AOUT 2005
Semaine 33  Du 10-08 au 16-08-2005


 

LAND OF THE DEAD (Le territoire des morts) de George A. Romero. (2/20)1
USA - Couleur, 1h33 - 2004.
Avec : Simon Baker, Asia Argento, Dennis Hopper, John Leguizamo, Robert Joy.

Fantastique : Lu dans le dernier “Charlie Hebdo” une interview fort intéressante de George A. Romero faite par Jean-Baptiste Thoret, vrai fan du cinéaste en question... qu’il considère comme l’un des plus importants de ces trente dernières années... et regrette qu’il se trouve toujours un pisse-froid pour considérer les films du “maître” comme étant destinés aux ados attardés... Que Romero soit un artiste particulièrement marginal, voilà qui me ravit... Qu’ils nous propose une vision des zombies en rapport avec la société actuelle, à savoir qu’il les compare ou les assimile à des terroristes, pourquoi pas...? Mais, cela suffit-il à faire un bon film... lorsque, par exemple, le scénario exsangue se résume à une intriguette linéaire où les uns bouffent les autres et où les autres fusillent les uns...? Il nous suggère aussi - et le montre quelque peu - que les zombies s’humanisent de plus en plus tandis que les vivants se déshumanisent dans un monde où diverses formes de dictature fleurissent... Fort bien ! Mais l’intention, si bonne soit-elle, suffit-elle pour nous convaincre... dans un film où n’apparaissent clairement que quelques allusions - avec par moments, à l’inverse, des évidences lourdement assenées... ? Si rien ne m’a échappé (ce qui m’étonnerait quand même !), il n’existe dans cette œuvre aucune réflexion profonde... alors qu’il y a matière...! Il y en aurait des choses à dire et à montrer à propos de la crétinisation des masses, de leur décérébration et de la déshumanisation qui se généralise... dans nos sociétés où, justement, ceux qui ont paradoxalement (?) le plus de chances de rester humains ou de le redevenir sont ceux qui vivent dans le besoin voire la misère - les autres, même des classes très moyennes - étant anesthésiés par toutes formes de gavages...! Oui, toutes ces idées sont fortes, très fortes... ! Malheureusement, ce qui ressort de ce tout petit film, ce sont surtout les giclées de sang en tous genres, des têtes qui inlassablement explosent comme des pastèques... l’ensemble baignant dans une sauce sans saveur autre... que celle qui séduit le mieux les fameux “ados attardés”... Voilà, me semble-t-il, l’essentiel problème de cohérence que pose ce pseudo-divertissement... !

 

 

PASSION - de Mohammed Malas.(0/20) 1
France / Tunisie / Syrie - Couleur, 1h38 - 2004.
Avec : Salwa Jamil, Naceur Ouerdiani, Oussama Sayed Youssef.

Drame : Peut-être que le titre de ce film aurait-il dû être exprimé au pluriel... D’un côté nous avons la touchante passion d’une femme pour les chansons d’Oum Kalsoum, de l’autre, la passion furibarde du fanatique... ! En effet, dans cet énième film traitant du thème de l’intolérance et du mépris exacerbé des femmes musulmanes ou juives, nous assistons de nouveau au mâles déchaînements à l’égard du sexe faible. Outre le fait que cela devient lassant, les auteurs de ce type de démarche, fort honorable au demeurant, devraient prendre garde à ne pas en faire un vrai “genre”... tel le western par exemple... le spectacle en moins... ! Je passe rapidement sur le fond qui ne peut qu’exciter notre intelligence et nous inciter à tenter de mieux comprendre les raisons profondes qui amènent les humains à céder à la croyance et à l’obscurantisme ; passons vite pour la bonne raison qu’ici, la forme -qui au premier abord est plus fondamentale que le fond- est inacceptable. Nous sommes au cinéma et pourtant aucune esthétique picturale n’est respectée dans ce faux film tourné en vidéo ; la mise en scène plate, brouillonne et maladroite à la fois fait fuir notre regard, et l’émotion musicale qui devrait envahir le spectateur est réduite à la portion congrue ; par voie de conséquence, les comédiens jouent comme des pantins désarticulés. Tenez, pour mieux me faire comprendre, imaginons un instant, un seul instant, un livre édité avec une foultitude de fautes d’orthographe et de syntaxe ... Quel est le lecteur, excepté un expert en hiéroglyphes, qui résisterait jusqu’à la dernière page... ? Il n’est pas question que je refasse le film, mais il me paraît assez clair que la construction en aurait dû être la plus simple possible, réduite à l’essentiel et ce, d’autant plus que le budget en est mince. Dans cette histoire, il y a deux éléments fondamentaux : la passion du chant de la femme et l’obsession extrémiste des hommes de sa famille, obsession qui ira jusqu’au crime. Il eût mieux valu, à mon sens, (juste une idée qui me passe par la tête), jouer pleinement sur l’opposition entre la poétique beauté de la musique et les ombres menaçantes et fascinantes de laideur des tueurs de vie... et ce d’une façon à la limite du surréalisme... au lieu de s’attarder sur des situations par trop quotidiennes, ponctuées de dialogues ordinaires... Tirée d’un fait divers réel, cette tragédie qui aurait dû nous faire froid dans le dos, parvient, mille fois hélas, à nous laisser insensibles à des événements censés provoquer un flot d’émotions... Ce que l’on voit à l’écran n’en est que plus décevant !

 

 

QU’AS-TU FAIT A LA GUERRE, PAPA ? - (What did you do at the War, Daddy ?) de Blake Edwards.(13/20) 1
USA - Couleur, 1h56 - 1966. (Reprise)
Avec : James Coburn, Dick Shawn, Giovanna Ralli, Aldo Ray, Sergio Fantoni.

Comédie : Réalisée la même année que La Grande Vadrouille et annonciatrice (?) de M.A.S.H., cette comédie se situe quelque part entre les deux films précités... avec aussi un zeste de Tex Avery. Nous sommes en 1943, en Sicile, et en plein été. Un capitaine américain, légèrement débile, reçoit l’ordre d’envahir le petit village de Valerno. Les habitants du patelin, leur officier en tête, ne demandent pas mieux que de se rendre, mais à une seule condition : pouvoir célébrer le soir même la fête du vin... ! A partir de là, moultes péripéties vont s’enchaîner et se déchaîner, toutes plus ou moins comiques, faisant de ce film une farce bon enfant et rafraîchissante ; mais tournant dans le même temps la guerre en ridicule jusqu’à en faire une autre farce. Et bien écoutez, j’ai trouvé ça fort réjouissant ! Chaque fois que l’on se fout de la gueule de l’uniforme, j’ai le rictus qui se transforme en sourire, puis parfois en fou-rire ! Ici, nous avons droit à un petit peu de tout : du pastiche, de la parodie, des situations cocasses ou quelque peu satiriques... jusqu’aux situations quelquefois pas crédibles une seconde, mais qui parviennent néanmoins à nous faire marrer ! J’ai envie d’appeler ça, l’art de la naïveté. Art qui de nos jours est définitivement perdu, emportant notre innocence aux oubliettes. J’ajoute qu’un bon nombre de personnages étant italiens, le film y gagne beaucoup en pittoresque. Dick Shawn est parfois lourdingue, mais James Coburn, malgré un rôle le mettant peu en valeur, crève l’écran comme à l’accoutumée. Or donc, je me permets de conseiller ce film d’autant plus fortement qu’il est rarissime, vu le bide qu’il fit lors de sa première sortie.

 

 

LE ROMAN DE RENART - de Terry Schiel. (0/20) 1
Luxembourg - Couleur, 1h40 - 2004.
Avec les voix de : Frédéric Diefenthal, Laurant Deutsch, Patrick Préjean.

Animation : J’ai beau me dire et me répéter que les films pour enfants, ce n’est plus de mon âge -surtout ceusses de nos jours qui sont abominablement mauvais- je ne peux, ne serait-ce que de temps à autre, m’empêcher d’user mes yeux vieillissants, en allant faire honneur à des ratages quelque peu volontaires, vu que, n’est-ce pas, on doit se dire de l’autre côté de la caméra et dans les studios, que plus on est jeune, plus on est idiot ! Qui ne connaît pas le Roman de Renart ? Et qui pense, partant, qu’adapter cette histoire pour le cinéma, présente un quelconque intérêt ? A moins qu’il ne s’agisse d’un auteur infiniment inspiré ... Mais, baste ! Les guides des spectacles nous disent que c’est un film visible à partir de cinq ans... mais dites-moi, chers amis, ne serait-il point possible d’apprendre à lire à ces mêmes enfants, à partir de ce même âge ? Ainsi, ils pourraient se faire leurs propres images...

 

 

LA RUE DE LA MORT (Side Street)- de Anthony Mann. (7/20) 1
USA - Noir et Blanc, 1h23 - 1950.(Reprise)
Avec : Farley Granger, Cathy O’Donnell, Paul Kelly, Jean Hagen, James Craig.

Policier : N’insistons pas sur le titre français, inutilement racoleur, car aucune rue de ce nom n’existe dans le film. C’est l’histoire d’un jeune homme fraîchement marié et sur le point de devenir papa, qui, étant donné sa situation précaire, est obligé de loger chez les parents de son épouse. Ce brave gars, larron d’occasion, va se trouver mêlé bientôt dans une affaire bien embêtante, et pour tout dire, beaucoup trop compliquée pour lui. J’insiste sur le fait qu’il s’agit vraiment d’un brave gars qui ne fera que voler des voleurs... redoutables car pouvant aller jusqu’à l’assassinat ! Mais la police new-yorkaise, toujours vigilante, se montrera d’une efficacité irréprochable et d’une belle clémence, lorsqu’il le faudra. Voilà, dirai-je, sans agression aucune, un petit polar de plus ; légèrement en dessous même d’un épisode de la série des Incorruptibles. Cela dit, c’est Anthony Mann qui est aux commandes, et c’est indiscutablement pour cette raison que le film coule comme de l’eau de source, impeccablement photographié et irréprochablement monté... sans oublier les interprètes tous à leur place. J’ajoute pour finir, qu’en revanche, l’on n’est point obligé de considérer ce film comme un chef-d’oeuvre pour la seule raison qu’il est signé par l’auteur de L’Homme de la Plaine.

 

 

SEPT ANS DE SEDUCTION - (A Lot Like Love) de Nigel Cole. (0/20) 1
USA - Couleur, 1h47 - 2004.
Avec : Ashton Kutcher, Amanda Peet, Kathryn Hahn, Taryn Manning.

Comédie : Vous prenez Quand Harry rencontre Sally, vous le lavez avec la lessive qui lave plus blanc que blanc, puis après avoir fait et défait les nœuds, vous l’essorez bien fort jusqu’à la dernière goutte de la moindre couleur, et vous obtenez Sept ans de Séduction. En effet, tout comme le fameux et drôlissime film de Rob Reiner, l’on nous narre ici l’histoire d’un jeune homme et d’une jeune femme qui, après avoir toutefois copulé dès après le premier regard dans les toilettes d’un avion, vont, sept ans durant, se revoir en pointillé, tout en se demandant et se redemandant chaque fois, de plus en plus fortement s’ils s’aiment vraiment... Personnellement, je ne trouve pas cela très crédible, surtout de la manière dont c’ est présenté... Mais qu’importe; après tout, nous sommes au cinéma, me dis-je... Seulement, ne voilà-t-y pas un autre problème majeur, tout à fait majeur, qui se pointe à l’horizon de l’écran... Normalement, lorsqu’on est au cinéma et que l’on y voit une comédie, l’on se détend et l’on rit... Or, là, c’est le contraire qui se produit : je me crispe et me demande bien de quoi je pourrais rire. Certes le film est ridicule et pourrait me faire marrer au quatrième degré; mais que voulez-vous le ridicule, même lorsqu’il s’agit de rire... ne tue que rarement !

 

 

 


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