MARS 2004
Semaine 13  Du 24-03 au 30-03-2004  

LES CHORISTES - de Christophe Barratier. (10/20) 1
France - Couleur, 1h35 - 2003.
Avec : Gérard Jugnot, François Berléand, Kad Merad, Jean-Paul Bonnaire, Marie Bunel.

Comédie dramatique : L’action se situe en 1949 et le film est un remake de La cage aux rossignols (1945) de Jean Dréville avec Noël Noël. C’est l’histoire d’un gentil pion qui, à force de gentillesse et de compréhension, va mettre en évidence ce qu’il y a de meilleur chez des mômes qui font les zouaves dans un centre de rééducation pour mineurs. Il va avoir du mal parce que le dirlo des lieux est un sacré salaud. Comme notre pion est aussi un modeste musicien, il parviendra à ses nobles fins surtout grâce au chant; à la chorale qu’il va créer au sein de l’établissement. Bien sûr, c’est cousu de fil blanc et de bons sentiments, mais l’histoire fonctionne. Bien sûr, je ne peux pas blairer Jugnot - je ne sais pas, c’est viscéral, il ne m’a rien fait ce pauvre gars - mais le public marche car c’est bien ficelé. Berléand a des hauts et des bas (il y a des moments où il est vraiment à chier!) mais... on glisse là-dessus aussi. Le film est tartiné sur du numérique, n’empêche... Cela en fait des aspects négatifs! Mais, que voulez-vous, le film chante plutôt juste. Cela ne suffit sans doute pas à en faire une oeuvre d’art, mais l’histoire est si jolie... Alors, on ne va pas trop bouder quand même! D’ailleurs, les spectateurs - que décidèment il ne faut pas prendre que pour des cons! - sont loin de bouder! A l’heure où j’écris, le film a déjà fait largement plus d’un million d’entrées France! Pour finir, je me félicite tout particulièrement de la prestation - la meilleure et la plus émouvante du film - de Jean-Paul Bonnaire dans le rôle du Père Maxence. Voilà un comédien qui, après trente ans de chômage, enchaîne film sur film depuis quelques années! Ca aussi, c’est une jolie histoire...

LES DISPARUES - (The Missing) - de Ron Howard. (4/20) 0
USA - Couleur, 2h17 - 2003.
Avec : Tommy Lee Jones, Cate Blanchett, Evan Rachel Wood, Aaron Eckhart.

Western : Et un de plus! C’est fou les séries... Cette fois, ce western est du genre bâtard... Très chrétien, un peu chamanique, avec un côté sous John Ford (dans le sens où il est bien moins ignoble que ne le furent les “toiles” du prétendu grand maître)... et, surtout, surtout trop long! La première heure passe encore... mais ensuite, c’est du creux clicheteux avec tout plein de choses inutiles! Voilà : c’est des grands méchants Apaches qui s’amusent à enlever des jeunes femmes pour faire de la traite de “visages pâles”... Les deux principaux protagonistes, un père indigne et sa fille, sont stéréotypés au possible. Le père est devenu un indien d’adoption et sera - “pasqu’il est hachement redoutable” - d’une grande utilité à sa fille (qui ne peut pas le sentir) lorsque celle-ci se sera fait piquer sa jeune fille à elle par les salopards. La poursuite va se traîner donc pendant plus de deux heures! Il faut préciser que le réalisateur Ron Howard (Splash, Cocoon) - dont le moins mauvais film reste La rançon, un polar avec Mel Gibson - n’est qu’un très laborieux tâcheron! Du genre, tu lui dis de se mettre à genoux et de faire le beau... et il le fait, ce pitre! Il connut néanmoins le succès à plusieurs reprises auprès d’un public indulgent et peu exigeant... Mais ça, c’est une autre histoire... L’essentiel, c’est que ces fameuses disparues, vous n’êtes vraiment pas obligés d’aller à leur recherche... Il y a des vedettes bien payées pour ce boulot...

DIX-SEPT ANS - de Didier Nion. (0/20) 0
France - Couleur, 1h23 - 2003.

Documentaire : On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans... Alors, pour qu’il apprenne la gravité de la vie, ce jeune gars doit s’inculquer un métier... Qu’il a l’air d’aimer, d’ailleurs... Mécanicien de garage! En voilà un métier qu’il est beau comme métier! Réparer “les pollueuses”, ça doit faire chaud au coeur! Bon, je ne veux pas être méchant avec ce garçon qui n’a pas demandé à vivre et qui a subi un père ivrogne et violent. Mais - peut-être suis-je trop ambitieux ou prétentieux - est-ce qu’on n’aurait pas pu, des fois, lui apprendre à respirer la vraie joie de vivre par le biais de ce que l’on nomme la culture, par exemple... Lecture, musique ou autre chose... En plus, ce film, si on peut appeler cela comme ça, se trimbale dans tous les sens, sans aucune espèce de structure. Nous avons bien sûr droit à de nombreuses réactions du jeune homme qui sont, rarement, passionnantes. Cela dit, si on l’avait peut-être un peu mieux mis en valeur, l’on y se serait peut-être attaché davantage. Car n’importe quel humain peut être attachant ; et même ce garçon provoque, parfois, des étincelles et suscite ainsi un certain intérêt chez le spectateur. Mais voilà le film est ce qu’il est... J’vous passe les détails, ce qui compte, c’est que le bougre va être inséré dans la société. A bord d’une voiture, comble de magie pour le petit, qui avec sa belle va pouvoir enfin rouler droit devant lui, sur l’unique route qui lui est offerte. Heureux comme tout, ne se rendant pas compte qu’au bout de ce chemin, c’est ravin garanti ! Inséré dans la société, dis-je ? Oui, mais quelle société ... ?

IMMORTEL (Ad vitam) - de Enki Bilal. (0/20) 0
France - Couleur, 1h45 - 2003.
Avec : Linda Hardy, Thomas Kretschman, Charlotte Rampling, Yann Collette.

Fantastique : Attention, le titre de ce film est, d’une certaine façon, mensonger ou fallacieux ! Car, bien au contraire, ce film peut être mortel ! D’ennui, bien sûr ! Qu’on aille pas croire que j’accuse Bilal d’être un assassin... En tout cas, nous voilà balancés à la fin du vingt et unième siècle, à New-York bien sûr, pas à Sarcelles, ce serait trop original... Et nous avons là tout un vaste foutoir de prétentieuses pseudo-créations artistiques... à une imagination sans borne due à un auteur qui ressemble bien plus à un créateur de mode (genre Gaultier par exemple). Tombe bien, paraît que la principale actrice, c’est un mannequin. Créateur de mode, disais-je ; du genre les saligauds qui n’ont rien d’autre à foutre qu’à “créer” des oripeaux qu’ils osent nommer vêtements pour femmes (qu’est-ce qu’ils leur mettent dans la gueule aux femmes). Passons sur l’histoire car il s’agit de la résurrection du Dieu Horus qui ne dispose que de sept journées pour niquer une humanoïde afin de se progénérer ! A propos d’humanoïde, nous avons droit ici à un méli-mélo infâme d’hommes, de semi-hommes, de dieux, de pseudo-dieux, d’extra-terrestres, d’aliens, de demi extra-terrestres ou de quatre-dixièmes de bouts d’homme. La plupart sont des espèces de personnages de synthèse qui sont de véritables poupées de plastique. Quant à Charlotte Rampling (qui s’était déjà bien compromise à deux reprises avec François Ozon) elle poursuit brillamment sa seconde carrière désastreuse car elle a perdu tout sens du ridicule apparemement. En effet, avec les bouts de chatterton noir séchés qu’on lui a collé sur la tête en guise de coiffure, elle incarne l’archétype d’une vaste foutaise.

JAPANESE STORY - de Sue Brooks. (0/20) 0
Australie - Couleur, 1h47 - 2003.
Avec : Toni Collette, Gotaro Tsunashima, Matthew Dyktynski, Lynette Curran.

Drame : Ce film se veut insolite. En effet, c’est la rencontre en Australie du fils d’un richissime et surpuissant industriel japonais et d’une géologue australienne qui va accepter de le rencontrer, uniquement, pour des raisons commerciales. Lui, en revanche, sa démarche est plus énigmatique. Est-il venu uniquement pour affaires, pour visiter en touriste, pour prendre l’air, ou bien pour des raisons hautement métaphysiques? Bon. Toujours est-il que nos deux héros vont se retrouver tous seuls dans les immensités de ce pays-continent, que bien sûr, ils auront une “aventure” après un premier contact, bien évidemment, très antipathique. On voit là précisément à quel point le film est insolite. Pas une once d’originalité ! Et si ce n’était que cela... Le combre de l’horreur, c’est que dans ce film, il ne se passe rien ! Quand je dis rien, entendez bien, rien, LE NEANT !!! Et lorsque vers la fin, une tragédie va arriver, comme une cheveu sur la soupe, la dernière demi-heure du film va s’étirer d’une manière encore plus opiniâtre. La nana (Toni Collette) ne va cesser de nous montrer comment qu’elle sait vachement bien pleurer ! Dans toutes les positions, dans tous les lieux, même aux chiottes ! Et comme Toni Collette n’est déjà pas un astre de beauté, imagine sa gueule quand elle chiale en gros plan... N’y allez surtout pas, car (je suis bien placé pour le savoir) ce film laisse des séquelles... !

LE MAÎTRE DU JEU - (Runaway Jury) - de Gary Fleder. (10/20) 1
USA - Couleur, 2h07 - 2003.
Avec : John Cusack, Gene Hackman, Dustin Hoffman, Rachel Weisz, Bruce Davison.

Policier : D’après John Grisham, célébrissime auteur de polars souvent adaptés à l’écran. Il s’agit d’un thriller judiciaire dans lequel bon nombre de manipulations et magouilles au niveau de la composition du jury vont allègrement s’emmêler. Je dis cela car, on a souvent du mal à suivre les diverses péripéties et à en comprendre parfois le sens exact. Ce film est une espèce de “montagne russe” ; ça monte et ça descend en intérêt et en qualité, j’entends. L’histoire est définitivement trop compliquée à raconter et, du reste, comme il s’agit d’un suspense... n’est-ce-pas... je ne me sens pas le droit de dévoiler quoi que ce soit. Il n’en reste pas moins que, dans l’ensemble, le spectacle compte de nombreuses qualités, tant au niveau de l’image, de la mise en scène, et bien sûr, de l’interprétation. Sachez, en tout cas, que les vrais maîtres du jeu, dans ce film, sont Gene Hackman et Dustin Hoffman.

NE FAIS PAS CA ! - de Luc Bondy. (0/20) 0
France - Couleur, 1h30 - 2003.
Avec : Nicole Garcia, Natacha Régnier, Miki Manojlovic, Fabrizio Rongione.

Drame : C’est exactement ce qu’on aurait dû dire à Messire Bondy. Mais ne fais donc pas ça ! Apparemment, personne ne l’a mis en garde, et bien au contraire, il a dû être encouragé. Car, il l’a fait, son film. Enfin bon, je suis sympa, j’appelle ça un film. Mais le vrai mot pour définir cette chose m’échappe, pour l’instant. C’est une histoire sans histoire avec, notamment, deux pseudo-histoires. Histoires de couples, s’entend. Le couple des parents et le couple des enfants ; d’où situations forcément sentimentalo-dramatico-comico-bordélique. Parce que le père Bondy, pour bondir, il bondit. Nous passons chaotiquement d’une situation à l’autre; passé, présent, futur, lieux et personnages, tout cela s’embourbe mutuellement, comme dans une mauvaise ratatouille. A un moment donné, le père demande à son épouse “mais que nous est-il donc arrivé” ; sa femme : “à nous deux ?” “non”, répond le mari “à nous, les hommes, les femmes!” Quelle profonde réflexion. Que voulez-vous qu’il soit arrivé ? Depuis la nuit des temps, un homme est un homme et une femme est une femme. Depuis toujours, nous vivons dans un monde où il y a deux sexes qui ont implacablement besoin l’un de l’autre. Point barre ! Nota Bene : Madame Nicole Garcia devrait -il n’est jamais trop tard pour bien faire- prendre quelques cours d’art dramatique afin d’apprendre à parler un peu moins vite, ce qui nous permettrait de saisir ce qu’elle essaie de dire. Je rappelle que ce sont des choses que l’on apprend normalement à l’école d’art dramatique entre l’âge de quinze et vingt ans, environ.

OSAMA - de Siddiq Barmak. (7/20) 1
Afghanistan - Couleur, 1h23 - 2003.
Avec : Marina Golbahari, Khawaja Nader, Arif Herati, Zubaida Sahar, Hamida Refar.

Drame : Nous sommes en Afghanistan, sous le régime taliban. Une jeune fille, pour pouvoir subvenir aux besoins de sa famille, ou tout du moins y participer, est obligée de trouver du travail. Seulement, comment faire pour sortir, ne serait-ce que dans la rue, quand on est une femme dans cette région maudite où règnent de gros salopards barbus ? Et bien, en se déguisant en garçon, par exemple. C’est ce que va faire notre jeune fille ; mais comme on la prend réellement pour un garçon, elle va finir dans une école coranique pour garçons... La supercherie, pourra-t-elle durer longtemps ? Voilà une histoire simple et terrifiante, pas toujours rondement menée, mais avec tout de même de bons moments émouvants, forts, et poétiques. Au final, c’est toujours la même histoire. La domination de la femme, c’est l’éternel rapport de force, à savoir la loi du plus fort. En Afghanistan, les plus forts sont des mâles sauvages, bêtes et méchants, avec plein de poils partout, enchiffonnés jusqu’à la tête, qu’ils coiffent d’un énorme slip” king size”, humide et sale. Ces mâles, on les appelle les Talibans. Ailleurs, dans des mondes plus civilisés, vous avez des hommes en costume-cravate et qui opèrent souvent avec des gants propres pour poignarder les plus faibles, de préférence dans le dos, car en plus, ils sont couards. Ces hommes, on les appelle les Salauds.


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