DECEMBRE 2005
Semaine 52  Du 21-12 au 27-12-2005

 

ANGEL-A - de Luc Besson. (0/20) 1
France - Noir et blanc - 1h30 - 2005.
Avec : Jamel Debbouze, Rie Rasmussen, Gilbert Melki, Serge Riaboukine.

Comédie dramatique : Spécial Mézigue : “Un épouvantail à lampadaires se jette dans la Seine afin d’essayer de se recycler dans la “terrorisation” de poissons... mais, fort heureusement, un petit gars suicidaire parce que criblé de dettes la suit afin de la dissuader vu que dans les eaux parisiennes il n’y a plus que des vieilles godasses à effrayer... Il la sauve de la noyade et aussi sec elle lui propose de devenir sa “serviteuse” soumise... C’est ainsi qu’elle va s’employer à éponger les dettes du gnome en épongeant du micheton dans les chiottes... à mille euros la passe !!! Il n’y a que Luc Besson pour nous servir des conneries pareilles ! Mais, cette fois, il se surpasse !!! Il nous propose une histoire d’amour entre un mec qui ne s’aime pas et... un ange ! D’où le titre, banane ! Le tout avec pour support des propos philosophiques à faire pâlir un attardé mental au dernier degré ! Lors de la “promo” de cette abjecte ordure, le gars Besson nous l’a même servie désabusette voire désespérette... Du genre, “c’est pas toujours facile pour moi de me regarder dans la glace”... histoire de donner un ton personnel au film... Vont bientôt nous vendre des larmes en poudre ces saligauds pour nous convaincre...! Le journal “Libération” qualifie - très gentiment - le film de bête et bavard... C’est vraiment le strict minimum de ce que l’on peut dire... Creuse et caricaturale, réalisée “dans l’urgence”, cette injure au septième art n’est qu’un film-prétexte... Mais, prétexte à quoi...? Aurait-il eu le coup de foudre pour sa toute dernière égérie (fascinante de laideur et de gaucherie !) au point de lui consacrer un long-métrage dans les plus brefs délais...? Je ne veux pas être mauvaise langue et donc je n’affirme rien. Toujours est-il que cela fait quand même mal au coeur de voir qu’il y a des invalides de la cervelle qui ont les moyens de se permettre tout et n’importe quoi - et à n’importe quel prix - pendant que des artistes de qualité croupissent dans l’ombre...!”

 

 

LE BEL ANTONIO - (Il bell’Antonio) de Mauro Bolognini. (10/20) 1
Italie - Noir et blanc, 1h45 - 1960. (Reprise)
Avec :Marcello Mastroianni,Claudia Cardinale,Pierre Brasseur,Rina Morelli,Tomas Milian.

Drame : Ce célèbre film - dont je puis dire désormais qu’à mon sens il est surestimé - à fait connaître Mauro Bolognini... Depuis, ce dernier nous servit un certain nombre de toiles jamais inintéressantes mais toujours plutôt lourdingues... ( Vertiges, La grande bourgeoise, L’héritage... ). Ici, c’est le sujet traité qui fit de l’effet à l’époque et en fait encore quelque peu de nos jours. Un superbement beau gosse, réputé grand séducteur(Mastroianni bien sûr !), revient dans sa Sicile natale après déceptions et échecs à Rome... Ses parents l’y attendent les bras grands ouverts en piaffant d’impatience de le voir épouser la belle et riche fille d’un notaire (Claudia Cardinale, evidentemente !). Après d’étranges hésitations, il tombe amoureux fou de la jeunette et finit par accepter le mariage. En vérité, son “big” problème c’est qu’il est tout bonnement impuissant ! Et quand tout le monde l’apprendra, ça fera du barouf ! A la sicilienne ! T’imagines la honte de la famille ! L’ambiance est assez bien rendue, les acteurs assurent - j’allais oublier de citer Pierre Brasseur dans le rôle du père du beau gosse - , mais autant l’aspect satirique nous atteint et nous fait sourire, autant le côté dramatique voire tragique a du mal à se faire accepter... Il nous faut commencer par la narration, comme d’hab’, et je l’ai dit plus haut Mauro Bobo ne possède point le talent d’un conteur disert... Il est mal à l’aise... Les séquences ne s’imbriquent pas suffisamment pour former un tout plausible et harmonieux... Et puis, l’explication, car il y a en une, est un petit peu tirée par les cheveux... Du reste il eût mieux valu s’attarder davantage, à mon avis, sur les raisons profondes de l’impuissance du bel Antonio plutôt que de s’égarer quelque peu dans des sentiers ne menant pas bien loin... Cependant, on a parfaitement le droit de considérer qu’un tel film n’aurait point mérité de passer inaperçu.

 

 

GENTILLE - de Sophie Fillières. (0/20) 1
France - Couleur, 1h42 - 2004.
Avec : Emmanuelle Devos, Lambert Wilson, Bruno Todeschini, Michael Lonsdale, Bulle Ogier, Michel Vuillermoz.

Comédie : Spécial Mézigue : “Une jeune femme se déplace dans la rue... Puis accoste un passant qui marchait derrière elle en l’accusant de la suivre... En fait, c’est apparemment elle qui le drague... Ils prennent rendez-vous pour le lendemain afin de boire un verre ensemble... Après, je ne me souviens plus très bien... elle prend un ascenseur... ou bien rentre chez elle... discutaille avec son compagnon... on ne sait pas trop ce qu’elle pratique comme métier... puis on finit par l’apprendre... elle est toubib... un truc dans ce genre-là... A un moment, elle se fout à poil (le rêve de Devos enfin réalisé, se montrer nue au cinéma?)... on s’en gratte, elle est plutôt disgracieuse... y a aussi Lambert Wilson qui fait le malade... un toubib (lui aussi) malade... tzétéra... Qu’est-ce que j’essaie de dire...? Ah ben, ça mon vieux, faut le demander à la “réalisateuse”... la fameuse Phiphi-Fifi...! Qui nous la sert - avec fort peu de verve - décalée et prétendument “zhumoristique”... C’est d’un fin tout ça, d’un subtil... que tu sais plus où garer tes neurones éblouis !!! Signe des temps, mon pauvre vieux, signe des temps !!! Ou tu chantes avec le choeur ou... tu ne dis rien ! La mère Phiphi-Fifi a choisi la deuxième solution... A tel point que tu te demandes quand même...! S’il elle se shoote à la feuille de laitue rouillée ou bien si elle se bourre la gueule avec du glaviot fermenté...!!! Je précise, outre cela, qu’elle nous sert également au passage (obligé...?) une petite scène scato avec un gros paquet de merde fumante... véridique...! Allez, fi, Phiphi-Fifi ! Fi, fi, fi !!! Schitz!!! Krrrrr !!!”

 

 

MARY - de Abel Ferrara. (4/20) 1
France / Italie / USA - Couleur, 1h25 - 2005.
Avec : Juliette Binoche, Forest Whitaker, Matthew Modine, Heather Graham.

Drame : Et c’est reparti pour un tour ! Vous reprendrez bien un petit verre de mon sang... Sauf que là le flingué de la tronche Abel s’attache essentiellement à réhabiliter Marie-Madeleine, réputée femme de mauvaise vie selon les évangiles les plus officiels alors que... selon ceusses dits apocryphes elle aurait surtout été une très fidèle disciple du p’tit Jésus... S’il y a un truc dont on se fout... De toute façon, l’un n’empêche pas l’autre... Bref. Trois personnages : l’actrice qui interprète dans un film le rôle de la Marie (pas celle qui est pleine de graisse... la Madeleine...!) et qui, à la fin du tournage, se rend compte qu’elle est tout illuminette, qu’elle a eu la révélation, tzétéra, et qui se barre faire du tourisme à Jérusalem... ; le réalisateur et interprète de Jésus, un opportuniste qui veut revaloriser Marie-Madeleine par le biais du cinoche histoire de se faire de la thune et qui va provoquer une émeute le soir de la première; pour finir, t’as un journaliste qui réalise une série d’émissions à la téloche sur la foi... un gars qui a perdu contact avec son “Père” (entendez Dieu) et que l’actrice-Marie va mettre sur la voie de la rédemption... vu qu’en plus c’est un affreux qui trompe sa femme enceinte sur le point d’accoucher... Bon, toute ironie mise à part, nous avons droit ici à un balbutiement - qui, certes, baigne dans une ambiance parfois prenante - bien évidemment brouillon et désordonné... orchestré par le déjanté Ferrara qui fut quelquefois mieux inspiré par le passé... Un exemple de mauvaise orchestration : l’épouse et la maîtresse du journaliste se ressemblent trop pour un spectateur ne connaissant pas suffisamment les comédiennes; erreur de casting? Possible... Maladresse ? Plus que probable ! En effet, un film à la mise en scène aussi hachée où l’auteur change de décor à la brutale et surprenante, il est indispensable pour la bonne lecture du film d’utiliser des points de repères évidents. Les acteurs (de qualité) font ce qu’ils peuvent... mais je n’ai pas très bien compris pour quelle raison la prestation de Binoche est considérée comme grandiose...!

 

 

LA VERITE NUE - (Where the Truth Lies) de Atom Egoyan. (11/20) 1
Canada - Couleur, 1h47 - 2004.
Avec : Kevin Bacon, Colin Firth, Alison Lohman, Rachel Blanchard, David Hayman.

Policier : En 1959, Morris et Collins, deux célébrissimes comiques américains sont au sommet de leur gloire quand... patapouf... un drame dans le genre très sérieux et très grave s’abat sur leurs épaules... Un cadavre de jeune femme est trouvé dans leur suite...! Fragilisés à mort, ils se séparent aussi sec et... seulement quinze ans plus tard, une jeune journaliste va mener l’enquête sérieuse... qui fut sérieusement maquillée et bâclée à l’époque des faits... S’ensuivent des confidences orales ou écrites des deux anciens compères... Qui dit vrai...? Où est le baratin...? Pour quelles exactes raisons la vérité nue est-elle si difficile à établir...? N’en disons pas plus, le scénario est plutôt intrigant mais la narration plutôt mal ficelée... Du moins, durant la première partie... le temps de renouer les indispensables fils nous permettant de goûter le spectacle... Au-delà d’un certain manque de cohésion, Egoyan nous peint avec beaucoup d’adresse différents milieux et époques... égratignant sans griffer lourdement le monde du showbiz et mettant impitoyablement en évidence des mafieux caricaturaux mais vrais. La complexité des protagonistes en fait toute leur richesse... personne ne pue ni bon ni mauvais... les comédiens sont remarquables (ainsi que leur maquillage - Morris et Collins formidablement bien “vieillis”)... et la surprise finale est de taille même si l’on peut la trouver tordue... Toutefois, et c’est l’essentiel, aucune vérité, pas plus nue que vêtue, ne nous est assenée. Comme le dit le titre original au jeu de mots édifiant : “là où gît la vérité”... que l’on peut aussi traduire par : “là où la vérité ment”... (Le verbe “to lie” possédant un double sens).

 

 

VIVA ZAPATERO ! - de Sabina Guzzanti.(20/20) 1
Italie - Couleur, 1h20 - 2005.

Documentaire : La célèbre comédienne-humoriste Sabina Guzzanti prend sa revanche avec ce surprenant “cadeau de Noël”... En effet, il y a quatre ans, son émission satirique fut interdite d’antenne carrément et bel et bien !!! C’est que le Berlusconi contrôle à merveille la quasi totalité des médias en Italie... Fort susceptible et tyrannique par-dessus le marché, il cogne avec moult liasses de billets de banque sur tout ce qui bouge de traviole ! La sympathique et talentueuse Guzzanti ne se gratte pas pour lui mettre le nez dans son caca, à lui et à ses complices ! Ce qui nous vaut quatre-vingts minutes - certes révoltantes - de sourires, de rire et même de franche rigolade... Il faut voir et entendre certains responsables redéfinir le mot “satire”... Cette satire qui pour eux doit avoir des limites... Autrement dit, ne pas sortir du politiquement correct... Ah, ouais ? Où est la satire alors...? Comme le précise si bien Dario Fo, interrogé par Guzzanti, il ne faut surtout pas confondre “moquerie” et “satire”... La moquerie peut être indiscutablement marrante, mais point. C’est tout. Au-delà de la détente bienfaisante, nulle réflexion... En revanche, le propre de la satire est de susciter la réflexion, la remise en question et la critique. C’est pour cette raison que la seule petite erreur de Guzzanti me semble être de croire que nos “Guignols” ou un certain Karl Zéro pratiquent le mode satirique... (Il est tout à fait recommandé de lire en complément le bouquin de Serge Halimi : Les nouveaux chiens de garde. ) Toutefois, c’est à l’aune de cette “petite erreur” que l’on peut mesurer ce qui nous sépare encore de la “démocratie transalpine”... Cela dit, n’allons pas trop vite nous consoler avec le malheur des autres. D’autant que le peuple italien est en train d’exploser en faisant honneur aux différentes réactions spectaculaires des Guzzanti, Celentano ou encore Benigni... Ce que nous montre clairement la Sabina à la fin de son bijou de documentaire... savoir, une foule enthousiaste en train de faire triompher la belle force du rire, l’arme la plus puissante contre toutes les tendances totalitaires...!

 

 

 


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