JUIN - JUILLET 2004
Semaine 27 Du 30-06 au 06-07-2004

BIENVENUE EN SUISSE - de Léa Fazer. (0/20) 0
Suisse - Couleur, 1h47 - 2003.
Avec : Denis Podalydès, Emmanuelle Devos, Vincent Perez, Marianne Basler.

Comédie : A l’occasion de l’enterrement de sa grand-mère dans son pays d’origine, Thierry, Suisse exilé en France, retourne dans la région des ses racines, en compagnie de sa chère et tendre Sophie et y apprend qu’il hérite d’une somme d’argent fort importante... Néanmoins, afin de pouvoir palper le magot, il devra d’abord se montrer digne de sa famille hélvétique en gommant son comportement jugé trop “petit Français”. D’emblée, la caricature la plus primaire nous envahit de toutes parts, les clichés humoristiques (?!?) abondent, les inepties s’enfilent comme des perles et, une fois de plus, nous avons droit à une comédie vilainement concoctée, entendez tout sauf risible... Léa Fazer (dont c’est le premier film - encore un...) s’évertue à faire dans le drôle et le marrant, avec des gags et des situations si poussives qu’elle en serait prête à venir nous chatouiller dans la salle, si cela était possible, pour nous soutirer ne serait-ce qu’un malheureux sourire et fait tout au long de ce désolant navet un travail de mendiante. Est-elle digne pour autant de notre compassion...?

 

 

CASABLANCA DRIVER - de Maurice Barthélemy. (0/20) 0
France - Couleur, 1h30 - 2003.
Avec : Maurice Barthélemy, Dieudonné, Isabelle Nanty, Sam Karmann, Chantal Lauby.

Comédie : Et voici le summum de la semaine !!! Le déjà tristement célèbre “Robin des bois” - que nous vîmes récemment dans RRRrrrr - , j’ai nommé Barthélemy Maurice, récidive en “artiste complet” du septième art (auteur-réalisateur-interprète) avec cette histoire farfelue, indigeste et inquiétante où le “n’importe quoi” l’emporte aisèment sur l’absurde... Casablanca Driver est une espèce d”alien” qui ne sait pas s’exprimer correctement, entre autres, et qui est soudain pris d’une irrépressible envie: celle de boxer... C’est ainsi qu’il va devenir le plus mauvais boxeur de tous les temps... Je ne sais pas si Momo Barthom’ a deux mille ans d’avance (ce qui est invérifiable dans l’immédiat) ou s’il est complètement con... pour parler clairement, n’est-ce pas... En tous cas, il me semble que ce qu’il vient de commettre au cinéma, il aurait mieux fait de l’exprimer, en toute intimité, sur sa cuvette... ou dans son pot... c’est selon.

 

 

CLARA ET MOI - de Arnaud Viard. (4/20) 0
France - Couleur, 1h26 - 2003.
Avec : Julien Boisselier, Julie Gayet, Michel Aumont, Sacha Bourdo, Antoine Duléry.

Comédie dramatique : Bon, nous allons profiter de ce que Mézigue dort profondément, pour mettre les choses à plat et aborder cet article dans le calme et la maîtrise de soi... Antoine, trente-trois ans, après avoir joué à pile ou face, décide de prendre femme et de fonder une famille; il s’en explique à son psy... (c’est à dire au public par le biais du psy; astuce transparente et usée jusqu’à la corde). Puis, il prend le métro, et, comme par enchantement, il y rencontre la femme de sa vie... Alors, l’on se met à rêver en s’imaginant que le film prend une tournure onirique, l’on se dit, tiens il va y avoir un brin de poésie et quelques grammes de douce folie... Eh bien, non! C’eût été trop beau... La femme se prénomme Clara, comme le titre l’indique, et, peu de temps après le début de l’idylle, elle apprend qu’elle est gravement malade... Pan! Prends ça dans la figure, cher spectateur! En voilà de l’original, de l’inédit, du bouleversant... Le gars Viard ne peut s’empêcher de nous la servir “séropositive” par-dessus le marché, histoire de se plier au goût du jour... si j’ose dire... Alors, l’on se demande... L’on se demande quelle est cet étrange besoin de raconter des histoires systématiquement ordinaires, de nous présenter des personnages que l’on peut voir à tout instant dans la rue... et sans avoir besoin de dépenser de l’argent en allant dans une salle obscure... Laquelle salle, en plus de l’obscurité devient vite sinistre, son écran inondé par une vidéo-image ou rien ne se dessine... Seul rayon de soleil, la présence (trop rare) de Michel Aumont dans le rôle du père d’Antoine... Prodigieux Aumont qui sait tout faire... même des miracles... Il est d’un naturel et d’une justesse confondants... Il nous émeut en toute sérénité et en toute simplicité... avec trois fois rien... Chapeau, Maître!

 

 

GODFATHERS AND SONS (Collection The Blues VI) - de Marc Levin. (14/20) 2
USA - Noir et blanc/Couleur, 1h36 - 2003.
Avec : Marshall Chess, Chuck D., etc.

Documentaire : Ah, voilà qui est mieux! On commençait à désespérer... La collection était en train de sombrer... Pensez, trois déceptions de suite... alors qu’il y vraiment de la matière... incommensurable domaine que celui du jazz, du blues, de la soul music et que sais-je encore... La rock music, la pop et maintenant le hip-hop en découlent ou bien, pour le moins, s’en sont largement inspirés de la plus extraordinaire expression musicale de ces cent dernières années... Dans cet épisode, le principal protagoniste est le producteur Marshall Chess, fils de Leonard, qui réalisa le légendaire album “Electric Mud”. Un album qui, tout comme le film - enfin! - , fait la part belle à Muddy Waters... celui que je préfère... que je qualifie de “bigger than blues”...! Toutefois, outre Muddy, il y a un véritable défilé de géants de la grande époque du blues... Et outre la démarche du réalisateur, Marc Levin, (Slam, Brooklyn Babylon) qui consiste à nous montrer de quelle façon, comme le disait un célèbre bluesman, The roots make the fruits, entendez c’est les racines qui font les fruits, il y a cette fois une solide réalisation technique tant au niveau des cadrages bien équilibrés, du montage et de la place, pour une fois importante, accordée aux prestations musicales des différents artistes. Ainsi, l’on se régale en découvrant ou en redécouvrant les visages et les silhouettes d’extraordinaires personnages (comme toujours dans le jazz) pendant une grande partie du film. Le propos, par ailleurs, est tout à fait intéressant aussi; il consiste à nous rappeler que nous sommes tous des produits du passé et quelles que soient les influences du blues sur l’actuel hip-hop, elles existent bel et bien ! Une leçon à méditer, notamment pour tous ces jeunes morveux qui s’éclatent avec des navets du genre Street Dancers ou Honey... C’est ce film-là qu’ils devraient aller voir ! Car, même moi qui suis plutôt allergique à la rap music, au vu de ce film, je dois reconnaître que ce genre possède d’indéniables qualités ; surtout lorsque un groupe de vieux musicos accompagne les jeunes rappeurs dans un même morceau. Par ailleurs, la sortie du septième et dernier volet de la collection réalisé par Clint Eastwood semble avoir été reportée sine die... Bizarre, bizarre...

 

 

POLIGONO SUR (Séville côté Sud) - de Dominique Abel. (4/20) 0
Espagne - Couleur, 1h45 - 2003.
Avec : Rafael Amador, Pepe El Quemao, Luis Fernandez, Martin Revuelo, El Pelayo.

Documentaire : Cette fois, on change de décor. Nous sommes près de Séville, dans une cité HLM appelée 3000. Y vit toute une horde de sympathiques et pittoresques personnages, des laissés pour compte, dont la plupart sont des gitans, comme par hasard...Ces gens-là se nourrissent de danses et de chants. Et la palme du personnage le plus dingue revient au fameux “El Indio” (un type réellement vêtu comme un amérindien avec arc et flèches) et qui se dit membre de la tribu des Grands Cons. Voilà pour l’ambiance en quelqes mots... mais les mots, c’est bien gentil, c’est bien joli... au cinéma, c’est tout de même l’image qui importe le plus... Or, ici, elle est particulièrement laide et pauvre. La direction de la photo a beau avoir été confiée à Jean-Yves Escoffier, à l’impossible nul n’est tenu. Le problème est d’ordre technique et si le support est bassement vidéotesque, plus aucun espoir n’est permis. Pour finir, ce petit témoignage qui aurait pu être beaucoup plus vivant et jouissif, est franchement longuet... Qui plus est les meilleures notes de musique nous sont réservées pour le générique de fin...C’est malin !

 

 

SUPER SIZE ME - de Morgan Spurlock. (17/20) 3
USA - Couleur, 1h38 - 2003.
Avec : Morgan Spurlock, Ronald McDonald, Dr. Daryl Isaacs, Dr. Lisa Ganjhu...

Documentaire : Extraordinaire expérience que celle de Morgan Spurlock ! Voilà un gars qui pour démontrer que la bouffe de fast-food est malsaine, voire toxique, s’inflige à lui-même, trente jours d’affilée de restauration rapide à raison de trois fois par jour ! Il a néanmoins pris des précautions en consultant plusieurs médecins qui vont le suivre tout au long de cette folle aventure. Résultat, il va grossir de onze kilos tout en détériorant d’une manière significative l’état de sa santé... ayant même sans le savoir, carrément risqué sa peau en se gavant de la sorte ! Voilà donc une démarche typiquement américaine ! On a beau dire, il y aura toujours des aventuriers dans ce pays. Des individus, qui, comme Michael Moore, pour ne citer que le plus célèbre, profitent pleinement du système paradoxal américain qui consiste à assurer une grande liberté à tout un chacun, alors que dans le même temps ce système aux tendances ultraconservatrices fait tout pour étouffer la justice sociale en favorisant la loi du plus fort... Mais, il semblerait qu’ainsi ce système sécrète et génère son propre contraire, c’est-à-dire, dans le pire des cas, des “poches de résistance” isolées. Impressionnant, passionnant et hilarant de bout en bout, ce documentaire ne doit pas nous enfoncer nous autres européens dans le confort de l’auto-satisfaction. Certes, nous sommes encore très loin des excès de malbouffe américains. Quant au succès des fast-food, en France comme ailleurs, il n’est pas uniquement dû à une mode ou à un bourrage de crâne. N’oublions pas que pour le prix d’un repas (dégueulasse peut-être, mais un repas quand même), nous n’avons droit dans le plus ordinaire des rades qu’à un piètre sandwich fort peu nourrissant. A méditer...car entre le casse-dale rassis et le hamburger toxique, il doit sûrement y avoir un juste milieu. Rappelons, pour ceux qui s’en souviennent, les bons petits plats du jour des petits troquets parisiens à bas prix, de l’époque. C’était possible hier, c’est donc possible aujourd’hui. On me rétorquera qu’il en existe encore de ces endroits-là..., toutefois, à mon humble avis, pour les dénicher, il faut être connaisseur. Pour finir, force est de constater une nouvelle fois qu’il est heureux que les films documentaires soient de plus en plus nombreux de nos jours. La réalité va-t-elle dépasser la fiction, même au cinéma ?

 


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