SEPTEMBRE 2004
Semaine 39  Du 22-09 au 28-09-2004

COMME UNE IMAGE - de Agnès Jaoui. (0/20) 0
France - Couleur, 1h50 - 2003.
Avec : Jean-Pierre Bacri, Marilou Berry, Agnès Jaoui, Laurent Grévill, Serge Riaboukin

Comédie dramatique : Attention ! Bacri et Jaoui, les néo-bourgeois décalés par excellence, sont de retour...! Qu’ont-ils donc à nous raconter de si passionnant cette fois? Plein de petites choses bien insigifiantes comme on les aime... Dès la première scène, on nage dans l’invraisemblable (il s’agit pourtant d’une banale prise de bec avec un chauffeur de taxi peu sympathique...!) tant la situation, les dialogues et l’interprétation sonnent faux; l’on s’emeut pendant une plombe à propos de deux bouteilles de vin oubliées par Bacri que son fidèle ami - joué par un certain Grégoire Oestermann particulièrement effroyable - se propose en insistant lourdement d’aller les lui chercher... On y discute aussi de la couleur des rideaux... On passe un temps fou à table à débiter d’extraordinaires platitudes à propos de la viande de lapin (y en a qui aiment, d’autres pas... on palpite !)... Tzétéra... Je vous en passe... vous fais grâce... des meilleures et des plus juteuses... Précisons tout de même que l’on assiste durant tout le film à une joute verbale entre Bacri et Jaoui... savoir qui va dire sa réplique le plus vite en articulant le moins possible... ça bafouille et ça postillonne, j’te raconte pas comment...! Et...accessoirement, il est question de rapports plus ou moins dramatiques entre un père et sa fille... Le papa est odieux parce que sa progéniture est obèse... Le papa, c’est Bacri... La fifille, c’est Marilou Berry - qui a au moins l’avantage, à défaut d’être une “grande révélation”, de détonner (sans mauvais jeu de mots !) du reste du casting grâce à un physique peu répandu sur nos écrans... Elle est grosse et moche... et, c’est ce qui fait son intérêt...! Par ailleurs - je reviens un instant sur le festival de Cannes 2004 - on a sûrement dû expliquer à Tarantino quelle était la tradition en France concernant les récompenses du meilleur scénario... savoir que quand il y a un prix à décerner dans cette catégorie, il va obligatoirement à Jaja-Baba... même si ce qu’ils écrivent n’est que de la sous merde aux arômes délicieusement bourges, enveloppée dans du papier simili kraft... histoire de se la jouer proches des autres...

 

 

LE GENRE HUMAIN 1 - LES PARISIENS - de Claude Lelouch. (0/20) 0
France - Couleur, 1h59 - 2004.
Avec : Massimo Ranieri, Maïwenn, Mathilde Seigner, Michel Leeb, Arielle Dombasle, Ticky Holgado, Francis Perrin, Pierre Santini, Agnès Soral, Grégori Derangère, Xavier Deluc, Patrick Fierry, Christiana Réali, Evelyne Buyle, Michèle Bernier, Claude Lelouch, Alessandra Martines...

Comédie dramatique : Claude Lelouch est l’une des dernières têtes de lard à être persuadé que le vingt et unième siècle a commencé le 1er janvier 2000...! A preuve, ce premier volet d’une trilogie probablement inachevée dont l’action est située en fin décembre 1999 et où tout le monde se prépare à fêter, non seulement la nouvelle année, mais aussi... le nouveau siècle ! Je ne vais pas m’amuser à recommencer pour la énième fois les explications nécessaires afin de démontrer que deux plus deux font quatre ou que l’an 0 n’a jamais existé... etc... Hormis ce détail agaçant, “Lalouche” nous en sert une sacrée flopée de louches pleines de cucuteries périmées...! Consterant de platitude féroce ( je sais, je me rèpète; mais ce n’est pas ma faute si le cinéma français bégaie...!), ce patchwork d’images sombrement éclairées nous propose de suivre des dialogues insipides - soufflés par le metteur en scène lui-même dans le creux de l’oreille des acteurs durant les prises de vues - échangés de la manière la plus nullarde qui soit (alors que “Lalouche” s’évertue désespérément à se la jouer nature...) dans le cadre de scènes dont tout le monde se fout tant elles sont ordinaires... et fausses par-dessus le marché ! Où est donc passé l’auteur de Un homme et une femme, L’aventure c’est l’aventure et du magistral La bonne année... ? Depuis Le bon et les méchants, trente années se sont écoulées sans que Lelouch ait fait l’ombre d’un bon film... ! On en arrive à se demander si le vrai Claude Lelouch n’est pas mort... puis réincarné en une espèce d’humanoïde bredouilleur d’images cauchemardesques... Toute sa démarche est à revoir, me semble-t-il... A commencer par cette absurde quête de “vérisme” - notamment au niveau du (non) jeu des acteurs...! On ne crée pas la réalité, à moins d’être un dieu... On la re-crée - et il existe une infinité de manières de la recréer... Le fameux “vérisme”, il est dans la rue... On ne va pas au cinéma pour voir ce que l’on peut cent fois mieux observer en s’asseyant sur un banc ou à la terrasse d’un café... (Un conseil : si vous ne l’avez jamais fait, tentez le coup et matez les passants; ils sont tordants !). Quand au casting infernal (excepté Ticky Holgado - paix à son âme !), il semble parfaitement étudié pour vous dégoûter du genre humain.
PS : Certains me reprocheront de tirer sur une ambulance... Qu’ils s’estiment heureux que je n’aie pas laissé la parole à Mézigue...!

 

 

INSIDE JOB - (Fear X) de Nicolas Winding Refn. (6/20) 1
Canada/Danemark - Couleur, 1h31 - 2002.
Avec : John Turturro, James Remar, Deborah Kara Unger, Stephen McIntyre.

Policier : Dans ce film particulièrement lent, John Turturro promène tout aussi lentement sa silhouette et son visage insolites... Il y interprète le rôle d’un vigile dans un centre commercial dont l’épouse vient de se faire assassiner pour d’obscures raisons... Profondément chamboulé, il est de plus en plus anxieux et paranoïaque et, comme la police piètine, il décide de mener sa propre enquête... Lancé sur une étrange piste, il finira par trouver les coupables... Mais, tout cela serait trop beau et trop simple... Le seul vrai mérite de cette modeste toile réside dans l’ambiguïté... Le vigile est-il complètement timbré...? L’action qui se déroule sous nos yeux n’est-elle que le fruit de l’imagination du protagoniste...? A part cela, on s’ennuie gentiment... en admirant Turturro et aussi James Remar dans le rôle du “présumé” coupable...

 

 

LAND OF PLENTY (Terre d’abondance) - de Wim Wenders. (0/20) 0
Allemagne - Couleur, 1h58 - 2003.
Avec : John Diehl, Michelle Williams, Richard Edson, Wendell Pierce, Burt Young.

Drame : Paul est un taré paranoïaque (encore un !), vétéran de la guerre du Vietnam, traumatisé par le fameux 11 septembre, qui sillonne les rues de Los Angeles à bord de sa camionnette à la recherche du moindre terroriste égaré... Dans le même temps, sa nièce Lana, très chrétienne et engagée dans une mission catholique qui vient en aide au SDF, est à sa recherche, après plusieurs années d’absence... De fil en aiguille, il vont se retrouver et... on n’en a rien à cirer... Le film, tourné en vidéo “oculophobe”, est à chier par terre... pour parler net ! A son tour, “double double V” nous sert sa réaction quant au 11.09.01... Cette date aurait, semble-t-il, changé sa vision du monde... Il aurait pu se fouler un peu plus pour nous communiquer ses sensations... Cela dit, plusieurs critiques ne se gênent pas pour acclamer le retour en force de l’immense cinéaste dont ce déchet serait le film que l’on attendait depuis dix ans et une oeuvre d’une grande beauté... En fait de beauté, nous n’avons droit qu’à l’errance stupide d’un antipathique individu qui traîne la patte durant deux heures... et au sourire infiniment niais de sa nièce...!

 

 

MENSONGES ET TRAHISONS ET PLUS SI AFFINITES... - de Laurent Tirard. (0/20) 0
France - Couleur, 1h30 - 2004.
Avec : Edouard Baer, Marie-Josée Croze, Clovis Cornillac, Alice Taglioni, Eric Berger.

Comédie : Ahhhh !!! Edouard Baer...!!! Ce magnifique dandy spirituel en diable qui crisse finement chaque mot qu’il prononce à travers ses dents et sa salive connaît enfin un vrai succès personnel... Le film plaît tant aux critiques qu’au public...! Waouh ! L’histoire est celle d’un “nègre” littéraire qui est en train d’élaborer l’autobiographie d’un primate champion de foot (“l’innombrable” Clovis Cornillac !)... et, oh! hasard! il retrouve sur sa route le premier amour de sa vie (Alice Taglione, la femme aux cheveux qui poussent partout)... qui n’est autre que la meufette du taré de la baballe dont il rédige la bio...! Vingt dieux ! Et, à cause de ses retrouvailles avec la (fausse) belle Alice, il va larguer la vraiment charmante Marie-Josée Croze...! Y a pas à chier, c’est du crédible dur comme béton ! Au passage, nous avons droit à d’humoristiques quiproquos usés jusqu’à la corde (dont un certain public ne se lasse apparemment pas) et le tout se termine de la manière la plus conventionnelle du monde... N’oublions pas qu’il s’agit d’une production Europa (Luc Besson)... avec la forte participation de TF1... Consèquence : le film est destiné au “prime-time” télévisuel (20h50) et doit nécessairement être politiquement correct... Quand les gens en auront marre d’aller au cinéma pour voir des téléfilms à peine déguisés... le septième art pourra peut-être renaître de ses cendres...!

 

 

LA MORT DANS LA PEAU - (The Bourne Supremacy) de Paul Greengrass. (12/20) 2
USA - Couleur, 1h49 - 2004.
Avec : Matt Damon, Joan Allen, Brian Cox, Franka Potente, Julia Stiles, Karl Urban.

Espionnage : Deuxième épisode des aventures de l’espion amnésique Jason Bourne... Un deuxième épisode tout aussi convaincant que le premier... Dommage que ce soit “Tête de Godasse” - entendez Matt Damon - qui interprète le rôle du héros... Pour des raisons facilement compréhensibles, je ne dévoilerai rien de l’intrigue - un rien tarabiscotée - et me contenterai de signaler la très correcte réalisation de Greengrass d’un scénario qui tient la route d’un bout à l’autre... Ni passionnant, ni génial, ce divertissement de qualité ne s’adresse pas qu’aux inconditionnels du genre et, du reste, au vu des résultats de la fréquentation, je ne me mouille vraiment pas en disant cela... Nous sommes donc, cette fois, au cinoche, dans une belle limousine qui roule bien et sait négocier les virages sans déstabiliser le spectateur... S’il reste encore un bout de “rêve américain”, c’est encore au cinéma qu’on peut le retrouver le plus aisément... !

 

 

LE TERMINAL - (The Terminal) de Steven Spielberg. (0/20) 0
USA - Couleur, 2h08 - 2003.
Avec : Tom Hanks, Catherine Zeta-Jones, Stanley Tucci, Chi McBride, Diego Luna.

Comédie : Un étranger en provenance d’un pays imaginaire de l’est de l’Europe se voit refuser le visa d’entrée au States... Il va rester ahuri et bloqué dans l’aéroport JFK de New York... s’y installer... survivre grâce à mille et une astuces... s’y faire des copains... et même avoir une aventure avec une créature de rêve (la belle Catherine Zeta-Jones)... Pendant ce temps, le responsable administratif (Stanley Tucci) flippe de rage et n’a de cesse de mettre des bâtons “dans les trous” du pauvre voyageur... Personnellement, je craignais le pire et j’y ai eu droit ! Quand Stevie se risque dans la comédie, c’est la cata !!! Il possède à peu près autant d’humour qu’un robot lobotomisé. En l’occurrence, il fait dans le genre “comédie américaine à la Lubitsch” et nous sert une indigeste tambouille de situations bêtement fantaisistes... Rien n’est crédible... et surtout pas Tom Hanks qui, après Ladykillers, se lance de nouveau dans un rôle de grande composition... et se ramasse pitoyablement... Son accent russo-je-ne-sais-quoi ainsi que la langue imaginaire qu’il est censé parler sont des modèles de ce qu’il ne faut absolument jamais faire ! Par-dessus le marché, Tommy ressemble de plus en plus à une vilaine caricature de Tony Curtis... Quant au “message” humaniste ou humanitaire que Spielberg peine à nous transmettre, il est complètement noyé dans un fatras de clichés roses et stupides...

 

 

LA TERRE VUE DU CIEL - de Renaud Delourme. (4/20) 0
France - Couleur, 1h07 - 2004.
Avec les voix de Bernard Giraudeau et Nils Hugon.

Documentaire : N’y allez pas ! C’est une arnaque ! Tout sauf du cinéma... Il s’agit de photographies filmées avec tout de même quelques mouvements de caméra... Certes, les cent vingt vues aériennes du photographe Yann Arthus-Bertrand sont, à l’origine, splendides ! Je dis “à l’origine” car, je le répète, ici elles sont re-photographiées et donc quasiment dégueulasses... Voilà une drôle d’initiative...! Qui a bien pu avoir l’idée de nous refourguer les fameux clichés, que nous connaissons tous pour les avoir déjà vus ici ou là, sous forme de pseudo film...? Avec, en sus, des commentaires niais - hormis quelques allusions d’ordre écologique et une citation d’Albert Jacquard - et une musique soporifique... Si l’on a envie de se régaler les yeux avec l’oeuvre de l’artiste Yann, autant s’acheter l’album ou aller voir une exposition... quant aux propos écologiques : lisez donc (ou relisez) l’oeuvre incontournable d’Albert Jacquard... Vous trouverez au moins une quarantaine de livres du grand scientifique (et vrai penseur !) dans n’importe quelle bibliothèque... !

 


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