SEPTEMBRE - OCTOBRE 2004
Semaine 40  Du 29-09 au 05-10-2004

COLLATERAL - de Michael Mann. (15/20) 2
USA - Couleur, 2h00 - 2003.
Avec : Tom Cruise, Jamie Foxx, Jada Pinkett Smith, Mark Ruffalo, Javier Bardem

Policier : Los Angeles, la nuit... La nuit de toutes les liquidations pour un tueur professionnel... Pour le déplacement d’une adresse à l’autre, il prend un taco conduit par un chauffeur noir du genre brave gars... Il le paie grassement puis, suite à un gros incident, il l’oblige à continuer la macabre tournée... Le tueur, au fil d’heureuses digressions qui font de ce film autre chose qu’un festival de castagnes sanguinaires, s’avère être un être complexe et doué d’un cerveau pensant... et progressivement, il va influencer le chauffeur de taxi... qui saura prendre ce qu’il peut y avoir d’intéressant chez son désormais adversaire... Au point que cette maudite nuit lui servira sans nul de doute de leçon et le rendra plus fort... Il est évident que l’on n’est pas forcé d’en venir à user du “rigolo” ou de la sulfateuse pour affirmer sa personnalité... mais, mettre un diable dans sa voiture, de temps à autre, peut s’avérer édifiant... voire profitable... Après cette brillante réflexion, venons-en au cas Michael Mann. Voilà un cinéaste d’une envergure impressionnante (Heat, Révélations et même Ali nous ont fortement marqués) qui s’essaie lui aussi au numérique... 85% du film ont été tournés avec ce support rachitique... Est-il si difficile de comprendre que - du moins dans l’état actuel des choses - le support du vingt et unième siècle censé représenter “le progrès” est à l’argentique ce que le format 8mm est au 35mm...? On a beau s’appeler Mann ou je-ne-sais-comment, les miracles ne sont point de notre ressort...! A quoi bon s’évertuer à faire avec une cuiller la même chose qu’avec une louche...? Je prends des exemples on ne peut plus simples afin que les choses deviennent claires, nom d’une pipe !!! Le père MM nous déclare (in “Le Film Français du 24.09.2004) “...on croit qu’avec le numérique on peut juste dire action et improviser. Quelle eurreur de jugement ! Au contraire, il faut tout prévoir dans les moindres détails. Sinon, c’est la catastrophe assurée.” En effet, il a probablement évité la catastrophe... néanmoins, nous sommes encore très loin d’une bonne définition de l’image et par bien des aspects le résultat à l’écran est toujours très proche du “virtuel”...! Espérons que Mickey Mouse s’en tiendra à cette une unique expérience... Par ailleurs, comme si tout était lié, Collateral n’a pas l’ampleur de ses précédentes oeuvres... MM prend son temps, certes, mais il nous laisse sur notre faim quant à la démesure (si bien maîtrisée !) de chaque séquence de ses meilleurs films... La musique aussi a moins d’importance. Elle n’est plus omniprésente et planante... Passons rapidement à Tom Cruise... Il est tout sauf comédien et sa gueule de plouc le dessert totalement surtout lorsque son personnage se lance dans des réflexions philosophiques... Quant à la farine synthétique qu’on lui a mis dans les cheveux, elle ne fait qu’accentuer le manque de charisme et de fascination que devrait susciter son personnage... Reste néanmoins un très bon polar avec quelque chose en plus... à condition d’oublier le nom de l’auteur...
(J’oubliais : mention spéciale à Javier Bardem - dans le rôle de Félix - qui n’a qu’une (grande) scène et qui eût été formidable dans le rôle principal...!).

 

 

MEAN CREEK - de Jacob Aaron Estes. (7/20) 1
USA - Couleur, 1h29 - 2004.
Avec : Rory Culkin, Ryan Kelley, Scott Mechlowicz, Trevor Morgan, Josh Peck

Drame : Règlement de comptes chez les ados d’un petit patelin américain... Le jeune Sam en a marre d’être brutalisé par le gros George, un gamin un peu dérangé de la citrouille qui est dans la même classe que lui à l’école. Alors, il se confie à son grand frère qui, avec la complicité de quelques amis, va concocter une vengeance bien humilante... Ils invitent le gros-gras Georgie à faire une promenade en barque et projettent de le foutre à l’eau et de l’obliger à rentrer nu chez lui... On va rapidement se rendre compte que George n’est en fait qu’un pauvre gars pas si méchant que ça... juste un peu perturbé et complexé... D’où hésitations de certains à réaliser leur plan diabolique... Mais, le plus têtu d’entre eux n’est pas d’accord pour lâcher la proie... Voilà une intéressante confrontation entre jeunes ados (tous les acteurs sont parfaits) qui n’est pas sans rappeler Stand by Me , le premier film de Rob Reiner... Une aventure banale et d’autant plus effrayante...! Merci à Jacob d’avoir fait court... cela resserre l’action ainsi que les liens entre l’écran et le public...

 

 

LA NINA SANTA - de Lucrecia Martel. (2/20) 0
Argentine - Couleur, 1h46 - 2003.
Avec : Mercedes Moràn, Carlos Belloso, Maria Alché, Alejandro Urdapilleta.

Drame : Après La cienaga, nous étions en droit d’attendre une oeuvre forte de la part de Lucrecia Martel. Or, cette fois, elle semble s’égarer totalement... tout comme la jeune adolescente qui oscille entre foi et sexe dont elle nous narre tant mal que mal l’histoire malaisée et saupoudrée d’une fade étrangeté... En effet, cette petiote, religieusement éduquée, est tentée un beau jour par le diable... en la personne d’un toubib en proie à d’assez bénins fantasmes; du genre se frotter discrètement le sexe aux fesses des jeunes filles dans une foule... Bénins mais suffisants pour énerver les sens de la jeune fille qui voudra un jour aller plus loin... L’acteur Carlos Belloso est très convaincant dans le rôle du toubib innocemment pervers... si j’ose dire. A part cela, le film jongle avec nos nerfs tour à tour anesthésiés par la portion congrue des émotions proposées et irrités par les bégaiements de la narration... Pour critiques intellos... Ceusses qui aiment bien les films vides qu’ils peuvent remplir avec leur propre imaginaire prétentieux et insipide...

 

 

OLD BOY - de Park Chan-wook. (0/20) 0
Corée du Sud - Couleur, 1h59 - 2003.
Avec : Choi Mink-shik, Yoo Jee-tae, Kang Hye-jeong, Yoon Jin-seo, Kim Byeing-ok

Policier : Oh Dae-soo est un pauvre bougre que l’on séquestre pendant la bagatelle de quinze ans... sans mobile apparent ! Enfin libéré, comment va-t-il réagir, se demande-t-on... Eh bien, de la manière la plus évidente... Il va d’abord s’employer à comprendre les motivations des kidnappeurs puis à se venger... Durant sa détention, il s’est durement entraîné au combat à mains nues et ainsi nous aurons droit à pas mal de bagarres de rue aussi gratuites que bien d’autres scènes de tortures sadiques ou de violences exacérbées et bien saignantes... Tout cela pourrait passer - d’autant mieux qu’il y a ça et là des idées de mise en scène - si l’histoire tenait un tant soit peu debout... Inspiré par un manga japonais, ce thriller ne nous offre que des situations invraisemblables et tordues au point d’atteindre le sommet du ridicule ! Le cinéaste Park semble vraiment nous prendre pour des abrutis ! Je vous passe les détails et vous invite solennellement à éviter ce piège à cons qui a obtenu à l’arraché “Le Grand Prix” à Cannes 2004 - après qu’il fût question de lui octroyer la Palme d’Or...! Le responsable, c’est lui : Tarantino, qui, fort heureusement n’avait pas le pouvoir de décision absolu à lui tout seul... Quentin est définitivement un (gentil) psychopathe !

 

 

PERE ET FLIC - (City by the Sea) de Michael Caton-Jones. (0/20) 0
USA - Couleur, 1h43 - 2001.
Avec : Robert De Niro, Frances McDormand, James Franco, Eliza Dushku, Bill Forsythe

Policier : Un bravissime flic (De Niro) dont le père avait en son temps déjà gravement fauté (kidnapping et meurtre involontaire), victime de l’acharnement céleste, se retrouve avec une affaire terrible sur les bras : un assassinat perpétré par son propre fils ! Divorcé de la mère du rejeton, notre flic flippe d’autant plus qu’il culpabilise grave, ayant quelque peu abandonné son fiston... De réflexions sur le gène du crime en bavardages tragico-crétins, le film s’étire lamentablement avec tout de même quelques petites scènes d’action... Voilà ce que l’on appelle “un fond de tiroir”... distribué par Quinta Communications , la boîte qui a été créée pour pouvoir sortir La passion du Christ de triste mémoire... Cette société semble se spécialiser dangereusement dans la catégoirie des films “indistribuables”... Bref, on l’aura compris, le navet est à éviter et De Niro... à surveiller...!

 

 

STEAMBOY - de Katsuhiro Otomo. (0/20) 0
Japon - Couleur, 2h06 - 2003.

Animation : Voilà un film qui ne marche qu’à la vapeur ! Cela, au moins, est clair ! Quant à savoir comment il est possible d’avoir aussi peu le sens de l’absurde en faisant parler japonais des personnages anglo-américains, c’est une autre histoire ! L’action se situe à la fin du dix-neuvième siècle où apparaissent les machines à vapeur... A partir de là, nous allons avoir droit à un film de science-fiction rétro. Pourquoi pas, après tout...? Cela aurait pu avoir du charme... Le graphisme réaliste et appliqué est assez agréable à l’oeil... Sauf que voilà... Les Nippons ne peuvent s’empêcher de tout faire dégénérer en situations castagneuses et guerrières... Outre les braves locomotives, on voit ici des engins de combat terrifiants de démesure et même... des soldats portant une armure à vapeur et utilisant des “guns” à vapeur...! La dernière partie de cette sinistre plaisanterie est digne des plus infâmes films de guerre...! Quand est-ce qu’on va nous foutre la paix avec cette putain de guerre, nom de Zeus!!! (Là, c’est Mézigue qui intervient ! ). Cette poubelle qu’on nous déverse à la figure n’est regardable qu’ au second degré... entre copains - faut pas y aller seul surtout - et encore faut-il être bien luné...! Cela dit, grâce à l’inepte démarche qui fait s’exprimer les Britishs en japonais, il y a de belles occasions de rigolade...! Il faut entendre les flics londoniens s’exclamer avé l’assent nippon : Skottelllandeu Yarrddaa !!!

 

 

TOUT PRES DU SOL (CQ 2) de Carole Laure. (3/20) 0
Canada - Couleur, 1h40 - 2003.
Avec : Clara Furey, Danielle Hubbard, Mireille Thibault, Jean-Marc Barr.

Drame : Carole Laure doit avoir des rêves plus beaux que son film... Quelques petites scènes joliment orchestrées sortent du lot des plans lourdement insistants sur des personnages en mouvement, dansant, gesticulant, se roulant par terre... bref, “s’expressionnisant” corporellement... Par ailleurs, qu’essaie-t-elle de nous dire au travers de ses personnages - si toutefois elle a pensé à quelque chose d’autre qu’à de furtifs plans onirico-lyriques - et de cette suite d’intriguettes... ? Que pour être beau, l’humain doit être blessé... ou un truc comme ça...? En effet, de la petite “dealeuse” au gars dans la chaise roulante prénommé Gabriel (l’ange ?), en passant par une brave ménagère victime d’une crise de nerfs qui la mène en prison et d’un “ex” vaguement désespéré (J.-M. Barr toujours aussi gauche et absent), tous les protagonistes sont marqués par un traumatisme ou en cours de traumatisation... Est-ce juste pour dramatiser les images fantomatiques qui ont obsédé son imaginaire jusqu’à en faire un long métrage...? Une chose est sûre : le résultat est poussif... et Carole Laure semble se faire plaisir pour notre plus grande... indifférence...

 

 

TROIS PETITES FILLES - de Jean-Loup Hubert. (0/20) 0
France - Couleur, 1h42 - 2004.
Avec : Morgane Cabot, Sabrina Ouazani, Lucie de Saint-Thibault, Gérard Jugnot, Adriana Karembeu, Thérèse Liotard, Marc Andréoni, Tania Gabarski.

Comédie dramatique : ...et une prostituée... Non, je ne qualifie pas de prostituée Adriana Karambar, mais comme elle joue le rôle d’une nymphomane et qu’elle danse dans des bars à putes... n’est-ce pas... Bon, allez, au diable la faussement belle Adriana - 2m40 de haut, des guibolles d’échassier et un visage un tantinet vulgaros... Moi, j’en ai rien à foutre, hein... Mais qu’on vienne pas me la servir beauté fatale... Tout ce que je demande, c’est un peu de cohérence... qu’on arrête la déconnade bigleuse... Bref, revenons à nos petites filles. Trois ados dont une dans la merde... Une beurette promise à un mec qu’elle ne veut absolument pas épouser... Alors, avec ses camarades, elle décide de se rendre en Corse pour y demander de l’aide à... Johnny Depp et Vanessa Paradis, vu que c’est là qu’ils crèchent... Elles fuguent donc, volent (assassinent une pauvre vieille?) et rencontrent en route un couple bizarre mais finalement très sympa... Comme on peut le constater la logique de la crétinerie et de la mièvrerie sont respectées... Néanmoins, on est en droit de regretter que Jean-Loup Hubert - qui fut quelque peu cinéaste dans les années quatre-vingts (Le grand chemin, Après la guerre) soit dans l’obligation de se fourvoyer dans ce genre de galère. Jugnot est égal à lui-même (c’est-à-dire qu’on s’en fout !); mais, les trois jeunes filles ont finalement du mérite de se sortir plutôt bien de ce piège à débutantes...

 


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