AOUT 2005
Semaine 32  Du 03-08 au 09-08-2005

LA BÊTE AVEUGLE - (Moju) de Yasuzo Masumura.(0/20) 1
Japon - Couleur, 1h24 - 1969.
Avec : Eiji Funakoshi, Mako Midori, Noriko Sengoku.

Drame érotique : Un sculpteur aveugle enlève un jeune mannequin dont il veut faire la statue idéale... La nana n’est pas contente du tout... et tentera de s’évader... puis, se rendra même consentante et plus... en initiant l’attardé, qui vit isolé avec sa môman, à la sexualité... Enfin, elle en tombera éperdument amoureuse, et tous deux iront jusqu’à l’apothéose en confondant la bite et le couteau... Le traitement de cette troisième sortie tardive d’un film de Masumura (après La femme de Seisaku et Tatouage - et en même temps que Passion, voir plus bas) est d’une incommensurable idiotie. A ce niveau-là, on ne peut plus parler de naïveté mais quasiment d’un cas clinique de crétinisme congénital ! Toute cette petite anecdote aurait pu être racontée en dix minutes... C’est dire...! La longueur... l’étirement... les redites... z’et autres bégaiements dans le vide... Exemple, le sculpteur se présente : “... je suis aveugle...” (il précise, n’est-ce pas... des fois que le public soit aveugle lui aussi...)... “je ne vois rien du tout...” (ah, bon ?!?)... “c’est triste d’être aveugle”... Ultime précision... au cas où l’on s’imaginerait que lorsqu’on est aveugle et que l’on ne voit rien, cela pourrait rendre heureux... Sinon, le film est génial. Si tu me crois pas, t’as qu’à lire les torchons, comme ça tu verras...! Bon. Je cesse. Et pour l’autre chef-d’oeuvre de la semaine signé Masumura... je laisserai la parole à Mézigue...

 


L’ETE OU J’AI GRANDI - (Io non ho paura) de Gabriele Salvatores.(15/20) 1
Italie - Couleur, 1h42 - 2003.
Avec : Giuseppe Cristiano, Aitana Sanchez-Gijon, Dino Abbrescia, Giorgio Careccia.

Drame : Voilà un film qui a voyagé deux ans avant de parvenir sur nos écrans... Comme dirait l’autre, z’ont dû l’amener à pied... C’est curieux, ce problème de distribution en France des films italiens... surtout lorsqu’ils sont de grande qualité... Cela fait des décennies que ça dure...! Que l’on se souvienne seulement des mille et une difficultés pour imposer la “comédie à l’italienne” à l’époque... On n’y est finalement parvenu que suite au gros succès de Parfum de femme... Dans la foulée, pour notre plus grande joie, nous avons eu en guise de compensation une avalanche de films de Risi, Scola, Monicelli, Comencini ou autres Lattuada... avec parfois quinze ans d’écart entre la réalisation du film et sa sortie en France...! C’est un phénomène que je n’arrive pas à m’expliquer... Même Jean-Louis Trintignant, grand ami et admirateur de Ettore Scola, ne parvint pas - alors qu’il était prêt à un moment donné à créer sa propre maison de distribution - à sortir de la cave le film - toujours inédit donc - Rocco Papaleo avec Mastroianni, excusez du peu... Pendant ce temps, on nous ressort des vieux machins merdiques dont ne veulent que des critiques (réellement ?) enthousiastes...! Bien, revergeons; en l’occurrence, ce n’est finalement pas trop grave... Toutefois, sorti en plein mois d’août, le film de Salvatores, ne fait pas beaucoup parler de lui... Salvatores, dont le magnifique Mediterraneo (passé inaperçu il y a quelques années, et curieusement oscarisé par ailleurs), qui nous racontait avec beaucoup d’allégresse et de poésie la désertion de soldats italiens durant la deuxième guerre mondiale dans une splendide île grecque, a marqué ma mémoire. Cette fois, il s’inspire d’un fait divers, qui aurait pu faire un polar classicos, pour nous conter une belle histoire d’amitié entre deux gamins âgés de dix ans et surtout... surtout, d’une manière tout à fait inattendue... Le regard y est subjectif d’un bout à l’autre... C’est au travers des yeux du jeune Michele que nous suivons la trame... On vit l’aventure (saisissante, terrifiante, sordide et éblouissante à la fois) avec lui, on le suit pas à pas et même plus... on vibre, on tremble et l’on se réjouit avec lui... on respire le même air... il nous rajeunit... puis, la fin nous donne un coup de vieux... tout comme à lui... qui à dix ans aura vécu une série d’événements... dont je tairai la teneur... Je vous rappelle que ce film aurait pu être un polar... le suspense et l’angoisse sont là... Je préciserai seulement que l’action se passe à la fin des années 70 dans un patelin paumé du sud de l’Italie... que la rencontre des deux gamins est pour le moins insolite, l’un des deux étant dans un incroyable pétrin... que la mise en scène rigoureuse le dispute aux impeccables comédiens... et que l’horreur y côtoie la magnificence... N’oubliez pas ce beau film dont personne ne parle...!

 

 

LE GRAND ATTENTAT - (The Tall Target) de Anthony Mann. (6/20)1
USA - Noir et blanc, 1h18 - 1951. (Reprise)
Avec : Dick Powell, Paula Raymond, Adolphe Menjou, Marshall Thompson,Ruby Dee.

Policier : 1859. Quelqu’un en veut à mort à Abraham Lincoln. Au point de préparer un attentat. Heureusement, un détective ayant eu vent de l’affaire va s’y intéresser de près... Le détective se nomme John Kennedy... et moi, j’ai vu le film dans une salle nommée Lincoln...! A part ces amusantes coïncidences, que peut-on dire de franchement valable à propos de ce polar qui se passe à l’époque “westernienne”...? Oh, peu de choses... On peut dire que c’est dans un train que l’action est nouée... que le suspense est loin de valoir celui de Une femme disparaît... passez-moi la comparaison... que le gnome Powell est ridicule à souhait dans le rôle principal... que les différents personnages - les uns sudistes, les autres nordistes - y échangent des propos à peine dignes d’une concierge... Toutefois, c’est Anthony Mann (dont j’aime beaucoup la plupart des westerns) qui est derrière la caméra... Et cela se sent... L’orchestration est assurée de main de maître... et le film coule... sans jamais passionner... That’s all...!

 

 

PASSION - (Manji) de Yasuzo Masumura.(0/20) 1
Japon - Couleur, 1h31 - 1964.
Avec : Ayako Wakao, Kyoko Kishida, Yusuke Kawazu, Eiji Funakoshi, Kyu Sazanka.

Drame érotique : Spécial Mézigue : “Bon, une fois ça va, deux fois ça déborde...!!! Là, c’est l’histoire d’une bourge qui prend des cours de dessin et qui tombe amoureuse de l’anatomie d’une jeune femme... En fait, ça ne commence donc pas du tout comme une vulgaire histoire de cul... La bourge est une esthète “invertébrée” et passerait le restant de ses jours à mater la perfection du corps de sa future amante... faut bien le dire, parce que ça finira comme ça cette histoire... Entre-temps et dans le même temps, leurs mecs respectifs vont se mêler de cette embrouille sentimentale... la rendant encore plus inextricable... complexe puis carrément compliquée... si j’osais, je dirais même “complicationnée”...! Le père Yasu s’empêtre jusqu’aux “zo” (ha, ha, ha !)... en se la jouant subtile... le sexe et la mort... la violence charnelle n’est-ce pas... mêlée de quelques gouttes de spiritualité... intelligente “irréflexion” d’un auteur qui ne sait pas ce qu’il veut dire et qui le dit très mal... Notons au passage le goût prononcé et malsain de Masumura pour tout ce qui saigne... comme dans tous ses films... Et, comme dans La bête aveugle (voir plus haut), côté acteurs ça grimace à outrance et les conneries fusent d’entre leurs lèvres... Encore une fois, tout finira très, très, très mal...! Et pendant ce temps, t’as les critiques qui hurlent au génie... le génie du Grand Cinéaste Méconnu...!!! Ecoutez, à chacun sa sensibilité et ses goûts, d’accord ! Mais il est des fois où les bornes sont démolies, foudroyées, assassinées... Merde ! Si Masumura est un génie (cela dit, paix à son âme...), alors la Terre est carrée, le Soleil est vert et mon trou du cul est le Centre du Monde...!!!”

 

 

LA PORTE DES SECRETS - (The Skeleton Key) de Iain Softley.(O/20) 1
USA - Couleur, 1h40 - 2004.
Avec : Kate Hudson, Gena Rowlands, Peter Sarsgaard, Joy Bryant, John Hurt.

Fantastique : Diable ! C’est Marine Le Pen qui joue le rôle principal (en plus jeune et en modèle réduit tout de même !). Cominciamo bene... comme diraient nos amis les Ritals... D’autre part, Gena Rowlands est méconnaissable... à tel point que cela ne vaut plus la peine d’aller voir un film pour elle... Vaut mieux aller revoir les anciens... A ce propos, je me demande bien pourquoi elle tourne dans ce genre de navets...? Elle, qui lorsqu’elle était jeune avait dit non à Hollywood dont les portes lui étaient grandes ouvertes... Elle va pas me dire qu’elle fait ça pour payer son loyer... ! Bref. Nous avons une infirmière un peu dépressive qui trouve un job dans une maison mystérieuse et habitée par des personnages étranges... Il y a aussi une porte derrière laquelle se planquent des secrets et puis une clé bien sûr... afin de pouvoir activer la serrure, n’est-ce pas... Qui plus est, il s’agit d’une clé qui ouvre toutes les portes de la baraque... Le vieux malade que l’infirmière doit soigner est complètement hébété tout le temps... choqué... traumatisé... Sa femme pue de la gueule tant elle semble méchante... Bizarre, bizarre... Soyons sérieux, il n’y a de bizarre dans toute cette histoire que l’interdiction du film aux moins de douze ans... A croire qu’il s’agit d’une interdiction publicitaire pour attirer le gogo... Absence de frissons garantie...! “Dis papa, est-ce que ça s’achète aussi, la censure...?”

 

 

ROSE ET CASSANDRA - (I Capture the Castle) de Tim Fywell.(10/20) 1
Grande-Bretagne - Couleur, 1h48 - 2003.
Avec : Romola Garai, Rose Byrne, Bill Nighy, Henry Thomas, Marc Blucas.

Comédie dramatique : Qu’est-ce qui a fait que j’aie fini par accrocher plutôt bien à cet imbroglio sentimental...? La littérature dont s’inspire ce film est du genre bouquin de gare... L’auteur du roman étant Dodie Smith (qui a également écrit “Les 101 dalmatiens”) et nous voilà donc assez loin d’un Henry James... Seulement voilà... le film respecte un format franchement cinématographique (même si l’image n’est pas du tonnerre de dieu), savoir, plein écran... Le metteur en scène a le mérite d’être pour le moins un honnête professionnel et les acteurs et trices sont parfaits (Bill Nighy en tête dans le rôle du père)... Et surtout, c’est pas les intrigues qui manquent...! Même si le tout est parfumé à l’eau de rose qu’il y a également du “déjà vu” dans l’air... certains moments limite mièvres, tzétéra... Oui, mais, l’avantage avec les romances à l’ancienne (ici, l’action se situe dans les années trente), c’est le rythme... Lent, le rythme... Les jeux et les hésitations de l’approche sentimentale sont plus fins et plus complexes que ceusses de maintenant... Lent, le rythme, vous dis-je...! Tout cela favorise la délicatesse (dans tous les sens du terme) des situations... Les sœurs anglaises tombent amoureuses de deux frères américains... qui ne sont autres que les fils des propriétaires du château dans lequel vit la famille des deux jeunes filles... Les deux frères tombent amoureux également... Mais qui est réellement amoureux de qui...? Cela, vous le saurez à la fin du film, si tant est que vous alliez le voir... En attendant, vous pouvez toujours (ce n’est point incompatible) lire ou relire La lenteur de Kundera... Histoire de prendre goût à un rythme aujourd’hui révolu...?

 

 

SHAUN OF THE DEAD - de Edgar Wright (10/20) 1
USA - Couleur, 1h39 - 2004.
Avec : Simon Pegg, Kate Ashfield, Nick Frost, Dylan Moran, Lucy Davis, Billy Nighy.

Comédie : Horrifique la comédie ! S’agit d’un pastiche de films à la George A. Romero...Avec tout de même quelques moments bien saignants voire effrayants... L’action se situe à Londres et le film est cent pour cent british alors qu’il est estampillé USA... Après tout, qu’importe... pour vu qu’on ait le sourire ! Un jeune homme un peu nul sur les bords se voit largué par sa belle... parce que vraiment, il n’assure pas des masses...! Et puis, il a un pote, faut voir... (excellent Nick Frost) gros lard dégueulasse et qu’a même pas inventé les pets foireux qu’il ne cesse de lâcher... histoire de faire rire son camarade... Aïe, aïe, aïe...! Tout cela pour dire que les morts-vivants arrivent à point nommé... pour permettre à Shaun (c’est le gars nul) de se valoriser héroïquement auprès de sa girlfriend... ! Toutes sortes d’humours se bousculent dans cette toile... Il y a du fin, du moins fin, du gros et, le plus souvent, du très gros... Alors, le réal fait parfois mouche... et d’autres fois se situe aux antipodes de l’humour noir à l’anglaise... Bon. Entre les gens qui adorent et ceux qui refusent d’aller le voir (le film se casse la figure en France)... je me situerai modestement (et très sagement, n’est-ce pas...) au beau et juste milieu...

 

 

LE TRANSPORTEUR 2 - de Louis Leterrier. (0/20) 1
France - Couleur, 1h27 - 2004.
Avec : Jason Statham, Alessandro Gassman, Amber Valletta, François Berléand.

Aventures policières : Spécial Mézigue “La semaine dernière, en France et Navarre, neuf spectateurs sur dix sont allés voir un film américain...! Rien d’étonnant, c’est l’été... En été, nos potes les Ricains, ils sortent l’artillerie lourde ! Les Frenchies, le trouillomètre à zéro (on a beau répéter aux distributeurs depuis des années qui semblent des siècles d’étaler les sorties sur l’ensemble de l’année...!), attendent la rentrée pour embouteiller les salles avec un autre genre de cinéma... dont les films vont s’entretuer... Au lieu de prendre le (faux) risque de jouer la carte de ce que l’on appelle la contre-programmation... Alors, qu’est-ce qu’on fait pour résister à l’invasion...? Eh bien, on sort sur 500 écrans / France, une très mauvaise imitation de film américain d’action...! Malin, pas vrai ?!? Faut s’appeler Luc Besson (scénariste, producteur et distributeur de la chose) pour trouver une idée aussi costaude...! Que dire, misère...? Du début jusques à la fin, c’est la bougeotte hystérique, des castagnes et cascades pas prenantes une seconde because pas crédibles une demi-seconde !!! Arrosé, n’est-ce pas, de cet excellent humour “bessonien”... d’une légèreté suave et aérienne... que s’il avait pas tant l’air d’un con, je dirais qu’il prend les gens pour des cons...! Notez bien qu’il peut très bien y avoir un peu des deux...!!! J’allais oublier... Un des clous du navet c’est la tueuse folle... une sorte de blondasse... une caricature de Milla Jovovich...!!! Mission impossible ? Non, mission accomplie ! Y a vraiment que le génial Lulu pour oser de la sorte...!”

 

 


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