Decembre 2003
Semaine 49  Du 03-12 au 09-12-2003  

FAMILY LIFE - de Ken Loach. (16/20) 2
Grande-Bretagne - Couleur, 1h45 - 1971 (Reprise)
Avec : Sandy Ratcliff, Bill Dean, Grace Cave, Malcolm Tierney.

Drame : Une jeune femme - ou bien une jeune fille - a besoin de faire le ménage dans sa tête, son corps et son esprit... Pas si étonnant pour une adolescente... Qui, à cet âge-là, n’a pas besoin de se définir...? Surtout que la petite est assez grande pour se retrouver enceinte et trop jeune pour dire “merde” à ses géniteurs... Ses géniteurs, qui sont bien évidemment les plus grands responsables de ce que la fille est, de ce qu’elle est devenue et de ce qu’elle deviendra... Donc, faut voir la gueule des parents! C’est de la musique triste dès la naissance, une mère au chignon pareil et un papa-crapaud pas méchant pour deux sous, mais d’un crétinisme qui fascine! Pas méchant, disais-je? Eh oui, Ken Loach n’oublie pas que les parents de la jeune fille ont eux aussi eu un papa-maman, et ainsi de suite à rebours... Toute une culture, une éducation, des us et coutumes qui se transmettent bellement... Donc, la jeunette a besoin de faire le tri dans ses neurones... Certes. Mais, pas à coups de balai empoussiéré d’idées reçues; et, encore moins à coups d’électrochocs! Parce que les psys vont s’en mêler...! Et, c’est là que la tragédie se profile, se précise, se décide... Oeuvre impitoyablement dramatique, (un tantinet démonstrative par moments...?), ce film a par-dessus le marché la vertu de nous faire rire - souvent aux éclats! Le casting est d’enfer! Il faut voir les têtes et expressions des différents protagonistes, aussi caricaturales que réalistes...! Profondément respectueux de l’être humain, jusqu’à ses pires défauts, Ken Loach est un honnête homme! Quand on pense, en plus, aux trois sous dont il dispose pour réaliser chacun de ses films, on ne peut s’empêcher de rire jaune au vu des pauvres et pénibles navets que nous servent nos jeunes et marginaux cinéastes (?) actuels... M’est avis qu’ils devraient voir et revoir l’ensemble de l’oeuvre de Loach... Inlassablement, studieusement, jusqu’à crever l’abcès qu’ils ont au cerveau... et, qui sait, avec un peu de chance, en remplacer le pus par une ou deux jolies idées...

GREETINGS - de Brian De Palma. (1/20) 0
USA - Couleur, 1h28 - 1968.
Avec : Robert De Niro, Jonathan Warden, Gerrit Graham, Richard Hamilton.

Comédie : Faut que je précise, le film en question n’est pas une reprise, c’est un inédit... en France, en tous cas... Surannée carte postale? Possible... En tous cas, en la voyant, on comprend un peu mieux l’”inédition” de la chose... Vrai, qu’il y a du sympa là-dedans... Mais, c’est de l’ embryonnaire, toutefois... de l’acné juvénile... Et l’on peut se dire, que depuis lors jusqu’à présent, le Palma comme le Niro, on les a vus venir, - je dis cela maintenant, bien sûr, it’s easy... N’ont cessé, comme tout humain, de monter et descendre, de la “toute haute” jusqu’à la “terre-à-terre” en passant par la “filante”... pour finir dans la poussière... Il me semble, prétentieux que je suis, qu’au regard de cette brouillonne oeuvrette, l’on pouvait d’emblée prévoir la chute... Mais, gare à la prétention! Je n’ai observé ce phénomène que lors de sa tardive exploitation!

JELLYFISH - (Akarui Mirai/Bright Future) - de Kiyoshi Kurosawa. (0/20) 0
Japon - Couleur, 1h32 - 2003.
Avec : Joe Odagiri, Tadanobu Asano, Tatsuya Fuji, Ryo Kase, Sayuri Oyamada.

Drame : Je ne sais pas ce que K.K. a fait pour mériter cela... Ne voilà-t-il pas que les critiques boudent son dernier merd’oeuvre! Il y a sûrement quelque chose qui m’a échappé; je ne vois pas ce qu’il a fait de pire que dans ses précédents films... Cette fois, nous avons droit à un amoureux passionné de méduses... Il va même transmettre à deux autres simples d’esprit sa passion... Tra la la! Pendant qu’il est en taule pour raisons graves, les deux autres vont en effet continuer à cultiver de la méduse venimeuse, à la “mutationner” pour qu’elle s’adapte à l’eau douce de la rivière... à la multiplier... Puis, à lâcher tout le paquet à travers ville, semant la panique et la terreur... Ils sont tout heureux à la fin du film... Mais, les méduses n’en font qu’à leur tête... Elles décident de retourner à la mer... Filmé en numérique particulièrement infect, changeant de tons de couleurs sans arrêt et pour des motifs qui nous échappent, à nous pauvres mortels, K.K. nous la joue “grand artiste de génie” comme d’habitude! C’est toujours aussi laid, sans queue ni tête et d’une idiotie qui laisse rêveur...!

LE MONDE VIVANT - de Eugène Green. (0/20) 0
France - Couleur, 1h15 - 2003.
Avec : Christelle Prot, Alexis Loret, Adrien Michaux, Laurène Cheilan.

Fantastique : Le crétinisme me surprendra toujours! Je croyais avoir tout vu, malheureux naïf, mais l’Eugène me la contredit haut et fort, ma conviction! Je laisse libre expression à Mézigue : “C’est la fin du monde! Apocalypse now! C’est qui cet eugénéré mental?!? Le Green? De quelle grotte ou cave sort-il? Il vient tout juste de découvrir, à l’éclairage d’un malheureux crépuscule, qu’il a un cerveau...!!! Tu nous le sers comme cela, ton conte? Des chevaliers en jeans, à la silhouette et gueule grotesques... Qui “liaisonnent” à outrance les mots d’un texte exsangue? Et les décors? Dans quel jardin public t’as filmé cette foutaise? Apprends une chose, gars, c’est qu’on a été à école respectable, tous autant que nous sommes! Tu ne vas pas nous apprendre, pauvre lépreux de la langue, comment qu’il faut jacter... De toute façon, si t’as envie de te la jouer littéraire, utilise plutôt une plume... pas une caméra... malheureux...! “
Nota Bene : Si vous voulez découvrir une critique dithyrambique de ce navet (eh oui, eh oui, ça existe!), lisez donc celle du journal “Le Monde”... Histoire de voir si vous avez le sens de l’humour...

MON VOYAGE D’HIVER - de Vincent Dieutre. (0/20) 0
France/Belgique - Couleur, 1h43 - 2003.
Avec : Itvan Kebadian, Vincent Dieutre, Jorg Nietzert, Walter Müller, Hubert Gelger.

Comédie dramatique : Alors là, pour être intimiste, c’est intimiste! C’est même intime tout court! Plus nombriliste que ça, tu meurs! Et, bien évidemment, comme il s’agit d’une espèce de docu-fiction, on nous la tartine bien baveuse, l’heure quarante-trois composée d’images creuses! Qu’est-ce que tu veux que je m’émotionne avec ça?!? Je m’en bats les nibards!!! Pleurnicher sur son sort - durant un voyage qui nous endort - , nous sortir des photos de famille ou de je-ne-sais-quoi, c’est un truc que l’on fait chez soi! (Voilà que je me mets à rimer bêtement...!) Non, je ne suis pas d’accord, un peu de tenue s’impose... de la décence... de la pudeur, que Diable! On peut s’inspirer de son existence - et c’est d’ailleurs ce qui arrive le plus souvent - mais, de là à nous la jeter à la figure, façon “brut de décoffrage”...! Non! Demain peut-être, Moi-Même (ou Mézigue), je vais me choper un cancer des yeux à force de voir des navets... Ce n’est pas pour autant que j’irai me la pleurer à l’écran, ma douleur... Je me la chialerai dans mon petit coin, par respect pour ma personne... C’est quoi, ce travail?

PAS SUR LA BOUCHE - de Alain Resnais. (0/20) 0
France - Couleur, 1h55 - 2003.

Opérette : Avec Mesdemoiselles : Sabine Azéma, la poupée “chiffon”; Isabelle Nanty, la poupée “beaufette”; Audrey Tautou, la poupée “nunuche”. Et, Messieurs : Pierre Arditi, le gentleman “faux-derche”; Darry Cowl, la poupée “serpillière”; Jalil Lespert, le gentleman “meilleur jeune désespoir masculin”; Daniel Prévost, le gentleman “rigolo ma non troppo”; Lambert Wilson, le gentleman “farmer”... Un film sonore, parlé et chanté... Pour ce qui est du son, ça peut aller; pour ce qui est du parlé, passe encore; mais, pour ce qui est du chanté, pardon! Chantent tous comme des pastèques!!! (Sauf Lambert, à la rigueur...) A quoi cela ressemble de filmer une opérette à quat’sous?!? Allez-y donc voir, si vous l’osez!!! Carlos Gomez a utilisé une formule élégante; selon lui, c’est un film “qui fait bâiller poliment...” Pas mal, Carlos. Je suis assez d’accord... Mais, manque de bol, Mézigue est beaucoup plus trivial; lui, il dirait : “un film qui nous fait chier vulgairement!”

LA PROPHETIE DES GRENOUILLES - de jacques-Rémy Girerd. (0/20) 0
France - Couleur, 1h30 - 2003.
Avec les voix de : Michel Piccoli, Kevin Hervé, Michel Galabru, Annie Girardot...

Dessin animé : Que dire? Que faire? Misère! Sinon, préciser qu’il y a confusion quelque part - me semble-t-il... Entre faire un film pour enfants et... le faire réaliser par les enfants, il y a une nuance...! Voici donc le premier dessin animé entièrement gribouillé par des élèves de maternelle...! Au scénario aussi ancien que le Déluge... preuve d’une imagination fertile... avec un zeste d’éducation sexuelle, pour être à la page... (Obsessionnel ce zeste, de nos jours!)... Z’allez voir que c’est moi qui vais passer, au bout du compte, pour un puritain, un bigot... ou je-ne-sais-quel obsédé justement... Bref, quelques artistes de renom ont beau prêter leur voix à ce “filmoïde”, il n’en reste pas moins misérable... Toutefois, pour celles et ceux que ce film aurait pu séduire (“les égouts et les douleurs”, que voulez-vous...), c’est franchement dommage... maladroit... suicidaire même... de distribuer ces grenouilles en même temps que Nemo...! Oh! Mortel choc frontal...!!!

RECONSTRUCTION - de Christoffer Boe. (2/20) 0
Danemark - Couleur, 1h30 - 2003.
Avec : Nikolaj Lie Kaas, Maria Bonnevie, Krister Henriksson, Nicoloas Bro, Peter Steen.

Comédie dramatique : Ce film ne commence pas par le commencement, n’avance pas dans la continuité et ne se termine pas par la fin... Tout cela n’a aucune éspèce d’importance pour son auteur... Son but, nous raconter une histoire d’amour - ou l’amour tout court - d’une nouvelle façon... L’amour repensé... intellectualisé... démagnétisé... L’expression picturale y est, en effet, recherchée, voire intéressante... Quant au reste, Oreste... De l’anti In the Mood for Love, histoire de changer, de faire l’original... de faire le zouave... Et pourtant... les histoires d’amour ne manquent pas... des histoires que l’on n’a pas besoin de repenser... il n’y a qu’à les sentir... écouter leur musique... pas nécessairement une sérénade, cela dit...! Car il est vrai qu’on commence à nous bassiner avec toujours la même histoire d’amour... une goutte d’ eau de rose, une larme de mélo... un brin de poil de cul... Non, cent fois non! Moi aussi, j’en ai ma claque du répétitif... Alors qu’il y en a des milliards... de variantes... de nuances... de battements de coeur... autant que d’étincelles de génie dans le cerveau humain... Des étincelles que nous refusons obstinément de voir... que nous lâchons dans la nature comme des petits prouts...


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