Janvier 2004
Semaine Du 14-01 au 20-01-2004  

ALBERT EST MECHANT - de Hervé Palud. (0/20) 0
France - Couleur, 1h25 - 2003.
Avec : Christian Clavier, Michel Serrault, Arielle Dombasle, Jackie Berroyer, Priscilla.

Comédie : Je ne sais pas s’il est méchant, en tous cas, Albert est méchiant! Le jeu de mot est facile, mais je ne vois pas pour quelle raison on se gênerait avec ce genre de détritus! Vague imbroglio autour d’un héritage qui aurait dû, théoriquement, revenir à un certain Patrick Lechat, bourge friqué, et non à un fameux Albert, un marginal invraisemblable qui niche au fin fond d’un patelin en Dordogne... Tout est prétexte à gags... mais, ceux-ci sont tellement nuls qu’ils ne méritent même pas la dénomination de gags! La mère Arielle, je n’en dirai pas un mot, tant sa présence se passe de commentaires... On m’aura compris! Quant au duo de choc Clavier/Serrault...! Pitié!!! Serait-ce ça, le duo comique typiquement français de ce nouveau siècle...? Je crains que ce ne soit le cas. Ils sont tout à fait représentatifs de la décadence de notre humour national! S’il ne gagnaient pas une petite fortune pour chacune de leurs prestations, on leur donnerait volontiers une petite pièce...!

LES AMATEURS - de Martin Valente. (0/20) 0
France - Couleur, 1h33 - 2003.
Avec : Lorant Deutsch, Jalil Lespert, Pascal Légitimus, François Berléand, Sarah Martins.

Comédie : C’est “Ali au pays des merveilles”, cette histoire! La “zone” comme tu l’as jamais vue... L’Eden avant le péché! Que tout l’monde il est beau et que tout l’monde il est gentil! Même les keufs sont cools...! Eh! Martin! tu m’la joues sur quel air, ta ballade, là! Genre “bon enfant”? C’est plutôt “bon crétin”, ouais! D’une débilité exténuante...! Par là-dessus, tu me colles deux compères naïvement tarés, l’un d’origine inconnue, l’autre d’origine du bled...! Tu veux me faire rire avec leurs mésaventures...? Du style “jeunes morveux” (de vingt-six piges tout de même!), qu’ont du mal à s’draguer une meuffette...? Avec des “ki” et des “prokos” à faire rougir le plus bassement rabougri de la cervelle...?!? Le Lorant D., c’est typique le “traître du fond de la classe”! Tu sais, le gars, là, qui déconne en sixième, au dernier rang, en envoyant des glaviots à ses voisins... et qui, à la fin, parvient à faire porter le chapeau à un camarade innocent qu’il a lui-même dénoncé... Tu vois, le genre? Quant à Jalil, c’est plutôt “Maciste dans la Cour des Zivas”! Que ceux qui trouvent que le duo Clavier/Serrault est un peu vieillot se tranquillisent; avec Lorant et Jalil, la relève est assurée!

LE DERNIER SAMOURAÏ - (The Last Samurai) - de Edward Zwick. (7/20) 1
USA - Couleur, 2h24 - 2003.
Avec : Tom Cruise, Ken Watanabe, Timothy Spall, Hiroyuki Sanada, Billy Connolly.

Aventures : D’après des faits historiques plus ou moins vrais, l’on nous propose ici une “fresque héroïque” se déroulant à partir de 1876 aux States puis au Japon. Le “héros” principal en est Nathan Algren (T. Cruise - très peu crédible!); “vétéran-desperado” de la guerre de Sécession, il flippe et s’alcoolise - surtout avant d’entrer en scène pour vanter les mérites de la Winchester dernier cri (de guerre?) - jusqu’au jour où on lui propose d’aller entraîner l’armée nippone sur place... Il va donc devenir conseiller militaire antisamouraï. A la suite d’une castagne qui vire mal pour lui, Algren se retrouve prisonnier des samouraïs... Là, il apprendra à mieux les connaître... Au bout du compte, il changera de camp. Tant que les combats restent plus ou moins individuels, dans ce films au couleurs chaudes et aux beaux décors naturels, tout va bien. Mais, dès qu’il y a attroupement, vous comprendrez que Mézigue et Moi-Même, nous flippassions quelque peu. La dernière demi-heure est du reste complètement gerbante... Rien de pire au monde que cette masse, que dis-je, ce ramassis de racaille, qui s’entretue en s’agitant dans tous les sens. Comble de laideur que cette expression de l’ignominie humaine à son paroxysme! Et après, ça vous parle d’honneur, ça! Si l’on parlait plutôt, tout simplement de respect... Respect de soi-même... et des autres à travers soi-même... Respect de l’individu... Non...?

L’ETRANGE MONSIEUR PEPPINO - (L’imbalsamatore) - de Matteo Garrone. (0/20) 0
Italie - Couleur, 1h41 - 2002.
Avec : Ernesto Mahieux, Valerio Foglia Manzillo, Elisabette Rochetti, Lina Bernardi.

Drame : Je précise : imbalsamatore veut dire en français, embaumeur, ou, plus exactement, taxidermiste. Et non pas, l’étrange monsieur Peppino. Je dis ça au cas où... Du coup, je soulève le problème des titres de films français (surtout des adaptations de titres étrangers) qui “polluent” le cerveau du public... C’est ainsi que nous avons une flopée d’étranges aventures, destins, madame ou monsieur, de rêves et autres etc. C’est ainsi que The Deer Hunter devient Voyage au bout de l’enfer... A ne pas confondre, bien évidemment avec le roman de Céline, Voyage au bout de la nuit... Ou encore, comble d’idiotie, L’homme qui n’était pas là qui devient, en “français” : The Barber”... Mais baste! Nous aurons, sans doute, l’occasion de revenir sur ce problème de titres... Une autre fois... Pour l’instant, la “chose” qui nous intéresse (si peu!), c’est la “toile” de Garrone. Nous avons très vite l’impression qu’il s’agit d’une espèce de situation, du genre : t’as un producteur qui a “cent minutes pour convaincre”, et qui demande à Piero, Paolo ou Matteo de les lui remplir en une heure et quarante minutes... Là-dessus, tu as un Matteo qui répond présent... mais... sous réserves... car il n’a pas de scénario... “Qu’a cela ne tienne, caro Matteo, on s’en fout, on te file ce dont tu as besoin côté technique et artistique et... tu filmes...!” Et voilà le travail! Après, c’est au public de se faire chier...! Que dire, donc, de l’intrigue? Qu’un nain nommé Peppino, taxidermiste de son état, est aussi, à ses heures un “mafiosettino”... au service d’un “padrino” qui pratique le trafic de drogue...? C’est à peine esquissé dans cet enfilade de séquences nullissimes pétries de néant...! Il s’agit, bel et bien, d’une italiânerie... pura, pura... !

THE SOUL OF A MAN (Collection : The Blues) - de Wim Wenders. (17/20)3
USA - Noir et blanc et couleur, 1h43 - 2003.
Avec : Blind Willie Johnson, Skip James, J. B. Lenoir, Lou Reed, Lucinda Williams... Narrateur : Laurence Fishburne.

Documentaire : Voici le premier épisode des sept films réalisés par des cinéastes plus que corrects, à l’initiative de Martin Scorsese (qui a réalisé lui-même un de ces films), dont l’ensemble est intitulé “Collection : The Blues”. Depuis Buena Vista Social Club, on sait que Wenders peut faire des miracles. Ce n’est pas tout à fait le cas en l’occurrence, mais attentiion, on vibre du début à la fin... Wim a choisi de nous présenter ses préférés à lui, Blind Willie Johnson, Skip James et J. B. Lenoir. Ainsi que leurs “successeurs” de grand talent (Lou Reed, Bonnie Raitt, Los Lobos...) qui continuent de transmettre la musique des anciens avec leur propre “feeling”... Ne disposant pas de suffisamment de documents, Wenders a, en partie, tourné des scènes de fiction - peut-être le point faible, d’ailleurs, de ce bijou... Difficile de raconter la musique... Mais les personnages sont - et le mot est faible - sublimes! Ces phénomènes nous subjuguent, nous fascinent et nous réconcilient avec l’humanité... L’accident de Blind Willie, la disparition puis la résurrection de Skip James, le décès monstrueux de J. B. Lenoir... Leurs tronches, leurs voix et l’aisance avec laquelle ils manient les cordes de leur guitare... La chanson envoyée dans l’espace et la superposition de l’image de l’immensité étoilée sur le visage et le regard aveugle de Blind Willie... Cécité astrale... Beauté simple de cette image... Simple comme l’infini...
P.S. : Les six autres films sortiront à raison d’un par mois... Voilà une année d’ores et déjà bien fournie... Un “minimum garanti” pour entretenir la flamme...

UZAK - de Nuri Bilge Ceylan. (4/20) 0
Turquie - Couleur, 1h50 - 2002.
Avec : Muzaffer Özdemir, Mehmet Emin Toprak, Zuhal Gencer Erkaya, Nazan Kirilmis.

Drame : Mahmut est photographe et vit à Istambul. Yusuf, son cousin, cherche du boulot et vient s’installer chez lui le temps de trouver un emploi... Mahmut a des problèmes existentiels. Yusuf a des problèmes de fric... La neige tombe sur la ville... et c’est joli, la neige... Les personnages sont assez attachants... Mais presque rien ne se passe et l’émotion est rare... sinon absente. Tout naturellement, au bout d’une heure, on craque, désolé de n’avoir pu accrocher jusqu’au bout d’un film que l’on aurait bien voulu aimer...

VIOLENCE DES ECHANGES EN MILIEU TEMPERE - de Jean-Marc Moutout. (12/20) 2
France - Couleur, 1h39 - 2003.
Avec : Jérémie Rénier, Laurent Lucas, Cylia Malki, Olivier Perrier, Martine Chevallier.

Drame : J’avais un à priori très négatif concernant ce film. Je le confesse haut et fort, je me suis trompé. Et j’en suis le premier heu-reux! On a beau dire, mais une petite surprise comme celle-ci, ça fait plaisir... ça rassure. Tout n’est pas perdu. Il n’ y pas que des déceptions en ce bas monde. Donc... Dans la lignée du fameux Ressources humaines, sorti il y a trois ou quatre ans, cette histoire se passe dans le monde (abominable) du travail... Un jeune provincial de vingt-cinq ans, Philippe, débarque à Paris pour bosser dans une boîte de consultants en entreprises. Sa première mission est de seconder son “supérieur” lors d’un audit dans une usine probablement condamnée à être dégraissée d’une partie de son personnel pour cause de rachat par un gros groupe. Tout baigne jusqu’au moment où Philippe doit lui-même enquêter les employés, un par un, afin de sélectionner les “canards boiteux” à virer... Là, il est un peu écoeuré, hésite... et finit par hurler avec les loups et dévorer les moutons... Quitte à y perdre - outre son âme - la femme qui l’aime... Pessimiste, ce bougre de film... Mais, réaliste et crédible! Moutout, pour son premier long métrage, fait un constat solide et quelque peu inquiétant.


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