Janvier 2004
Semaine 4  Du 21-01 au 27-01-2004   

ANA (Real Women Have Curves) - de Patricia Cardoso. (4/20) 0
USA - Couleur, 1h30 - 2002.
Avec : America Ferrera, Lupe Ontiveros, Ingrid Oliu, George Lopez, Brian Sites.

Comédie dramatique : Scénario co-écrit par l’auteur de Mariage à la grecque (au secououours!!!), Josefina Lopez qui s’inspire de sa propre expérience; c’est dire si le film se veut “réalisse”! Il a failli être réaliste, tiens! C’est une fois de plus une jeune fille (dix-huit ans) qui veut s’affirmer en dehors du cercle familial, et surtout, contre la volonté de sa mère qui préfère la voir travailler dans l’usine de son autre fille plutôt que de la fiche tranquille à continuer ses brillantes études... Comme en plus, elle est “gravosse”, elle doit également prouver que les vraies femmes ont des formes - d’où le “sous-titre français”, qui est en fait le titre original... Du reste, toutes les autres femmes de son entourage (sa mère, sa soeur etc...) sont très rondes ... Ce qui nous vaut quelques scènes lourdingues censées nous amuser... Certes, il y a quelques petites bouffées d’oxygène qui viennent nous rafraîchir un peu. Mais, Dieu, que c’est lisse tout cela! Que tout le monde, il est beau (même les “gravosses”) et que tout le monde, il est gentil (même la “méchante” maman)... Quelques subtilités pour contrebalancer tant de mièvrerie eussent été les bienvenues...

CHERE MARTHA - (Mostly Martha - Drei Sterne) - de Sandra Nettelbeck. (12/20) 2
Allemagne - Couleur, 1h47 - 2001.
Avec : Martina Gedeck, Maxime Foerste, Sergio Castellitto, Ulrich Thomsen, Idil Üner.

Comédie dramatique : Martha est chef-cuisinière dans un excellent restaurant de Hambourg. Professionnellement brillante, elle n’en mène pas moins une vie privée bien terne. Légèrement névrosée, elle consulte régulièrement un psy. Un de ses rares “contacts” est sa soeur... Mais, celle-ci décède... en laissant derrière elle sa fillette de huit ans. Martha va désormais s’occuper de la petite Lina. La gamine ne souhaite qu’une chose : retrouver son père qu’elle n’a jamais connu, un Italien qui est retourné dans son pays d’origine après une aventure sentimentale avec la soeur de Martha... Et, c’est un autre Italien, Mario, cuistot lui aussi, soudainement engagé dans le resto où elle travaille qui va continuer de perturber - mais aussi à donner des couleurs - à la terne vie de notre héroïne... Tous les trois (Martha, Mario et Lina) vont apprendre à se connaître et à s’aimer... Simple comme “bonjour”, cette histoire, me dira-t-on... Eh, oui! Mais attention, c’est souvent les plus simples qui sont les plus belles... pour peu que l’on ait quelque chose à dire, à faire passer par l’intermédiaire des personnages - de personnages bien vivants, et, en l’occurrence, particulièrement attachants... pour peu qu’on ait le talent de Sandra Nettelbock... Sa mise en scène coule de source; elle est évidente, pudique, sobre... mais, néanmoins chargée d’émotions! Bref, une vraie histoire d’amour(s) dont la jolie conclusion de Martha (en gros : “on sait pourquoi on n’aime pas, mais, on ne sait pas pourquoi on aime...”) s’imprime discrètement dans nos futurs souvenirs... Les acteurs sont parfaits, notamment Sergio Castellitto qui est vraiment al dente.

P.S. : Pour ceux qui ont du temps à perdre, il y a une comparaison amusante à faire, en ce moment, avec le film dont il est question plus bas : Je t’aime, je t’adore ... Notamment, au niveau du cul... Dans la “tambouille” de Bontzolakis, l’on accumule les scènes dites d’amour... J’entre pas dans les détails - on s’en fout! - mais, l’amour, bande de veaux, ce n’est pas la recherche systématique de l’extase immédiate et à tout prix... Vous inquiétez pas, je ne me lasserai pas de le répéter...

JE T’AIME, JE T’ADORE - de Bruno Bontzolakis. (0/20) 0
France - Couleur, 1h35 - 2003.
Avec : Sarah Grappin, Manuel Blanc, Clovis Cornillac, Jean-Luc Bideau, Nicolas Ducron

Drame : Une jeune femme, enceinte de son compagnon avec qui elle habite chez le papa d’icelui, tombe soudainement amoureuse de son maître-nageur (qui est plutôt gaulé comme un charcutier - C. Cornillac). Il faut dire que son compagnon est du genre branleur-chômeur et qu’il n’a pas tellement envie que la progéniture qu’il a participé à mettre en route voie le jour... S’ensuivent des comportements vulgaires, plats et assez illogiques, mis en scène avec un art consommé de la maladresse la plus inacceptable! Rien à dire et rien à montrer le Bruno cinéaste... Surtout qu’il s’exprime en vidéo “bas de crasse”! Comme dirait Mézigue : “Les pseudo cinéastes et teuses n’en auront vraiment jamais marre d’être cons!!!” Ils devraient pourtant... ça nous ferait des vacances!

MASSACRE A LA TRONCONNEUSE - (The Texas Chainsaw Massacre) - de Marcus Nispel. (0/20) 0
USA - Couleur, 1h38 - 2003.
Avec : Jessica Biel, Jonathan Tucker, Eric Balfour, Erica Leerhsen, Mike Vogel.

Horreur : Inutile de préciser que ce remake est absolument... inutile! Tout ce qu’il pouvait y avoir d’intéressant dans la version de Tobe Hooper est gommé dans cette resucée! La particularité - quasi révolutionnaire - de l’original est que le réalisateur faisait en sorte que le spectateur ait carrément l’impression d’assister en direct au massacre - ou du moins à un reportage... Une fiction tirée d’un fait divers réel... mais impitoyable comme la réalité! Ici, tout est factice! Les deux nénettes sont roulées comme des diablesses... Les trois autres victimes, trois minets proprets, tout juste un peu décoiffés, à la hâte, avant la prise... Pour mieux faire digérer la manière atroce dont ils se feront trucider, on les salit un peu, on en fait des petits dealers revenant du Mexique avec de la came... Les scènes de tueuries sont refaites à la manière des années trente - douze champ-contre champ avant que le tronçonneur ne se décide à trancher sa victime etc. Le tout, bien sûr, en numérique H.D. (Horror Definition)! Because le politiquement “corrèque”, l’un des tueurs fous sera écrabouillé à mort par une bagnole... conduite par la principale protagoniste de la bande des cinq... la plus jolie... qui, du même coup, parviendra à sauver ses belles fesses... Bonté divine, mais qu’est-ce qu’on est en train de faire à mon cinéma...?!?

PERE, FILS - (Otets y sin - Father and Son) - de Alexander Sokurov. (2/20) 0
Russie - Couleur, 1h24 - 2003.
Avec : Andreï Shchetinin, Alekseï Nejmyshev, Alexandre Razbash, Marina Zasuhina.

Drame : Cinéaste insolite par excellence (Moloch) et formaliste doué (Mère et fils), Sokurov déçoit néanmoins un peu trop souvent... Tout récemment, avec L’arche russe, il nous bassina sauvagement en pratiquant “l’exploit pour l’exploit”... Cette fois, il s’agit d’étranges rapports papa-fiston... Une histoire d’amour exclusif... deux êtres aussi liés que s’ils n’étaient qu’un seul et même corps... Même la jolie petite amie du fils va s’éloigner de ce dernier... Autant Mère et fils était fascinant d’intensité - film quasiment sans dialogues avec des images surréalistes - autant Père, fils patauge la plupart du temps dans l’ordinaire... Certes, ça et là, une ou deux miettes de poésie... Eh, Alex! On n’est pas des pigeons!

LE SOURIRE DE MONA LISA - (Mona Lisa Smile) - de Mike Newell. (0/20) 0
USA - Couleur, 1h59 - 2003.
Avec : Julia Roberts, Marcia Gay Harden, Maggie Gyllenhaal, Julia Stiles, Kirsten Dunst.

Comédie dramatique : Entre le sourire de Mona Lisa et celui de Julia Roberts, il n’y a pas tableau...! D’un côté, tu as une vague esquisse de lèvre qui remonte légèrement, de l’autre tu as un gouffre...! La mère Julia, quand elle se fend la gueule, elle se fend vraiment la gueule! Son sourire lui ouvre le visage entier, d’une oreille à l’autre. Tu lui vois les entrailles ainsi que tout ce qui se passe au troisième sous-sol! En même temps, ses narines s’élargissent, s’élargissent... deux tunnels... tu te demandes ce que ça peut bien donner quand elle éternue... le tsunami, ça doit être...! Bref. Tout ça pour confirmer que Julia Roberts est bien la plus belle femme du monde - dixit Monsieur et Madame Média...! Bon. Et le film? Primo : c’est du numérique H.D... égueulasse comme je n’en ai pas vu depuis longtemps. Secundo : le scénario est la photocopie de celui du Cercle des poètes disparus - mais, version féminine... Tertio : le propos féministe est une vulgaire caricature ne faisant qu’étouffer le problème en l’emballant joliment dans les années cinquante... Que dire de plus? Fuyez, amis cinéphiles, fuyez les salles où se projette cette toile indigne d’un barbouillage!

VINGT ET UN GRAMMES - (21 Grams) - de Alejandro Gonzalez Inarritu. (14/20) 2
USA - Couleur, 2h04 - 2003.
Avec : Sean Penn, Benicio Del Toro, Naomi Watts, Charlotte Gainsbourg, Melissa Leo.

Drame : Le réalisateur a choisi d’exploser la narration de son récit qui n’aurait pu être qu’une “intriguette” simpliste. Trois personnages et le coeur d’un quatrième en sont les principaux protagonistes... Un malade qui a besoin d’une transplantation pour survivre, un “déjanté” fraîchement libéré de prison et soudain obsédé par Jésus, une femme détruite par la mort accidentelle de son époux et de ses deux enfants et un “palpitant”... qui fonctionnera, fonctionnera pas...? Le passé, le présent, le futur s’entremêlent allégrement... On est perdu, tout comme les personnages hagards... Hagards d’être encore en vie... d’avoir survécu... à la maladie, à la tragédie ou à la taule... Des humains égarés dans une existence qui n’a plus ni queue ni tête... De scène choc en scène intense - le tout particulièrement sombre - le spectateur avance ou recule, ne sait plus sur quel pied danser, au gré du film... Certes, par moments l’on s’essouffle - le film aussi quelque peu... Mais, au bout de ce cauchemar, les tranches de vie saignantes et coupées apparemment n’importe comment, prennent tout leur sens... Sans la moindre explication... avec plein de points d’interrogation... Que reprèsentent ces vingt et un grammes que l’on perd en passant l’arme à gauche? Et surtout, la dernière - et non la moindre - question... Combien pèsent ces fameux vingt et un grammes...? Les acteurs sont épatants! On ne présente plus Sean Penn ou Del Toro! Naomi Watts (Mulholland Drive), elle, confirme! Mais il ne faut surtout pas oublier les seconds rôles! Notamment Charlotte Gainsbourg, qui ne démérite évidemment pas! Il faut tout de même rappeler que Charlotte est l’une des comédiennes les plus douées de sa génération! Et, on aimerait la revoir plus souvent... de préférence dans des rôles forts...! En tous cas, ne vous prenez pas trop la tête si le film est déroutant. Laissez-vous aller et faites confiance à Inarritu. Il fait très bien son boulot; et retombe impeccablement sur ses pattes!


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