JUILLET 2004
Semaine 30 Du 21-07 au 27-07-2004

ATOMIK CIRCUS (Le retour de James Bataille) - de Didier et Thierry Poiraud. (0/20) 0
France - Couleur, 1h29 - 2003.
Avec : Vanessa Paradis, Jason Flemyng, Benoît Poelvoorde, Jean-Pierre Marielle.

Comédie : A l’origine de ce film, un projet bien sûr, avec auteurs (les frères Poiraud), producteur cinoche (Entropy) et coproducteur, vendeur et distributeur en salle et vidéo (TF1, le roi du petit écran)... Les uns se prennent pour des ââârtistes - veulent faire de l’original en “cassant” les genres et en partant dans tous les sens sans le moindre cadre ou contexte sérieux pour leur (non) histoire; l’autre se prend pour un producteur audacieux et TF1 croit flairer un bon filon pour se faire du blé - avec Paradis en tête d’affiche qui nous poussera bien une ou deux gueulantes histoire de vendre du CD etc. Au total, nous avons droit à plusieurs types de néo-primates, les uns n’ayant rien compris à l’art (ça doit être un mot vachement abstrait dans leurs neurones!), les autres voulant uniquement - comme l’exige plus que jamais notre sinistre nouveau siècle - ramasser de la finance... Tout cela nous donne une sorte de purée nauséabonde à laquelle il n’y a rien à comprendre - faut surtout pas essayer, c’est peine perdue - , donnant apparemment pleine satisfaction à nos “créatifs” mais décevant terriblement ceux qui ont misé du fric dans l’affaire... Conclusion : TF1 et TFM s’investissent le moins possible au niveau du lancement du film (aucune projection de presse, affiches gentillettes mais incompréhensibles tzétéra...); les artistes, eux, s’arrachent les tifs de rage...! Certes, ce n’est pas la télévision qui va favoriser un film essayant de sortir de la routine; toutefois, au vu du résultat, on a du mal à prendre parti pour les uns ou les autres... De toute façon, il est trop tard maintenant pour s’engueuler, pour s’entre-jeter des pierres dans la tronche... quand on a pactisé avec le Diable... n’est-ce pas... on finit en enfer... Donc, laissons les imbéciles s’entretuer à cause d’un navet raté (ce n’est même pas un navet réussi... c’est dire!) qui ne trouvera jamais son public. En tous cas, moi, je ne le recommanderai jamais à personne... pas même à mon pire ennemi!

 

 

BONJOUR MONSIEUR SHLOMI - de Shemi Zarhin. (3/20) 0
Israël - Couleur, 1h34 - 2003.
Avec : Oshri Cohen, Esti Zakheim, Arieh Elias, Albert Iluz, Yonatan Rozen, Assi Cohen.

Comédie : Shlomi, un adolescent très réservé, gentil et quelque peu victime de sa famille exubérante, se sent transparent. Pire, on le prend pour un idiot! Et lorsqu’il tombera amoureux de Rona, il se considérera indigne d’elle... Que de faux problèmes pour ce garçon sympathique! D’autant plus que ses professeurs finiront par découvrir qu’il est doué d’une intelligence extraordinaire! Genre surdoué teinté d’autisme. Primo, le gamin n’a rien d’un abruti, ni d’un être vivant dans un autre univers - durant tout le film, on se demande pourquoi il est jugé aussi sot par son entourage -; deuzio, et c’est encore bien pire que le “primo”, on est vraiment choqué, encore plus que d’habitude, par la vidéo-image baveuse, honteusement exécrable! C’est d’autant plus regrettable que cette petite histoire naïve aurait pu être très agréable à suivre... Fort heureusement, il y a quelques notes d’humour qui nous font sourire... notes qui nous sont pour l’essentiel octroyées par le grand-père (Arieh Elias).

 

 

D’AUTRES MONDES - (Other Worlds) de Jan Kounen. (0/20) 0
France - Couleur, 1h13 - 2004.

Documentaire : Le chamanisme est une espèce de religion qui favoriserait l’osmose entre les éléments naturels et l’homme... en gros... Je balance ça approximatif... Kounen, lui, en revanche est vachement plus connaisseur en la matière... Ou du moins, censé l’être... Parce que, quand on zieute sa toile, on n’est convaincu de... rien du tout! Janou, déjà responsable et coupable du western chamanique Blueberry, persiste dans sa voie obscurantiste et chiante pour le spectateur à peu près équilibré... Il nous montre et tente de nous expliquer pour quelles raisons il est devenu accro de cette culture ancestrale. Que voit-on? Des gens qui avalent des breuvages qui les font délirer pendant qu’un sorcier leur chante des conneries... Des breuvages savamment mijotés et qui impressionneraient même certains scientifiques avisés; un mélange de plantes censé soigner et guérir de maux mystérieux ceux qui les dégueulent dans un premier temps et qui ont ensuite un tas de révélations sur leur propre nature, leur authenticité, leur essence... Ils vivent, en effet, une autre réalité... Que des remèdes de bonne femme, mis au point pendant des millénaires, soient parfois efficaces, n’étonne guère... Pour ce qui est de vivre une autre... réalité... en buvant des drogues... eh bien... ce n’est pas non plus spécialement surprenant... Se taper une bonne biture, c’est du pareil au même. Moi, quand je me bourre la gueule au whisky ou à la vodka, je vis une autre réalité. En plus, c’est bien plus agréable... En revanche, c’est peut-être la gueule de bois qui fait la différence... Quoi qu’il en soit, ce reportage maladroit - Kounen n’a jamais su réaliser un film - n’est pour Mézigue et Moi-Même qu’une vaste couillonnade!

 

 

HEAD-ON - (Gegen die Wand) de Fatih Akin. (15/20) 2
Allemagne - Couleur, 2h00 - 2003.
Avec : Birol Ünel, Sibel Kekilli, Catrin Striebeck, Güven Kirac, Meltem Cumbul.

Drame : Maudit soit le numérique qui a plastifié la magnificence de ce film! Atteint du spleen germano-turc (en effet, y a pas que les Slaves...), Cahit flippe grave en mauvaise compagnie : alcool et drogue... Les cheveux encrassés par la sueur de son âme, il nous bouleverse et nous éblouit... nous éclabousse avec l’écume de sa bière et la poussière de “neige” étoilée... (Birol Ünel, l’interprète, est proprement - ou salement - fascinant avec ses yeux dont le regard sublime laisse entrevoir toute l’étincelle d’espoir d’un “étranger” déboussolé, toute la beauté astrale absente de notre monde). Il va finir droit dans le mur avec sa bagnole (d’où le titre Gegen die Wand qui veut dire en allemand “droit dans le mur”, et la traduction (?) Head-On qui ne veut rien dire en français...). Cahit se retrouve à l’hosto où il rencontre une autre suicidée qui veut l’épouser afin de sortir du cocon familial qui l’étouffe. Très réticent au départ, Cahit acceptera par compassion... puis, eh bien, comme souvent, l’indéfinissable amour va s’en mêler... De fil en aiguille, les tourtereaux seront séparés par la force des murs de prison... Ils se retrouveront bien plus tard, après d’atroces épreuves... mais la vie sera passée par là... La vie ordinaire qui nous anesthésie chaque jour... Eh oui, la vie est peut-être un miracle, mais elle n’est pas belle. Ce qui est beau c’est l’irréel, le rêve... le désespoir aussi... Ce film est beau comme le désespoir. (Méfiance! Gaffe au bandes-annonces trompeuses et bassement racoleuses; même moi, le “grand malin”, je me fais encore quelquefois avoir! En effet, pour ce film, la bande-annonce a été réalisée par des “macs” ne nous montrant que des scènes de cul...). Ne ratez pas cette oeuvre crépusculaire... même si son support technique laisse à désirer...

 

 

POUR LE PLAISIR - de Dominique Deruddere. (0/20) 0
France - Couleur, 1h22 - 2003.
Avec : Samuel Le Bihan, François Berléand, Nadia Farès, Olivier Gourmet, Cécile Cassel, Lorant Deutsch, Harry Cleven, Anne Kessler, Catherine Salviat.

Comédie policière : Première question : quel plaisir? Le plaisir “orgasmique”, si j’ose dire, de toute femme...? C’est quoi cette ineptie? En tous cas, c’est l’intrigue du film... Et le plaisir, il n’est pas pour le spectateur! Et vlan!!! Eh bien, ça tombe à pic, personne n’a envie d’aller renifler cette merdouille vaseuse! J’attaque de front, n’est-ce pas...? Ben oui, because cette histoire de garagiste, conseillé par son psy, qui prétend avoir commis un meurtre (celui d’un type absolument imbuvable!) afin de re-séduire son épouse ne tient pas debout une seconde... et c’est pas les acteurs qui me diront le contraire! Ils ont l’air aussi convaincu qu’un regard de veau face à une bouse de vache... Ca se la joue satirique, cette farcette... Eh ben, mon dieu, qui êtes au cieux, on n’est pas sorti de l’auberge... avec l’idiotie ambiante et gangréneuse qui envahit notre monde... notre culture... notre esprit cartésien ou poétique... Qui nous gâte le goût... Qui nous pourrit la gueule... L’indéfectible Berléand est toujours fidèle au poste - c’est son cent douzième film de l’année - Le Bihan, faut le voir avec ses lunettes de psy... pour le croire, n’est-ce pas... Je ne dirai rien de Deutsch, parce qu’on va penser que je m’acharne... A éviter toutes affaires cessantes!

 

 

RAIN - de Christine Jeffs. (0/20) 0
Nouvelle-Zélande - Couleur, 1h32 - 2000.
Avec : Alicia Fulford-Wierzbicki, Sarah Peirse, Marton Csokas, Alistair Browning.

Drame : On appelle cela une curiosité. Plus précisément, c’est un “fond de tiroir estival”. L’histoire se trimballe quelque part en été 1972, au bord de l’eau, loin là-bas... Une histoire de cul dramatique... Voilà une famille aisée, les Phelon, dont le père impuissant et égaré fait semblant (tant qu’il peut) d’ignorer les multiples fantaisies “draguignolesques” de sa femme... Leur fille, pleine d’adolescence fleurissante, va copier la maman... Elle va allumer à son tour l’amant de sa génitrice... A cause de cette démarche dramatico-malsaine, une tragédie aura lieu...! Un bégaiement de plus sur le thème du passage, si empreint de mystères, de l’enfance à l’âge adulte... Au féminin, s’il vous plaît... c’est plus excitant... Nul et non avenu!

 

 

SAN ANTONIO - de Frédéric Auburtin. (0/20) 0
France - Couleur, 1h35 - 2003.
Avec : Gérard Lanvin, Gérard Depardieu, Michel Galabru, Jérémie Rénier, Luis Rego.

Comédie policière : Je me “demandois”, encore tout récemment, si un héros du genre San Antonio n’était pas devenu obsolète... La réponse est cinglante ! Le public n’est pas au rendez-vous. Après L’Américain et Atomik Circus, serions-nous en train d’assister à une défection intelligente du spectateur moyen ? Ne voyez dans le mot “moyen” rien de péjoratif. Simplement, je repose la question, est-ce que les gens qui ont envie de se délasser le plus simplement du monde durant 90 minutes environ, n’en auraient-ils pas assez d’être pris pour des couillons de payants ? Croyez bien, chers visiteurs, que j’espère cette réaction depuis fort longtemps, ainsi que de tout mon coeur! En effet, qu’est-ce donc que cette nouvelle mauvaise plaisanterie ? Fort onéreuse par-dessus le marché. On y voit, par exemple, plein d’acteurs qui se sont fait un nom. Lanvin complètement humilié par le temps qui passe, et notre clone préféré, Gérard Depardieu, toujours aussi grand “compositeur” (il ne lui reste plus qu’à interpréter le rôle de la Mère Teresa), en tête ...! Et, sauf le respect que je leur dois, Galabru et Hossein à qui il manque plus qu’une paire de béquilles... A part cela, les aventures de ces héros que les plus anciens ont oubliés et que les plus jeunes ignorent, sont pour le moins difficiles à suivre... sinon inexistantes ! On en arrive à se demander si la production d’un tel navet ne serait pas pure magouille... ? Ai-je besoin de préciser que l’on a plus de plaisir à la déféquer chaleureusement dans son petit coin qu’à regarder cette obcène orgie de vulgarités innommables...

 

 

SPIDER-MAN 2 - de Sam Raimi. (1/20) 0
USA - Couleur, 2h15 - 2003.
Avec : Tobey Maguire, Kirsten Dunst, James Franco, Alfred Molina, Rosemary Harris.

Aventures fantastiques : Quelles que soient les nouvelles aventures de l’homme-araignée -qu’il soit livreur de pizzas ou pourfendeur d’êtres malfaisants- voilà soudain qu’on ne s’y intéresse plus du tout... ! Etonnant... Car si je me souviens bien, nous avions tous aimé le premier épisode, allègrement orchestré par un Sam Raimi en excellente forme... Que lui est-il donc arrivé... ? J’essaie de comprendre, n’est-ce pas... Dès les premières images, tout me semble caricatural, entendez, incroyablement appuyé... Tous les effets, même les moindres, prennent une dimension lourdement grotesque... C’est ce que j’ai vu, en tous cas. Et ce n’est pas Mézigue qui va me dire le contraire... Cela dit, je baisse le ton parce que je n’ai pas envie de le réveiller... sinon cela va encore gueuler terrible... Abrègeons, le problème des séquelles américaines c’est bien trop souvent la surenchère et la surcharge au détriment d’une bonne histoire qui prend le temps d’être contée, avec bien évidemment des personnages qui respirent un tant soit peu... Déjà que Tobey est limite extrême avec sa gueule de guimauve et que la petite Dunst est tout sauf jolie... On comptait quelque peu sur Molina pour réhausser le niveau du film... Que nenni, le pauvre est submergé, lui aussi, par l’insignifiance... Bon, je ne vais pas essayer de vous en dégoûter parce que je n’aime pas ça... Je reste sympa... Points de suspension...

 

 

UN DUPLEX POUR TROIS - (Duplex) de Danny De Vito. (0/20) 0
USA - Couleur, 1h37 - 2003.
Avec : Drew Barrymore, Ben Stiller, Eileen Essel, Harvey Fierstein, James Remar.

Comédie : Je vais encore aboyer. Ce gâchis d’énergie n’est en fait qu’un malheureux prétexte à fabriquer des gags... ! Voilà un jeune couple qui achète un appartement à deux étages dont le deuxième niveau est occupé par une très vieille locataire. Le prix de vente est très étudié et l’affaire est à prendre ou à laisser. Autrement dit, il faudra s’accommoder de la présence de la vieille dame. Celle-ci s’avère immédiatement et absolument insupportable ! A propos de tout et n’importe quoi... De préférence de n’importe quoi, d’ailleurs. Car, je le répète, tout les prétextes sont bons pour essayer de nous arracher un minable sourire. C’est le grand vide, l’abîme sans fond... Qui plus est, les acteurs principaux n’étant pas des plus sympathiques ni des plus compétents, nous laissent de glace. Anecdote : un spectateur indulgent, au bout d’un quart d’heure, fut pris de honte chaque fois qu’il avait envie de rire en voyant mon visage impassible...

 

 

UN MARIAGE A BOSTON - (The Late George Apley) de Joseph L. Mankiewicz. (7/20) 1
USA - Noir et blanc, 1h38 - 1947.
Avec : Ronald Colman, Peggy Cummins, Vanessa Brown, Richard Haydn, Edna Best.

Comédie : Il y a des cinéphiles passionnés qui s’extasient dès l’instant où un film porte une “noble” signature... Mézigue et moi-même ne sommes pas de ceux-là. Certes Mankiewicz fut un des grands maîtres du septième art, mais cette oeuvre, son troisième long métrage, est loin d’être un chef d’oeuvre comme le prétendent certains. Néanmoins, la mise en scène, le jeu des acteurs, la construction de l’histoire, sont sans bavure. Seulement, d’une part, ce film semble avoir été réalisé un petit peu trop autour de la personnalité de Colman, la vedette du film, d’autre part, cette satire de la bourgeoisie américaine d’il y a cent ans est encore bien timide. Nous sourions... mais le breuvage est tiède... C’est tout bonnement la vieille et éternelle histoire de mariages impossibles dans le cadre d’une certaine bourgeoisie poussiéreuse. Le père, très conservateur, fera tout pour empêcher son fils et sa fille de quitter le droit chemin tracé par les ancètres... Comment ces inriguettes se dénoueront-elles... ? A vous de voir, si le coeur vous en dit, car il est hors de question pour moi de démolir un travail aussi bien construit... même s’il n’est pas tout fait à mon goût.

 

 


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