SEPTEMBRE 2004
Semaine 36  Du 01-09 au 07-09-2004

ELENI - de Theo Angelopoulos. (5/20) 0
Grèce - Couleur, 2h50 - 2003.
Avec : Alexandra Aidini, Nikos Poursadinis, Giorgos Armenis, Vasilis Kolovos.

Drame : Voilà notre cher Theo qui fait son come back avec une tragédie grecque moderne. L’action se situe entre 1919 et 1949. Moult malheurs pendant toutes ces années vont s’abattre sur la pauvre Eleni -et du même coup sur toute la Grèce d’ailleurs...- notamment la deuxième guerre mondiale et l’abominable guerre civile grecque. Le grand drame avec l’ange Theo, c’est qu’il possède l’art de transformer ses personnages en silhouettes...Bon, il nous raconte une histoire ? Oui. Et bien alors, quand on raconte une histoire, il faut des personnages. Et ces personnages doivent au moins donner le sentiment d’être vivants. Or, l’ange Theo, lui, les filme le plus souvent de loin et nous ne voyons la plupart du temps que des ombres. Il ne doit pas beaucoup les aimer ses personnages... ou alors du bout des lèvres... Cela dit, il faut reconnaître qu’il y a quelques belles compositions picturales dans ses films. Ici, nous avons droit également à beaucoup de belles musiques interprétées par des musiciens que l’on voit à l’écran. Un peu comme dans les films de Kusturica...Sauf que là, ce serait plutôt du Kusturica sous anesthésie... Qu’est-ce qu’il est lent le bougre Theo ! Figurez-vous qu’en près de trois heures, et sur une période de trente ans, il ne nous raconte presque rien. Quant à ses scènes, que ce soit d’un point de vue thématique ou émotionnel, elles sont rarement lourdes de sens. Quand je pense qu’Eleni n’est que le premier volet d’une trilogie, ça me fait comme des frissons dans le dos...

 

 

EROS THERAPIE - de Danièle Dubroux. (0/20) 0
France - Couleur, 1h36 - 2002.
Avec : François Berléand, Isabelle Carré, Catherine Frot, Claire Nebout, Melvil Poupaud, Julie Depardieu, Eva Ionesco, Emmanuelle Riva, Jacques Françoi.

Comédie : Voilà un bien mauvais film d’amateur, comme on le déteste ! Que dire de ce film crasseux, à la lumière blafarde et sordide... ? Il s’agit vaguement d’une histoire de maison close qui pratique une thérapie intensive pour des gens qui ont des problèmes sexuels, en l’occurrence d’un grotesque inénarrable. Les situations et les personnages s’emmêlent les pinceaux dans cette série de non-intrigues, qui comme à plaisir, s’enchevêtre n’importe comment. Un vrai jeu de massacre. Avec cette horreur, la mère Dubroux se situe à peu près entre Raoul Ruiz et Jeanne Labrune... J’te raconte pas le régal ! Par pitié pour les acteurs, je ne parlerai pas de leurs prestations... sauf pour dire que François Berléand est toujours vaillamment présent !

 

 

EXILS - de Tony Gatlif. (3/20) 0
France - Couleur, 1h43 - 2004.
Avec : Romain Duris, Lubna Azabal, Leïla Makhlouf, Habib Cheik, Zouhir Gacem.

Comédie dramatique : Un jeune couple d’origine algérienne décide tout d’un coup d’aller jusqu’à Alger -à pieds de préférence- afin de retrouver d’une certaine manière les traces de leurs parents ainsi que leurs racines... Bon, alors moi, d’emblée, des personnages qui se prennent pour des betteraves, cela ne m’intéresse pas. Quand on me parle racines, je ne peux m’empêcher -à tort ou à raison- de repenser immédiatement aux ...cons qui sont nés quelque part... de Georges Brassens. J’ai pourtant beaucoup de sympathie pour l’auteur du très bon Vengo, mais là, il s’étale dans une poussiéreuse platitude... Le voyage que font les protagonistes est vraiment sans intérêt. Je sais bien qu’il ne s’agit pas d’un film d’aventures extraordinaires... d’Indiana Jones...ni de cinq semaines en ballon... mais tout de même ! A part quelques plans, on se demande vraiment quelle est la raison exacte qui a poussé le jury de Cannes 2004 à octroyer le prix de la mise en scène à quelque chose d’aussi insignifiant... Quand on pense qu’il y avait dans ce même festival, un film de Kusturica en compétition... mis en scène précisément d’une manière époustouflante, comme d’habitude... Cela démontre bien qu’au fond on a tort de se réjouir lorsqu’ un bon film est primé, ou dans le cas inverse de s’attrister lorsqu’un navet est récompensé. Bref et autrement dit, d’y attacher une quelconque importance...

 

 

MRS DALLOWAY - de Marleen Gorris. (9/20) 1
Grande-Bretagne - Couleur, 1h37 - 1997.
Avec : Vanessa Redgrave, Natasha McElhone, Rupert Graves, Michael Kitchen.

Comédie dramatique : Adaptation d’un roman de Virginia Woolf. Nous sommes en 1923, dans le Westminster, en présence de Mrs Dalloway, une dame vieillissante qui s’affaire aux préparatifs d’une de ses nombreuses réceptions qu’elle donne dans sa magnifique maison... Mais en ce jour, elle est bien nostalgique, la dame... Elle se rappelle bon nombre de moments importants de sa vie, de sa jeunesse, de son premier amour, de la rencontre de son futur époux, etc... La réalisation de ce film qui aurait pu être un petit bijou, est, hélas, beaucoup trop heurtée. En effet, les flash back tombent lourdement et l’action au présent ne coule pas vraiment de la façon la plus heureuse... Je suppose, car je ne l’ai pas lu, que le roman doit être autrement bien construit... Néanmoins, les personnages, qu’ils soient dramatiques ou cocasses, sont servis avec brio par des comédiens hautement chevronnés. Il faut voir la dernière partie du film, lors de la fameuse réception, voir ce formidable défilé de bourges et de bourgettes, déguisés dans leurs costumes de soirée -à hurler de rire!-. J’ai gardé le meilleur pour la fin : Vanessa Redgrave ! Elle nous subjugue par sa présence classieuse, discrète et modeste à la fois ; par son magnifique regard d’une douceur bouleversante et nous stupéfie par l’intensité de son jeu... si tant est qu’à ce niveau là, on puisse encore parler de jeu... ! Rien que pour elle, le film vaut le détour.

 

 

LE SOLEIL ASSASSINE - de Abdelkrim Bahloul. (3/20) 0
France - Couleur, 1h23 - 2003.
Avec : Charles Berling, Medhi Dehbi, Ouassini Embarek, Clotilde de Bayser.

Drame : Jean Sénac fut un poète pied noir, riche de belles pensées, libre dans sa tête et par-dessus le marché, homosexuel. Tout pour plaire dans un pays plus ou moins muselé. Comme chacun le sait, sans doute, il a très mal fini en 1973. La démarche de Bahloul est noble, généreuse et enthousiaste. Malgré toutes ces qualités, la construction narrative et l’interprétation laissent à désirer... Pour une telle évocation d’un personnage aussi intéressant, le film est tout d’abord trop court ; par ailleurs, des ellipses incontrôlées nous tombent dessus et pourfendent l’histoire. Voilà un beau sujet gâché qui aurait bien sûr mérité beaucoup mieux...et j’en suis le premier désolé.

 

 

UN FILS - de Amal Bedjaoui. (2/20) 0
France - Couleur, 0h58 - 2003.
Avec : Mohamed Hicham, Hammou Graïa, Isabelle Pichaud, Aurélien Recoing.

Drame : Selim mène une double vie. La nuit, il se prostitue, le plus souvent en compagnie d’une copine, et le jour il rend souvent visite à son père malade. Mais Selim flippe. Il y a malgré une affection mutuelle, comme un mur, entre le père et le fils. Malgré tous ses efforts, Selim échoue dans sa tentative de rapprochement avec son géniteur. Il s’emmêle les sentiments en tombant amoureux d’un client, lequel client n’en a rien foutre de lui. Puis, il va descendre rapidement en enfer... Il aura fallu qu’il meure dans des circonstances sordides, pour qu’enfin, son père s’intéresse sincèrement à lui. Drôle d’histoire, si j’ose dire. Il y avait tous les éléments d’une puissante tragédie, et pourtant, bzzzzzzzzz, rien ne parvient à éveiller nos émotions. Une fois de plus, mauvais traitement d’une histoire. Je me dois cependant de mentionner la très bonne prestation de Hammou Graïa qui joue le rôle du père.

 


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