| Semaine 18
Du 21-04 au 04-05-2004 |
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AU FEU ! - (Gori vatra !) de Pjer Zalica. (20/20) 
Bosnie - Couleur, 1h45 - 2003.
Avec : Bogdan Diklic, Enis Beslajic, Admir Glamocak, Jasna Zalica, Sasa Petrovic.
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| Comédie dramatique : Nous sommes dans
un petit village bosniaque, Tesanj, deux ans après
la fin de la guerre des années 90; mais nous
ne sommes pas encore tout à fait en paix ; la
tolérance ethnique nest pas encore de
mise. Mais, au fait, cest quoi la Bosnie et quest-ce
quun bosniaque ? Pourquoi ces tragiques événements
aussi sanglants quinextricables ? Revoyons un
brin dhistoire afin de situer un peu les choses.
Faire le ménage dans nos idées. Il y
a fort longtemps, jusquau XIVè siècle,
avant linvasion ottomane, cette région
fut serbe. Mais, durant environ cinq siècles
doccupation turque, elle fut fortement islamisée.
Toutefois, le vrai problème nest pas là ;
après la deuxième guerre mondiale, le
maréchal Tito, sinspirant ainsi de la
méthode stalinienne, décida, afin de
réduire la prétendue hégémonie
serbe, de créer une nouvelle fausse ethnie :
celle des Musulmans. Jusquà preuve du
contraire, ça a toujours été une
religion. Seulement, voilà, une grande partie,
sinon la majorité de ces fameux Musulmans sont
des Serbes islamisés. Grosso modo. Je dis grosso
modo parce quil faut rester prudent ; il y a
eu dans cette région de multiples mélanges
ethniques. Voilà pourquoi notre brave Tito,
afin de diviser les serbes orthodoxes des serbes musulmans,
a créé cette nouvelle pseudo sous-nationalité,
semant ainsi une merde noire, car cest à lui,
pour lessentiel, que lon doit lexplosion
des événements tragiques des années
1990 en Bosnie. (Voir le film de Kusturica Underground).
En réalité, le vrai bosniaque,
si jose dire, est une personne par définition
multi-ethnique ; quelquun qui nen a rien à secouer
de savoir que son père est croate, sa mère
serbe ou musulmane et ses grands-parents ougandais
! Cest dailleurs cette partie de la population
qui a été complètement muselée
pendant la guerre civile. (Lire lexcellent ouvrage
de Zeljko Vukovic, Lassasinat de Sarajevo aux éditions Zulma).
Au niveau de linformation internationale, on
a préféré nous montrer du spectaculaire,
du bien dégueulasse et horrible -non pas que
la situation fût gaie !- mais tout de même,
aucune réflexion ne nous fut proposée.
Or donc, cette fameuse guerre entre vrais frères était
dune certaine manière une véritable
farce. Une farce tragique, certes, mais une farce tout
de même. (Ils en sont dailleurs, des deux
côtés, à toujours se demander qui
a commencé et pourquoi). Et cest ça
quil y a de formidable chez des gens comme Ademir
Kenovic (le producteur de ce film et réalisateur
par ailleurs du très remarqué Le cercle
parfait), de Pjer Zalica, le metteur en scène
ou encore, par ailleurs, de Danis Tanovic, auteur du
chef-doeuvre No mans land ; ce quil
y a de formidable, disais-je, cest quils
ont bien compris ce fameux côté tragi-comique
de la situation. Cest des gens qui savent aussi
manier lautodérision. Et les gens qui
ont le sens de lautodérision, je les aime.
Mais, revenons-en un petit peu au film. Dans ce petit
village, donc, nous est proposée toute une pléiade
de personnages pittoresques, quils soient sympathiques
ou non. Un père, Zaïm, devenu complètement
cinglé à la suite de la mort au combat
de lun de ses deux fils; son autre fils, un brave
gars; un maquereau trafiquant de drogue, bien puant;
un flic corrompu, juste ce quil faut; un maire
savoureusement hypocrite; un représentant de
la communauté internationale pataud; un petit
bosniaque maigrichon, teigneux, au faciès caricatural...
Jabrège car la liste est longue et va
jusquau plus petit figurant. Le casting est vraiment
denfer ! Notamment et surtout, ladmirable
Bogdan Diklic qui joue le rôle du père
fêlé. Lévénement donc,
nest autre que le suivant : on annonce la visite
de Bill Clinton ! Alors tout ce beau monde va saffoler
dans tous les sens, camoufler tout ce qui est plus
ou moins pourri, faire semblant de se réconcilier
avec ses voisins ennemis, etc... La situation est tellement
bordélique et lauteur du film a un tel
sens de lhumour que lon est plié de
rire pendant la quasi totalité du film. Ce qui
nexclut pas bien dautres émotions, et
une belle dimension poétique. Il sagit,
comme je le disais dune tragi-comédie.
Si vous avez envie de vous marrer, et cerise sur le
gâteau, sans avoir lair con, allez donc
vous payer ce petit bijou. Allez, bande de fainéants,
remuez vous un peu ! Cessez daller voir les pseudo-comédies
qui passent à proximité de votre domicile.
Ce film rare vaut vraiment le déplacement !
Et allez, sur un coup de coeur, malgré quelques
imperfections, je lui donne vingt sur vingt ! |
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THE DEVILS
FIRE - (Warming by the Devils Fire
- Collection :
The Blues) de Charles Burnett. (7/20) 
USA - Couleur, noir et blanc, 1h29 - 2002.
Avec : Tommy Redmond Hicks, Nathaniel Lee Jr., Elmore James.
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| Docu-fiction : Cest la fiction qui me
gêne dans ce docu. Car une grande partie du film
reconstitue (très mal) la jeunesse de lauteur
du film, période où il découvrit
le blues. Après lépisode de Scorcese,
cela fait une deuxième déception de suite.
En effet, nous navons droit quà des
bribes de musique et à très peu de documents
darchives. Or, ce quil y a de plus intéressant,
bien évidemment, ce sont ces merveilleux personnages,
je parle des vrais, et leur musique. Nous avons quand
même droit à la quasi totalité dune
chanson de John Lee Hooker et de quelques autres petites
scènes sympathiques. Espérons que les épisodes
suivants de cette série seront dun meilleur
niveau... |
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LE FILS DELIAS -
(El abrazo partido) de Daniel Burman. (0/20)

Argentine - Couleur, 1h40 - 2003.
Avec : Daniel Hendler, Adriana Aizemberg, Jorge DElisa, Sergio Boris, Silvina
Bosco.
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| Comédie dramatique : A propos de cinéma
argentin, je vous signale que vous navez été que
15 000 Parisiens à aller voir le formidable Le
fils de la mariée, et que vous avez été aussi
nombreux, dès la première semaine pour
aller rendre visite à ce fils- là ! Je
ne sais pas si cest seulement dû à un
manque dinformation ou si vous le faites exprès,
mais préférer une merde à un bijou,
cest de toute façon sidérant !
En effet, quest-ce que ce fils dElias ?
Cest un gars dont le père a quitté la
famille pour aller guerroyer en Israël, car il
sagit dune famille juive. Pour quelle raison
ce père indigne a-t-il donc fait cela ? Mystère
et crotte de bique. Oui, mille fois crotte, car tout
ce film, si jose appeler ça ainsi, est
bâclé de la manière la plus lamentable,
notamment au niveau de limage et des prises de
vues en général. En effet, la lumière
est dégueulasse et la caméra na
de cesse de bouger de la manière la plus disgracieuse
qui soit. Quant aux personnages qui se la jouent sympa
et cocasse, et quelque peu émouvante, et bien
ils sont antipathiques et chiants. Pour finir, lhistoire,
et je pèse mes mots, ne vaut même pas
la moitié dun prout de lapin ! |
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LA LOI DU MILIEU -
(Get Carter) de Mike Hodges. (15/20) 
Grande-Bretagne - Couleur, 1h52 - 1970. (Reprise)
Avec : Michael Caine, Ian Hendry, John Osborne, Britt Ekland.
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| Policier : Ce polar très noir passa
inaperçu lors de sa sortie, il y a plus de trente
ans. Aujourdhui, fort heureusement, on le redécouvre.
Moi, javais vu le remake avec Sly Stallone que
javais déjà bien aimé. Mais
là, il sagit de loriginal, et comme
presque toujours, il est inévitablement quelques
crans au-dessus. Lintrigue est fort simple :
il sagit dun tueur dont on a tué le
frère. Sa vengeance sera terrible car il sagit
dun type parfaitement cynique et implacable (Michael
Caine apporte au personnage toute la dimension du grand
acteur quil est). Cest un gars qui baise
la clope au bec ou bien carrément par téléphone
; qui frappe fort et précis et qui tue sans
sourciller ses ennemis des deux sexes. Cela aurait
pu être un film pour camionneur, une série
B bête et méchante. Et bien non, malgré son
côte cheap lambiance est particulièrement
trouble et sombre. Le film suinte et dégouline
de crasse. Sexe et violence sont au rendez-vous, mais
avec en plus un petit côté Ken Loach.
Malgré un montage approximatif et quelques scènes
daction trop molles, ce polar pur jus vaut le
coup doeil. A découvrir
donc. |
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STARSKY ET
HUTCH - (Starsky and Hutch) de Todd Phillips. (0/20)

USA - Couleur, 1h40 - 2003.
Avec : Ben Stiller, Owen Wilson, Vince Vaughn, Snoop Dogg, Juliette Lewis.
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| Policier : Je suis mal placé pour comparer
avec la série télévisée étant
donné que je fuis le petit écran. Mais
jai dû voir quelques images, par hasard,
une ou deux fois. Pour de la télé, cela
semblait suffisant...Et, il ne me souvient pas que
ces deux fameux flics fussent aussi débiles, à lorigine
! En tout cas, dans la version cinématographique,
il sagit de deux crétins patentés
dont la seule présence est propre à faire
tourner de loeil. Ne parlons donc pas de lhumour
et des gags quon nous assène en quantité insupportable
qui sont dune idiotie rarement atteinte. Que
dire de plus ? Si vous avez envie daller voir
un polar, vous avez La mémoire du tueur ;
si vous avez envie de rire, et bien relisez larticle
sur le film Au Feu ! |
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VOYAGEURS ET
MAGICIENS - de Khyentse Norbu. (8/20)

Bouthan - Couleur, 1h48 - 2003.
Avec : Tshewang Dendup, Ap Dochu, Sonam Kinga, Sonam Lhamo, Pema Tshering.
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| Comédie dramatique : Le Bouthan est un
tout petit pays dont beaucoup ignorent jusquà lexistence
; pourtant on y trouve déjà des automobiles
et la télévision ! Comme cest triste...
car les paysages, notamment ceux des montagnes entourant
le minuscule village où se situe laction
du film, sont proprement splendides. La vie y est calme
et le temps sécoule gentiment. Les habitants
semblent pacifiques et aimables... Et pourtant, Dondup,
fonctionnaire de son état, rêve de partir
pour lAmérique ! Ayant trouvé un
prétexte pour prendre quelques jours de congé,
il sachemine donc vers son utopie. Il va rater
le car de justesse et sera amené à faire
du stop, mais voyagera surtout à pieds. En chemin
il va rencontrer plusieurs personnages, notamment un
moine bouddhiste qui va tenter dabord de lui
enseigner la patience, puis lui racontera une histoire
magique. Une histoire qui se déroulera en parallèle
avec leur périple. Et ce parallèle nest
pas seulement formel. Cest une histoire qui,
petit à petit, fera réfléchir
notre jeune héros ambitieux. Sa réflexion
lamènera à un tournant dautant
plus décisif quil rencontrera également
une bien jolie jeune femme... Va-t-il préférer
la fleur du pêcher au vieux rêve américain
rouillé ? Sympa mais un peu lent. |
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