OCTOBRE - NOVEMBRE 2004
Semaine 43-44-45-46  Du 20-10-2004 au 16-11-2004

THE ASSASSINATION OF RICHARD NIXON - de Niels Mueller. (15/20) 2
USA - Couleur, 1h35 - 2003.
Avec : Sean Penn, Naomi Watts, Don Cheadle, Jack Thompson, Brad Henke.

Drame : Samuel Bicke est un grain de sable. C’est lui-même qui le dit. En fait, un couillon complètement paumé qui rame dans la vente de meubles et déraille de plus en plus depuis qu’il est en instance de divorce... Il a bien un vieux pote noir... mais, le reste de son entourage fait tout pour le dégoûter de son existence... son boss, odieux marchand qui pue de la gueule, sa future ex qui n’est pas franchement très gentille (on ignore pourquoi exactement elle ne veut plus de lui)... et puis il y a leurs deux enfants... déchirement d’autant plus sérieux pour Samuel... Entre-temps, (l’action, inspirée de faits réels, se situe en 1974), il se rend de mieux en mieux compte à quel point le président Nixon est pourri... en le regardant et l’écoutant à la téloche etc... et finit par reporter toute la haine qu’il accumule à l’égard du genre humain sur le “malheureux” Richard N. Il décide un jour, suite à une série d’échecs dans son boulot, de lui régler son compte... La tentative sera merdico-tragique... J’ai toujours eu un faible pour les solitaires. Les individus qui se détachent fondamentalement, d’une manière ou d’une autre, de la masse... en l’occurrence, des autres “grains de sable”. Celui-ci (interprété par un Sean Penn bouleversant) nous touche profondément... parfois là où ça fait mal... on a les yeux comme lubrifiés par l’émotion... on voit mieux et plus clair... On a le sentiment de comprendre à la perfection ce pauvre gars... plutôt incompréhensible...! Est-ce tout simplement un schizophrène ? Flippe-t-il uniquement parce qu’il est séparé de sa femme et de ses gosses ? Excessivement honnête, est-il vraiment la victime d’un monde pourri...? Autant de questions auxquelles Sean Penn alias Sam Bicke donne des signes de réponses évidentes... sans jamais y répondre. Tout cela enveloppé dans la musique de Leonard Bernstein (auquel Sam adresse un courrier expliquant son action) suscite des moments d’une rare beauté sombre... Mention spéciale à tous les comédiens qui compensent une mise en scène somme toute assez banale.

 

2046 - de Wong Kar-wai. (0/20) 0
Hong-Kong - Couleur, 2h09 - 2003.
Avec : Tony Leung, Gong Li, Faye Wong, Zhang Ziyi, Kimura Takuya, Chang Chen.

Fantastique : Lorsque j’étais gosse, en classe de quatrième, je me souviens avoir écrit une excellente rédaction qui me valut moult compliments de la part du prof et une jalouse admiration de la part de mes camarades. Alors, la rédaction suivante, je la surchargeai tant qu’elle fit seize pages...! Je m’emmêlai allègrement les pinceaux et l’histoire que je développai à l’excès fut d’un intérêt on ne peut plus médiocre. Eh, oui... encouragé par la précédente, je fis preuve d’une stupide hardiesse. Voilà à peu après exactement ce qui est arrivé à l’auteur de l’inoubliable In the Mood for Love. La seule différence est que lui n’est plus du tout un gamin. A quel âge cesse-t-on de faire ce genre d’erreurs ? On me dira qu’il n’y a pas d’âge pour faire des conneries... Ce qui est probablement vrai. Néanmoins, c’est aussi quelque peu désolant ! Une telle débauche de fric pour un délire infantile ! Certes, les décors, la lumière et tout le reste sont impressionnants... Mais le résultat est d’autant plus agaçant ! Un écrivain écrit... un truc dans le genre “n’importe quoi”... une histoire futuriste... se situant en 2046 - numéro qui est aussi celui d’une chambre d’hôtel où il rencontra quelques années plutôt une femme qu’il aima à la folie. Et qu’il aime apparemment toujours... D’autres femelles s’en mêlent, on se balade de l’une l’autre... d’une intriguette hermétique l’autre... d’une période l’autre... et on en perd son chinois ! On lutte contre le sommeil et l’on maudit ces cinéastes qui écrivent des scénarios aussi “ouverts” (attention! démarche très en vogue; si vous écrivez un script solidement charpenté, vous risquez de passer pour un crétin qui n’a rien compris ! ), des scénarios qui ressemblent à de l’écriture automatique...! Au total, voilà un navet de luxe qui pue la foutaise... Wong Kar-wai prépare un nouveau film avec la bellissima Nicole Kidman. Espérons qu’il aura recouvré ses esprits... Faute de quoi, on sera en droit de penser qu’il n’est le cinéaste que d’un seul film.

 

DOGORA (Ouvrons les yeux) - de Patrice Leconte. (15/20) 2
France - Couleur, 1h20 - 2004.

Documentaire : Inclassable et étonnant ! Voilà les premiers mots qui me viennent à l’esprit. Inspiré par une remarquable partition musicale d’Etienne Perruchon et par un voyage au Cambodge, Leconte se lance dans sa plus belle (à mon sens) aventure cinématographique. En effet, ses films ne sont jamais parvenus à me satisfaire pleinement. Eh bien, mieux vaut tard que jamais... Jean-Marie Drjeujou à la lumière, il nous propose une promenade à travers ce pays qui l’a semble-t-il émerveillé. Et il parvient à nous réjouir également. Tout doucement, on est plongé dans cet univers d’images et de sons (le cinéma à l’état pur)... Pas un dialogue, pas une parole... Pas d’intrigues... Le fil conducteur est invisible et on s’en moque... C’est comme un album de splendides photos qui se feuillettent toutes seules... accompagnées par une musique aussi présente qu’envoûtante. Des chants aussi... Des gros plans sur des personnages sublimés par le travail du photographe Dreujou... Notamment des visages d’enfants aussi réalistes qu’empreints de poésie... L’ensemble de l’oeuvre nous parle beaucoup mieux que les dialogues les mieux écrits - à fortiori les “blablabla” habituels de bon nombre de films français. Je me tais et vous invite à aller vous régaler pendant quatre-vingts (petites) minutes. Dommage que ce soit si court. Bis, Patrice !
PS : Plus que jamais, avec ce film, mon appréciation est subjective.

 

 

LES FAUTES D’ORTHOGRAPHE - de Jean-Jacques Zilbermann. (1/20) 0
France - Couleur, 1h30 - 2004.
Avec : Damien Jouillerot, Carole Bouquet, Olivier Gourmet, Arnaud Giovaninetti.

Comédie dramatique : Jan-Jak Zizi se foux de nautre gueulle ! En voilà du beau “creux” ! Son film est bourré de fautes, mais il est fort peu probable qu’il ait fait beaucoup de fautes d’orthographe au niveau du script... vu le contenu et la densité de sa chiante toile... Oh, il a dû l’étaler sur cent vingt pages son scénar... à raison de trois lignes de dialogue par page... Et puis, il y a le problème de la crédibilité. Hormis le gamin Jouillerot (on en fera quelque chose) qui serait parfait si les situations et le texte étaient plus cohérents, Zizi accumule zerreurs z’et invraisemblances ! Un seul exemple : à un moment donné le prof de français fait venir le gamin au tableau et lui demande d’écrire “Jeanne était au pain sec”; le gamin orthographie la phrase de la manière suivante : “Jane été au pin sek”... Heu... Y a comme un gros pépin là-dedans - voire plusieurs. Je m’explique : un prof de français, lorsqu’il dicte, fait toujours les liaisons nécessaires, or le gamin a écrit “été” sans le son “t”... qu’il n’a pas pu entendre puisque le prof ne l’a pas prononcé. Beaucoup plus grave, le gamin écrit en phonétique (c’est lui-même - je dis ça au passage - qui explique plus tard à un de ses copains son problème en utilisant le terme “phonétique” - je vous laisse rêver...). Que je sache, on n’apprend pas en cours de français l’écriture phonétique; d’où sort donc ce “k” à la fin du mot “sec”...? Je rappelle qu’en français ce son est presque toujours transcrit par la lettre “c”... Qu’un jeune étranger utilise cette lettre, ok, mais pour un petit Français, c’est complètement aberrant ! Et tout est de la même veine... et on s’emmerde... Et s’ilvous plaît m’sieur Zizi, essayez d’apprendre à écrire un scénario qui ait un peu plus de tenue et de... contenu !

 

 

SAMARIA - de Kim Ki-duk. (0/20) 0
Corée du Sud - 1h35 - 2003.
Avec : Lee Uhl, Kwak Ji-min, Seo Min-jung.

Drame : Y a-t-il plusieurs Kim Ki-duk ?!? Non, parce que là, c’est indécent ! Un brouillon, je dis bien un brouillon de film d’amateur gribouillé par un tout petit môme...! On ose mettre sur l’affiche : “Après Printemps, été, automne, hiver... et printemps, le nouveau chef-d’oeuvre de Kim Ki-duk... C’est à réveiller un mort...! Ou pire, à tuer un vivant ! Deux jeunes adolescentes ont envie de se faire du blé pour effectuer un voyage en Europe... Alors, l’une des deux se prostitue pendant que l’autre fait le guet... Un jour, ça tourne mal, lors d’une intervention policière... Qui plus est le papa de la fille qui guette est flic himself...! Pendant que celle-ci, après le décès de sa copine, décide de recontacter les mêmes clients afin de leur rendre leur argent (!) après avoir couché avec chacun d’eux (!!!), le papa flic suit la piste de sa progéniture... Effaré dans un premier temps, il décide de donner une leçon à sa fifille... Les mots me manquent pour définir la “qualité” de l’image; le primitivisme du cadrage, des décors, du scénar, des acteurs... J’arrête... car je suffoque...!

 

 

UN CRIME DANS LA TÊTE - (The Manchurian Candidate) de Jonathan Demme. (0/20) 0
Avec : Denzel Washington, Liev Schreiber, Meryl Streep, Jon Voight, Bruno Ganz.

Policier : Tiens, un nouveau remake ! Comme c’est original ! La première version portant le même titre, est signée John Frankenheimer, interprétée par Laurence Harvey et Frank Sinatra et date - si mes souvenirs sont bons - de 1962. Le film commence par des scènes de guerre - début des années 90, guerre dite du Golfe -; tu vois ma gueule d’ici...! Après quoi, il y a une remise de médaille...! Là, t’arrrêtes de regarder ma gueule, car je deviens vraiment affreux ! Je bleuis, je verdis, j’ai la diarrhée qui me monte à la gorge...! Bon, sincèrement, cher lecteur, est-ce que l’histoire démentiellement débile d’un tel navet t’intéresse vraiment...? Je vais essayer de justifier quand même ma grosse colère... Un vétéran de cette fameuse “Golfe-tuerie” est hanté par des cauchemars qui seraient plus ou moins révélateurs d’une énorme supercherie qui aurait consisté à fabriquer un faux héros (ayant combattu aux côtés de notre vétéran) afin de lui donner toutes les chances de gagner les élections vice-présidentielles... Tout cela aurait été manigancé par son abominable maman (que vient faire Meryl Streep dans cette déjection ?!? - et Jon Voight... et Bruno Ganz...?!?)... Et tous les soldats de cette unité auraient été manipulés - le mot est trop faible ! - à l’aide d’implants agissant sur leur cerveau...! De toute façon, les gars déguisés en épouvantails pour aller au casse-pipes, on sait où ils l’ont... leur implant... ! Méfiez-vous des cauchemars, les gars, vous vivez peut-être dans une autre dimension sans vous en rendre compte...!

 

 

UN LONG DIMANCHE DE FIANCAILLES - de Jean-Pierre Jeunet. (8/20) 1
France - Couleur, 2h14 - 2003/2004.
Avec : Audrey Tautou, Gaspard Ulliel, Dominique Pinon, Chantal Neuwirth, André Dussollier, Ticky Holgado, Jodie Foster, Jean-Pierre Darroussin, Marion Cotillard.

Drame : Pendant la Première Guerre Mondiale (merde, ça recommence !), un jeune soldat - avec plusieurs autres camarades - est condamné à mort pour s’être auto-mutilé... On devine aisément pourquoi... ras les bottes de se traîner dans la boue et de voir cette débauche de cadavres... Mais sa fiancée, quelques années après la fin de la der des ders, va mener son enquête... car elle est persuadée que son amoureux est encore vivant... S’ensuit alors un film - dont on attendait qu’il nous raconte un beau drame romantique - qui donne dans le genre “guimauve rouletabillesque”... Curieux, non...? Enfin, ça surprend ! Jeunet s’emploie surtout à nous narrer les champs de bataille et une sorte d’aventure policière... Pendant ce temps, la romance s’étiole... pour notre plus grand déplaisir. D’autre part, nous n’avons pas le temps de nous attacher aux personnages (très ou trop nombreux)... Pas de plage pour respirer, le rythme est désagréablement rapide... Jeunet étale quelque peu une sorte de virtuosité en faisant du grand spectacle systématique... Contrairement à “Amélie Poulain” dont un vrai charme se dégageait... ici nib d’émotions ! Bon. Il ne s’agit pas non plus de massacrer le film qui possède tout de même d’indéniables qualités. Lorsqu’on propose au public d’aussi belles images aux décors et costumes fort chatoyants, on ne mérite pas un glaviot dans la tronche ! Le casting aussi est très cossu. Pinon, Lavant, Levanthal ont des gueules d’enfer ! Ticky Holgado est cocasse à souhait. Audrey Tautou retrouve enfin un rôle valable etc. Mais, j’insiste, le film aurait dû être un peu plus lent... quitte à durer, pourquoi pas, une demi-heure de plus...

 


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