MAI 2004
Semaine 19 Du 05-05 au 11-05-2004  


BROOKLYN BABYLON - de Marc Levin. (12/20) 2
USA - Couleur, 1h29 - 2001.
Avec : Tariq Trotter, Karen Goberman, Bonz Malone, David Vadim, Earl Contasti.

Comédie dramatique : Double choc à la frontière des quartiers “black” et juif à Brooklyn ! Collision de voitures, d’une part, rencontre-coup-de-foudre d’un musicien hip hop noir et d’ une belle jeune femme juive issue d’une famille aisée, d’autre part. Lui s’appelle Sol (diminutif de Salomon), elle, c’est Sara. Pendant que les chauffeurs se foutent sur la gueule, eux deux, s’électrisent du regard. Malheureusement, les communautés noire et juive ne s’entendent pas des masses... Ce qui va entraver quelque peu le début de la belle romance des deux jeunes gens. On pense, bien sûr, immédiatement à Roméo et Juliette; mais, comme je me moque des comparaisons - z’abusives à force d’en faire systématiquement - je vois à l’écran Sol et Sara ! Une histoire d’amour on ne peut plus simple qui, par sa simplicité même génère toute la joliesse de ce petit film rafraîchissant. Marc Levin - auteur du déjà très intéressant Slam - parvient à mettre en valeur la grâce de ses personnages (impeccablement interprétés), et crée une atmosphère dont la poésie discrète nous envoûte... discrètement. Notamment, au niveau du montage, très fluide, et d’une musique rap de qualité (si, si, ça existe !). A voir d’urgence car le film ne marche pas du tout !

 

 

LE CONVOYEUR - de Nicolas Boukhrief. (0/20) 0
France - Couleur, 1h35 - 2003.
Avec : Albert Dupontel, Jean Dujardin, François Berléand, Claude Perron, Aure Atika.

Policier : Un mec étrange s’enrôle dans une entreprise de transports de fonds... L’occasion de nous montrer, vu de l’intérieur, le milieu de ces fameux convoyeurs dont on parle tant actuellement... Apparemment, n’importe qui peut décrocher ce genre de job, et donc, tout ce beau monde, n’est en fait pas très... joli, joli... ! Bon, ce mec étrange, qu’est-ce qu’il veut ? Que vient-il chercher dans ce bourbier ? Tout ce que je m’autorise à dire, c’est qu’il s’agit d’une histoire de vengeance... Pour le reste, c’est l’apocalypse now et fissa !!! Une production nauséabonde où tous les acteurs sont à hurler de nullité - même Albert Dupontel (!) qui surjoue affreusement ! Quant aux autres, Dujardin, on le sait, est évidemment indigne d’être seulement considéré - une seule seconde - comme un comédien; Berléand (de plus en plus souvent à chier...), est toujours présent ! On le voit partout. En fait, il fait partie du trio B.C.D. : Berléand-Cornillac-(Gérard) Depardieu... A eux trois, j’ignore comment ils se débrouillent, ils tournent - séparément - plus de six cents films par an !!! Alors que la totalité de la production cinématographique française ne reprèsente que moins d’un tiers de ce nombre infernal...! C’est des artistes-magiciens... Devraient bosser dans un cirque... ! Bref, l’intrigue de ce nanar n’est pas crédible un instant, la mise en images est “ratatouilleuse”, et on sort du cinoche las, éreinté, voire désespéré par tant d’indigence !

 

 

LA GRANDE SEDUCTION - (Seducing Dr Lewis) de Jean-François Pouliot. (3/20) 0
Canada - Couleur, 1h50 - 2003.
Avec : Raymond Bouchard, David Boutin, Benoît Brière, Bruno Blanchet, Pierre Collin.

Comédie : Québécoise, la comédie, pour être plus précis. Cela se passe dans un tout petit patelin, un port situé au nord du Canada, nommé Sainte-Marie-La-Mauderne...
Cent vingt-cinq habitants en tout et pour tout. Le rêve, quoi...! Mais, sont pas contents les habitants ! Z’ont plus de boulot, because la pêche ne marche plus bien... Z’en ont donc marre d’être au chômedu et de vivre d’allocs... Alors, au lieu de profiter gentiment et pleinement de leur modeste, mais sereine existence, ils vont se tripatouiller le cerveau, perdre tout leur temps, à chercher le moyen de faire installer une usine dans leur village !!! Les cons !!! Pour ce faire, il faut qu’en plus ils se “putifient” auprès d’un toubib... Parce que, sans médecin, pas d’usine ! Et, énorme cerise sur la tambouille, ils crèvent même pas la dalle; c’est pour retrouver leur dignité... ! Eh ben, tant que les gens raisonneront comme ça, les profiteurs profiteront ! Malgré quelques personnages (oh, pas tous !) assez pittoresques, le film agace par tant d’imbécile démagogie ! En tous cas, faut pas vous inquiéter, ils finiront par travailler à l’usine, seront heureux et auront beaucoup... de p’tits ouvriers...

 

 

HYPNOTIC - de Nick Willing. (0/20) 0
Grande-Bretagne - Couleur, 1h47 - 2002.
Avec : Goran Visnjic, Shiereley Henderson, Miranda Otto, Paddy Considine, Fiona Shaw

Fantastique : Grand Prix du Festival du Film de Paris 2004 !!! Tu le crois ça ?!? Non, parce que, je vais t’expliquer l’angoisse... D’abord, brièvement, l’histoire... ou le prétexte... comme tu veux... Une nana inspecteur (c’est très à la mode en ce moment, comme on le verra plus bas) recherche une jeune fille mystérieusement disparue... Elle entre en contact avec le Dr Michael Strother, spécialiste de l’hypnose (admirablement joué par un Visnjic totalement coincé, sans doute hypnotisé himself, et raide comme un avaleur de parapluies), qui fera tout pour aider les flics, une fois la fillette retrouvée in extremis, en reniflant avec ses yeux inexpressifs les traces d’un tueur sauvagement diabolique... Voilà. Les prises de vues de ce pseudo film sont mises bout à bout au p’tit bonheur la chance et la lumière est aveuglante de grisaille ! Tous les acteurs sont grotesques - les pauvres, faut voir ce qu’on leur fait faire ! - , surtout Miss l’inspecteur (impayable S. Henderson !) ou encore Fiona Shaw (pourtant bonne comédienne d’habitude) grimée genre Halloween... Faut le voir pour le croire ! La fin est consternante et inadmissible ! En effet, on nous sert pour la millième fois un dénouement rassurant et positif, mais... à la dernière minute, au dernier plan, on s’aperçoit que le monstre ou le diable ou ce qu’on voudra, prépare sournoisement... sa vengeance...! Bravo et chapeau bas, les scénaristes ! Pour en revenir au prix obtenu par cette déjection, il n’y a finalement pas de quoi s’étonner... Il existe, de nos jours, à peu près autant de festivals que de films produits... Alors...

 

 

INSTINCTS MEURTRIERS - (Twisted) de Philip Kaufman. (6/20) 1
USA - Couleur, 1h37 - 2003.
Avec : Ashley Judd, Samuel L. Jackson, Andy Garcia, David Strathairn, Russell Wong.

Policier : Ben, tiens ! A propos de femme flic... Cette fois, c’est la... pulpeuse (j’ai failli dire une horrible grossièreté !) Ashley Judd, en très brune, qui joue au shérif. Un shérif débutant mais très doué, formé qu’il est par le meilleur pote (S.L.Jackson) de son papa défunt - assassin de sa femme et de sa propre gueule, suite à un accès de folie - ; très motivée aussi la fifille, se bagarrant redoutablement bien et ayant remarquablement appris par coeur toutes ses leçons. Donc, devinez l’intrigue... Vachement fastoche ! On nous ressert un serial killer ! Pourquoi se compliquer la vie ? Mais, une petite originalité tout de même, c’est le killer qui traque notre “copgirl”... et tue tous ses amants... Parce qu’elle drague beaucoup la minette et ne s’attache guère aux keums d’une nuit... Du coup, c’est elle-même qui va devenir le suspect n°1... Et, elle va presque se persuader que, victime d’instincts meurtriers incontrôlables, c’est bien elle qui tue ses amants... lorsqu’elle se retrouve dans un état second... Ouille, les cheveux ! Q’est-ce qu’on tire dessus dans ce film... C’est truffé d’invraisemblances et, au final, tout cela est bien conventionnel... Reste que (contrairement au Convoyeur), les acteurs ici parviennent à sauver une partie des meubles... En effet, tu ne vas quand même pas comparer Jean Dujardin à Samuel L. Jackson !!! Oh! J’te parle...!

 

 

MARIAGES ! - de Valérie Guignabodet. (0/20) 0
France - Couleur, 1h41 - 2003.
Avec : Mathilde Seigner, Jean Dujardin, Miou-Miou, Didier Bezace, Antoine Duléry, Lio.

Comédie : Mode d’emploi : si vous tenez absolument à voir ce qui se passe sur l’écran blanc souillé par cette chiasse, le film étant réalisé par Valérie Guigne-le-bidet qui nous avait déjà assommé avec sa Monique, si donc vous y tenez, eh bien, la meilleure séance pour y aller est celle de 16 heures... Pour la bonne raison qu’il ne faut surtout pas avoir déjeuné juste avant (risques de dégueulages frénétiques !), ni avoir à dîner juste après, car cela deviendrait impossible, étant donné que vous auriez l’appetitus complètement perturbé ! Il n’y a ici aucune histoire, aucun personnage digne d’intérêt, rien que des prétextes, gravement usés, à faire rire les faibles d’esprit. Donc, rien à voir, veuillez circuler ! Les acteurs - excepté Miou-Miou et Didier Bezace - aussi beaux que des désastres, aux piteuses expressions hasardeuses, nous donnent la “gerbe” dès qu’on les filme en gros plan ! Effectivement, nous avons droit à un casting de classe dont les principaux guignols de bas étage sont la grosse Mathilde et le futur James Bond, Jean Dugland... le tout avec un zeste de Lio... Que demande le peuple ?!?
Signé : Mézigue, l’homme en colère !

 

 

MERCANO, LE MARTIEN - (Mercano el Marciano) de Juan Antin. (0/20) 0
Argentine - Couleur, 1h12 - 2002.

Animation : Et voici un dessin animé pour adultes débiles. Comme par hasard, Mercano est un personnage qui a été créé à la télévision... C’est donc un jeune Martien qui va vivre des aventures, tures-tures-tures, très désagrables par moments, vu que le directeur d’une multinationale, secondé par moult hommes d’affaires surpuissants, va le capturer, l’enfermer dans un bocal et - je ne sais comment, je n’ai rien compris - utilisera son cerveau à des fins mercantiles... Le graphisme somptueux date de l’âge de pierre, il ne se passe rien qui soit censé provoquer le moindre sourire... et les Martiens (car il y en a d’autres quelque part dans un engin volant...) s’expriment par de finement recherchés “gna-gna-gni”, “hum-ham-him”, “amaga-pikiki-oumaha” etc - avec des voix rauques ou haut perchées, selon le sexe des personnages... Cette mauvaise palisanterie ne dure que soixante-douze minutes, mais, deux ou trois auraient largement suffi... A oublier !

 

 

OSMOSE - de Raphaël Fejtö. (0/20) 0
France - Couleur, 1h15 - 2003.
Avec : Romain Duris, Clément Sibony, Mathilde Bertrandy, Rachid Djaïdani.

Comédie : Ah ! La perle rare...! Qui dépasse épouvantablement l’imagination... ! On y voit quatre jeunes - surtout deux copains - dans une suite de scènes qui sans doute - je suppose, je ne sais pas, je me tâte la cervelle pour piger - sont prévues pour être drôles ou cocasses, comiques en un mot... Charmantes, peut-être aussi... Comme je n’ai pas dû saisir l’infinie subtilité de cette oeuvre réalisée avec des bouts de ficelle, il ne m’est pas venu à l’esprit une seule fois de rire ni même d’esquisser le moindre rictus... Pour ce qui est de l’image, c’est là que c’est franchement dramatique ! Je veux bien qu’un petit jeune fasse un petit film avec un tout petit budget... mais il y a des limites... Vidéo bas de gamme de nouveau au rendez-vous ! Mais alors, je n’ai jamais vu pire ! Dès les trois premières secondes, j’ai eu mal aux yeux - c’est vrai, je le jure ! - et après une séance de torture de 1h15, je suis sorti de la salle avec une céphalée d’une intensité difficile à exprimer par de simples mots...! Non, quand on n’a pas de fric à ce point-là, on s’abstient ! Il vaut mieux ne rien faire...! Toutes mes félicitations aux jeunes “cinéastes”, donc ! Pour ce qui est de la médiocrité, du néant intellectuel et artistique et de la crétinerie, pour parler clairement, la relève est assurée !!!

 

 

TAKING LIVES - DESTINS VIOLES - (Taking Lives) de D. J. Caruso. (7/20) 1
USA - Couleur, 1h43 - 2003.
Avec : Angelina Jolie, Ethan Hawke, Kiefer Sutherland, Gena Rowlands, Tcheky Karyo.

Policier : La Jolie Angelina est donc la troisième fliquette de la semaine... Et, pendant que Ashley Judd est persécutée par un serial killer, Angelina, elle, en traque un autre particulièrement vicieux qui s’amuse à “voler” l’identité de ses victimes... Autant l’intrigue est prenante, autant certains éléments du scénario sont monumentalement invraisemblables ...! Pour tromper le public, induire le spectateur en erreur, tous les moyens sont bons. Ce qui a pour conséquence fâcheuse, bien que l’on ne se soit pas ennuyé durant le film, de nous décevoir fortement lors de différents coups de théâtre très improbables... Je ne dirai pas lesquels, comme d’habitude, je ne suis pas un salaud; on ne sait jamais, n’est-ce pas, des fois que le film plaise à certains. Cela dit, il n’est globalement pas si méchant que ça, et nous avons droit, pour nous consoler, à la présence, dans plusieurs scènes, de l’immense Gena Rowlands...

 

 

VAN HELSING - de Stephen Sommers. (2/20) 0
USA - Couleur, 2h10 - 2003.
Avec : Hugh Jackman, Kate Beckinsale, Richard Roxburgh, Shuler Hensley, Will Kemp.

Fantastique : C’est du genre soixante à la douzaine. Van Helsing, célèbre chasseur de vampires, et, plus précisèment, ennemi juré de Dracula, est lesté dans ce conte d’épouvante sans histoire d’un tas de monstres allant de Mr Hyde à Dracula en passant par la créature de Frankenstein et le loup-garou; lesté à tel point que le film ne décolle jamais... Après quelques brèves agréables minutes au tout début, l’action devient répétitive et nous n’avons droit qu’à un feu d’artifice d’effets spéciaux numériques... Effets spéciaux qui nous laissent d’autant plus froids que les trucages modernes sont encore plus repérables que ceux d’antan qui bénéficiaient par ailleurs de l’inventivité de cinéastes contraints à être réellement imaginatifs et créatifs. Aujourd’hui, les trucages sont faussement plus efficaces car ils reposent sur le virtuel... On a l’impression d’être dans un jeu vidéo. Quant à l’ambiance, nulle chaleur humaine et partant nul frisson... Contrairement au récent La ligue des gentlemen extraordianires (avec en plus une star de la trempe de Sean Connery), Van Helsing ne nous raconte rien, ne nous parle pas et aucun effort n’est fourni pour insuffler une atmosphère élégamment mystérieuse ou énigmatique. Soyons charitables avec les pauvres acteurs... n’en disons qu’un mot : ils manquent fichtrement de présence; que ce soit Hugh Jackman (X-Men) , à la figure de plouc ou le grotesque Richard Roxburgh dans le rôle du plus ridicule Dracula que l’on ait jamais vu... Pour couronner le tout, nous avons droit à une pin-up transylvanienne, en la personne de Kate Beckinsale, qui jure terriblement avec son maquillage outrancier, fraîchement et soigneusement étalé...

 

 

WILD SIDE - de Sébastien Lifshitz. (0/20) 0
France - Couleur, 1h35 - 2003.
Avec : Stéphanie Michelini, Yasmine Belmadi, Edouard Nikitine, Josiane Stoléru.

Drame : Le sexe. La fascination sempiternelle du sexe. Des rapports homo, hétéro, bi ou transsexuels, tout y passe. Il y en a pour tous les goûts et tous les dégoûts... Trois personnages qui passent leur temps à forniquer, à se tailler des turluttes, à se sodomiser, à se prostituer... Dans toutes sortes de lieux plus ou moins confortables pour ce genre d’exercices; dans toutes les positions etc... Rien d’autre dans ce film insignifiant au sens le plus fort du terme. On a du mal à comprendre cette complaisance dans le sordide... Certains diront probablement que je ne suis qu’un intolérant homophobe ou zobophobe ou que sais-je encore... Je m’en fous. Car, en vérité, la seule chose que je ne tolère pas, c’est l’ennui...

 

 

YOUNG ADAM - de David Mackenzie. (8/20) 1
Grande-Bretagne - Couleur,1h39 - 2002.
Avec : Ewan McGregor, Tilda Swinton, Peter Mullan, Emily Mortimer, Jack McEllone.

Policier : Un jeune homme et son couple d’employeurs, vivant sur une péniche, repêchent le cadavre d’une jeune femme dans le canal. L’affaire ne fera pas grand bruit, mais on trouvera tout de même un coupable. Est-ce le vrai ? Polar d’ambiance, ce petit film fait effectivement penser à Simenon, comme le dit un certain nombre de critiques... Le suspense est très dilué, subtil. Au fil de l’action, on découvre peu à peu la personnalité du jeune homme... très porté sur le sexe, il va coucher avec la femme de son patron et semer ainsi la zizanie... étrange sur les bords, il se montre tantôt sous un jour sympathique, tantôt inquiétant... On apprend même, assez rapidement, qu’il connaissait personnellement et intimement la jeune femme noyée... Les personnages et leurs interprètes sont très convaincants à défaut d’être attachants... Ce qui prédomine dans ce polar sans castagnes pétaradantes, c’est une atmosphère constamment troublante... Si ça vous tente ou si ça vous chante, Mézigue et Moi-Même, nous vous autorisons à aller jeter un coup d’oeil du côté du canal embrumé...

 

 


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