Septembre 2003
Semaine 38  Du 17-09 au 23-09-2003  

 

LES ASSOCIES - (Matchstick Men) - de Ridley Scott. (0/20) 0
USA - Couleur, 1h56 - 2002.
Avec : Nicolas Cage, Sam Rockwell, Alison Lohman, Bruce Altman, Steve Eastin.

Comédie : Deux petits arnaqueurs du genre voleurs de poules (sauf que de nos jours, il est plus difficile de voler des poules que de plumer des pigeons... alors, ils plument des pigeons), l’un névrosé, l’autre antipathique, vont d’aventurettes en aventurettes... jusqu’au jour où le névrosé va découvrir qu’il est père d’une jeune fille de quatorze ans... Le papa va s’attacher à sa fifille et vice et versa. A tel point que la fifille va devenir la complice du duo arnaqueur... Déjà, et pour commencer, le film aurait pu durer une vingtaine de minutes en moins... C’est étiré, allongé, ça danse sur n’importe quel pied et à n’importe quel rythme... La fin est particulièrement gratinée... C’est du pur débile garanti de chez “Débile”! Bien sûr, Nicolas Cage assure... mais, ce n’est que du gâchis de talent... De toute façon, Ridley Scott semble définitivement irrécupérable! Mais où est donc passé l’auteur de Duellistes, Alien et surtout Blade Runner? Cela dit, depuis le temps qu’il s’est égaré, on arrive à se demander s’il a réellement existé..

JEUX D’ENFANTS - de Yann Samuell. (0/20) 0
France - Couleur, 1h33 - 2003.
Avec : Guillaume Canet, Marion Cotillard, Thibaud Verhaeghe, Joséphine Lebas-Joly.

Comédie : “Mieux vaut en rire, allez!”, a-t-on coutume de dire... Sauf que, quand il s’agit d’une comédie ratée, c’est un petit peu difficile et contradictoire, n’est-ce-pas? En effet, voici une énième variante sur le thème de la comédie romantique sucrée dont le peu d’originalité est démoli par un traitement de scénario très maladroit. Depuis leur enfance, Sophie et Julien jouent à leur jeu favori (quasi obsessionnel) du “Cap ou pas cap?” Je vous laisse deviner le niveau de leurs défis mutuels, l’intensité dramatique des gags et la crédibilité de cette navrante pochade! Quant à la réalisation, aux décors, couleurs et lumière... c’est tout bonnement une pâle (et un peu honteuse, tout de même!) imitation du Fabuleux destin d’Amélie Poulain...!

MAX - de Menno Meyjes. (8/20) 1
Grande-Bretagne - Couleur, 1h46 - 2002.
Avec : John Cusack, Noah Taylor, Molly Parker, Leelee Sobieski, Ulrich Thomsen.

Drame : L’action se situe en 1918, en Allemagne, à Munich. Max, un grand blessé, veut essayer de croire en l’avenir malgré le désarroi général, après la défaite. Il ouvre une galerie d’art dans une vieille usine et fera bientôt la rencontre d’un aspirant peintre qui revient du front et qui n’est autre que... Adolf Hitler. Il vont se lier d’amitié, Max poussant un Adolf hyperagressif et susceptible à exorciser sur la toile ses haines et autres traumatismes... Tout d’abord, chapeau à l’impressionnant Noah Taylor (Hitler)! En face, un John Cusack sobre et correct. Certes, le portrait du “monstre” est saisissant, certes la narration est efficace et le final étonnant... Mais, justement, une question me vient à l’esprit... A la fin, donc, Adolf rate de peu un rendez-vous décisif avec Max. Un rendez-vous qui aurait peut-être pu l’aider à devenir un vrai peintre - médiocre, d’accord, mais peintre quand-même... Au lieu de cela, suite à ce contretemps, Hitler décide aussi sec de rejoindre définitivement les antijuifs de la première heure qui lui font du genou depuis un bon bout de temps, voyant en lui celui qu’il allait effectivement devenir. Ce coup du sort foudroyant et tragique, n’est-il qu’un procédé dramatique habile, une ouverture à une réflexion profonde sur ce qu’ était réellement ou aurait pu être Hitler ou bien n’est-ce qu’un claquement de porte violent sur le “destin” du “monstre”? Du genre, vas-y l’affreux, tu es condamné d’avance, assume ta malédiction et ton sort terrifiant... Si tel est le cas, c’est un peu dommage... Cela dit, rien ne nous empêche de réfléchir... Pour ce qui me concerne, Hitler, en tant qu’archétype du “monstre”, commence à m’agacer un peu! Les “monstres” n’ont jamais manqué et sont toujours parmi nous! De plus, je trouve cela un peu facile de se débarrasser d’un problème humain aussi grave. On coupe la tête du “monstre” - au sens propre comme au figuré - et le problème est réglé... On se donne bonne conscience en la gardant bien au chaud, sans se poser de question... Facile, trop facile! Attention, ce n’est pas moi qui vais défendre Adolf! Qu’on se comprenne! Ce que je veux dire, c’est que c’est la monstruosité qu’il faut combattre et non seulement le “monstre”! La monstruosité qui est en chacun de nous! Commençons donc par avoir le courage et l’honnêteté de reconnaître que Hitler était notre semblable et non pas un extra-terrestre! N’oublions pas non plus qu’il avait été élu démocratiquement; et que, s’il avait voulu envahir - par exemple - la Pologne, tout seul, avec ses petits bras musclés, il n’y serait pas resté longtemps! Ils étaient nombreux à le suivre!!! Cessons de déresponsabiliser l’individu en acceptant de pardonner à un saligaud tout simplement parce qu’il nous dit : “Je n’ai fait qu’obéir aux ordres!” En chacun de nous, il y a un “monstre” qui sommeille. Il faut rester vigilant, commencer par soi-même, cirer d’abord ses propres godasses... Je le répète, en nous tous, il existe une part de monstruosité... si petite soit-elle!

MONSIEUR IBRAHIM ET LES FLEURS DU CORAN - de François Dupeyron. (0/20) 0
France - Couleur, 1h34 - 2003.
Avec : Omar Sharif, Pierre Boulanger, Isabelle Renauld, Gilbert Melki, Lola Naymark.

Comédie dramatique : A treize ans, Momo se retrouve tout seul, sans parents; son seul ami va devenir Monsieur Ibrahim, l’épicier arabe de la rue Bleue... A treize ans, Momo va inlassablement aux putes, tranquille, sans grande émotion, comme s’il allait jouer au ping-pong avec des camarades... A treize ans, Momo ne va pas à l’école; d’ailleurs, il ne fait pas grand-chose... et il ne se passe presque rien dans ce film sans âme... Momo est interprété par le jeune Pierre Boulanger qui ajoute à “l’absence” du personnage... Il est inexistant. Quant à Omar Sharif, dans un rôle inhabituel mais qui lui va comme un gant, il fait ce qu’il peut... Bien sûr, sa présence illumine quelque peu cette sombre niaiserie; mais cela est bien insuffisant. Qui plus est, le film n’est absolument pas crédible une seconde! L’auteur Schmidt et le réalisateur Dupeyron se foutent de la gueule du monde! Où ont-ils vu cette fourmilière de prostituées? Rue Bleue?!? En 1960 environ? Si jamais pute fût en ceste rue, elle a dû être vachement discrète! Moi, je n’en ai jamais croisé une seule à cette époque-là et à cet endroit! Ajoutez à cela un anachronisme de taille; un épicier arabe en ces années-là!!! Oh, il devait bien y en avoir eu un ou deux... mais, dans le film, on en parle comme s’il y en avait un à chaque coin de rue! Non, allez, un peu de sérieux, les gars!!!


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