|
BLUEBERRY - (Lexpérience
interdite) de Jan Kounen. (0/20) 
France - Couleur, 2h04 - 2003.
Avec : Vincent Cassel, Juliette Lewis, Michael Madsen, Colm Meany, Eddie Izzard.
|
Western : Récemment, nous avons eu loccasion
de parler du western américain avec Lhomme qui
na pas détoile (naïf, caricatural
et sympathique) ; la semaine dernière, du western italien
avec Le grand silence (sublime et désespéré)
; cette semaine, nous avons affaire au premier western chamanique
(qui est en vérité une production française).
Le premier, disais-je, et on lespère de tout coeur,
le dernier ! Il nest ni naïf ni sympathique et encore
moins sublime ou désespéré. Il est crétin,
détestable, dune laideur absolue et désespérant
! Qui plus est, il sagit dune adaptation de la célèbre
bande dessinée de Jean Giraud ! La BD au cinoche, ça
va cinq minutes ! Surtout quand cest Jan Kounen qui est
le maître doeuvre. Il nous avait déjà soûlé,
il y a quelques années, avec son Doberman, véritable
ramassis dimages clinquantes. Cette fois-ci, cest
pareil; il nous compose à chaque plan des images tape-à-loeil
qui nont aucune raison dêtre tant elles sont
vides de sens. Rarement, jai été autant engourdi
par lennui ! Quant à Mézigue, depuis quil
a vu ce film, il a honte de déféquer... Au moins
une fois par jour je lentends hurler dans les toilettes Au
secours ! je suis en train de faire du Jan Kounen !!!
PS : Autre bonne nouvelle, Carlos Gomez est de retour avec une critique dune
saveur dont lui seul possède le secret. Un voyage initiatique
pour écran large... Fascinant. Mais il faut avoir le goût de la
métaphore...Mais bien au-delà du cinéma, voici loeuvre
dun artiste, nous déclare-t-il pompeusement dans son hebdomadaire
favori. Langue de bois ou langue de lèche-bottes? Les deux?
|
COMPANY - (The
Company) de Robert Altman. (3/20) 
USA - Couleur, 1h50 - 2003.
Avec : Neve Campbell, Malcolm McDowell, James Franco, le Joffrey Ballet of Chicago
|
Comédie dramatique : Ce film est lhistoire
du mariage impossible de Neve Campbell et de Robert Altman. Dune
starlette antipathique et dun maître du septième
art... Qui plus est, cest elle, la Campbell, qui est à lorigine
du projet. Cest elle qui a imaginé lhistoire
(quelle histoire ?!?) et qui a coproduit ce faux documentaire
doublé dun faux film de fiction. En effet, à part
une ouverture assez accrocheuse, quelques beaux plans de danse
ici et là et un magnifique solo de ballerine, cest
le règne absolu de la platitude ! Et les séquences
qui senchaînent un peu nimporte comment, narrangent
rien. Un coup, tes en pleine répétition,
la seconde daprès, tes en représentation
et douze instants plus tard, tu assistes à un cours de
danse. Le plus tuant, cest lorsquen plein spectacle,
on te montre un petit coup de coulisses, un petit coup de public
et un coup doeil sur la scène! Pour te concentrer
sur lesthétique du ballet, cest du commode
! Même Malcolm McDowell, malgré son indiscutable
présence, ne nous impressionne guère...Tout ceci
pour la bonne raison que lon ne retrouve à aucun
momen le regard de Robert Altman. A croire quil était
absent pendant les prises de vues ! Cest indigne de lui.
|
JULIETTE DES ESPRITS -
(Giulietta degli spiriti) - de Federico Fellini. (0/20)

Italie - Couleur, 2h09 - 1965. (Reprise)
Avec : Giulietta Masini, Sandra Milo, Mario Pisu, Valentina Cortese, Sylva Koscina.
|
Drame : Me voilà donc découvrant ce Fellini
considéré comme mineur... Personnellement,
jirai pluis loin en le qualifiant de majeur dans
le genre nullissime... Eh,oui! Je ne suis point un admirateur
inconditionnel
du fameux maestro! A mon sens, il a été capable, tout au long de
sa carrière, du meilleur comme du pire. Et, à choisir, je préfère
sa première période (La strada, Il bidone, Les nuits de Cabiria...).
Aïe! Quelle audace de ma part!!! Il ne faut surtout jamais avouer que lon
préfère les films de Fellini des années cinquante! Là,
tu passes direct pour un gentil petit imbécile heureux... Tes carrément
dégradé...! Chacun sait, bon sang, que Fellini - le grand Fellini,
bien sûûûûr! - est né avec Huit et demi !
Moi, jai tellement hurlé dennui que jai cru que le titre
du film en indiquait la durée... Passons... Néanmoins, dans sa
deuxième période, il y a tout de même eu Amarcord et
quelques autres oeuvres plus quintéressantes! Il faut raison garder.
Revenons à Juliette et à ses esprits... Cest une gentille
femme - quelque peu vieillissante - qui découvre que son cher et tendre époux
la trompe avec - évidemment - un mannequin de vingt-quatre ans... Elle
va tellement flipper quelle en perdra ses esprits pour en retrouver dautres...
sous la forme dapparitions et de fantômes... Cest tout. Mais
ce nest pas bien grave. Ce qui est beaucoup plus embêtant, cest
laspect pseudo fantaisiste et pseudo magique de lensemble du film...
On a parfois limpression que Fellini se parodie lui-même... ou bien
quil tâtonne, à la recherche de son talent caché...
Les décors et costumes sont plus proches de ceux des films dun Pasolini
que... de ceux dun Visconti, par exemple, histoire de situer... La pauvre
et si sympathique coccinelle Masina (je ne sais pas pourquoi je la
surnomme ainsi, je nai jamais eu loccasion de voir la figure dune
coccinelle... étrange comparaison... passons...) se voit affublée
presque tout le temps dun grand saladier sur la tête, tantôt
blanc, tantôt noir, en guise de chapeau... Bref! Venons-en maintenant aux
choses sérieuses, jentends les problèmes dordre technique.
Jusquà présent, tout ce que jai pu dégoiser
ne regarde que moi... chacun sa sensibilité, nest-ce pas? Mais,
le fait que limage et le son (surtout le son - un problème majeur
du cinéma italien, en général, surtout à lépoque
où lon ne pratiquait presque jamais la prise de son directe dans
ce pays) soient autant négligés est objectivement intolérable!
Passons rapidement sur les cadrages et le montage peu harmonieux afin de mieux
parler du son. Donc, à lépoque, on nenregistrait pas
le son directement et, forcément, les films étaient sonorisés
en studio... Hormis les bruitages, ce quil y avait de plus dramatique,
cétait la post-synchronisation des comédiens et le doublage
des acteurs étrangers fort nombreux, en ce temps-là à Cinecittà.
(Voir Donald Sutherland dans Le Casanova). Par-dessus le marché,
les Italiens passent pour être les meilleurs doubleurs du monde!!!
Or, ils enregistrent tout, la gueule à ras du micro - sans aucun recul
ou déplacement, lorsque cest nécessaire. Ce qui donne cette
insupportable sensation de manque de relief sonore dans bon nombre de films italiens
- notamment ceux de Fellini (voir Intervista - lors dun plan densemble
dans une cantine, quelquun parle... on ne sait pas qui... le temps de localiser
la voix, on est dans une autre séquence etc.). Voilà des raisons
concrètes - oh! ce nest quun modeste aperçu - pour
décrocher complètement dun film! Lon me rétorquera
que dans tous les films, pour peu que lon cherche la petite bête,
on trouve des défauts petits et grands ça où là...
Je reconnais que ce nest pas tout à fait faux... encore que... En
raisonnant ainsi on en vient à la conclusion que pour aimer le cinéma,
il faut beaucoup pardonner... Je veux bien, pardonnons beaucoup! Mais, de grâce,
nencensons pas trop vite. Gardons les yeux grands ouverts. Au cinéma,
notamment, cela me semble important.
|
LES ONZE COMMANDEMENTS -
de Les Réals de Madrid (François Desagnat
et Thomas Sorriaux). (0/20) 
France, Couleur, 1h25 - 2003.
Avec : Michaël Youhn, Vincent Desagnat, Benjamin Morgaine, Dieudonné,
Patrick Timsit
|
Comédie : Une bande de crétins tarés
-en loccurence, ce nest pas un pléonasme!-
est missionnée par le dieu de la blague pour accomplir
les onze commandements de la connerie humaine. Sen suivent
alors des séquences sans queue ni tête, filmées
style reportage où les gags (?) pleuvent ... ! Il y a
un an, jour pour jour, nos deux réalisateurs rebaptisés
ici les Réals de Madrid, nous avaient déjà gâtés
avec une autre Youhnerie : La Beuze ; ils ont réussi à se
surpasser ; cette fois-ci, cest encore pire. En fait cest
pire que tout. Il y a une trentaine dannées, nous
avions droit aux Charlots dirigés de main de maître
par un Philippe Clair ou un Claude Zidi; aujourdhui la
relève du crétinisme est assurée par la
Youhn Company ! Comme quoi les siècles se suivent et se
ressemblent. Néanmoins, il faut reconnaître, la
connerie étant infiniment perfectible, quavec ce
film nous avons affaire à une cruelle surenchère
humoristico-sado-masochiste! En effet, il existe une mode actuellement,
chez les plus ou moins jeunes, qui consiste à samuser le
plus bêtement et le plus méchamment possible en
se tapant dessus, en se crachant à la figure, en mangeant
de lomelette au vomi, etc... De mon temps, on apprenait
aux enfants à ne pas se curer le nez ou à ne pas
cracher par terre, ce qui nous a permis de grandir en continuant
de vivre à peu près à hauteur dhomme.
De nos jours, la plus grave des tendances consiste à laisser
les mômes exprimer librement leur connerie dans le but
... dans quel but en fait, mesdames et messieurs les parents,
les psychanalistes et autres branleurs ? Pour finir, il y a quelques
jours, tous les critiques sétaient accordés
pour massacrer le film RRRrrrr !!! ; en revanche Les
onze commandements semblerait bénéficier dune
certaine indulgence, voire dune certaine sympathie de la
part des mêmes critiques. Ahurissant, non ? Ahurissant,
mon cul, sexprime rageusement mon ami Mézigue. Jaimerais
bien savoir combien de centimes ils sont payés pour vendre
leur cul, ces infâmes scribouillards!!! Amen.
|
PODIUM - de Yann
Moix. (10/20) 
France - Couleur, 1h35 - 2003.
Benoît Poelvoorde, Jean-Paul Rouve, Julie Depardieu, Marie Guillard, Anne
Marivin.
|
Comédie : Bon. Cette histoire de sosie de bazar
de Claude François vaut ce quelle vaut... Moi ce
qui me gêne demblée, cest le côté hommage à Clo-Clo.
En effet, lorsque celui-ci sest noyé dans sa prise électrique, ça
ne ma fait ni chaud ni froid... des gens, il en meurt à chaque
instant ; sil fallait tous les pleurer, on naurait
pas assez de larmes. Cest dire qun chanteur de variétés
de cet acabit na jamais été ma tasse de thé.
Voyons maintenant du côté de la mise en scène.
Quitte à paraître expéditif, il ny
a rien qui sorte un tant soit peu du plus banal de lordinaire...
On est en droit donc de se demander pour quelle impérieuse
raison lauteur du bouquin est aussi le réalisateur
du film... Le scénario et lhistoire ne sont pas
non plus exemplaires en matière de construction. La fin
notamment semble avoir été le fruit un peu pourri
dun compromis. Nous avons droit à une première
fin plutôt intéressante (je ne la raconte pas),
mais qui malheureusement nest quune fausse fin !
La deuxième et la vraie est aussi mièvre, stupide
que désolante et irritante... Que reste-t-il alors ? Ben,
Benoît Poelvoorde bien sûr !!! Voilà un des
rarissimes comiques qui me fasse encore rire et parfois hurler
de rire ! Pour la bonne raison que cest avant tout un excellent
comédien...que lon aimerait bien voir dans des films
un peu plus proche de ce que fut Les convoyeurs attendent,
véritable bijou sombre qui a été trop peu
honoré par le public... ou alors, dans des comédies
pures mais de la veine du film qui a fait connaître Poelvoorde,Cest
arrivé près de chez vous... Podium se
situe à des années lumière de cette satire
aussi violente quhilarante. Donc Benoît porte tout
le film sur ses épaules ! Et grâce à lui
on se paie quelques tranches de folle rigolade. Ce nest
déjà pas mal car cest si rare de nos jours.
Quant à ses partenaires, on na pas besoin de regarder à côté pour
ne pas les voir...
Haut
de Page
|