Janvier - Fèvrier 2004
Semaine 5  Du 28-01 au 03-02-2004  

ANATOMIE DE L’ENFER - de Catherine Breillat. (0/20) 0
France - Couleur, 1h17 - 2003.
Avec : Amira Casar, Rocco Siffredi, Alexandre Belin, Manuel Taglang, Jacques Monge.

Drame : Rencontre, dans les toilettes d’une boîte de nuit gay, d’une jeune femme suicidaire et d’un client du rade, homosexuel. La femme propose un job marrant au mec: le payer pour qu’il la regarde là où elle n’est pas “regardable”... S’ensuit un concerto pour poils de cul durant quatre nuits... Que les protagonistes s’exhibent, je m’en tape! Mater du sexe en très gros plan, ça ne m’a jamais seulement fait larmoyer...! Le problème, c’est que Catherine Breillat est une obsédée du cul sale qui ne veut pas le reconnaître et nous enveloppe donc son caca dans un discours abscons! Quant à Amira Casar, qui défend le film en disant que ce n’est pas ce que l’on montre qui compte mais le regard que l’on y porte, elle oublie d’être cohérente! Si elle dit vrai, pourquoi donc s’est-elle fait doubler pour certains plans...? Par pudeur...? Je peux comprendre cela. Mais force est à Casar de reconnaître alors que l’on a parfaitement le droit de poser un regard pudique sur les images qui nous sont proposées, sans pour autant être intolérant ou imbécile! Non? Allez. Basta. Suffit!

CLAUDE SAUTET OU LA MAGIE INVISIBLE - de N.T. Binh. (13/20) 2 France - Couleur, 1h25 - 2002.
Intervenants : Bertrand Tavernier, Philippe Sarde, Jean-Paul Rappeneau, Graziella Sautet, José Giovanni, Philippe Carcassonne, Jean-Loup Dabadie, Jean-Pierre Marielle, Jean-François Robin.

Documentaire : Il s’agit d’un document essentiellement destiné aux cinéphiles... mais, pas obligatoirement! Les films de Sautet ont eu un tel succès public, que cet hommage qui lui est rendu par le réalisateur et les différents intervenants, peut intéresser tous ceux qui ont vu et aimé Les choses de la vie, Max et les ferrailleurs ou César et Rosalie... Suite à une longue série d’entretiens avec Sautet - qui n’a pas voulu se montrer à l’écran et dont on n’entend que la voix off - N.T. Binh a décidé d’illustrer les propos du maître en parcourant la totalité de sa carrière. On y apprend également que Sautet était à l’origine sculpteur, puis scénariste-conseil, enfin le metteur en scène à la rigueur et à la pudeur que l’on sait. Remarquable à tous les stades de la création d’une oeuvre cinématographique, depuis la conception et la structure du scénario jusqu’au montage, en passant par une admirable direction d’acteurs, un sens de la musique et de la musicalité de chaque son, un souci permanent du moindre détail concernant les décors, les costumes etc. Quoi de plus normal, me diront certains. D’accord... mais c’est rare quand même. Et ce qui est plus rare encore, c’est le fait que Sautet, sans jamais se déculotter, soit parvenu à émouvoir une si large audience! N’est-ce pas l’idéal pour un artiste?

LE FILS DE LA MARIEE - (El hijo de la novia) - de Juan José Campanella. (17/20) 3
Argentine - Couleur, 2h05 - 2001.
Avec : Ricardo Darin, Hector Alterio, Norma Aleandro, Eduardo Blanco, Natalia Verbeke

Comédie dramatique : Un fils indigne, un père sympa et tendre, une mère sympa mais gravement atteinte (encore un coup de ce salaud d’Alzheimer!)... Le fils, prénommé Rafael, traverse une période sérieusement stressante! Séparé de son épouse et ne voyant qu’une fois par semaine sa fillette, il vit à cent à l’heure, gère tant bien que mal son restaurant (que certains veulent lui racheter), fréquente une jeune femme dont il ne sait plus si elle l’aime encore... et ne rend visite à sa maman qu’une fois l’an, pour son anniversaire... A force de tension nerveuse, il devient violent et assez antipathique... Ce mode de vie lui vaudra une alerte cardiaque, à seulement quarante-deux ans... Dans le même temps, son père lui annonce qu’il veut absolument épouser sa femme - la mère de Rafael - avec qui il a vécu en situation de concubinage jusque là... une joie pour son père, mais surtout un dernier et hautement symbolique cadeau à sa compagne de toujours... Malgré les réticences de Rafael, ce projet un peu fou se réalisera... assez platement... tout comme dans la vie et non comme dans un film... D’autant plus émouvant pour le spectateur. D’ailleurs, les émotions ne manquent pas dans cette oeuvre - véritable surprise pour moi! Et, même si le gâteau est parfois un tantinet trop sucré, l’humour est là, omniprésent! Oui, on rit beaucoup - ouf! fait du bien de temps en temps - notamment grâce au copain d’enfance de Rafael, un certain Juan Carlos (formidable Eduardo Blanco!). Du reste, tous les comédiens sont épatants! Déjà très remarqué dans le polar insolite Les neuf reines, où il jouait le rôle d’un filou inoubliable, Ricardo Darin éclate à nouveau de toute sa présence (avec un je-ne-sais-quoi de Lee Van Cleef, dans le regard et le sourire) dans cette comédie “mélodramatique” très proche de la comédie à l’italienne. On rit aux larmes et on larmoie en riant. (D’ailleurs, entre nous soit dit, je me suis bien marré pendant la projection. Cela faisait un bail que je n’avais pas vu Mézigue chialer au cinéma!). Bon, M’sieurs Dames, j’espère que cette fois vous n’allez pas me laisser tout seul, comme récemment avec The Station Agent (15.000 entrées) ou Kiss of Life (2.500 entrées!!!)... Allez-y, bon sang!!!

FRERE DES OURS - (Brother Bear) - de Bob Walker et Aaron Blaise. (7/20) 1 USA - Couleur, 1h25 - 2003.
Avec les voix, en V.O. : Joaquin Phoenix, Bruno Choel, Jeremy Suarez, Gwenael Somier.
En V.F. : Kad et Olivier, David Douillet, Omar et Fred, Annie Cordy.

Dessin animé : Dans le Grand Nord, un jeune Indien venge son frère en tuant le grizzly responsable de sa mort. Mais, pour lui apprendre à vivre, un sortilège va le transformer en ours! Conte initiatique pour les plus jeunes, ce voyage au pays des nounours est on ne peut plus conventionnel mais possède toutefois encore suffisamment de charme pour amuser - très moyennement - petits et grands. Le graphisme classique - sans être stupéfiant de beauté! - dégage une certaine chaleur que l’on ne peut retrouver dans les films d’animation numériques. Côté chansons, on retrouve Phil Collins, toujours aussi brillant! Et, côté version française, cela devient horripilant! Après le footballeur Ginola dans Le monde de Nemo, on a droit ici à un judoka, David Douillet!!! A ce tarif, je propose qu’au prochains championnats de judo, on envoie Belmondo... Comme ça, on aura l’air bien con!!!

LE JOUR DE L’ECLIPSE - (Dni zatmeniya) - de Alexandre Sokourov. (0/20) 0
Russie - Couleur, 2h15 - 1988. (Reprise)
Avec : Alexeï Annanishnov, Irina Sokolova.

Drame : Un jeune médecin quitte la ville pour aller soigner les habitants d’un patelin perdu d’Asie Centrale. Il va découvrir un monde sordide et sauvage, habité par la peur et la haine où règnent la solitude et la mort... A partir de là, désolé, mais on se fait chier quelque chose de saignant! D’interminables images d’un jaunâtre pisseux s’étirent sur des ombres humaines filmées de loin, de loin... avec un son étouffé et à peine audible... D’ailleurs, très vite, on se fiche allegretto de ce qui peut se dire ou se passer dans ce film, certes très étrange et original, mais d’une vacuité soûlante... “Un milliard d’années avant la fin du monde...”, nous annonce-t-on au début... Un milliard d’années avant la fin du film, ouais...! Décidément, j’ai de plus en plus la désagréable impression que je me suis trompé sur le cas Sokourov...

OUT OF TIME - de Carl Franklin. (0/20) 0
USA - Couleur, 1h45 - 2003.
Avec : Denzel Washington, Eva Mendes, Sanaa Lathan, Dean Cain, John Billingsley.

Policier : Piège pour un flic en instance de divorce... Imbroglio gravement cousu de fil blanc! Je ne vous en dis pas plus, histoire de voir, si comme moi, vous allez deviner la totalité du film... dès les cinq premières minutes! Sinon, Denzel assure... sans plus. Eva Mendes fait partie de ses belles femmes fatales... pourtant si repoussantes de vulgarité! Et John Billingsley dans le rôle de Coluche... Bref, une limousine toute neuve, bonne pour la casse...

RRRrrrr !!! - de Alain Chabat. (0/20) 0
France - Couleur, 1h40 - 2003.
Avec : Les Robins des Bois, Alain Chabat, Gérard Depardieu, Jean Rochefort.

Comédie : Tiens... A propos de grognements... Si je laissais Mézigue exprimer le fond de sa colère... “Par ce navet absolument prodigieux, les critiques se déclarent unanimement... déçus!!! On marche vraiment sur la tête! Déçus en vertu de...quoi??? C’est un film puant qui m’a agressé les narines, dès le premier jour de tournage...! Déçus par Chabat?!? L’homme qui n’a jamais rien su faire, tout en touchant à tout? Par Les Robins des Bois??? Ce troupeau d’idiots antipathiques... qui balancent des vannes indignes du plus nullissime spectacle de café-théâtre? C’est quoi cette avalanche de pseudo comiques bêtes et laids, à la fin?!? Sûr que c’est Coluche qui a ouvert (oh! bien involontairement, cela va sans dire!), la porte à tous ces gugusses sans talent aucun qui pratiquent la grossièreté à coups d’excréments dans la gueule! La grossièreté doit être maniée avec infiniment de... finesse! C’est tout un art. Sinon : on tombe dans la vulgarité! Non, Chabat! Ce n’est pas un film pour enfants fait par des enfants. C’est un film pour tarés fait par des tarés!!!” Il est vrai que Moi-Même, j’ai été stupéfait! Une fois de plus, je pensais avoir tout vu, atteint le fin fond du fond... Eh bien, non! La connerie humaine, tout comme le génie, n’a pas de limites!
P.S. Malgré son déguisement, on a tous reconnu Gérard Depardieu... dans le rôle de son clone.

TORNANDO A CASA - de Vincenzo Marra. (0/20) 0
Italie - Couleur, 1h28 - 2001.
Avec : Salvatore Iaccarino, Aniello Scotto d’Antuono, Giovanni Iaccarino, Roberta Papa.

Drame : Les aventures trés réalistes - quasi documentaires - de l’équipage d’un bateau de pêche napolitain qui outrepasse les limites de la Sicile en poussant jusqu’aux eaux territoriales africaines beaucoup plus riches en poissons... Les interprètes de ce film sont d’authentiques marins... qui auraient été beaucoup plus à l’aise dans un reportage. Pourquoi, en effet, tenir à tout prix à faire de la fiction... en se voulant plus crédible que la réalité...? Quant à l’esthétique, elle n’est pas de mise dans ce type de produit. L’intrigue nous laisse indifférents... Alors, à quoi bon enquiquiner le monde au lieu de faire tout simplement un documentaire? Eh, Vincenzo! Y en a Marra...!


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