| Semaine
38 Du 15-09 au 21-09-2004 |
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CARNETS
DE VOYAGE - (Diarios de motocicleta)
de Walter Salles. (20/20) 
Argentine/Brésil - Couleur, 2h06 - 2003.
Avec : Gael Garcia Bernal, Rodrigo de la Serna, Mia Maestro, Mercedes Moran.
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| Aventures : Dans le jargon cinoche, un film
comme celui-ci est étiqueté road movie.
Moi, jappelle ça un film daventures.
En effet, nul besoin pour palpiter davoir affaire à un
troupeau de rhinocéros ou daliens ni de
péripéties nécessitant une débauche
deffets spéciaux tarabiscotés.
En 1952, deux jeunes étudiants argentins issus
de milieux bourgeois, partent à la découverte
de lensemble de leur continent... sur un engin à deux
roues, à moitié pourri, généreusement
surnommé la vigoureuse. Les deux
gars en question ne sont autres que Alberto Granado
et le futur Che, Ernesto Guevara. Et le
scénario est une adaptation du livre de Che
Guevara himself portant le même titre, ainsi
que dun livre de mémoires de Granado.
Mais cest le souffle du cinéaste Salles
qui imprègne toute loeuvre... qui nous
emporte et nous transporte durant des milliers de kilomètres
au coeur de multiples régions tant géographiques
quémotionnelles ; les contrées
floues de lintellect, de la sensibilité et
de lâme de deux jeunes hommes, bien fougueux
comme il faut -dignes de leur jeunesse donc- leur évolution à peine
perceptible au fil dun périple quasi touristique
au départ, bouleversant et décisif à larrivée...
Arrivée qui sera un nouveau point de départ,
notamment pour le futur Che, personnage emblématique
et christique de la révolution latino-américaine
des années 50-60. Le grand mérite du
désormais magistral Walter Salles est de nous
offrir ce que jappellerai un spectacle complet
; les émotions y sont aussi sobres que puissantes,
aussi fines que profondes, à tous les degrés
de la réalisation. Salles possède incontestablement
le sens de lémotionnel. Ne me demandez
pas ce que cest ; cela ne sexplique pas.
Cest un sixième sens. Un des nombreux
sixième sens de lartiste Walter... Il
en va ainsi de son sens exacerbé du rythme,
ici très enlevé (pas un milligramme de
graisse) vif et tonifiant... dans le même temps,
limage et les mouvements de caméra sont
quasi documentaires, les acteurs professionnels (Gael
Garcia et Rodrigo) donnent le meilleur deux-mêmes
et les nombreux non-professionnels sont dirigés
et mis en scène dune manière saisissante
; ils sont plus vrais que nature, et cela donne un
résultat prodigieusement étonnant car
parvenir à rendre crédibles des gens
qui nont aucune expérience de lart
dramatique relève de lexploit. (Voir les
nombreux navets mal dirigés par des cinéastes
anémiques). Par ailleurs, Salles nous a montré quil était
aussi à laise dans le mélodrame
(Central do Brasil), dans lhorreur apocalyptique
(Le premier jour) ou encore quand il sagit
de la poésie à létat pur
(Avril brisé), avec toujours sa griffe
personnelle. Finalement, je vais me mettre à mon
tour à juger sévèrement le palmarès
de Cannes 2004... Autant il paraît indéniable
que Michael Moore et Maggie Cheung ont été primés à juste
raison, autant on est en droit de contester loubli
de cinéastes tels que Kusturica et en loccurence
Walter Salles qui avec son interprète principal
est reparti les mains vides... |
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LES CLEFS DE
LA MAISON - (Le chiavi di casa)
de Gianni Amelio. (12/20)

Italie - Couleur, 1h45 - 2003.
Avec : Kim Rossi Stuart, Andrea Rossi, Charlotte Rampling, Alla Faerovich.
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| Drame : Gianni Amelio (Portes ouvertes,
Les enfants volés) est un des cinéastes
italiens les plus intéressants de ces quinze
dernières années. Humaniste dans le
sens le plus fort du terme, son souci principal dans
chacun de ses films est de mettre en lumière
lâme de personnages gravement défavorisés
et que le tout-venant nose même pas le
plus souvent regarder en face. Cette fois, il sagit
dun garçon de quinze ans, né handicapé suite à un
accouchement tragique (sa mère en est morte),
et dont le jeune père sest éloigné lâchement...
Un jeune père à qui lon ne peut
néanmoins pas jeter la pierre, logiquement
choqué et démoli par lhorreur
de la situation. Bien des années après,
donc, le papa va retrouver Paolo, cest le nom
du garçon (qui entretemps a été élevé par
sa tante et son oncle), va le conduire au centre
hospitalier de Berlin, pour des examens annuels et
va enfin faire sa connaissance... pleinement... Entre
le jeune handicapé et le père, un formidable
courant va passer, et cest ladulte qui
au finale va prendre une leçon de vie dans
le sens le plus simple et le plus noble du terme.
Le garçon qui interprète le rôle
du fils (Andrea Rossi), tout handicapé quil
est, porte vigoureusement et magnifiquement tout
le film sur ses frêles épaules. Il est
tout bonnement prodigieux. Le metteur en scène
y est bien évidemment pour beaucoup ; diriger
ce genre dacteur (et je précise, réellement
handicapé) nest pas une mince affaire.
Amelio, à qui il a sans doute fallu toute
la retenue du monde, parvient à nous bouleverser
sans jamais tomber dans le mélo chialeur.
Mention spéciale également à Charlotte
Rampling dont la présence a qelque chose de
magnétique. |
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THE COAST GUARD -
de Kim Ki-duk. (3/20) 
Corée du sud - Couleur, 1h31 - 2002.
Avec : Jang Dong-gun, Park Jee-ah, Yoo Hae-in.
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| Drame : Oh cruelle déception ! Le huitième
(!) film de Kim Ki-duk (on croirait quil sagit
de la réalisation dun débutant
maladroit) est un ratage complet... à quelques
petits détails près... Laction
se situe dans une base de Corée du Sud, dont
la mission consiste à empêcher linfiltration
despions nord-coréens. Lorsquun
soldat parvient à en zigouiller un (vrai ou
faux, peu importe) il est généreusement
récompensé. Un soir, un bidasse un peu
trop enragé, commet une grosse bavure par excès
de zèle en dégommant à la sulfateuse,
puis à la grenade, un jeune homme qui était
juste venu pour niquer sa belle (drôle didée
tout de même !) dans la zone interdite. Le bidasse
zélé sera néanmoins félicité mais
culpabilisera tant et plus quil en perdra la
raison ; la jeune fille rescapée de justesse,
va déménager du ciboulot, elle aussi...
et le jeune baiseur explosé à la grenade
restera mort. Tout en racontant une histoire on ne
peut plus linéaire et répétitive,
le brave soldat Kim (il sagit vaguement dun
récit auto-biographique) va réussir lexploit
de semmêler les pinceaux ! Dialogues de
primates, violence gratuite et particulièrement
sanglante, etc...Tout cela pour dénoncer une
frontière qui ne devrait pas exister ; certes,
cela part dun bon sentiment. Mais, loin de nous
convaincre de quoi que ce soit, lauteur ne parvient
quà nous exaspérer. Au niveau du
cadre et de la lumière, il fait néanmoins
de louables efforts pour tenter deffectuer un
travail de cinéaste. |
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ORDO -
de Laurence Ferreira Barbosa. (2/20) 
France - Couleur, 1h46 - 2003.
Avec : Roschdy Zem, Marie-Josée Croze, Marie-France Pisier, Yves Jacques.
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| Drame : Après Je suis un assassin de
Thomas Vincent, une autre adaptation française
foireuse dun autre roman de Westlake... Il inspire
beaucoup le père Donald en ce moment... Mais,
faut voir qui et comment... L.F.B. a pris le parti
dune narration à la lenteur exacerbée
(ou tout connement maladroite !) qui excède
violemment le spectateur dès la vingt et unième
minute... Comment ne le serait-on pas lorsquon
nous propose de regarder des séquences lourdement étirées
où chaque détail déborde dinsignifiance.
(Il y a notamment bon nombre de plans séquences
plus ou moins ratés). Bon sang, vous les apprentis
cinéastes, quand apprendrez-vous que lutilisation
du plan séquence au cinéma est extrêmement
périlleuse et quelle nécessite,
sinon une virtuosité magistrale, du moins un
certain savoir-faire et une inspiration réelle
! Avec une histoire qui commence bien, la petite Laurence
a voulu faire dans létrange et le psycho-dramatique à la
fois, tout en oubliant le suspense et un minimum dépaisseur
psychologique. Pas un mot de lhistoire, cela
nen vaut pas la peine... Lisez plutôt le
bouquin. En revanche un ou deux mots au sujet des acteurs...
Les pauvres...ils ont dû être si mal dirigés
quon na pas le coeur à les malmener.
Les seconds rôles sont épouvantables et
pendant que Roschdy Zem passe son temps à faire
la gueule, la très appétissante (surtout
quand elle est à poil) Marie-Josée Croze
semble bien mal à laise... on le serait à moins. |
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SALVADOR ALLENDE -
de Patricio Guzman. (17/20) 
Chili - Couleur et noir et blanc, 1h40 - 2003.
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| Documentaire : Guzman nous propose de découvrir
ou de redécouvrir ce personnage hors du commun
que fut Salvador Allende. Il commence par le commencement
(sa jeunesse, ses maîtres à penser, ses
nombreuses campagnes électorales) et finit par
latroce et désespérante fin dun
homme qui toute sa vie voulut vivre à hauteur
dHomme. Difficile à définir et
encore plus à étiqueter, Allende fut
influencé par plusieurs penseurs socialistes,
communistes ou anarchistes. Lun de ses amis le
définit, dans le film, comme ayant été surtout
libertaire. Aïe ! Eh gamin, si toi aussi tu rêves
de devenir anarchiste quand tu seras grand, fait bien
gaffe, car il se pourrait bien que tu sois bouffé par
les voraces de tous les bords...! Grand admirateur
aussi bien de Mao Tse Toung, de Fidel Castro ou du
Che, il nen resta pas moins, toujours, lui-même.
Evidemment, cela a donné un homme politique
unique dans lhistoire qui parvint à rallier el
pueblo dune manière incroyable et
sans précédent. Nixon avait beau le haïr
et voiloir le démolir à tout prix, économiquement
ou autrement, la classe populaire restait inébranlablement
derrière lui...Les patrons eurent beau faire
grève (!) cela nempêcha nullement
les travailleurs de soutenir leur Président...
La seule erreur quil fit (mais en était-ce
vraiment une dans le fond ?) cest de ne pas vouloir
neutraliser larmée. Pour lui, révolutionnaire
et démocrate à la fois, à partir
dune vraie démocratie, le socialisme coulait
de source. Cette erreur lui vaudra son
11 septembre à lui. En vérité,
Allende a fait un parcours sans faute, sans erreur,
en restant fidèle à lui-même jusquau
bout de sa logique. Ce sont les autres, ses ennemis,
qui se sont une fois de plus trompés. |
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UNE AFFAIRE
DE COEUR - (Laws of Attraction) de Peter
Howitt. (0/20) 
USA - Couleur, 1h27 - 2003.
Avec : Pierce Brosnan, Juliane Moore, Parker Posey, Michael Sheen, Nora Dunn.
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| Comédie : Un avocat et une avocate
vont faire connaissance par barreaux interposés.
Tous deux spécialistes en divorces et adversaires
jurés, ils finiront paradoxalement par découvrir
les joies du mariage en sépousaillant
entre eux. Voilà une comédie qui se la
joue à lancienne... (et horriblement surjouée
par des comédiens qui nous avaient habitués à mieux)...
mais rassurez-vous, on na pas manqué dajouter
une couche de vulgarité, mode oblige...Des petites
histoires de cul, çà et là, ainsi
quun fameux cocktail que nos deux protagonistes
ne cessent dingurgiter durant tout le film, nommé couilles
de chèvre (!)... Je vous laisse admirer
le tableau.. A voir absolument... le jour où les
chèvres auront des couilles. |
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