AVRIL 2004
Semaine 14  Du 31-03 au 06-04-2004   

AGENTS SECRETS - de Frédéric Schoendorffer. (0/20) 0
France - Couleur, 1h49 - 2003.
Avec : Vincent Cassel, Monica Bellucci, André Dussollier, Charles Berling, Eric Savin.

Espionnage : Mission secrète : faire sauter le bateau “Anita Hans” appartenant à Lipovsky, une grosse pointure du trafic d’armes, diamants et autres. Mais, l’affaire n’est pas très claire... Les agents chargés de l’opération ne sont-ils pas en train de se faire faire un têtard dans le dos...? Intrigues usées, peu d’action, aucun suspense, script lamentable aux dialogues écrits par un bambin pas très doué, interprétation forcément ridicule. Il n’y a que Dussollier qui parvient à sortir son épingle de ce merdier. Chapeau Monsieur! Car c’était pas évident! Berling, quant à lui, a enfin un rôle à sa mesure : il ne dit pas un mot et se fait zigouiller dès le début du film! C’est comme ça qu’on l’aime! Mais, franchement, on a honte en regardant ce mauvais téléfilm! On n’y croit pas! On se frotte les yeux! Mais qui donc a donné une caméra à Frédéric Jr;? Il ne sait pas quoi en faire et la pose n’importe où et n’importe comment! “Captivant et troublant. Un film exceptionnel” nous claironne “Studio Magazine”. Dès qu’il y a un navet, tu peux compter sur ce torchon pour l’encenser! Au fait, s’agit-il d’une revue de cinéma ou bien... d’une boîte de pub?!?

DU MALI AU MISSISSIPI - (Fell Like Going Home - Collection : The Blues) - de Martin Scorsese. (7/20) 1
USA - Couleur et noir et blanc, 1h17 - 2003.
Avec : Corey Harris, Taj Mahal, Othar Turner, Pat Thomas, Ali Farka Touré...

Documentaire : Et voilà. Première déception de la série. Il faut décidèment se méfier de ce petit filou de Scorsese! C’est lui qui lance le projet et qui le produit et quand il s’agit d’en réaliser un épisode, plus personne! Ne vous attendez pas, comme moi, à un voyage organisé. C’est brouillon au possible, bâclé et ça part dans tous les sens; on arrive difficilement à savoir où l’on se trouve... Très peu au Mali, en tous cas. Et l’image, mis à part les documents d’archives, est dégueulasse! Il est tout de même inadmissible, sous prétexte qu’il s’agit d’un documentaire, de nous servir une photo vidéo bas de gamme aussi infecte! Pire qu’un film de vacances! Restent les personnages - dans la mesure où l’on parvient à les voir, ils sont très peu mis en valeur - pittoresques et émouvants, ainsi que des bribes de musique d’un très haut niveau bien sûr. Parmi les artistes, on aperçoit de temps en temps, l’un de mes préférés : Muddy Waters. A voir d’un oeil distrait; mais attention, c’est un “Tsé-Tsé Movie”, j’ai failli m’endormir...

L’EFFET PAPILLON - (Butterfly Effect) - de Eric Bress et J. Mackye Gruber. (0/20) 0
USA - Couleur, 1h53 - 2003.
Avec : Ashton Kutcher, Amy Smart, Melora Walters, Elden Henson, Eric Stoltz.

Fantastique : Commençons par le commencement. Je sais que je deviens sans doute lassant, mais moi, je ne me lasserai pas de signaler les films tournés avec un support “numerdique” ! Ici, l’image est cauchemardesque de laideur ! Par ailleurs, les acteurs sont tous laids et antipathiques ! Quant à l’histoire, ouille !!! C’est un gars qui, depuis tout jeune, chaque fois qu’il fait une connerie, a un énorme trou de mémoire. Mais attention, désastreuses les conneries... tragiques ! Au fil des ans, il finira même en prison pour meurtre. Faut dire que le pauvre, est victime d’une malédiction incompréhensible. Il aurait, si j’ai bien tout compris, une surcharge de mémoire de quarante ans, de mémoire située dans l’avenir, attention ! Mais, comme il a pris des notes dans un grand cahier, suite aux recommandations de son médecin, à chaque “blitz” dramatique, il va tout d’un coup, au moment le plus désastreux, au fin fond de sa geôle, relire ses fameuses notes et revivre sa vie, à l’envers afin de corriger le tir. D’étape en étape, donc, il modifie les événements, mais chaque fois, d’autres surprises désagréables l’attendent. Il finit par remonter jusqu’à sa plus tendre enfance afin de se libérer, enfin, de sa maudite malédiction. Je passe sur les détails, tant tout cela est grotesque ! Surtout que le voyage dans le temps, excepté quelques oeuvres fraîches et naïves, est un thème complètement aberrant ! Personnellement, je n’arrive pas à l’accepter, même dans un contexte fantastique et follement fantaisiste. Il est bien évident que si tout est lié -là, on en revient au phénomène de l’effet papillon- ce n’est pas seulement la vie de quelques personnages qui serait bouleversée, mais, l’absolue totalité de l’univers.

L’EXAMEN - (Emtehan) - de Nasser Refaie. (0/20) 0
Iran - Couleur, 1h20 - 2003.
Avec : Raya Nassiri, Farzin Aghaie, Aghdas Khoshmou, Ali Hosseini, Nahid Refaie.

Comédie dramatique : Pour être dépouillé, le film est dépouillé. Il commence par l’arrivée dans une espèce d’université, d’un bon nombre de candidates venues passer un examen. Elles arrivent donc tout doucement ; entrent dans la cour en attendant qu’on les appelle ; tchatchent entre elles de choses on ne peut plus banales ; quelques petites situations problématiques sont esquissées ; et, au bout de quatre-vingts minutes, on leur annonce que l’examen va commencer. Retour à l’extérieur, la caméra, à nouveau plantée, face à la porte d’entrée. C’est tout, démerde toi avec ça.

HIDALGO - (Les aventuriers du désert) - de Joe Johnston. (2/20) 0
USA - Couleur, 2h16 - 2003.
Avec : Viggo Mortensen, Omar Sharif, Louise Lombard, Saïd Taghmaoui.

Aventures : Et voici un nouveau genre : le western arabe. Un cow-boy de Prisunic et un riche épicier s’affrontent par chevaux interposés. Il s’agit de la fameuse course de cinq mille kilomètres, dans le désert appelée “l’océan de feu”. Mais les deux personnages en question sont au fond de braves gars. La méchante, la vraie, c’est une Lady anglaise qui triche, qui assassine, qui sabote tout, pour faire gagner son étalon. En plus de l’insupportable présence de Mortensen, le film n’est guère palpitant. Quant à la course, tu repasseras ! Sur 2h16 (ils commencent à nous barber avec la durée de leurs films !), tu as dix minutes de sprint. Evidemment, le film ne marche pas, et c’est bien fait pour sa gueule.

LAS HORAS DEL DIA - (Les heures du jour) - de Jaime Rosales. (2/20) 0
Espagne - Couleur, 1h38 - 2003.
Avec : Alex Brendemühl, Agata Roca, Maria Antonia Martinez, Vicente Romero.

Drame : Abel est un homme qui mène une vie, on ne peut plus normale. Il gère un magasin de fringues, s’occupe de sa maman, et fréquente régulièrement sa petite amie... Sauf que, paf ! tout d’un coup -ça le prend comme une envie de pisser- il tue quelqu’un. Il étrangle une bonne femme ou un vieillard, selon l’occasion... On ne sait pas pourquoi, ce ne sera jamais clairement expliqué ; à part deux ou trois scènes, ce film est tellement “normal” que, bien évidemement, un spectateur “normal” s’ennuie à mourir. Encore un minimaliste qui nous les brise un maximum, ce Rosales !

LAST LIFE IN THE UNIVERSE - de Pen-ek Ratanaruang. (6/20) 1
Thaïlande - Couleur, 1h52 - 2003.
Avec : Tadanobu Asano, Sinitta Boonyasak, Laila Boonyasak, Yutaka Matsushifge.

Drame : Un jeune japonais, installé à Bangkok, particulièrement suicidaire, se fait buter son frangin sous ses yeux, le venge aussi sec d’un coup de pétard dans la gueule de l’assassin, ce qui lui vaudra d’être poursuivi par les autres tueurs de la bande. Par ailleurs, il rencontre une jeune et jolie prostituée avec qui il va, petit à petit, sympathiser. Onirico-surréaliste, ou pour parler plus simplement, très insolite, ce film vaut par une réalisation assez soignée, par son humour, et par une interprétation de qualité. Néanmoins, à mon goût, le scénario part un peu trop souvent en vadrouille, n’importe où... Cet excès de liberté engendre l’incompréhension et parfois l’irritation. Bien trop proche d’un des cinéastes qui m’insupporte le plus : Jean-Luc Godard.

LOCO 33 - (El ultimo tren) - de Diego Arsuaga. (6/20) 1
Uruguay - Couleur, 1h33 - 2002.
Avec : Hector Alterio, Federico Luppi, Pepe Soriano, Gaston Pauls, Balaram Dinard.

Comédie dramatique : Un “traître à la patrie”, propriétaire d’une légendaire locomotive veut céder celle-ci à des producteurs hollywoodiens, pour des raisons bassement pécuniaires. Mais, c’est compter sans l’association “Les amis du rails” ! Trois septuagénaires vont donc être chargés de “kidnapper” la loco, de la détourner, de l’éloigner, de la planquer, le mieux possible. Bien des péripéties les attendent au bord de cette machine, à travers l’Amérique du Sud. La presse va s’en mêler, l’opinion publique va se mobiliser, et cette histoire va devenir une affaire d’état. Traité sur un mode cocasse et tendre, ce petit film aurait pu beaucoup gagner, s’il avait été plus dense au niveau du script. C’est d’autant plus dommage que les personnages sont tous savoureux. Quant aux comédiens, il faut absolument souligner les excellentes prestations des deux grands acteurs argentins : Hector Alterio et Federico Luppi.

LA PASSION DU CHRIST - (The Passion of the Christ) - de Mel Gibson. (0/20) 0
USA - Couleur, 2h06 - 2003.
Avec : Jim Caviezel, Monica Bellucci, Claudia Gerini, Maia Morgenstern, Sergio Rubini.

Drame : Mézigue speaking :
“Moi, Mézigue, noble athée, en vérité je vous le dis, le p’tit Jésus, ça fait 2 000 ans qu’il me les gonfle, avec ses histoires ! Je rappelle à ceux qui ne s’en douteraient pas, que des martyrs (et des vrais de vrais !), il y en a tous les jours, aux quatre coins du monde, comme cela fut le cas jadis, et comme ce sera le cas, malheureusement, tant que l’homme n’aura pas subi une sérieuse mutation. Alors on pourrait, peut-être, changer un peu de disque, non ?Quant à Mel Gibson, il doit vachement l’aimer son Christ ! Qu’est-ce qu’il lui met ! Et oui, comme d’habitude, qui veut faire l’ange, fait la bête. Cela dit, Gibson a beau avoir la finesse et l’élégance d’un veau, autant que je sache, tous les faits relatés dans son film sont bibliquement vrais. Il n’y a pas à discuter. La Bible, on l’accepte ou on la refuse. Moi, personnellement, la Bible, je m’en tape. Déjà que les livres d’histoire ne m’inspirent pas toujours confiance...Néanmoins, même si comme moi, on ne considère la Passion du Christ, que comme un mythe ou une légende, il eût été possible d’en tirer tout de même autre chose ; je ne sais pas moi, une petite réflexion, un truc comme ça. Alors que là, la démarche de Mad Max est, toutes proportions respectées (et que Dieu me pardonne !) assez comparable à celle d’un film pornographique. C’est répétitif, répétitif, répétitif... ça cogne, ça cogne et ça cogne... et au bout du compte, ce n’est pas très excitant... C’est même lassant ! En vérité, je vous le dis, nobles croyants, plutôt que d’aller voir cette merde, allez donc vous faire une bonne messe, c’est moins malsain.”
Over !

SHARA - de Naomi Kawase. (0/20) 0
Japon - Couleur, 1h39 - 2003.
Avec : Kohei Fukunaga, Yuka Hyoudo, Naomi Kawase, Kanako Higuchi.

Drame : Le jour de la fête du dieu Jizo, les deux frères jumeaux, Kei et Shun, comme d’habitude, s’amusent à courir dans les rues de leur ville. Mais, Kei disparaît soudain, comme s’il avait été enlevé par les dieux. Cinq ans plus tard, Shun est un adolescent de 17 ans, et il s’éprend tout naturellement de la jolie Yu, une amie d’enfance, mais... un blocage mystérieux les empèche de vivre leur amour. Naomi Kawase, la fameuse réalisatrice de l’horrible Suzaku, récompensé à Cannes par une caméra d’or, en 1996, récidive impitoyablement. Eternel ingénu, je me demande toujours ce qui peut bien se passer dans la tête des cinéastes qui commettent des oeuvres aussi hermétiques que rasantes... En effet, on ne pige que dalle, on passe son temps à regarder sa tocante, on s’énerve, et, excepté la scène de l’accouchement de la fin, où une femme donne vie à un garçon,(c’est toujours ça de pris), rien ne se produit. Shara est un film autiste.
PS : Oh, je sais qu’il y a des gens extra-lucides qui savent lire entre les images, et qui, eux, auront tout compris ! Moi, je ne sais pas pratiquer cet exercice qui me semble relever de l’impossible : lire entre les images, à raison de vingt-quatre par seconde...

TRIPLE AGENT - de Eric Rohmer. (1/20) 0
France - Couleur, 1h55 - 2003.
Avec : Serge Renko, Katerina Didaskalou, Cyrielle Clair, Amanda Langlet.

Espionnage : Durant les dix premières minutes, je fus saisi de stupeur ! Rohmer, aurait-il par miracle, enfin appris à faire un film ? Je ne m’ennuyais pas du tout, je trouvais même ça intéressant ! Fichtre, j’avais oublié un détail, c’est que pendant ce laps de temps, il n’y avait pratiquement pas eu de dialogues. Rohmer, réputé et admiré pour son écriture, n’a malheureusement jamais compris une chose : le cinéma, ce n’est pas de la littérature. Et, ses fameux dialogues ne passeraient même pas au théâtre, tant ils sont excessivement écrits ! Je me demande même s’ils seraient acceptables dans un roman. Donc, ils sont indicibles. Comme, en général, notre “grand maître” emploie de mauvais comédiens, qu’il ne sait pas diriger, voyez un peu où cela peut nous mener... S’installe donc une interminable série de bla bla bla, plus ou moins mal récitée par des protagonistes victimes d’une mise en scène qui, lorsqu’elle n’est pas à pleurer de platitude, tombe même parfois carrément dans le plus énorme des ridicules. Voir la toute dernière scène. De toutes façons, Rohmer, indéniablement, sait manier la plume, alors qu’il écrive. Il ne connaît rien au cinéma et n’en a jamais possédé le sens. Alors, encore une fois, qu’il écrive et qu’il cesse de mélanger les arts. Pour finir, une petite citation d’Alain : “Lorsque la sculpture bavarde, je m’en détourne. Lorsque la musique décrit, je m’en détourne. Si l’architecture tend devant mes yeux un décor sans épaisseur, et derrière lequel il n’y a rien, je m’en détourne. D’une peinture qui fait danser ses personnages, je me détourne. Je veux que chacun des arts parle le langage qu’il lui est propre, au lieu de bégayer dans une langue étrangère.


Haut de Page

 

Droits de reproduction et de diffusion réservés © 2004 Strahinja Kosmajac