FEVRIER 2005
Semaine 6  Du 02-02 au 08-02-2005

LES BOUCHERS VERTS - (De gronne slagtere) de Anders Thomas Jensen. (6/20) 1
Danemark - Couleur, 1h35 - 2003.
Avec : Nikolaj Lie Kaas, Mads Mikkelsen, Line Kruse, Bodil Jorgensen, Nicolas Bro

Comédie : Deux jeunes bouchers en ont marre de larbiner pour leur gros con de patron et décident d’ouvrir leur propre boutique... Ils y parviendront non sans mal... Mais le vrai problème sera la clientèle... rare, très rare... Dans un premier temps du moins. Un “heureux” concours de corconstances leur donnera la possibilité de se distinguer et de satisfaire avec du “neuf” un bon nombre de consommateurs... Seulement voilà : il s’agit de chair humaine... Et c’est l’approvisionnement maintenant qui va leur causer de sérieux soucis et... ennuis ! Parfois drôle, le plus souvent (contrairement à la barbaque des bouchers) fadasse, cette petite “toilette” ne nous embête pas trop... Un peu d’humour noir, par les temps qui courent, n’est-ce pas, cela ne fait pas de mal... A noter, bien évidemment, la formidable présence de Mads Mikkelsen - l’air aussi abruti qu’inquiétant...!

 

 

ESPACE DETENTE - de Yvan Le Bolloc’h et Bruno Solo.(0/20) 0
France - Couleur, 1h42 - 2004.
Avec : Bruno Solo, Yvan Le Bolloc’h, Thierry Frémont, Sylvie Loeillet,Shirley Bousquet

Comédie : A propos d’espace, tiens...! Je trouve qu’il y en a de plus en plus pour ce genre de films (?) prétendûment humoristiques... Depuis Coluche (le pauvre, il doit se retourner dans sa tombe !) notamment, et à l’ère du politiquement correct, on laisse aboyer les crétins; on les laisse glairer librement... roter leur misère... en leur faisant ainsi croire qu’ils vivent dans une société et un monde où la liberté d’expression est privilégiée... La devise actuelle est : “Pète toujours, tu m’intèresses !” Pendant ce temps-là, les gens qui ont su préserver un brin de jugeote se demandent où est donc passé le véritable esprit subversif...? Eh bien, au lieu de le museler ouvertement, on l’a annulé en lâchant du lest foireux... En donnant l’impression aux pauvres couillons que nous sommes (presque) tous d’être libres de tout dire... à condition, bien sûr - mais ça, chut, c’est top secret d’Etat - de ne rien exprimer d’un tant soit peu réfléchi, pensé ou repensé... Nous vivons de plus en plus dans un monde sans idéologie autre que celle qui est consommable... Plus aucune utopie ne nous fait rêver; nous mangeons à notre faim (pour la plupart du moins), nous nous avilissons avec toutes sortes de gadgets et, par-dessus le marché, nous avons le sentiment d’être libres de nous exprimer - en éructant grassement de préférence - et d’avoir le choix... Mais le choix entre quoi et quoi... ? Entre de multiples chaînes de télé - qui se multiplient de plus en plus - et qui nous proposent toutes le même programme à la même heure...?!? Ce n’est qu’un exemple... Il en existe une infinité d’autres... Il serait bon - surtout pour ceux-z-et-celles qui le connaissent mal - de relire Kundera à ce propos... Notamment “L’immortalité”... Il dit toutes ces choses beaucoup mieux que ma modeste personne. En tout cas, si pouvez réfréner l’insoutenable pulsion d’aller vous amocher le regard avec cette énième saloperie... eh bien, n’hésitez pas... Je n’insiste pas sur le reste; il n’y a dans ce navet ni histoire, ni personnages... ni rien !!!

 

 

L’EX-FEMME DE MA VIE - de Josiane Balasko. (0/20)0
France - Couleur, 1h35 - 2004.
Avec : Thierry Lhermitte, Karin Viard, Josiane Balasko, Nadia Farès, Nicolas Silberg

Comédie : Et on enchaîne... Surtout pas de temps mort...! Croissez et multipliez... les navets...! Je parlais tout à l’heure du choix entre telle où telle chaîne télé... mais on peut en dire autant bien trop souvent du cinéma...! Où est le choix entre Espace détente et cette autre connerie particulièrement indigne...?!? Dans la nuance...? Ah, oui...! La nuance... Les infinies nuances de l’indigence... de l’inculture... de l’insoutenable pesanteur qui rend l’humain si perméable à tous les microbes et virus propagés par d’innombrables acariens... invisibles à l’oeil nu... mais si évidents lorsque leurs effets funestes sont amplifiés par la réalisation picturale... Toute la sanie du monde sur grand écran... Aves des interprètes - déjà pas jojos à la base - terriblement enlaidis, enveloppés qu’ils sont dans les haillons d’un scénario squelettique, couverts qu’ils sont par les pelures de dialogues si usés qu’ils en sont au dernier stade de la moisissure... des situasses dont on a plein les godasses... tant elles se répètent d’une comédie l’autre... Je cherche désepérément une définition du “balasko”... du “lhermitte”... du “viard”... Sont toujours pas dans le dictionnaire... Heureusement, du reste... Mais, qui sait, bientôt un ouvrage encyclopédique pourrait leur être consacré... Vu l’importance qu’ils prennent tous ces personnages indéfinissables... Tous ces fantaisistes notamment... qui auraient mieux fait de rester au “Splendid” de leurs débuts... où ailleurs... dans un lieu modeste... qui fut à leur mesure... à une certaine époque où, plus jeunes et de corps et d’esprit ils nous amusèrent et nous firent rire... sans nous faire rougir... Le sel qu’ils sécrétaient alors a été récupéré dans une grande salière aux proportions conformes à la mode du jour... qui ne leur permet plus que des “créations” salées... salaces... voire sales... Et les voilà aujourd’hui, ces ex-jeunes effrontés enfermés dans une bulle de bave... et entièrement aliénés... En effet, quelle différence désormais entre une Balasko et un Jean Girault (qui du reste ne fit pas que des merdes - paix à son âme...)...?

 

 

MAR ADENTRO - de Alejandro Amenabar. (6/20) 1
Espagne - Couleur, 2h05 - 2004.
Avec : Javier Bardem, Belén Rueda, Lola Duenas, Mabel Rivera, José Maria Pou

Drame : Ce tétraplégique de Ramon Sampedro porte la mer en lui... Cette mer qui lui procura tant de joies... jusqu’au moment de l’accident... Le voilà cloué dans son plumard depuis la bagatelle de vingt-huit ans... Il finit par en avoir assez et souhaite qu’on l’aide à “faire ses valises”... Mais la société bienveillante est là. Avec ses lois. Avec sa religion aussi. Faut-il plus de courage pour continuer à vivre dans ces conditions ou pour affronter la fin... réclamer la mort...? Voilà une question qui est probablement sans intérêt... Courage ou pas courage, un homme digne a le droit de choisir. Et c’est précisément ce choix qu’on lui refuse à Ramon... Il y a même un cureton qui vient le voir à domicile pour tenter de la convaincre de laisser Dieu décider à sa place... Ramon l’envoie péter ailleurs; Dieu, la foi, la religion et la croix, il en fait son afffaire... Personnelle, l’affaire... Cette rencontre est probablement (à mon goût du moins) la scène la plus dense et drôle à la fois de ce film. Un film qui, par ailleurs, manque considérablement de souffle... (Muchachito Alejandro est beaucoup plus à l’aise dans ses “thrilleros”). Cela est dû à la sombre froideur de l’image qui interdit toute forme d’onirisme éclatant, toute forme d’esthétique, partant de beauté émotionnelle... Javier Bardem est comme à l’accoutumée parfait; mais ses partenaires ne déméritent point. Cela dit, j’ai du mal à comprendre et même à admettre que les sujets dits d’actualité aient tant de succès au cinéma... Certes, le cinoche n’est pas uniquement une usine à rêves. Mais, après avoir entendu jacter sur toutes les télés, lu dans tous les torchons mille et un propos au sujet de l’euthanasie, je ne vois pas l’intérêt de m’en repayer une tranche dans une salle obscure... Je trouve ça rasoir et casse-pieds !

 

 

LA MARCHE DE L’EMPEREUR - de Luc Jacquet. (6/20) 1
France - Couleur, 1h24 - 2004.
Narrateurs : Romane Bohringer, Charles Berling, Jules Sitruk

Documentaire : Voilà un film qui eût pu être franchement beau...! Mais le numérique s’acharne et détruit tout sur son passage... y compris ces braves animaux... ces manchots rigolos... plus particulièrement les petiots... Il détruit une nature - certes désertique et uniforme - dont l’aspect insolite devrait nous troubler (une nature vieille comme le monde mais que l’homme n’a découverte qu’au début du vingtième siècle)... L’ aventure d’une vie animale semblable aux autres mais néanmoins épatante, compte tenu du décor, du contexte... Ce numérique destructeur ira-t-il jusqu’à perturber notre imaginaire...? Car, n’est-ce pas, nous sommes dans une situation délicate face à un spectacle pareil... nous sommes obligés d’imaginer la beauté dont on ne nous sert qu’une floue lueur... Obligés d’imaginer l’image... Un comble, non ? Je sais, je suis lassant et chiant comme la pluie avec mon numérique - mais, je suis également le premier lassé, ne l’oublions pas ! Bon, l’oeuvre est tout de même attachante par certains aspects et les auteurs de ce gentil reportage n’étant pas de méchantes gens, je ne vais pas en rajouter lourdement... Toutefois, je me dois de faire une autre remarque désagréable : il s’agit du texte de la narration... plus con-con, tu meurs ! Et j’en profite au passage pour étaler ma sous-culture; le mot “iceberg” étant d’origine norvégienne ne se prononce pas “à l’anglaise”... savoir : “aïe-ce-berg” ! Mais tout bonnement : “issebergue”. Après le franglais, on ne va quand même pas rajouter le franorvègobritish... En revanche, histoire de finir sur une note positive, il me semble - nonobstant la qualité des films - tout à fait intéressant de remarquer un engouement certain du public pour les docu-fictions animaliers et autres reportages qui nous rappellent notre décalage absurde et dangereux pour la santé par rapport à la Nature... Cette Dame qui n’a qu’une envie actuellement, c’est de nous donner un coup de poing dans la gueule...! Les spectateurs n’y vont-ils que pour prendre une bouffée d’oxygène ou bien... y aurait-il un espoir pour notre environnement...? Espérons-le...

 

 


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