Janvier 2004
Semaine 2  Du 07-01 au 13-01-2004 

DEUX EN UN - (Stuck on You) - de Bobby et Peter Farrelly. (3/20) 0
USA - Couleur, 1h58 - 2003.
Avec : Matt Damon, Greg Kinnear, Eva Mendes, Wen Yann Shih, Seymour Cassel.

Comédie : Les frères Farrelly (Mary à tout prix) sont-ils siamois...? Comme leurs deux protagonistes, Bob et Walter Tenor? Leur nouveau film, semble l’être, du moins paradoxalement, dans la mesure où il exprime deux tendances difficilement compatibles : le politiquement correct et le délire on ne peut plus débridé... Bon, on peut en conclure provisoirement qu’ils essaient de se vendre tout en semblant être libres de toute contrainte... Leurs deux frangins siamois sont donc, évidemment, inséparables et font tout - et plein-plein de choses différentes - ensemble... Comme jouer au foot, au base-ball, boxer, faire du théâtre amateur... Le problème se corse lorsqu’ils draguent, par exemple, veulent flirter ou... plus...! Cette liaison forcée est donc source intarissable de gags! Sauf que... l’on rit très très peu...! Cela dit, il y a des exceptions, telles ces deux braves dames d’un certain âge, et, un peu fêlée, pour tout dire... Ces deux dames... que je croise - séparément - au premier rang des salles obscures, assez régulièrement... Cette fois, j’ai eu droit aux deux pour le prix d’une - oh! terrible coïncidence...! Je me suis retrouvé assis entre les deux... et, comme ces pauvresses rient à peu près comme elle respirent... voyez ou entendez le tableau...! J’aurai préféré qu’elles fussent siamoises... ça m’aurait évité la stéréo!
A noter : J’en profite pour verser une larme sur la sombre carrière de Seymour Cassel qui fait ici quelques apparitions... Lui, qui fit naguère partie de la bande à Cassavetes et donna le meilleur de lui-même - aux côtés de l’immense Gena Rowlands - dans Minnie and Moscowitz, l’une des plus puissantes comédies sentimentales qu’il m’ait été donné de voir! C’est dire à quel point les temps sont durs... pour les purs...!

L’ESQUIVE - de Abdellatif Kechiche. (0/20) 0
France - Couleur, 1h57 - 2003.
Avec : Osman Elkharraz, Sara Forestier, Sabrina Ouazani, Hafet Ben-Ahmed.

Comédie dramatique : Tu prends une bande de jeunes non professionnels (plutôt sympathiques au demeurant), tu les réunis en cadrant n’importe comment, tu les fais improviser et tu leur fais dire des banalités à la vitesse hystérosupersonique en dialecte-patois banlieusard, et, tu obtiens une cacaphonie incompréhensible! J’ai eu mal au cerveau à force de tendre l’oreille pour ne capter qu’un dizième! Il faurait fallu - sans blague - sous-titrer le film! Comme il n’y a pas non plus d’histoire - à part une vague intrigue sentimentale - on a du mal à digérer cette espèce de couscous-choucroute insipide... aucune émotion ne passe évidemment... même les bonnes intentions, on s’en fiche...! Abdellatif Kechiche, heureux réalisateur d’un premier film (La faute à Voltaire) distingué au festival de Venise, reconnu par la critique et par un certain public - à juste raison - nous déçoit beaucoup avec ce ratage filmé en vidéo bas de gamme! C’est la faute à qui, là... dis, Abdel??? Blague à part, Mézigue et Moi-Même, on n’a pas envie d’accabler un cinéaste néanmoins prometteur. Des films, il en fera d’autres... Et on lui souhaite bonne chance!

FUCKING AMAL - de Lukas Moodysson. (0/20) 0
Suède - Couleur, 1h30 - 1999. (Reprise)
Avec : Alexandra Dahlström, Rebecca Liljeberg, Eric Carlson, Mathias Rust.

Comédie dramatique : Dans une ville perdue de Suède, deux adolescentes perdues... C’est souvent que les ados sont perdus... surtout au cinoche... Et surtout, au plan sexuel... Certes, c’est l’âge qui veut ça... Mais, bon. Est-ce si évident que dans ce film - et dans de nombreux autres? Ces problèmes et questions ne seraient-ils pas un peu plus diffus voire fins et subtils, en réalité...? Ah! Papa Freud, papa Freud... que de bêtises n’a-t-on dites en ton nom...? Le fonctionnement du corps humain n’est nullement régi que par tel ou tel partie ou organe... Ni par le cerveau-roi; ni par le sexe-obsession. Ce serait trop simple... Et, raisonner de la sorte conduit à de stupides égarements! Si le sexe est au coeur du coeur, et, le coeur au coeur du cerveau, où nous dirigeons-nous? Dans quel sens on se barre en couille - c’est le cas de le dire! C’est ainsi, qu’à propos justement des “précieuses”, tu vas avoir des mecquetons qui vont considérer les gens sans couilles - en général, c’est des femmes - comme nuls et non avenus... Je prends des raccourcis, je sais; à toi, gars, de lire entre les pointillés... De repenser la chose - à la “chose”... D’ailleurs ce film devient carrément grotesque à la fin! Il s’agit de l’avant-dernière-scène où les deux copines, lesbiennes désormais, se retrouvent dans les w.c. du lycée... Dehors, plein de copains et de copines très intrigués... L’une sort, l’autre pas. Les témoins s’attendent à voir sortir, en deuxième, un garçon... Or, non! C’est une fille! La première, alors, annonce fièrement : “Je vous présente ma nouvelle copine!” Et en partant, elle ajoute, la tête haute : “Et maintenant, nous allons baiser toutes les deux!” Et la scène est traitée sérieusement... genre film de propagande... La tolérance, à mon humble avis, n’a pas besoin de propagande... On est loin de la densité dramatique de Lylia-4-Ever, le film que Lukas fit plus tard...!

GOTHIKA - de Mathieu Kassovitz. (0/20) 0
USA - Couleur, 1h40 - 2003.
Avec : Halle Berry, Robert Downey Jr, Penelope Cruz, Charles S. Dutton, Bernard Hill.

Fantastique : Une psy pour criminels, se réveille elle-même, un beau matin, dans une des cellules du pénitencier où elle travaille... Elle a un gros trou de mémoire concerant le laps de temps où elle aurait tué son époux - car, c’est de cela qu’on l’accuse - rien de moins! La psy, aidée par des forces surnaturelles, va mener son enquête... Je ne me suis pas amusé à compter le nombre de “clichés” qu’il peut y avoir dans ce film pour lequel Kassovitz s’est appliqué (ça sent le “laborieux” à chaque image) sans aucune inspiration personnelle... Il a mis bout à bout une invraisemblable historiette où l’on trouve un tas d’ingrédients assemblés avec plus ou moins de maladresse... Bien que les acteurs soient irréprochables, l’on ne peut évidemment pas “marcher” un seul instant... dès le tout début! Production au budget confortable, c’est ce que j’appelle un navet de luxe! Ben, mon Mathieu! Depuis La haine, (excellente oeuvre de jeunesse et justement récompensée par un joli succès), tu ne cesses de régresser...! Tu nous dois réparation!

L’HOMME QUI N’A PAS D’ETOILE - (Man whithout a Star) - de King Vidor. (12/20) 2
USA - Couleur, 1h28 - 1954. (Reprise)
Avec : Kirk Douglas, Jeanne Crain, Claire Trevor, William Campbell, Richard Boone.

Western : En tant qu’”adorateur” de Sergio Leone, on comprendra aisément que je ne sois pas un grand amateur de westerns américains! Et celui-ci comporte tous les poncifs et clichés du genre! Il est vrai que c’est un classique... Quoiqu’il en soit, la vedette étant Little Big Kirk (K.Douglas), d’emblée, le film possède à mes yeux un sacré atout! Et puis, malgré sa naïveté désarmante, son aspect caricatural, l’oeuvre est fichtrement bien enlevée! Moins d’une heure et demie sans une once de graisse - à l’image de Kirk - suffisent pour raconter une histoire pleine d’action, de rebondissements, de personnages bons et méchants - ou un peu des deux - et de belles images colorées à l’ancienne et déroulées à un rythme remarquablement soutenu! Il y a même de la place pour une certaine finesse au niveau de la psychologie de ces personnages conventionnels. J’oubliais l’histoire...! Ben, c’est un "Lonesome Cowboy”, épris de liberté et de grands espaces, détestant tout particulièrement les barbelés. Au hasard de ses voyages, il rencontre un jeune homme du genre blanc-bec-morveux, pour qui il se prend de sympathie, et, tous deux, ils vont travailler comme bouviers pour la même proprio ; bref, le gamin va le suivre partout et le cow-boy lui apprendra bien des choses, utiles dans l’ouest sauvage... Pour la suite, il faut aller voir le film... Je ne vais quand même pas tout dévoiler... Alors, comme ça, il n’a pas d’étoile, l’homme...! Et bien, moi, je lui en file deux! Là!

KISS OF LIFE - de Emily Young. (12/20) 2
Grande-Bretagne - Couleur, 1h26 - 2003.
Avec : Ingeborga Dapkunaite, Peter Mullan, David Warner, James E. Martin.

Drame : Joli titre... Son mari en mission humanitaire en Europe de l’est, Helen se sent bien seule et fait une scène à son époux, au téléphone. Celui-ci décide de précipiter son retour à Londres... Pendant ce temps, Helen accompagne ses enfants à l’école, et, en traversant la rue, c’est le choc! Une voiture la renverse... Est-elle morte? Probablement, mais, l’important de l’histoire est ailleurs. Le choc est tant physique que métaphysique. Le film va désormais suivre plusieurs voies parallèles... Celles, onirico-poétiques de Helen et de son époux, notamment. Les routes s’entremêlent; l’on se pose pourtant peu de questions, tant on est pris par l’émotion qui se dégage... Tour à tour, le mari et la femme, rêvent leurs retrouvailles... Ou bien se retrouvent-ils réellement? On a envie de le croire! En nous disant, après tout, réalité ou pas, qu’importe? Qu’est-ce que la réalité? La vie? Juste un baiser... Le temps d’un baiser... Le baiser de la vie, récompense... Le baiser de vie, qui insuffle la vie? Le spectateur est accompagné par une belle musique, nullement mièvre! Helen est bien belle, elle aussi... On meurt souvent... pour renaître la scène d’après... Pardon, excusez-moi, la vie, c’est quelle dimension? La dimension d’un baiser? En tous cas, ce “petit film”, sobre et touchant, est, pour sûr, un baiser au spectateur.

LOST IN TRANSLATION - de Sofia Coppola. (6/20) 1
USA - Couleur, 1h42 - 2003.
Avec : Bill Murray, Scarlett Johansson, Giovanni Ribisi, Anna Faris, Kazuko Shibata.

Comédie dramatique : Bob Harris, une star américaine sur le déclin, tourne une “pub” pour une marque de whisky à Tokyo... Pour lui, c’est aussi l’occasion de s’éloigner un peu de son épouse... s’oxygéner... Il y rencontrera au hasard de son ennui (et de son incompréhension de la langue japonaise - qui nous vaudra quelques gags assez marrants), une jeune femme un peu trop délaissée par son mari. Ils vont vivre une jolie petite histoire d’amour platonique... Pour une brève rencontre, c’est une brève rencontre! Rien à voir avec le film de David Lean Brief Encounter. C’est même assez soporifique... Et puis, il faut pouvoir encaisser Bill Murray! C’est pas une mince affaire! Néanmoins, la mise en images est respectable.

MEDEE - (Medea) - de Pier Paolo Pasolini. (0/20) 0
Italie - Couleur, 1h50 - 1969. (Reprise)
Avec : Maria Callas, Giuseppe Gentile, Laurent Terzieff, Massimo Girotti.

Drame : Si on ne connaît pas la tragédie de Médée, on n’en apprendra pas davantage en allant fouiller dans la poubelle de Pasolini. Autant lire Euripide ou Corneille. Cela tombe sous le sens. Pour le reste, je suis toujours aussi fasciné par la notoriété de P.P.P. Depuis dix-huit mois environ, on ne cesse de rééditer ses “pelures infâmes”; en solo, sous forme de festivals ou d’hommages etc. Je ne sais par où commencer...! Bon. Prenons l’image. La lumière est sinistre et dégueulasse; le cameraman - alcoolique “invertébré” souffrant d’une gueule de bois chronique - sucre les fraises... Ne parlons pas du son; la post-synchro et les doublages sont exécrables. L’accompagnement musical est composé d’un choeur de lépreux faisant la manche. Les décors cafardeux font penser à une période préhistorique particulièrement cauchemardesque! Les costumes sont du genre “créatif-inventif”; des serpillières accrochées un peu partout sur des corps disgracieux, des bouts de bois dans le nez, les oreilles ou le cul... Des bijoux pour connaisseurs, genre tessons de bouteilles, cailloux trouvés dans des terrains vagues... Les coiffures aux cheveux crades... etc. Côté acteurs, dans ce film, la Callas fait de la figuration stupide; Massimo Girotti a franchement l’air d’un “noeud” avec un pot de chambre doré sur la tête; les autres posent comme devant un photomaton; et les figurants, alors là, c’est du nanan! Là, tu te marres! Sont systématiquement à côté de la plaque... Ou ils rient quand il faut pleurer... ou l’inverse... En fait, et tout simplement, P.P.P. n’a jamais su faire un film! Que dis-je!!! C’est le plus mauvais réalisateur que la terre ait jamais porté! Sergio Leone, qui était pourtant un de ses amis, ne cessait de lui reprocher son mépris de la technique. (Voir le bouquin de Noël Simsolo, “Conversations avec Sergio Leone”). Et encore... Médée n’est pas ce qu’il a fait de pire...! Je vous laisse imaginer la gueule de ses autres méfaits!

NATHALIE... - de Anne Fontaine. (0/20) 0
France - Couleur, 1h45 - 2003.
Avec : Fanny Ardant, Emmanuelle Béart, Gérard Depardieu, Wladimir Yordanoff.

Comédie dramatique : Pour changer, Mézigue est encore en colère! Que l’on veuille bien me pardonner, mais je suis obligé, de temps en temps, de lui laisser la parole : “Un vieux travelo triste (Fanny Ardant) rencontre dans un “nique-club” la fille de Frankenstein (Emmanuelle Béart), danseuse-baiseuse professionnelle, et lui demande d’aller “tester les cules” à son mari Gérard Depardieu (Gérard Depardieu - tiens! cela faisait au moins vingt jours qu’on ne l’avait pas vu, celui-là!). Après chaque “test”, la fille de Frankenstein doit faire un rapport détaillé au travelo. Faut voir - et surtout entendre la teneur des rapports...! Des propos gratuitement salaces et graveleux dégoulinent ainsi tout au long du film! Comme les billets de banque, l’opulence et tout le tralala virevoltent dans tous les sens, nous sommes donc chez des nantis oisifs qu’ont rien d’autre à foutre qu’à se masturber l’imagination! Jeux de cons chez les bourges! L’éternel (et quasi unique) scénario français du trio infernal : le mari, la femme, l’amant; la femme, le mari, la maîtresse; la traîtresse, la marie et la meuf... etc. Faudra-t-il une mutation, dans le sens scientifique du terme, pour que cessent ces puantes variations autour d’un thème usé et mésusé? Ah!!! J’ose le dire : “Fontaine, je ne boirai plus de ton eau!!!”

OPOPOMOZ - de Enzo D’Alo. (1/20) 0
Italie - Couleur, 1h20 - 2003.

Dessin animé : Pardon pour le retard! Ce film est sur les écrans depuis décembre 2003... Mais j’ai de plus en plus de mal à me décider lorsqu’il s’agit d’un film d’animation... Opopomoz est l’histoire (qui aurait pu être jolie) d’un gamin qui flippe parce que sa maman attend un bébé, un petit frère... C’est bientôt Noël et le Diable a décidé cette année de jouer les trouble-fête - cas de le dire! Il envoie trois de ses diablotins à la rencontre du gamin qui flippe, et, tous les quatre, ils pactisent... En échange de sa collaboration avec les forces du Mal, le gamin est assuré de rester fils unique... Bien que co-écrit par Furio Scarpelli - le complice du regretté Age, avec qui il concocta les scénars de quelques-unes des meilleures comédies italiennes - ce conte est bien insipide. Et le graphisme est plutôt moche; l’animation quelconque... Et par-dessus tout, mis à part le petit clin d’oeil à Pinocchio, cette histoire est un peu trop catholique à mon goût!

LES TROIS MOUSQUETAIRES - (The Three Musketeers) - de George Sidney.
(6/20) 1
USA - Couleur, 2h05 - 1948. (Reprise)
Avec : Gene Kelly, Lana Turner, Van Heflin, June Allyson, Vincent Price, Keenan Wynn.

Aventures : Ce film distrayant, datant d’une époque où le cinéma jouissait encore de son innocence et de sa fraîcheur, est , une fois de plus, une oeuvre surestimée par beaucoup de cinéphiles. Certes, à cette époque, les gens allaient surtout au cinoche pour s’amuser (quoi de plus naturel, après tout?), et, les amuseurs, eux savaient amuser! C’étaient des gens de talent et des pros; voyez Gene Kelly en d’Artagnan! Il manie le fleuret et sautille, fait des acrobaties tel un diable! Lana Turner, c’est quand même “la classe”! Et Vincent Price est savoureusement excessif dans le rôle du méchant (Richelieu)... J’en passe... Mais, je reverge. Le film me semble surestimé parce que, d’une part, après un début spectaculaire et rigolo, il s’enlise petit à petit... on finit par s’ennuyer aves toutes ces scènes étirées de romance à quat’sous... D’autre part, l’adaptation du roman est tout de même un peu trop fantaisiste. (Dumas, déjà, “faisait des enfants” à l’Histoire... et les scénaristes de cette version faisant également des enfants à Dumas... ça donne une famille... j’te raconte pas!). Quant au final, avec l’apparition spectrale du bourreau de Lille, notamment, on se fend carrément la poire! Non, sérieux : lisez ou relisez le bouquin, l’original, les vraies aventures des mousquetaires! C’est pour ça qu’il a été écrit; pour être lu; pas pour être adapté à l’écran ou ailleurs, nom d’une pipe!


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