MAI - JUIN 2004
Semaine 22 Du 26-05 au 01-06-2004  

A TON IMAGE - de Aruna Villiers. (0/20) 0
France - Couleur, 1h34 - 2003.
Avec : Nastassja Kinski, Christophe Lambert, Audrey Dewilder, Andrzej Seweryn.

Fantastique : Mode oblige, voilà une histoire de clonage. Drôle de clonage, car on fait croire à la femme que l’enfant est bien le produit de ses rapports avec son mec... Oui, elle est en cloque et la cloque est clonée... Va comprendre... Puis, le têtard va naître... et sera suivi par un professeur “apprenti-sorcier”... L’enfant va grandir et devenir une jeune fille aux pouvoirs surnaturels, puis va mûrir et vieillir de plus en plus vite... Elle va emmerder prodigieusement sa maman, draguer son papa... car, n’est-ce pas, elle possède la mémoire de sa “clonutrice” et lui ressemble énormément... Invraisemblances, dialogues de mauvaise BD auxquels ne manquent que les bulles... Christophe Lambert, avec sa gueule en pâte à modeler, est fin prêt pour tourner dans les nouvelles aventures de Wallace et Gromit...!

 

 

CHAT NOIR, CHAT BLANC - (Crna macka, bela macka) de Emir Kusturica. (20/20) 3
France/Allemagne - Couleur, 2h10 - 1998. (Reprise/Re-vision)
Avec : Bajram Severdzan, Srdan Todorovic, Branka Katic, Forijan Ajdini, Sabri Sulejmani

Comédie : Sur les bords du Danube, un gitan qui traficote avec les Russes se fait arnaquer par iceux... Pour se sortir de la mouise, il trouve une idée de génie : détourner un train de vingt wagons-citernes pleins d’essence entre Belgrade et la Turquie. Pour cela, il a besoin de fonds et d’une équipe. Pour le fric, il va réussir à taper un grand “caïd” tzigane et pour l’équipe, il va s’adresser à un abominable chef de gang, drogué jusqu’aux sourcils, complètement déjanté et cruellement brutal... Le pauvre gitan va se faire doubler une fois de plus... et sera même contraint d’accorder la main de son fils à l’une des soeurs - inmariable ! - de l’abominable gangster... Pendant ce temps, son fils tombe amoureux d’une jolie blondinette et la soeur inmariable ne veut épouser que l’homme de ses rêves - qu’elle n’a même pas encore rencontré... Je passe sur les mille et une autres péripéties de ce scénario foldingue mis en scène avec une virtuosité époustouflante par Maître Emir... En effet, chaque plan est archi-plein, le montage est parfait et survolté, les gags pleuvent - jamais gratuits - et la poésie n’est jamais absente.
En filigrane, deux chats, l’un noir, l’autre blanc, comme l’indique le titre... Mine de rien, s’il ne mènent pas la danse effrénée de ces intrigues savamment enchevêtrées, il n’en sont pas moins des personnages essentiels... qui interviennent lorsque les dures lois de la réalité sont insurmontables... Ici déjà - et comme plus ou moins dans tous les films de Kusturica - les animaux ont la part belle ! Est-il utile de rappeler à quel point on se fend la gueule avec ce “cartoon” chez les tziganes ? De rappeler les phénoménales présences des personnages - principaux ou secondaires...? On a beaucoup dit de ce film qu’il était une sorte d’autoparodie des autres films de Kusturica... Lui-même s’est posé la question... Moi, je fais fi de cette critique qui consiste à trouver une formule pour qualifier en le diminuant ce bijou d’une valeur quasi inestimable... Valeur inestimable d’un film qui peut sembler inutile à certains... mais dont “l’inutilité” même me réjouit, m’éblouit et m’émeut...! Quoi de plus inutile, en effet, que l’art et le divertissement , surtout lorsqu’ils sont réunis pour le meilleur...? “Pour sûr que Gérard Lenne détient une réponse fulgurante à cette question!” me hurle Mézigue dans le creux de l’oreille. “C’est le gars qui va au cinéma, vous savez, et qui “scribouille” ses analyses filmiques profondes dans un guide télé... Un cinéphobe qui hait Kusturica, comme si ce dernier lui avait tué père et mère...! On se demande sincèrement pourquoi...? Que chacun ait ses propres goûts et sa propre sensibilité, certes ! Mais il y a des limites à ne pas franchir, me semble-t-il. Nous aurons l’occasion de reparler de cet olibrius très bientôt...” Mais baste, Mézigue... Relevons donc la tête et admirons au lieu de nous briser la nuque à observer ce qui nous indispose...

 

 

INGUELEZI - de François Dupeyron. (0/20) 0
France - Couleur, 1h37 - 2003.
Avec : Marie Payen, Eric Caravaca, Françoise Lebrun.

Comédie dramatique : Une femme éplorée - elle vient de perdre son mari - arrête sa voiture sur le bord de la route à cause d’un accident survenu à proximité... Un clandestin en profite pour se planquer dans le coffre de la bagnole... Il souhaite se rendre en Angleterre, le pauvre bougre... Elle va essayer de l’en dissuader... Puis, après lui avoir donné quelques sous, elle le plante dans une gare... Mais, se ravise... et décide d’aider le clandestin kurde à arriver à destination... Quelle aventure ! En “vidéocolor” et la caméra à l’épaule... T’es obligé de pencher la tête dans tous les sens pour suivre le peu d’action... Comme le clonage, dont nous parlons plus haut, les clandestins sont à la mode... Alors, quand est à court d’imagination, on s’inspire, de trop près, de l’ actualité... Mais qu’est-ce qu’ils ont tous à vouloir coller à l’actualité... On l’a à la télé, surtout filmée et racontée d’une manière aussi banale - encore plus banale que celle de nos malheureuses infos... Dupeyron trouve qu’il y a trop de films qui sortent... Si on en faisait moins, il en sortirait moins... Dupeyron aurait pu donner l’exemple... en s’abstenant... Sûr qu’on ne l’aurait pas regretté...

 

 

LE JOUR D’APRES - (The Day After Tomorrow) de Roland Emmerich. (4/20) 0
USA - Coukleur, 2h - 2003.
Avec : Dennis Quaid, Jake Gyllenhaal, Ian Holm, Sela Ward, Emmy Rossum.

Fantastique : Il s’agit d’un film-catastrophe, pour être plus précis. Comme au bon vieux temps, dans les années 1970... Sauf qu’ici nous n’avons pas droit à un casting d’enfer comme dans Tremblement de terre ou La tour infernale... Bon. Cette fois, c’est un bouleversement climatique d’une rare violence qui ravage la moitié nord de la planète. Le héros c’est Jack Hill une “pointure” en climatologie; il sait tout, mais personne ne veut le croire... et surtout pas les gros bonnets de l’industrie et de la finance... Mais, comme il est aussi humain que l’erreur, il va se tromper à plusieurs reprises... La catastrophe, il ne l’attendait pas aussi vite... Puis, lorsqu’il désespère, le soleil revient subitement... et tout s’arrange... Ce n’était donc qu’un avertissement de Dieu tout-puissant par l’intermédiaire de Dame Nature... Sous couvert d’écologie de bazar, ce film est au fond du “politiquement incorrect”... plus correct que correct ! Et, à part quelques effets spéciaux impressionnants, nous n’avons droit qu’à des scènes insupportablement clicheteuses voire complètement idiotes !

 

 

MARIAGE MIXTE - de Alexandre Arcady. (2/20) 0
France - Couleur, 1h44 - 2003.
Avec : Gérard Darmon, Olivia Bonamy, Antoine Duléry, Olivier Sitruk, Patrick Chesnais.

Comédie Max Zagury, juif pied-noir très à cheval sur certains principes désuets, refuse catégoriquement que sa fille épouse un goy dont elle est pourtant éperdument amoureuse. Pour lui, pas question de mariage mixte dans la famille ! D’autant moins qu’il avait promis à son meilleur ami prématurément décédé que son fils épouserait sa fille. Or, le fils est homosexuel... et, bien évidemment, comme on s’en doute dès le début, tout finira par s’arranger... Gags et plaisanteries usés jusqu’à la corde et d’un goût douteux nous sont infligés comme des baffes pendant toute la durée de cet authentique navet ! Et ce n’est pas un certain savoir-faire, tant technique qu’artistique - qui peut sauver du naufrage cette vaine “création”...

 

 

WONDERLAND - de James Fox. (8/20) 1
USA - Couleur, 1h39 - 2003.
Avec : Val Kilmer, Kate Bosworth, Lisa Kudrow, Dylan McDermott, Josh Lucas.

Policier : Une star déchue du cinéma porno des années 70 est directement impliquée dans des trafics de drogue et dans une affaire d’assassinats sanglants survenus durant l’été 1981. Cette star, c’est John Holmes, naguère interprété à l’écran dans Boogie Nights de P.T.Anderson par Mark Wahlberg. Val Kilmer prend le relais dans cette sorte de suite des aventures tumultueuses de John Holmes - d’après des faits réels. Mais là, finie la période rose; on est dans les ténèbres de la déchéance... Dans un polar très très noir... et pas du tout inintéressant. Toutefois, la réalisation volontairement tordue nous secoue la cervelle et l’on a du mal (donc peu de plaisir) à suivre le déroulement de cette histoire choc et sordide, où il y avait matière à faire du très bon cinéma. Les acteurs, eux, assurent, Kilmer, Bosworth et Lucas en tête... On a le droit de se laisser tenter...

 


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