NOVEMBRE 2004
Semaine 48  Du 24-11 au 30-11-2004

BANLIEUE 13 - de Pierre Morel. (3/20) 0
France - Couleur, 1h35 - 2004
Avec : Cyril Raffaelli, David Belle, Tony d’Amario, Larbi Naceri, François Chattot

Aventures policières : ...zonardes, castagnardes et vaguement futuristes - l’action se passe en 2010 dans une banlieue parisienne appelée Banlieue 13. Jugée irrécupérable de par son taux de criminalité, cette zone est laissée pour compte et même isolée par un mur. Directement inspirée de New York 1997 de John Carpenter, cette sauvage crétinerie est aussi éloignée de l’excellent divertissement précité que du meilleur film de Mathieu Kassovitz : La haine. Tous les prétextes sont bons pour faire couler le sang à flots, étaler de la violence brute de décoffrage, et faire exécuter le plus grand nombre de cascades aux protagonistes... le tout sur fond numérisé aux couleurs volontairement sales... On glisse sur l’intrigue qui n’est donc qu’un prétexte à faire vibrer les primates assoiffés d’horreurs... On a également le droit d’être choqué par le contexte dans lequel se déroulent toutes ces péripéties. A quand “Les fabuleuses aventures de Moskowitz dans les ghettos de Varsovie”...? Je pousse peut-être un peu le bouchon... Néanmoins, je me demande sérieusement si l’on peut se permettre de fabriquer de “l’amuserie de bas étage” avec tout et n’importe quoi... A l’inverse du fameux adage, est-ce que l’on peut supposer que “qui veut faire la bête fait l’ange”? Rien n’est moins sûr. Toutefois, Luc Besson (Pierre Morel n’est que le réalisateur “exécutif” du scénario écrit, produit et distribué par Lulu Bébé), se rachète un chouillat en caressant dans le sens du poil les zonards dans la dernière partie du film. Les bagarres et les cascades, correctement réglées, auraient même pu être amusantes dans une démarche différente.

 

CELLULAR - de David R. Ellis. (4/20) 0
USA - Couleur, 1h35 - 2003
Avec : Kim Basinger, Chris Evans, William H. Macy, Jason Statham, Noah Emmerich

Policier : Une femme est enlevée par d’affreux énergumènes... puis séquestrée dans un grenier quelque part... Elle va trouver le moyen de trafiquer des fils électriques en tripotant son téléphone portable et parviendra ainsi à avoir quelqu’un au bout du fil... au hasard Saint Lazare... Ce sera un jeune con d’une vingtaine d’années qui a des problèmes avec sa girlfriend... petite dispute d’ados à laquelle on assiste en bâillant... La femme kidnappette finira par le convaincre de l’aider... en commençant par contacter la police bien sûr... Comme personne ne sait où se trouve la malheureuse, ce ne sera pas du nanan pour la tirer d’affaire... et surtout, pas question de couper la communicatioin...! Voyez le tableau... Pas mal comme idée de départ... A ceci près que l’ensemble de l’action est ridiculement invraisemblable...! Qui plus est, toutes les scènes hors castagnes z’et cascades sont d’une mièvrerie à couper le souffle... du simple remplissage... On imagine ce que papa Hitch’ aurait fait de cette situation inextricable... Cela dit, le film est d’une durée raisonnable et heureusement (ne parlons pas des autres !), il y a William H. Macy (qui joue le rôle d’un brave flic), un comédien qui transforme en or tout ce qu’il touche.

 

L’ENLEVEMENT - (The Clearing) de Pieter Jan Brugge. (4/20) 0
USA - Couleur, 1h34 - 2004
Avec : Robert Redford, Helen Mirren, Willem Dafoe, Alessandro Nivola, Matt Craven

Policier : Y a-t-il réellement une loi des séries...? Toujours est-il, que tout de suite après Cellular, je me suis farci un autre kidnapping dans un autre polar... mais très différent... Autant le premier est destiné aux ados et peut donc trouver un certain public; autant le second est une sorte de téléfilm fadasse qui vise les spectateurs du troisième âge... qui n’ont aucune raison de se déplacer donc... souffrant de mille maux rhumatismaux par-dessus le marché... Donc, cassage de gueule impitoyable pour cet insignifiant filmoïde... qui au demeurant ne mérite pas mieux. Néanmoins, ces quatre-vingt-quatorze minutes bourrées d’inactions sont presque supportables grâce à la présence d’un trio d’acteurs exceptionnels : Redford, Mirren et “l’affreux” Dafoe... Sinon, l’histoire, ben mon vieux... un homme plutôt riche et assez âgé se fait enlever par un aigri au chômage pour des raisons clairement obscures, si j’ose dire... L’épouse de la victime assistera la police de toutes ses forces, mue par un amour de longue date qui n’a pas pris une ride. C’est davantage sur la corde de la sensibilité et de la tendresse que sur celle de l’explication des faits que joue le réalisateur... Avouez que c’est un peu embêtant pour un polar...

 

 

HOLY LOLA - de Bertrand Tavernier. (3/20) 0
France - Couleur, 2h08 - 2004
Avec : Jacques Gamblin, Isabelle Carré, Bruno Putzulu, Lara Guirao, Frédéric Pierrot

Comédie dramatique : Ahhh, Tavernier... si toi aussi tu nous abondonnes... ! Ecoutez, Mézigue est certes un abominable râleur colérique voire parfois un sale type, mais je suis obligé de le laisser s’exprimer de temps à autre. C’est dans le contrat. Voilà donc son avis... qui n’engage que son sale caractère.... “Un jeune couple maniaco-dépressif - ou un truc comme ça, des malades de la cervelle, quoi... - va chercher midi à quatorze heures au Cambodge...! Plus précisément, il s’agit de parents qui, ne peuvant pas avoir d’enfants, partent en expédition dans ce pays lointain pour y adopter un gamin... Bon. Tout ça c’est bien gentil, vouloir rendre heureux un petit Cambodgien en lui offrant le confort occidental etc... Le problème, le gros os, c’est qu’apparemment l’adoption s’avère encore plus difficile qu’en France... Enfin, je suppose... au vu du film... Difficultés administratives bien évidemment, trafics et bakchichs... au total, d’interminables aventures qui finissent par nous lasser - très vite d’ailleurs - , d’autant plus que ce film de fiction aurait mieux fait d’être un documentaire... Bebert Tata nous inflige, en effet, une longue et fastidueuse énumération des difficultés que l’on peut rencontrer lorsqu’on veut adopter un enfant au Cambodge... Tout y passe... Les dialogues ne sont qu’”informatifs”, le scénario plat et les pauvres acteurs... forcément, jouent comme des pieds...! Tout porte à croire que le film a été financé par l’A.A.E.E. (Amicale des Adoptants d’Enfants Exotiques). Par ailleurs, j’ai eu comme un malaise pendant la projection... C’est tout de même indécent toute cette “merdouille” qui consiste à aller s’acheter un môme dans un pays pauvre... d’aller se “progéniturer” dans une région que tout le monde laisse dans la merde... Non ? Sous prétexte, en plus, de faire un acte humanitaire tout en plaignant les pauvres Français qui se décarcassent pour sauver des âmes orphelines... A mon humble avis, on a le droit de méditer là-dessus. Pour finir, j’ajoute qu’il y a des couples sans enfants et qui n’en meurent pas... Tata a tendance à dramatiser à outrance...” Ouf ! Mézigue ayant vidé son sac, je me permets de rappeler - à propos du Cambodge - que Dogora de Patrice Leconte (voir critique Cinékosma), échec public sans appel, hélas, est toujours programmé... Alors on s’dépêche !

 

 

36, QUAI DES ORFEVRES - de Olivier Marchal (14/20)
France - Couleur, 1h50 - 2004
Avec : Daniel Auteuil, Gérard Depardieu, André Dussollier, Roschdy Zem, Daniel Duval

Policier : Après son premier film, Gangsters, le retour d’Olivier Marchal était très attendu... et il tient presque toutes ses promesses... Malheureusement, la peste numérique sévissant de plus en plus, notre ex-flic n’a pas su (ou pu?) résister à utiliser lui aussi ce support réducteur... Passons... (Toutefois, qu’on n’aille pas croire que je vais me lasser de montrer du doigt ceux qui favorisent la décadence du cinoche !). Par ailleurs, il me semble qu’il y a quelques scènes inutiles qui cassent un peu le rythme du film... Mais, ne crachons pas dans la soupe ! Marchal, comme dans son premier polar, nous montre la flicaille (pour laquelle il a apparemment tout de même une certaine tendresse difficile à partager pour nous autres spectateurs) sous un autre jour... Plus réaliste, puisqu’il connaît bien la “Maison”, plus cru et parfois pénible à supporter tant la brutale violence éclate sans pitié - l’auteur lui-même, paraît-il fait encore des cauchemars, bien des années après avoir démissionné, traumatisé qu’il est par les atrocités auxquelles il a assisté... L’histoire d’un bon polar ne se raconte surtout pas... mais, je peux tout de même dire qu’elle très bien ficelée - quoique “clicheteuse”; Marchal n’ayant pas su, comme on dit, réinventer les clichés... Il s’agit de deux flics qui se font la guerre, l’un arriviste passionné (Gérard Depardieu - dont le clone moustachu fait un parcours sans faute pour une fois), l’autre un honnête professionnel à qui il va arriver bien des choses désagréables (Daniel Auteuil, toujours parfait). Les autres interprètes - Zem, Duval ou Dussollier, pour ne citer qu’eux - assurent sans faiblir... La plupart ont de ces tronches... que t’aimerais pas les rencontrer même en plein jour... J’ajoute avec joie que la carrière de ce très bon “néo-polar français” s’annonce brillante... ! Il devenait urgent de retirer le monopole des films policiers au petit écran qui se fait avec ses séries - le plus souvent débiles - un sacré paquet de beurre... Des tonnes de beurre imméritées...

 


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