FEVRIER 2005
Semaine 8  Du 16-02 au 22-02-2005

CONSTANTINE - de Francis Lawrence. (0/20) 0
USA - Couleur, 2h01 - 2003.
Avec : Keanu Reeves, Rachel Weisz, Tilda Swinton, Peter Stromare, Djimon Hounsou

Fantastique : Arrête tes conneries, le mec John Constantine, il revient de l’enfer... Ouais, mon pote...! Il s’est suicidé... il a réussi son suicide... mais on l’a renvoyé parmi nous parce qu’il puait de la gueule... ou un truc comme ça...! Alors, tout naturellement, son métier, en tant que connaisseur de l’enfer, c’est l’exorcisme... (Le puriste que je suis en profite pour rappeler aux Françaises et Français que “isme” dans notre belle langue se prononce “isme”... et non point “izme”...! comme on l’entend trop souvent, notamment à la télé... ce doit être une mode-virus... ça doit faire BCBG d’avoir l’air d’être enrhumé... Même chose pour Izraël... c’est un pays qui n’existe pas encore... en revanche Israël... pas de problème ! Va-t-il falloir écrire “issme” pour que les connards comprennent...!?! ). Revenons à nos diableries... Donc, John C. lutte inlassablement contre les invasions maléfiques et - à la manière d’un 007 - se procure force gadgets auprès d’un fournisseur très inventif... crucifix à roulettes, boîte d’allumettes magiques, papier hygiénique à l’eau bénite et j’t’en passe... ! A part ça, paraît qu’il y a une intrigue et du suspens... Que l’Enfer et le Paradis s’affronteraient plus que symboliquement en ce bas monde... les satanistes et les anges se disputant les âmes d’innocents et pauvres mortels... Tout ça dans les sous-sols de Los Angeles... C’est le premier long métrage du p’tit Francis qui avant réalisait des clips musicaux... Quant aux acteurs, ils ne croient pas une seconde en ce qu’ils font et Peter Stormare dans le rôle de Lucifer semble aussi diabolique que le trou du cul d’un babouin...

 

 

COUP D’ECLAT - (After the Sunset) de Brett Ratner. (6/20) 1
USA - Couleur, 1h38 - 2004.
Avec : Pierce Brosnan, Salma Hayek, Woody Harrelson, Naomie Harris, Don Cheadle

Policier : A propos de 007, tiens... Ce film-ci a l’acteur d’un James Bond, les gadgets d’un James Bond, la couleur d’un James Bond... mais, ce n’est pas un James Bond ! Lolin de là, d’ailleurs. Il s’agit d’aventures policières d’un gentleman cambrioleur spécialisé dans les diamants... Aventures saupoudrées avec plus ou moins de bonheur d’humour et de situations comico-gaguesques... En quelques mots, c’est l’histoire d’un Arsène Lupin “puiissance dix” qui, après une blessure par balle plutôt embêtante, décide de prendre sa retraite en compagnie de sa charmante moitié au soleil des îles Bahamas... Très vite, il s’emmerde à mourir et l’occasion inespérée de piquer à nouveau un big diamant (le dernier de sa collection personnelle, en fait) va lui faire reprendre du service au grand dam de sa belle dame... Son flic préféré, un acharné couillon du FBI (on retrouve avec plaisir le sympathico-antipathique Woody Harrelson) va le suivre pas à pas dans ses nouvelles péripéties “cambriolesques”... Tout le monde se fera bien sûr entuber par le bel élégant... auquel l’ex-Bond Pierce prête son visage et son charme... Du reste, le film, parfumé au “sea, sex and sun”, se laisse zieuter avec une certaine satisfaction... Par ces temps cafardeux de février, on a le droit de se laisser tenter par cette petite confiserie...

 

 

LE FIL DE LA VIE - (Strings) de Anders Ronnow Klarlund. (6/20) 1
Danemark - Couleur, 1h30 - 2004.
Avec les voix (en VF) de Féodor Atkine, Cédric Dumond, Valérie Siclay

Animation : Belle et originale idée... Un film d’animation... animé par des fils... Des fils qui animent à leur tour des marionnettes... Des fils parfaitement visibles afin de plonger les spectateurs dans un univers résolument insolite... Une forêt de fils apparaît au début du film avec un accompagnement musical où la harpe domine... Les personnages dont la vie ne tient par conséquent qu’à un ou plusieurs fils, semblent bouger et agir à leur guise... mais au fond, ce n’est qu’un leurre... une illusion de liberté... une liberté toute relative... Un peu comme nous autres du reste... La liberté absolue, nous ne pouvons que la rêver... et notre apparent libre arbitre n’est que l’invention de l’humaine imagination... Bien sûr, cette vérité est vraie tout en ne l’étant pas... Il est préférable de la laisser de côté si nous voulons fonctionner à peu près à hauteur d’homme... l’absolu se situant à des hauteurs de dieu... hauteurs irrespirables pour nos p’tits poumons... Belle idée, disais-je, que de “symboliser” ainsi les limites de nos actions régies qu’elles sont par l’infinie complexité des interférences qui mènent et malmènent parfois nos existences... nous fabriquent une essence... nous permettent d’imaginer l’avenir ou d’en avoir du moins la conscience... Nos actions, donc, régies par l’infini... tout court ! Bon, y a pouce ! Je cesse avant l’enlisement total... je m’enlise donc je cesse... Non, parce que j’en vois qui préparent leurs tomates et leurs oeufs pourris... Là, n’est-ce-pas je “Libéralise”, je “Mondialise”, je “Téléramise”... Non, plus simplement, voici une oeuvrette qui possède un charme certain au niveau des décors, ambiances picturales et sonores... mais qui nous raconte une crétinerie d’histoire à la “mords-moi” - du style, comme disent certains, “heroic-fantasy” - qu’on nous a déjà ressassée un petit milliard de fois... Des royaumes dans un monde insitué, des personnages stéréo mais alors très typés... ainsi que des “intrigue-moi-l’autre” sentant le grenier de vieille masure...! C’est bien dommage... Bien dommage que le film ait été réalisé par des marionnettes animées par des fils conventionnels et usés... des fils manipulés par le fric et le politiquement correct... Ne pas déranger, surtout...! Telle est la devise de notre siècle...

 

 

MON BEAU-PERE, MES PARENTS ET MOI - (Meet the Fockers) de Jay Roach. (12/20)
USA - Couleur, 1h56 - 2004.
Avec : Robert De Niro, Ben Stiller, Dustin Hoffman, Barbra Streisand, Blythe Danner

Comédie : Cette fois-ci, ça se précise, le gars Gaylord Focker va épouser une bonne fois pour toutes la gentille fifille de son (futur) beau-père... Mais il reste une dernière étape, un dernier test... Le futur beau-papa tient absolument à faire la connaissance des géniteurs de Gaylord. Ces derniers organisent donc un week-end dans leur belle baraque ensoleillée en Floride... Seulement - foutrevache! - manquait plus que ça, les parents de notre héros sont comme qui dirait des originaux... Très portés sur la grossiéreté et les choses du sexe, n’est-ce pas... Ainsi papa Focker qui se jette d’emblée au cou de papa Jack Byrnes pour le saluer avec force bisous...! Mille et un gags vont suivre et l’ensemble n’en sera que plus inégal... mais, mais, mais... il y a les interprètes... Les deux papas ne sont autres que De Niro et un Dustin Hoffman époustouflant de drôlerie et de maestria - rien d’étonnant à cela, Dustin a toujours été le meilleur ! Vous mettez à la place Gérard Depardieu et Jean Reno... et vous n’avez plus qu’à vous asseoir et pleurer... Ou mieux... Afin d’éviter les éternelles comparaisons franco-américaines, prenez Adam Sandler et Jim Carrey... et là, il n’y a plus qu’à vomir...! Certes, mille fois certes, tout n’est pas du meilleur cru ni du meilleur goût ! Mais il se trouve que j’ai ri et bien ri à plus d’une reprise; et je ne suis pas du genre à bouder mon plaisir ! Même si je dois reconnaître que cette suite est surchargée par rapport au premier épisode; c’est la fameuse loi de la surenchère... Néanmoins, le petit-fiston de De Niro en grand-père gaga... un bébé drôlissime, le chien des Focker et le chat des Byrnes, ainsi qu’une surprenante Barbra Streisand (qui a passé heureusement l’âge de jouer les “fausses” belles), sans oublier le flic en uniforme de la fin du film (un fou furieux absolument hilarant!), vous feront passer près de deux heures fort agréables malgré quelques passages à vide... Pour une fois qu’une comédie fait rire, ne ratez pas le rendez-vous ! Pour terminer, on a le droit de se demander à quoi va ressembler le titre d’une éventuelle deuxième suite... “Mon beau-père, mes parents, mon oncle, ma tante Agathe, mes deux bébés, ma jeune épouse, mon hamster et moi (ouf!)”...?

 

 

PRENDRE FEMME - de Ronit Elkabetz et Shlomi Elkabetz. (6/20) 1
Israël - Couleur, 1h37 - 2004.
Avec : Ronit Elkabetz, Simon Abkarian, Gilbert Melki, Sulika Kadosh, Dalia Malka Beger

Drame : Nous sommes en juin 1979 à Haïfa. Un couple d’Israëliens n’a de cesse de s’engueuler... Pourtant, ils ne sont pas dans la misère, ils ne picolent pas... mais sont peut-être fous... Voilà du moins la question que l’on se pose dès le début... et presque autant à la fin du film... Ils ont plusieurs enfants qui souffrent en impuissants témoins de leurs scènes de ménage... Lorsqu’il faut rafistoler le couple, la famille s’en mêle... et ça redémarre... pour dégénérer très vite et très peu de temps après... La femme semble complètement hystérique et, à première vue, le mari paraît perfide... Ils se foutent sur la gueule donc, pour vraiment n’importe quel petit détail...! Bon. L’épouse a même droit au come-back d’un ancien amour... qui insiste mais pas trop... Voilà. Le reste du temps, c’est un huis clos un peu lassant où ça crie côté femme et où ça se lamente côté homme... Certains comparent la mise en scène de ce “drame de chambre” à la musique tonitruante à du John Cassavetes... Faut pas manquer d’oxygène... pour se lancer dans ce genre de rapprochements...! Toutefois, tout n’est pas à jeter (et je suis sans doute un peu sévère); Ronit Elkabetz assure... mais, celui qui m’a épaté, c’est Simon Abkarian ! Voilà un comédien que je n’ai jamais eu l’occasion de voir briller qui parvient ici à me toucher l’âme - notamment sa dernière petite scène lorsqu’il chante dans la synagogue. D’une ambiguïté frisant la perfection, il donne vie à un personnage involontairement vicelard et dont le problème principal est qu’il est attaché à la tradition; problème qu’il partage avec son épouse qui, au contraire, aspire à plus d’indépendance... Bravo donc aux deux principaux comédiens !

 

 

LE PROMENEUR DU CHAMP DE MARS - de Robert Guédiguian. (4/20) 0
France - Couleur, 1h57 - 2004.
Avec : Michel Bouquet, Jalil Lespert, Philippe Fretun, Anne Cantineau, Sarah Grappin

Comédie dramatique : L’on comprendra aisément que je ne puisse pas tout assumer à moi tout seul... Il me faut parfois me décharger... déléguer... Pour cela, fort heureusement, Mézigue est là - lui qui m’a déjà fortement influencé au niveau de l’article sur Constantine ... en me traitant de lâche ! Eh bien, qu’il s’exprime lui-même, lui le téméraire... “Tout d’abord, je voudrais remercier ce brave Moi-Même d’avoir la “gentillesse” de me laisser quelquefois des miettes... et puis, je précise également que le film dont il est présentement question n’est pas un “zéro absolu”... Grâce à qui ? Bien évidemment, grâce à l’immense Michel Bouquet - qui toutefois ressemble à François Mitterrand à peu près autant que Michel Galabru ressemble à Tarzan... Cela dit, Bouquet possède sa propre présence et joue les situations à merveille; en fait, il s’agit de Michel Bouquet président... Voilà ! Pour le reste, on nous assène une longue série de morceaux choisis proférés par un vieil homme célèbre durant les derniers mois de son règne... Y a-t-il de quoi fasciner les foules avec une toile dont le personnage principal est un homme certes cultivé et ayant bien réussi de son vivant, mais au fond peu passionnant... d’autant moins que nous sommes très nombreux à l’avoir bien connu... du moins publiquement... quant à ses petites phrases émises en privé... ouais, bof, c’est tout...? En plus - là, je reviens un instant sur Bouquet - le “dieu-tonton” jouissait tout de même d’un regard franchement hypocrite et d’un cynisme acidulé... ce qui est loin d’être le cas de son interprète... Ne nous attardons pas sur la mise en scène scolaire d’un élève médiocre ni surtout - quoique...- sur la prestation honteuse du gamin Jalil avec sa tronche de sabot moyenâgeux... Et, au prix où il est payé pour faire ce qu’il ne sait pas faire, il pourrait avoir au moins la correction de s’offrir quelques cours de dictiion !”
Mézigue, le Redresseur de Torts !

 

 

UMBERTO D. - de Vittorio de Sica. (15/20)
Italie - Noir et blanc, 1h29 - 1955. (Reprise)
Avec : Carlo Battisti, Maria Pia Casilio, Lina Gennari, Mimmo Carotenuto

Drame : Un vieux fonctionnaire à la retraite... d’un maigre montant... survit comme il peut avec pour seul compagnon son chien... Il s’entend bien aussi avec la jeune fille qui “larbine” dans l’immeuble de la propriétaire de l’exigu logement qu’il habite... Laquelle proprio n’a que du venin dans les veines et cherche à virer le modeste vieil Umberto à la moindre occasion... Afin de préserver sa dignité, il est carrément incapable de mendier comme certains de ses “semblables”, il vend tous les objets ayant quelque valeur et notamment de précieux vieux livres... Au bout du rouleau, c’est finalement (oh, touchante ironie) son chien - menant une vie de chien, n’est-ce pas...- qui le sauvera du suicide... Nul misérabilisme dans cette oeuvre exemplaire et d’une rare noblesse - la vraie...! Vittorio, pas plus qu’Umberto, ne sait pas mendier... il ne fait rien pour forcer notre émotion ! Ce qui provoque une latente douleur et d’amers sourires chez le spectateur... On est impressionné par tant de maîtrise... beaucoup moins - excepté Battisti - par les acteurs qui, cette fois ne sont pas aussi bouleversants que le furent ceux du Voleur de bicyclette ou encore de Sciuscià (mes deux films préférés de Vittorio de Sica)... Voilà sans doute l’une des rares raisons pour lesquelles j’ai du mal à considérer Umberto D. comme un chef-d’oeuvre absolu... Toutefois, des films de cette envergure, j’en redemande...!

 

 


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