple qui s’embrasse... le mec qui en chiale de bonheur... ils passent au plumard... cut... on reprend une fois la coucherie finie... Croyez-moi si vous le voulez, mais tout le monde a très bien compris ce qui s’est passé durant l’ellipse ! Là, tu fais mouche, Lanzie ! Pile droit au coeur... Continue comme ça... mais, bon sang, achète-toi un scénariste avant de recommencer...!

 

 

DOPO MEZZANOTTE (APRES MINUIT) de Davide Ferrario. (7/20)1
Italie - Couleur, 1h30 - 2004.
Avec : Giorgio Pasotti,Francesca Inaudi,Fabio Troiano,Francesca Picozza,Silvio Orlando.

Comédie dramatique : Tout de suite après l’heure du crime, n’est-ce pas docteur... y a des gens qui vivent... Des z’oiseaux de nuit... Amanda, employée aux hamburgers... Son mec, Angelo... qu’est tout sauf un ange - ou alors un ange voleur de voitures, perchè no...- et Martino, gardien de nuit au Musée du cinoche de Turin, cinéphile solitaire limite autiste... Amanda fuit la police après avoir envoyé (violemment) chier son chef... Angelo lui court après entre deux bagnoles chouravéees... et Martino, qui n’attendait personne, planquera Amanda dans un coin aménagé du Musée... Les amours vont virer sentimenti alla bolognese... s’enchevêtrer, se préciser ensuite... Le tout ponctué par des extraits de films muets... ainsi que par celui réalisé par Martino... Ici, nous avons droit à quelque chose de plus qu’un simple ton... les rêveries engendrent des rêves... qui engendrent des images... qui excitent l’envie de sortir de la vie pour passer de l’autre côté... du rêve... Ces aventures nocturnes symbolisent bien l’opposition avec la réalité diurne... Les émotions discrètes, douces et parfois amères de cette oeuvre très personnelle peuvent justifier le détour...

 

 

EROS - de Michelangelo Antonioni, Steven Soderbergh et Wong Kar-wai. (0/20) 1
Italie - France - Luxembourg / USA / Hong Kong - Couleur, 1h46 - 2004.
Avec : Christopher Buchholz, Robert Downey Jr., Alan Arkin, Gong Li, Chang Chen.

Erotique : Trois sketches, donc... Le périlleux enchaînement des choses : Buccholz Jr dans le rôle d’un homme... je précise parce qu’il a un faciès... quelque peu extraterrestre... si je puis me permettre... Sa meuf est tout le temps à poil quelque part en Toscane... Ils semblent avoir des problèmes de couple ou d’accouplement... on ne sait pas trop... on s’en gratte le cul... C’est cadré “souvenirs de vacances” et éclairé idem. L’écran est vide tant les décors naturels foisonnent... Alors, l’homme va rencontrer une autre nana, plus jeune et plus jolie, qui va également se foutre à poil... Comme ça on peut juger de visu... Pas mal, genre italienne aux formes généreuses et à l’ossature bien emplie de chair fraîche... Elle dit à l’homme : “baise-moi et je te dirai qui je suis...”. Intéressant et profond... une nouvelle variante de “baisse-toi et je te dirai qui je suce...” L’histoire se termine entre femmes... Signé Antonioni.
Equilibre : Là, c’est Soderbergh qui nous narre une non-histoire d’un mec qui rêve qu’il est chez son psy en train de lui confesser ses obsessions plus ou moins sexuelles... De l’absolu “n’importe quoi”... il n’y a que l’image qui est un peu plus soignée...
La main : Alors là, Kar-wai vire direct “branlette mélodramatique”... Une pute caresse les couilles d’un couillon qui deviendra ensuite fou amoureux d’elle...
Je termine en précisant qu’il n’y a même pas de quoi se rincer l’oeil...! Une arnaque !

 

 

THE KID STAYS IN THE PICTURE (L’incroyable histoire vraie de Robert Evans) - de Brett Morgen et Nanette Burstein. (12/20)1
USA - Couleur, 1h34 - 2002.

Documentaire : Qui, à part des cinéphiles avertis, connaît Robert Evans... the producer... ? En revanche, tout le monde connaît des films tels que Rosemary’s Baby, Love Story, Le parrain ou encore Marathon Man... C’est le fameux Bobby qui nous a pondu tout ça... enfin, qui a été à l’origine de ces célèbres films (et bien d’autres encore) en tant que producteur habile, brillant, magouilleur etc... et même un peu antipathique... pour tout dire... Lorsqu’on voit toutes les démarches qu’il faut faire, toutes les acrobaties... les admirables ruses dont il faut user pour abuser... l’on se demande quand même : “et l’art dans tout cela...?” Eh oui, c’est qu’il ne faut pas oublier que le pognon ne pousse pas dans les arbres et que les nantis financiers sont bien trop souvent cons comme des bites...! Affligeant...? That’s life, baby... Quand un artiste a terminé son oeuvre, il n’a fait que le quart du travail - si tant est qu’il veuille la vendre...! C’est pourquoi il existe des Bobby Evans qui sont bien utiles; des gens madrés mais aussi artistes à leur manière... Le film dont il est question ici est loin d’être un document particulièrement fouillé... tout cela reste même quelque peu superfiiciel... un peu lisse... Surtout lorsqu’on aborde des sujets gênants comme la drogue par exemple... Le grand mérite de ce docu’ est qu’il nous accroche et ne nous lâche qu’au bon moment... savoir à la fin...!

 

 

MILLIONS - de Danny Boyle. (2/20) 1
Grande-Bretagne - Couleur, 1h38 - 2003.
Avec : Alex Etel, Lewis McGibbon, James Nesbitt, Daisy Donovan.

Comédie dramatique : Ah! Satané Danny Boyle ! Dire que c’est lui qui réalisa un premier film stupéfiant, à l’humour noir total british, Petits meurtres entre amis suivi du très réussi dans le genre déjanté Trainspotting... ! Qu’est-il donc allé fiche aux States ensuite... Réaliser une guimauve telle que Une vie moins ordinaire ainsi que la médiocre Plage ? C’était vraiment pas la peine d’aller se faire chier à l’autre bout du monde pour si peu de résultats... Puis, il revient at home...pour nous concocter une modeste toile apocalyptico-fantastique 28 jours plus tard ...(voir critique Cinékosma)... Qu’un cinéaste touche à tous les genres est à mon sens plutôt réjouissant; mais... encore faut-il avoir du tact... Cette fois, c’est une sorte de conte mi-déjanté mi-poétique que nous narre maladroitement notre ami Danny... Il était une fois deux gamins dont un... le plus jeune... obsédé par les saints et très charitable... qui se reçoit dans la figure par un bel après-midi à la campagne un sac plein de billets de banque... Comme il est très croyant, il s’imagine en toute logique que le cadeau vient du Ciel... et décide de distribuer l’argent aux pauvres... Malheureusement, il a mis son grand frère au courant... et le pré-ado n’est pas du tout ok pour foutre le blé en l’air... Il veut en profiter, le faire fructifier... tzétéra... Leur veuf de père n’apprendra que quelque temps plus tard l’heureux (ou malheureux) événement...C’est un brave homme, mais, comme tous les personnages de ce film raté (à quelques images près), il se comporte d’une façon peu cohérente... C’est que le script est bâclé dans tous les sens...! Et si le film ne fonctionne pas, comment voulez-vous que le public suive...? Bon, je cesse de me lamenter sinon je vais finir à Jérusalem à me cogner la tête contre le mur prévu à cet effet...

 

 

MUSICA CUBANA (La nouvelle génération) de German Kral. (2/20)1
Allemagne - Couleur, 1h28 - 2004.
Avec : Pio Leiva, Barbaro Marin, Mario Rivera.

Documentaire :Pio Leiva est le seul vrai lien (et fil conducteur) entre Buena Vista Social Club de Wim Wenders et cette indigne suite uniquement produite et présentée par W.W. La réalisation a été confiée à un certain Kral... qui vaillamment a bâclé la chose... Tout d’abord et une fois de plus, y en a marre de la vidéo... quand bien même il s’agit d’un reportage ou d’un documentaire... Le précédent film fut esthétiquement très chouette... en plus du reste. Pourquoi donc nous sert-on maintenant une série d’images défectueuses et laides... sorties direct de la poubelle...?!? En plus du reste, là aussi... Mais, le tout inversement proportionnel... Le brave Pio, convaincu par son chauffeur de taxi, part à la recherche de nouveaux talents afin de former un groupe original mélangeant le “classique” et le “moderne”... Que trouve-t-il sur son chemin...? Pour l’essentiel, une poignée de chanteurs-musicos plutôt dans le genre peu inspiré... voire sans âme aucune et porteurs d’émotions faibles... Notamment, un gros “brailleur-videur”, une “variéteuse” et une “rapeuse”... qui s’emploieront, une fois sélectionnés par un Pio aux anges (?), à massacrer les plus superbes merveilles de leurs bons vieux aînés... J’appelle cela du sabotage ! Le public ne s’y est apparemment pas laissé prendre... à ce piège malhonnêtement promu par le nom de Wenders écrit en gros sur l’affiche...!

 

 

MY UNCLE / MON ONCLE - de Jacques Tati. (20/20)1
France - Couleur, 1h53 - 1958. (Reprise. Version anglaise inédite et restaurée).
Avec : Jacques Tati, Jean-Pierre Zola, Adrienne Servantie, Alain Bécourt.

Comédie :Lorsqu’il réalisait son grand chef-d’oeuvre, Tati faisait directement le tournage de deux versions; l’une française, l’autre anglaise (celle qui lui permettra de recevoir un bel oscar bien mérité l’année suivante)... séquence par séquence et plan par plan... De sorte que, en découvrant cette version inédite chez nous, nous voyons un autre film tout en revoyant le même sans que cela soit vraiment le même... Claro ...? Par ailleurs, le montage est un peu différent et certaines scènes de la VF manquantes sont plus ou moins compensées par d’autres n’ayant été retenues que pour la VA... Y gagne-t-on au change ? La question, en fait n’est pas vraiment là... Car, revoir Mon oncle sous une forme légèrement différente est plutôt plaisant pour ceux qui comme moi connaissent le film par coeur... et, pour ceux qui ne le découvriraient que dans la version présente, nul drame à l’horizon...! Assurément, certaines petites choses sont gênantes; à commencer par la langue, bien sûr. Ok, Tati avait plus ou moins étudié son coup et ne fait parler anglais que les bourges... alors que les villageois continuent de baragouiner en frenchie... Cependant, cela verse parfois dans la “cacaphonie”, ça fait un peu désordre tout ce charabia... Par ailleurs, mis à part quelques détails, ce qui m’a personnellement un peu embêté, c’est la restauration numériquement réalisée... Autant le côté plastoc sied plutôt bien aux décors bourgeois et artificiels, autant du côté du vieux village, ça ne colle pas vraiment... ça jure...! Bref, je vous laisse juge. Pour en venir au film lui-même, que dire de plus à propos de ce régal...? Qu’au-delà d’un sens parfait du gag et du comique le plus fin, le propos de Tati est merveilleusement - et simplement - illustré par l’opposition totale entre l’ambiance villageoise et l’ambiance moderne et frelatée... Tati fut un grand poète qui nous chanta les joyeux instants de la vie à hauteur humaine... au rythme, par-dessus tout, humain... Caricaturiste de génie, il croqua pour notre plus grand bonheur les pittoresques personnages d’un autre temps et épingla avec maestria la néo-bourgeoisie de l’époque, l’obsession de la “modernité” et de la “surconsommation” dont en 1958 ce ne furent que de modestes débuts... Saperlipopette ! J’allais oublier les chiens ! Ces adorables bestioles qui ponctuent tout le film du début à la fin au son d’une musique infiniment nostalgique...

 

 

PROFESSION PROFILER - (Mindhunters) de Renny Harlin. (6/20)1
USA - Couleur, 1h46 - 2004.
Avec : Kathryn Morris, James Todd Smith, LL Cool J, Christian Slater, Val Kilmer.

Policier :Sept apprentis “chasseurs de serial killers” du FBI sont envoyés en exercice dans une île déserte... Théoriquement, toutes les actions sont simulées; les cadavres ne sont pas des vrais cadavres, les pétards tirent “à blanc” etc. Cependant, un vrai tueur en série s’est infiltré parmi eux... Aïe ! Là, ça devient du sérieusement angoissant... surtout que l’assassin n’y va pas de main... morte ! C’est qu’il a un penchant pour le style grand-guignolesque et pour les situations vicelardement tordues... Alors, bon. Nous avons déjà eu assez souvent l’occasion d’assister à ce genre de spectacle au cinoche...pas vrai ? L’idée n’en est pas moins astucieuse... mais, comme d’hab’, hélas, le traitement est inlassablement conventionnel... Je vous parie ma dernière paire de chaussettes que cette même intrigue traitée... j’ai envie de dire en version “adulte”... aurait pu être autrement plus sensationnelle... Un seul exemple : tout au début, lors d’un précédent exercice, la mise en scène et le comportement des personnages sont étudiés et réalisés uniquement en fonction du public... histoire de le tromper afin de le surprendre ensuite... lui faire croire qu’il s’agit d’une vraie traque alors qu’il ne s’agit que d’une simulation... Erreur...! C’est précisément à ce niveau-là que le spectateur décroche... en devinant bien sûr la tentative de tromperie... Excepté le naïf aux quarante enfants ou un gosse de moins de huit ans... bien sûr ! C’est pour cette raison justement que je parle de version “adulte”... Car, les personnages selon qu’ils se trouvent dans une situation réelle ou fictive... ne réagissent pas du tout de la même manière... C’est là qu’il faut travailler en finesse... Sinon, eh bien, ma foi... Cela fonctionne encore un “chti” peu... c’est un tantinet prenant tout de même... Toutefois, faudrait voir à trouver rapidement autre chose, m’sieu-dames les amuseurs...!

 

 

SA MERE OU MOI ! - (Monster in Law) de Robert Luketic. (0/20)1
USA - Couleur, 1h35 - 2004.
Avec : Jennifer Lopez, Jane Fonda, Michael Vartan, Wanda Sykes, Monet Mazur.

Comédie : Deux poupées gonflables s’affrontent - l’une dans le rôle de la bru et l’autre de la belle-et-vilaine-maman... Une sitcom pour le cinéma... Il en aura fallu de l’imagination pour concevoir une telle oeuvre... et surtout une effrontée audace... Moi qui croyais, pauvre benêt, que c’était un genre télévisuel...! Eh ben, non... Quoi ?!? T’as quelque chose contre les mariages mixtes...?!? Non, non... Chacun fait ce qu’il veut... Le seul os, c’est que je me demande ce que je fous dans cette salle à zieuter cette suite incohérente de gags à moins douze centimes... “Marie Claire” (le torchon glacé, bien sûr) a dit : “on rit franchement”... Ah ! Bah alors... si “Marie Claire” l’a dit... Fonce-z-y mon con... !

 



SEULE LA MORT PEUT M’ARRÊTER - (I’ll Sleep When I’m Dead) de Mike Hodges. (17/20)1
Grande-Bretagne - Couleur, 1h42 - 2003.
Avec : Clive Owen, Charlotte Rampling, Jonathan Rhys Myers, Malcolm McDowell..

Policier : Fatigué de jouer les truands à Londres, Will se retire dans une forêt pour y faire le bûcheron... Seul et incognito dans la nature... histoire de se décrasser les bronches de la cervelle... Dans le même temps, son jeune nigaud de frère continue de traficoter dans la capitale; il bricole dans la revente de came, chaparde dans les sacs des jolies jeunes dames qu’il finit par niquer ensuite... Jusqu’au soir fatidique où c’est lui qui va se faire niquer... Come-back forcé à Londres pour Will afin d’y retrouver les salauds qui ont provoqué la mort de son frangin... Raconté comme ça, on se dit que c’est du déjà vu... Que ça ressemble même au plus célèbre film de Hodges, Get Carter (La loi du milieu)... Eh bien, que nenni, cela ne ressemble à rien... C’est de l’original inédit pur jus... Il y a mille façons de raconter une histoire... Ici, l’on est sans cesse agréablement surpris ! Le scénariste Trevor Preston y est évidemment pour quelque chose ! On sent le film d’auteur - entendez qui a été écrit... Vous n’en sortirez pas les gars ! Si vous voulez conter des intrigues, il vous faudra toujours de l’écrit, bordel !!! Des personnages qui mènent la danse tout en étant malmenés par des forces supérieures, destinées ou autres... Ici, nous sommes aux antipodes de Sin City (où l’on retrouve, tiens, Clive Owen)... Toutefois, imaginons un instant le film de Hodges plus une esthétique aussi poussée dans l’insolite et le sophistiqué que celle du (superficiel) Sin City... Nous aurions alors, à mon goût, un putain de chef-d’oeuvre ! Mais gare ! Si la mise en images de Mike semble parfois trop sobre, elle n’en est pas moins d’une précision, d’une finesse et d’une intelligence rares ! Parlons pas des acteurs, ils sont parfaits; de Rhys Davies (le jeune frère) au diabolique Malcolm, en passant par une Charlotte Rampling “retrouvée” dans un rôle qui aurait pu être insignifiant... mais auquel elle apporte la présence, la classe et le talent qu’on lui connaît depuis longtemps ! Même Owen - qui ne m’emballa guère naguère, s’en sort fort bien ! Donc, quand vous en aurez marre de vous balader sur les Champs entre les guerres de pacotille, les ailes de chauve-souris, les comédies puantes et autres réjouissances du samedi soir du pauvre... eh bien, bifurquez voir un peu du côté de la petite rue perpendiculaire appelée Lincoln... Il y a là trois petites salles où se passent parfois des choses bien différentes... comme ce polar dont se dégage un blues bien black... Alors, Melvillien ce bijou...? J’ajouterais peut-être même avec un zeste de John Cassavetes... Mais cherche pas, c’est du Mike Hodges, tout simplement. Jamais hermétiquement implicite... Comme cette fin... Ouverte...? Fermée...? Fermée-ouverte...? Ouverte-fermée...? Au choix... C’est ce qu’on appelle la subtilité.

 

 

WHISKY ROMEO ZULU - de Enrique Pineyro. (14/20)1
Argentine - Couleur, 1h43 - 2004.
Avec : Enrique Pineyro, Mercedes Moran, Alejandro Awada, Adolfo Yanelli.

Drame : Etonnant ! C’est le premier mot qui vient à l’esprit... Au lieu de nous faire un documentaire de plus, Enrique Pineyro préfère réaliser un film dit de fiction d’après des faits strictement réels (ça, on s’en fout toujours, mais...)... des faits qu’il connaît bien pour les avoir vécus lui-même... Savoir que le pilote dans le film, le vrai, c’est Enrique Pineyro himself... ! Voilà du pas très ordinaire ! Je résume, il a vécu, a écrit le scénario, a réalisé le film et, en parfait vicelard quelque peu génial, il joue lui-même son propre rôle...! Du jamais vu. Pour une fois... ça nous change ! Et il fait tout cela très bien, le bougre ! La mise en scène est loin d’être platement linéaire et Enrique comédien c’est du vachement crédible ! Bravo ! Quant à l’intrigue, c’est le énième scandale lié au putain de fric de merde de l’histoire du cinématographe... Suite à l’accident survenu en 1999 à un Boeing 747 de la compagnie aérienne argentine LAPA, il y eut soixante-sept victimes. Pourtant, Enrique le pilote scrupuleux les avait maintes fois prévenus les gars de la direction... en leur signalant des négligences graves au niveau de la sécurité... générant parfois des dysfonctionnements largement inquiétants et en leur répétant qu’un jour ou l’autre, une couille tragique allait s’écraser sur leur pif...! Mais, que faire contre la toute-puissance de l’argent...? Au-delà de toutes ses qualités, ce film est également un film utile... Nous vivons une époque où plus que jamais “les Termites de la Finance” se déchaînent en économisant sur tout afin de ramasser le plus de biftons possible...! Cela n’est pas seulement vrai pour l’Argentine... bien évidemment... Regardez voir un peu autour de vous...

 

 


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