JUIN 2004
Semaine 24 Du 09-06 au 15-06-2004 

HARRY POTTER ET LE PRISONNIER D’AZKABAN - (Harry Potter and the Prisoner of Azkaban) de Alfonso Cuaron. (0/20) 0   USA - Couleur, 2h20 - 2004.
Avec : Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson, David Thewlis, Gary Oldman, Robbie Coltrane, Maggie Smith, Michael Gambon, Emma Thompson, Julie Christie, Alan Rickman, Fiona Shaw, David Bradley, Tom Felton.

Fantastique : Les deux premières aventures de notre jeune héros furent, mon dieu, acceptables, avec leur petit côté retro et une certaine ambiance enveloppée de mystère... La troisième aventure, c’est la chute vertigineuse dans un abîme sans fond ! L’abîme de la Foire aux Effets Spéciaux... ! En veux-tu? Eh bien, en voilà !!! T’en voulais trois kilos cinq... ? T’en auras quatre cent cinquante-cinq ! Alors, bon, on se dit, c’est pour les gosses tzétéra... Seulement, je me demande s’il est intéressant de donner soixante kilos de bonbons à un gamin... De quoi se gâter les dents, après avoir sérieusement gerbé ! En l’occurrence, me semble-t-il, la cible principale, c’est le cerveau...! Je crains qu’à force on ne le leur transforme en gelée aux gamingues... Bref, il y a vaguement une histoire z’et quelques z’intrigues dans cette interminable très long métrage... Il y a effectivement un prisonnier qui s’est évadé de la taule d’Azkaban et qui poursuit de sa haine le petit Harry... sauf, qu’en fait, il avait été le meilleur ami du chien du fils ou du grand-père d’icelui... ou un truc comme ça... C’est tordu comme du linge essoré dont le liquide est bien gluant et opaque... Le changement de metteur en scène y est-il pour quelque chose... ? Cuaron est-il plus malhabile que Colombus...? Je n’en sais que fichtre et pense que dans ce type de superproductions, c’est le fric qui régit tout... Pour finir, jetez donc un coup d’oeil au casting à rallonge... Emma Thompson (!) qui se ridiculise gravement dans le rôle d’une vieille sorcière de patronage lamentablement caricaturale ! Pour voir Maggie Smith, t’as pas intérêt à éternuer ni même à cligner trop longtemps des yeux... Et la pauvre Julie Christie se spécialise dangereusement (après Troie) dans des rôles de trente secondes... Cela dit, ce n’est pas mon modeste article qui changera quelque chose à la triomphale carrière de ce filmoïde...

 

 

LADYKILLERS - (The Ladykillers) de Ethan et Joel Coen. (0/20) 0
USA - Couleur, 1h44 - 2004.
Avec : Tom Hanks, Irma P.Hall, Marlon Wayans, J.K.Simmons, Tzi Ma, Ryan Hurst.

Comédie : Sauf exception rarissime ( voir Les choristes ), les remakes sont toujours inutiles. Cette fois, c’est “la totale” absolue et paroxystique !!! Massacrer un chef- d’oeuvre tel que Tueurs de dames réalisé en 1955 par Mackendrick (voir plus bas), me semble être un délit majeur ! En effet, nous passons de la finesse la plus réjouissante à une vulgarité qui vous dégoûte d’être grossier ! Venant de la part des frères Coen, c’est d’autant plus ahurissant...! Il est vrai que depuis quelque temps, ils volent de plus en plus bas les frangins... après une longue série de films irréprochables voire absolument remarquables, dont le meilleur exemple à mon goût est The Barber - L’homme qui n’était pas là, avec lequel ils atteignirent le sommet de leur art. Cette pitoyable pochade est typiquement le genre de produit étudié, usiné et savamment calibré à Hollywood... Au soi-disant désuet et raffiné (avec un côté british foireux) Tom Hanks (qui fait pitié tant il surjoue), on accolle la star des Scary Movies, Marlon Wayans, l’archétype de la vulgarité personnifiée, un J.K.Simmons sujet à de trop fréquentes crises de diarrhées, un officier asiatique dont la seule particularité est qu’il est fumeur et un débile mental à côté duquel un Jim Carrey est un modèle de sobriété... le tout donc étudié pour ratisser le plus large possible en visant le plus bas possible...! Et ça rit dans la salle, par-dessus le marché !!! Saperlipopette !!! Il n’y a que Irma P.Hall qui tire son épingle de ce jeu malsain... et qui finalement mérite bien le prix qu’elle a obtenu à Cannes... Car, pour se sortir d’un tel pétrin - ne serait-ce qu’honorablement - il faut bien du talent !

 

 

LA METAMORPHOSE DES CLOPORTES - de Pierre Granier-Deferre. (15/20) 2
France - Nolir et blanc, 1h42 - 1965. (Reprise).
Avec : Lino Ventura, Charles Aznavour, Pierre Brasseur, Irina Demick, Françoise Rosay, Maurice Biraud, Georges Géret, Daniel Ceccaldi, Annie Fratellini, Jean Carmet.

Policier : Alphonse Boudard et le cinéma n’ont jamais fait bon ménage... à l’exception de cette adaptation de Simonin, dialoguée par Audiard - excusez du peu. En effet, hormis le film en question, un seul autre bouquin d’Alphonse fut porté à l’écran : “Le corbillard de Jules” (que je n’ai même pas daigné aller voir, réalisé qu’il fut par un certain Serge Penard et interprété par les “farceurs” Francis Perrin et Aldo Maccione). car, tout de même, Boudard c’est autre chose... une autre dimension... “Le corbillard...” est un de ses meilleurs romans; véritable tragi-comédie se déroulant durant les derniers mois de la deuxième guerre mondiale et racontant les mésaventures de quelques résistants d’occasion dont Alphonse lui-même fit partie; et écrite de main de maître par le roi de la langue verte... Les autres incontournables de Boudard sont bien sûr “La cerise” et surtout “L’hôpital”. Je donne ces informations pour ceux qui ne connaissent pas encore la littérature de cet artisan-cambrioleur victime de la tubardise dans les années cinquante et qui se raconte lui et sa vie tout au long de son oeuvre... Bref, Boudard n’eut pas beaucoup de réussite dans le monde cinématographique (lire l’irrésistible “Cinoche”)... Trop anar, trop lui-même, sans doute... Toutefois, il me faut reverger rapport au film qui nous intéresse, “La métamorphose...” est une réussite. Le film se laisse regarder sans nul ennui et l’on jubile souvent même grâce aux dialogues magistralement imagés d’Audiard. On est loin de la folie et de la déconnade du roman, certes... mais le compromis entre le film de gangsters conventionnel de l’époque et la grande liberté au réalisme poétique de Boudard est finalement autre chose que la tambouille que certains mélanges donnent souvent. Les acteurs y sont pour beaucoup ! Relisez donc la distribution : un festival... une orgie somptueuse... toute une épopée... Pour ce qui est de l’histoire, si l’occasion se reprèsente, allez donc - si ce n’est déjà fait - la découvrir par vous-mêmes...

 

 

POIDS LEGER - de Jean-Pierre Améris. (0/20) 0
France - Couleur, 1h30 - 2003.
Avec : Nicolas Duvauchelle, Bernard Campan, Maï Anh Lé, Sophie Quinton.

Comédie dramatique : C’est tourné en DV floue; entendez en vidéo de touriste. Nicolas Duvauchelle, le Snowboarder, après avoir surfé sur des corps impatients n’a de cesse, ici, de taper dans le vide... Alors, t’as des plans où il court, il fuit sans trop savoir quoi... Ah, si... il est “hachement” bouleversé par la mort prématurée de ses parents... Il y a des flaches baques de sa tendre enfance qui le harcèlent... Il se console dans les bras de sa soeur (en tout bien tout honneur - amour fraternel); son entraîneur le rassure aussi autant qu’il peut en tant qu’ami... C’est Campan, dit “Tête de Pastèque” qui joue le manager... C’est dire le plaisir... la joie, n’est-ce pas... de mater ce spectacle plein de vide et de têtes peu avenantes... Avec toujours ce flou qui est tout sauf artistique... Qui vous fiche le cafard... qui vous fait entrevoir l’apocalypse cinématographique... Et le happy end forcé qui achève... Fuyez, fuyez vous aussi... ce navrant égarement d’un cinéaste qui nous avait habitués à mieux... (Les aveux de l’innocent, C’est la vie).

 

 

REAL MOVIE - de Stéphane Robelin. (0/20) 0
France - Couleur, 1h35 - 2003.
Avec : Philippe Chaine, Lionel Nakache, Sophie Bensoussan, Caroline Riou.

Drame : Luc, étudiant en cinoche, décide de réaliser son premier film avec pour protagoniste son meilleur pote... qu’il va être amené à manipuler de plus en plus dramatiquement... Il fout la zone entre son pote et la nana de celui-ci... puis lui fourgue une autre jeune femme ( un travesti ?)... L’amour s’en mêle... Va y avoir du grabuge... Le réalisateur Robelin tente à tout prix d’organiser la confusion entre la réalité et la fiction; la vérité et le mensonge... Mais le résultat est chaotique... C’est pas crédible une seconde... Les comédiens font ce qu’ils peuvent, mais à l’impossible nul n’est tenu... Surtout Lionel Nakache (dans le rôle du jeune cinéaste) dont les possibilités sont infimes... Robelin essaie même de nous la jouer Hitchcock avec du suspense à deux sous... Ce genre de thème qui nous amène à repenser la mesure dans laquelle l’on peut manipuler des personnages (réels ou fictifs) ainsi que les événements qui en découlent nécessite infiniment plus d’inspiration et d’habileté que la maigrichonne et surtout très brouillonne réflexion de l’auteur qui nous a concocté ce Real Movie... Thème passionnant, certes... mais d’autant plus délicat à traiter...

 

 

LES TEXTILES - de Franck Landron. (0/20) 0
France - Couleur, 1h32 - 2003.
Avec : Barbara Schulz, Alexandre Brasseur, Magali Muxart, Félix et Zoé Landron.

Comédie : Imaginez un jeune couple qui achète une maison au bord de la mer sans même la visiter... Imaginez l’état de leurs cervelles... Pourtant, c’est bien cela le point de départ de cette histoire... ou il ne se passe rien... La femme va donc partir en vacances dans cette baraque avec les enfants... et découvrir que le coin est peuplé uniquement de... nudistes...! Ha, ha, ha, j’en ris encore...! Alors donc, notre jeune maman et ses petiots restant vêtus se feront traiter de “textiles”par les fameux naturistes... Et puis, la maman se fera plus ou moins draguer par une gonze étrange... et puis... plein de scènes creuses... La maman qui se promène le soir... inlassablement... elle ne fait rien d’autre... elle se balade... ou encore se pose et réfléchit... Et puis... et puis... il vaut mieux voir ça que d’être aveugle et con...

 

 

TUEURS DE DAMES - (The Ladykillers) de Alexander Mackendrick. (20/20) 3
Grande-Bretagne - Couleur, 1h34 - 1955. (Reprise/Re-vision).
Avec : Alec Guinness, Katie Johnson, Herbert Lom, Peter Sellers, Cecil Parker.

Comédie : Le film commence par un plan d’ensemble... On découvre une maison, au fond d’une ruelle et au bord du précipice... strié de chemins de fer... Une vieille dame sort de la maison; salue au passage les voisins; nous sommes dans un petit patelin... La dame a l’air sympa comme tout; elle se dirige vers le poste de police... devant lequel se trouve une maman avec son landau... La vieille dame sympa se penche avec un sourire sur le bébé... qui se met à hurler ! Dans le même temps, dans la salle, c’est le premier hurlement de rire... L’humour british dans toute sa splendeur ! On suit la dame dans le commissariat où elle vient raconter une histoire à dormir debout aux agents qui la connaissent bien et qui font semblant par politesse de gober ce qu’elle dit... Puis, elle va dans une petite boutique demander à la commerçante si un éventuel locataire avait été intéressé par l’annonce qu’elle a placardée à l’entrée du magasin. Signe négatif de la tête de la commerçante... et, dans le même temps, une ombre quelque peu inquiétante apparaît et découvre l’annonce... La dame sort du magasin, l’ombre la suit... Le film a démarré, l’intrigue est en route, l’affaire est dans le sac... sans perdre une seconde... Et il en est ainsi durant tout le film : pas une once de graisse! Tout roule comme par magie... Le script est du tonnerre de dieu, les acteurs inénarrables (mention spéciale à Katie Johnson) et le clou du film nous fait pleurer de rire! Il s’agit de la fameuse scène (un morceau d’anthologie, comme on a coutume de dire) où les amies de Mrs Wimbleforce, la vieille dame, viennent prendre le thé chez elle... au moment le plus inopportun! Rien que le nom Wimbleforce prête à sourire; “précieux” juste ce qu’il faut sans pousser jusqu’à la caricature... Et l’ensemble de cette hilarante comédie est empreinte d’une finesse absolument délicieuse et admirable! Juste une pointe d’excès de temps à autre... Pas plus... Je ne dirai jamais assez à quel point le remake des frères Coen est aux antipodes de cette pure merveille... Les deux versions passent en même temps... Aux spectateurs de choisir...

 


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