MARS 2004
Semaine 12  Du 17-03 au 23-03-2004 

 

Cette semaine, Mézigue et Moi-Même avons pris un peu de vacances.
Il faut reconnaître que nos pauvres nerfs sont parfois mis à rude épreuve avec tous ces films médiocres et mauvais... Nous avons donc décidé de nous faire plaisir en consacrant cette semaine uniquement aux reprises qui sont programmées dans les salles précisées plus bas. Que des films que nous avons adoré! Cela nous changera un peu des “zéros”...

ARIZONA DREAM - de Emir Kusturica. (20/20) 3
USA - Couleur, 2h20 - 1992.
Avec : Johnny Depp, Faye Dunaway, Jerry Lewis, Vincent Gallo, Lili Taylor.  

Comédie dramatique : Arizona Dream, c’est avant tout un rêve complètement fou réalisé par un cinéaste bosniaque de génie qui est allé s’essayer aux States comme par défi, en disant chiche aux américains, chiche de produire le film d’un artiste libre (ce qui devrait être un pléonasme). Du reste, rappelons-nous qu’il ne l’a pas terminé là-bas. En effet, c’est en France que toute la post-production a été terminée. Onze mois de travail pour aboutir à un délire visuel d’une beauté rare. Ce n’est pas un film qui se raconte. L’intrigue, au fond, n’est qu’un prétexte. L’action se situe en Arizona, bien sûr et il s’agit de l’histoire d’un jeune homme amoureux de deux femmes à la fois, la mère et la belle-fille. Comment exprimer par de simples mots la magie visuelle de cette oeuvre (considérée comme Kusturica lui-même comme une de ses mineures !) ; comment exprimer l’effet que produit sur le spectateur la musique envoûtante de Goran Bregovic... Ajoutez à cela, un casting d’exception ! Notamment Jerry Lewis dans le plus étonnant de ses rôles.Si vous n’avez pas encore eu le bonheur de voir cette toile, précipitez-vous. Et si vous l’avez déjà vu, vous avez le droit d’aller la revoir. (Ce film passe actuellement au cinéma Saint-Lambert 75015 Paris).

MUSIC LOVERS - (La symphonie pathétique) - de Ken Russell. (20/20) 3
Grande-Bretagne - Couleur, 2h10 - 1970.
Avec : Richard Chamberlain, Glenda Jackson, Max Adrian, Christopher Gable.

Drame : C’est sans doute le film le plus puissant de Ken Russell. Il s’agit de la biographie de Tchaïkovski, de ses immenses amours et de ses non moins immenses souffrances. La vérité, est-elle respectée ? Peu nous importe. Ce qui compte, c’est le spectacle qu’on se prend en pleine figure. Tour à tour, à la limite de l’hystérie et d’une poésie romantique (les illustrations des morceaux de musique). Et que dire des acteurs, que dire notamment de Glenda Jackson qui atteint au paroxysme, à la fin du film. Il s’agit d’une production absolument somptueuse, tant au niveau de l’image que du son. Quoi de plus important au cinéma ! Un pur chef-d’oeuvre !!! Cette petite critique est sans doute un peu courte, mais il me semble que devant une telle oeuvre, tout autre commentaire serait superflu. (Ce film passe actuellemen au cinéma Accatone 75005 Paris).

LES TEMPS MODERNES - (The Modern Time) - de Charles Chaplin. (20/20) 3
USA - Noir et blanc, muet, 1h30 - 1936.
Avec : Charles Chaplin, Paulette Goddard, Henry Bergman, Stanley Sanford.

Comédie : L’éternel vagabond, Charlot, à force de travailler à l’usine, finit, bien entendu, à pèter un cable. Il sera hospitalisé, puis relâché, pouvant ainsi reprendre sa vie de clochard poète. Quand on pense que ce film date de près de soixante-dix ans, on se demande comment Chaplin réagirait aujourd’hui. Il s’agit bien sûr d’un de ses films les plus célèbres, et tout a été dit à son propos. J’ajouterai néanmoins qu’il est urgent de le revoir afin de prendre conscience de notre monde actuel, on ne peut plus déshumanisé. Bien sûr, il est clair que Chaplin, un homme de spectacle absolument complet, passe son temps à nous amuser et à nous émouvoir. C’est même lui qui composait la musique de ses films ! Et comment oublier cette scène finale où, au bras de sa belle, il se dirige vers le soleil, faisant la nique à un monde où il n’a pas sa place. (Ce film passe actuellement aux cinémas Quartier Latin et Max Linder Panorama à Paris).

TRAQUENARD - (Party Girl) - de Nicholas Ray. (20/20) 3
USA - Couleur, 1h40 - 1958.
Avec : Robert Taylor, Cyd Charisse, Lee J. Cobb, John Ireland, Kent Smith.

Policier : Dans les années vingt, à Chicago, un avocat marron enlève l’amie d’un gangster particulièrement coriace. Tout à la fois polar pur jus et formidable histoire d’amour, ce film ne vous laisse aucun répit ; entre les scènes d’action, les scènes romantiques et les scènes de danse, on assiste à du vrai cinéma comme, à une certaine époque, on s’efforçait de le faire. D’abord, pour le public. A mon goût, c’est de loin le meilleur film de Nicholas Ray (vous voyez que cette semaine, je ne vous parle pas de navets !). Quant aux interprètes, Robert Taylor est épatant de beauté et de présence. Lee J. Cobb a vraiment une “gueule d’enfer”. Quant à Cyd Charisse, c’est vraiment... un traquenard. (Ce film passe actuellement au cinéma Grand Action 75005 Paris).

LE VOLEUR DE BICYCLETTE - (Ladri di biciclette) - de Vittorio de Sica. (20/20) 3
Italie - Noir et blanc, 1h25 - 1948.
Avec Lamberto Maggiorani, Enzo Staiola, Lianella Carell, Elena Altieri, Nando Bruno.

Drame : Le voleur de bicyclette, c’est vraiment le symbole du film néo-réaliste italien. L’histoire se résume en quelques mots. Un chômeur, après avoir eu un mal fou à se procurer une bicyclette pour trouver un emploi, se la fait voler. C’était le propre de ce genre de film, aborder un fait divers, en apparence banal, et parvenir à en faire un drame poignant. Pour une fois, les acteurs non professionnels sont justes et émouvants. Comme quoi, il y a une exception à toute règle. Toutefois ce genre de film est à éviter un jour de “cafard”. (Ce film passe actuellement au cinéma Accatone 75005 Paris).

VOYAGE AU CENTRE DE LA TERRE - (Journey to the Center of the Earth) - de Henry Levin. (20/20) 3
USA - Couleur, 2h10 - 1959.
Avec : James Mason, Arlene Dahl, Pat Boone, Diane Baker.

Aventures fantastiques : A quelques exceptions près, j’ai toujours préféré Jules Vernes au cinéma. Il faut dire que les adaptateurs ont toujours su éviter soigneusement les formules pseudo-scientifiques et fantaisistes énoncées par Vernes, notamment pendant les soixante premières pages. Ce qui casse sérieusement l’ambiance. Ici, c’est l’avanture qui prime, et rien que l’aventure. Bien sûr, on est au cinoche, et il faut accepter les règles de ce genre de film. C’est complètement absurde, farfelu et pas crédible une seconde... si l’on tient à tout prix à rester cartésien. Mais quel divertissement ! Et on aurait tort de considérer que ce genre de spectacle s’adresse uniquement aux gamins. N’oublions pas que nous sommes tous de grands enfants. Quant à James Mason, ça a toujours été la grande classe. Si vous voulez vous colorer un peu la vue, détendez-vous, relaxez-vous et offrez-vous ce film comme une bonne crème glacée. (Ce film passe actuellement au cinéma l’Archipel Paris-Ciné 75010 Paris).


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