Fèvrier 2004
Semaine Du 11-02 au 17-02-2004 

BLUEBERRY - (L’expérience interdite) de Jan Kounen. (0/20) 0
France - Couleur, 2h04 - 2003.
Avec : Vincent Cassel, Juliette Lewis, Michael Madsen, Colm Meany, Eddie Izzard.

Western : Récemment, nous avons eu l’occasion de parler du western américain avec L’homme qui n’a pas d’étoile (naïf, caricatural et sympathique) ; la semaine dernière, du western italien avec Le grand silence (sublime et désespéré) ; cette semaine, nous avons affaire au premier western chamanique (qui est en vérité une production française). Le premier, disais-je, et on l’espère de tout coeur, le dernier ! Il n’est ni naïf ni sympathique et encore moins sublime ou désespéré. Il est crétin, détestable, d’une laideur absolue et désespérant ! Qui plus est, il s’agit d’une adaptation de la célèbre bande dessinée de Jean Giraud ! La BD au cinoche, ça va cinq minutes ! Surtout quand c’est Jan Kounen qui est le maître d’oeuvre. Il nous avait déjà soûlé, il y a quelques années, avec son Doberman, véritable ramassis d’images clinquantes. Cette fois-ci, c’est pareil; il nous compose à chaque plan des images tape-à-l’oeil qui n’ont aucune raison d’être tant elles sont vides de sens. Rarement, j’ai été autant engourdi par l’ennui ! Quant à Mézigue, depuis qu’il a vu ce film, il a honte de déféquer... Au moins une fois par jour je l’entends hurler dans les toilettes “Au secours ! je suis en train de faire du Jan Kounen !!!” PS : Autre bonne nouvelle, Carlos Gomez est de retour avec une critique d’une saveur dont lui seul possède le secret. “Un voyage initiatique pour écran large... Fascinant. Mais il faut avoir le goût de la métaphore...Mais bien au-delà du cinéma, voici l’oeuvre d’un artiste”, nous déclare-t-il pompeusement dans son hebdomadaire favori. Langue de bois ou langue de lèche-bottes? Les deux?

COMPANY - (The Company) de Robert Altman. (3/20) 0
USA - Couleur, 1h50 - 2003.
Avec : Neve Campbell, Malcolm McDowell, James Franco, le Joffrey Ballet of Chicago

Comédie dramatique : Ce film est l’histoire du mariage impossible de Neve Campbell et de Robert Altman. D’une starlette antipathique et d’un maître du septième art... Qui plus est, c’est elle, la Campbell, qui est à l’origine du projet. C’est elle qui a imaginé l’histoire (quelle histoire ?!?) et qui a coproduit ce faux documentaire doublé d’un faux film de fiction. En effet, à part une ouverture assez accrocheuse, quelques beaux plans de danse ici et là et un magnifique solo de ballerine, c’est le règne absolu de la platitude ! Et les séquences qui s’enchaînent un peu n’importe comment, n’arrangent rien. Un coup, t’es en pleine répétition, la seconde d’après, t’es en représentation et douze instants plus tard, tu assistes à un cours de danse. Le plus tuant, c’est lorsqu’en plein spectacle, on te montre un petit coup de coulisses, un petit coup de public et un coup d’oeil sur la scène! Pour te concentrer sur l’esthétique du ballet, c’est du commode ! Même Malcolm McDowell, malgré son indiscutable présence, ne nous impressionne guère...Tout ceci pour la bonne raison que l’on ne retrouve à aucun momen le regard de Robert Altman. A croire qu’il était absent pendant les prises de vues ! C’est indigne de lui.

JULIETTE DES ESPRITS - (Giulietta degli spiriti) - de Federico Fellini. (0/20) 0
Italie - Couleur, 2h09 - 1965. (Reprise)
Avec : Giulietta Masini, Sandra Milo, Mario Pisu, Valentina Cortese, Sylva Koscina.

Drame : Me voilà donc découvrant ce Fellini considéré comme “mineur”... Personnellement, j’irai pluis loin en le qualifiant de “majeur” dans le genre nullissime... Eh,oui! Je ne suis point un admirateur inconditionnel du fameux maestro! A mon sens, il a été capable, tout au long de sa carrière, du meilleur comme du pire. Et, à choisir, je préfère sa première période (La strada, Il bidone, Les nuits de Cabiria...). Aïe! Quelle audace de ma part!!! Il ne faut surtout jamais avouer que l’on préfère les films de Fellini des années cinquante! Là, tu passes direct pour un gentil petit imbécile heureux... T’es carrément dégradé...! Chacun sait, bon sang, que Fellini - le grand Fellini, bien sûûûûr! - est né avec Huit et demi ! Moi, j’ai tellement hurlé d’ennui que j’ai cru que le titre du film en indiquait la durée... Passons... Néanmoins, dans sa deuxième période, il y a tout de même eu Amarcord et quelques autres oeuvres plus qu’intéressantes! Il faut raison garder. Revenons à Juliette et à ses esprits... C’est une gentille femme - quelque peu vieillissante - qui découvre que son cher et tendre époux la trompe avec - évidemment - un mannequin de vingt-quatre ans... Elle va tellement flipper qu’elle en perdra ses esprits pour en retrouver d’autres... sous la forme d’apparitions et de fantômes... C’est tout. Mais ce n’est pas bien grave. Ce qui est beaucoup plus embêtant, c’est l’aspect pseudo fantaisiste et pseudo magique de l’ensemble du film... On a parfois l’impression que Fellini se parodie lui-même... ou bien qu’il tâtonne, à la recherche de son talent caché... Les décors et costumes sont plus proches de ceux des films d’un Pasolini que... de ceux d’un Visconti, par exemple, histoire de situer... La pauvre et si sympathique “coccinelle” Masina (je ne sais pas pourquoi je la surnomme ainsi, je n’ai jamais eu l’occasion de voir la figure d’une coccinelle... étrange comparaison... passons...) se voit affublée presque tout le temps d’un grand saladier sur la tête, tantôt blanc, tantôt noir, en guise de chapeau... Bref! Venons-en maintenant aux choses sérieuses, j’entends les problèmes d’ordre technique. Jusqu’à présent, tout ce que j’ai pu dégoiser ne regarde que moi... chacun sa sensibilité, n’est-ce pas? Mais, le fait que l’image et le son (surtout le son - un problème majeur du cinéma italien, en général, surtout à l’époque où l’on ne pratiquait presque jamais la prise de son directe dans ce pays) soient autant négligés est objectivement intolérable! Passons rapidement sur les cadrages et le montage peu harmonieux afin de mieux parler du son. Donc, à l’époque, on n’enregistrait pas le son directement et, forcément, les films étaient sonorisés en studio... Hormis les bruitages, ce qu’il y avait de plus dramatique, c’était la post-synchronisation des comédiens et le doublage des acteurs étrangers fort nombreux, en ce temps-là à Cinecittà. (Voir Donald Sutherland dans Le Casanova). Par-dessus le marché, les Italiens passent pour être les meilleurs “doubleurs” du monde!!! Or, ils enregistrent tout, la gueule à ras du micro - sans aucun recul ou déplacement, lorsque c’est nécessaire. Ce qui donne cette insupportable sensation de manque de relief sonore dans bon nombre de films italiens - notamment ceux de Fellini (voir Intervista - lors d’un plan d’ensemble dans une cantine, quelqu’un parle... on ne sait pas qui... le temps de localiser la voix, on est dans une autre séquence etc.). Voilà des raisons concrètes - oh! ce n’est qu’un modeste aperçu - pour décrocher complètement d’un film! L’on me rétorquera que dans tous les films, pour peu que l’on cherche la petite bête, on trouve des défauts petits et grands ça où là... Je reconnais que ce n’est pas tout à fait faux... encore que... En raisonnant ainsi on en vient à la conclusion que pour aimer le cinéma, il faut beaucoup pardonner... Je veux bien, pardonnons beaucoup! Mais, de grâce, n’encensons pas trop vite. Gardons les yeux grands ouverts. Au cinéma, notamment, cela me semble important.

LES ONZE COMMANDEMENTS - de Les Réals de Madrid (François Desagnat et Thomas Sorriaux). (0/20) 0
France, Couleur, 1h25 - 2003.
Avec : Michaël Youhn, Vincent Desagnat, Benjamin Morgaine, Dieudonné, Patrick Timsit

Comédie : Une bande de crétins tarés -en l’occurence, ce n’est pas un pléonasme!- est missionnée par le dieu de la blague pour accomplir les onze commandements de la connerie humaine. S’en suivent alors des séquences sans queue ni tête, filmées style reportage où les gags (?) pleuvent ... ! Il y a un an, jour pour jour, nos deux réalisateurs rebaptisés ici les Réals de Madrid, nous avaient déjà gâtés avec une autre Youhnerie : La Beuze ; ils ont réussi à se surpasser ; cette fois-ci, c’est encore pire. En fait c’est pire que tout. Il y a une trentaine d’années, nous avions droit aux Charlots dirigés de main de maître par un Philippe Clair ou un Claude Zidi; aujourd’hui la relève du crétinisme est assurée par la Youhn Company ! Comme quoi les siècles se suivent et se ressemblent. Néanmoins, il faut reconnaître, la connerie étant infiniment perfectible, qu’avec ce film nous avons affaire à une cruelle surenchère humoristico-sado-masochiste! En effet, il existe une mode actuellement, chez les plus ou moins jeunes, qui consiste à “s’amuser” le plus bêtement et le plus méchamment possible en se tapant dessus, en se crachant à la figure, en mangeant de l’omelette au vomi, etc... De mon temps, on apprenait aux enfants à ne pas se curer le nez ou à ne pas cracher par terre, ce qui nous a permis de grandir en continuant de vivre à peu près à hauteur d’homme. De nos jours, la plus grave des tendances consiste à laisser les mômes exprimer librement leur connerie dans le but ... dans quel but en fait, mesdames et messieurs les parents, les psychanalistes et autres branleurs ? Pour finir, il y a quelques jours, tous les critiques s’étaient accordés pour massacrer le film RRRrrrr !!! ; en revanche Les onze commandements semblerait bénéficier d’une certaine indulgence, voire d’une certaine sympathie de la part des mêmes critiques. Ahurissant, non ? “Ahurissant, mon cul, s’exprime rageusement mon ami Mézigue. J’aimerais bien savoir combien de centimes ils sont payés pour vendre leur cul, ces infâmes scribouillards!!!” Amen.

PODIUM - de Yann Moix. (10/20) 1
France - Couleur, 1h35 - 2003.
Benoît Poelvoorde, Jean-Paul Rouve, Julie Depardieu, Marie Guillard, Anne Marivin.

Comédie : Bon. Cette histoire de sosie de bazar de Claude François vaut ce qu’elle vaut... Moi ce qui me gêne d’emblée, c’est le côté hommage à Clo-Clo. En effet, lorsque celui-ci s’est noyé dans sa prise électrique, ça ne m’a fait ni chaud ni froid... des gens, il en meurt à chaque instant ; s’il fallait tous les pleurer, on n’aurait pas assez de larmes. C’est dire q’un chanteur de variétés de cet acabit n’a jamais été ma tasse de thé. Voyons maintenant du côté de la mise en scène. Quitte à paraître expéditif, il n’y a rien qui sorte un tant soit peu du plus banal de l’ordinaire... On est en droit donc de se demander pour quelle impérieuse raison l’auteur du bouquin est aussi le réalisateur du film... Le scénario et l’histoire ne sont pas non plus exemplaires en matière de construction. La fin notamment semble avoir été le fruit un peu pourri d’un compromis. Nous avons droit à une première fin plutôt intéressante (je ne la raconte pas), mais qui malheureusement n’est qu’une fausse fin ! La deuxième et la vraie est aussi mièvre, stupide que désolante et irritante... Que reste-t-il alors ? Ben, Benoît Poelvoorde bien sûr !!! Voilà un des rarissimes comiques qui me fasse encore rire et parfois hurler de rire ! Pour la bonne raison que c’est avant tout un excellent comédien...que l’on aimerait bien voir dans des films un peu plus proche de ce que fut Les convoyeurs attendent, véritable bijou sombre qui a été trop peu honoré par le public... ou alors, dans des comédies pures mais de la veine du film qui a fait connaître Poelvoorde,C’est arrivé près de chez vous... Podium se situe à des années lumière de cette satire aussi violente qu’hilarante. Donc Benoît porte tout le film sur ses épaules ! Et grâce à lui on se paie quelques tranches de folle rigolade. Ce n’est déjà pas mal car c’est si rare de nos jours. Quant à ses partenaires, on n’a pas besoin de regarder à côté pour ne pas les voir...


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